L'Orient Express Corinthian : L'Avènement du Paquebot à Voiles de Luxe et de l'Innovation Maritime Moderne

L'industrie maritime est témoin d'une transformation profonde, marquée par l'ambition de concilier le luxe intemporel avec une technologie de pointe et un engagement environnemental renforcé. Au cœur de cette révolution se dresse l'Orient Express Corinthian, un navire qui redéfinit les standards des paquebots à voiles modernes. Annoncé comme le plus grand voilier du monde, ce géant des mers incarne une vision où l'élégance du passé rencontre l'innovation du futur, offrant une expérience de croisière inégalée tout en ouvrant la voie à une nouvelle ère de propulsion maritime. Sa conception et sa construction représentent une prouesse technique et un défi commercial, plaçant le savoir-faire français à l'avant-garde de l'ingénierie navale de luxe.

L'Orient Express Corinthian : Un Symbole de Luxe et d'Innovation Maritime

L’Orient Express Corinthian est le premier paquebot à voiles commandé par la société Accor, une opération qui a marqué un jalon majeur dans le secteur des croisières de luxe. En juin 2025, l’Orient Express Corinthian avait fait un premier tour dans l’eau pour quitter la forme B des Chantiers de l’Atlantique et rejoindre le quai de Penhoët. On avait pu alors découvrir la ligne de ce paquebot à voiles, annoncé comme le plus grand du monde. Ce voilier d’exception de 220 mètres de long comptera également cinq restaurants et salles à manger privées. Long de 220 mètres pour une largeur de 25 mètres et une jauge de 26.600 tonneaux, le premier navire d’Orient Express, filiale des groupes français Accor et LVMH, est appelé à devenir le plus grand voilier au monde. Le plus grand bateau à voile jamais construit mesure 220 mètres de long et fait 15 000 tonnes. Il s'est apprêté à prendre la mer à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) dès le samedi 2 mai. C'est le plus grand voilier du monde et il est entré en service peu après cette date.

Ce palace flottant pour passagers privilégiés a été conçu pour accueillir une clientèle habituée au luxe et la mener vers l'univers des croisières. Avec une capacité de 130 passagers ou 120 passagers selon les sources, l'Orient Express Corinthian est bien plus qu'un simple navire de croisière ; il s'agit d'un écrin luxueux, intégrant l'esprit chic du train mythique des années 1900 : l'Orient-Express. L'idée est très simple : faire revenir des clients hôteliers et, pour la première fois de leur vie, les emmener sur un bateau. Certains n'y ont jamais pensé ni même souhaité le faire. Et pourquoi pas ? C'est le plus bel hôtel flottant au monde, comme l'a exprimé Sébastien Bazin, président-directeur général du groupe Accor. À bord, l’élégance remarquable du service signé Orient Express promet des expériences inédites et authentiques conçues sur mesure. Les 54 suites, de 45 à 230m², pensées par l’architecte Maxime d’Angeac, directeur artistique d’Orient Express, bénéficieront toutes de larges baies vitrées et de plafonds rehaussés, procurant une sensation d’espace rare en mer. La superficie moyenne des suites est de 70 m², avec la plus grande s’étendant sur 900 m².

Une Architecture Navale Révolutionnaire : Les Trois Mâts du Corinthian

Au cœur de l'innovation de l'Orient Express Corinthian se trouve son système de propulsion vélique, orchestré par ses trois mâts monumentaux. Pour accueillir ces structures, les balestrons étaient déjà positionnés lors de sa mise à l'eau initiale. La véritable transformation s'est concrétisée lors du mâtage, une opération cruciale et spectaculaire. L'Orient Express Corinthian a franchi une étape cruciale, à la fois technique et symbolique, de sa conception : le mâtage, soit l’installation de ses trois mâts. Cette manœuvre de haute précision a mobilisé une expertise unique, à la croisée des savoir-faire aéronautiques et navals. L’opération du mâtage est un moment fondateur dans la vie d’un voilier. Il donne au navire son élan, sa ligne, sa verticalité. Pour Orient Express Sailing Yachts, c’est aussi le symbole d’une ambition : conjuguer l’élégance intemporelle de la voile avec l’innovation technologique la plus avancée.

La délicate opération s’est déroulée le vendredi 5 septembre 2025 dans le bassin de Penhoët, où le premier des deux paquebots véliques commandés pour la nouvelle branche croisière d’Orient Express était en achèvement à flot depuis sa mise à l’eau le 16 juin précédent. Plusieurs jours ont été nécessaires pour ériger ces mâts en carbone de 69 mètres de haut, pour un tirant d’air total de 100 mètres, mesurant la distance entre la surface de l’eau et le sommet du mât. Ces mâts en carbone mesurent un peu plus de 66 mètres de haut et pèsent 20 tonnes chacun. Ils ont été délicatement posés par une grue sur leur embase métallique à balestron. Véritables concentrés de haute technologie, ces trois mâts à balestrons inclinables, rotatifs et orientables permettent de naviguer au plus près du vent, offrant des performances inédites. Ces mâts, qui culminent à 100 mètres de tirant d'air, ont été produits dans la nouvelle usine Solid Sail Mast Factory (SMAF) de Lanester, près de Lorient. Cette installation des trois mâts, le mâtage, confère au navire sa silhouette définitive, symbolisant son élan et sa verticalité. Cette dernière grande opération visible avant la pose du gréement, et notamment l’installation des voiles, représente la prochaine étape majeure d’Orient Express Corinthian.

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La Technologie SolidSail et AeolDrive : Un Avantage Écologique et Performant

L'Orient Express Corinthian est le premier yacht équipé du système de propulsion vélique révolutionnaire SolidSail, une innovation développée par Chantiers de l’Atlantique. Cette technologie de pointe marque l'avènement d'une nouvelle ère de la propulsion à voile assistée, conçue pour allier allure, robustesse et sobriété environnementale. Imaginé par les ingénieurs des Chantiers de l’Atlantique, en coopération avec les entreprises bretonnes de la course au large, ce concept de mâture, appelé AeolDrive, supportera une voile rigide Solid Sail de 1050 m², constituée de panneaux en composite repliables les uns sur les autres. Cette disposition permettra d’orienter le gréement à 360° pour profiter au maximum du vent et incliner les mâts de 70° pour réduire le tirant d’air du navire et, ainsi, lui permettre de passer sous les grands ponts.

Grâce à ses trois voiles rigides de 1 500 m² chacune, il pourra atteindre des vitesses allant jusqu’à 17 nœuds. Selon les conditions de vent et de mer, la navigation peut s’effectuer à la voile seule, ou en mode hybride. C'est aussi une prouesse technologique. Le bateau est le premier navire de croisière qui utilise trois gréements de 1 500 mètres carrés chacun, pilotables de façon automatique. Ce système de navigation au plus près du vent permettra d’offrir pour chaque destination, le point de vue unique d’une approche par la mer, une façon exceptionnelle de découvrir les paysages côtiers mythiques ou plus confidentiels. Le navire d’Orient Express, qui reprend le concept Silenseas de paquebot à voile imaginé par les ingénieurs nazairiens, pourra évoluer très régulièrement à la seule force du vent (à partir de 20 nœuds de vent de travers) et atteindre dans des conditions favorables une vitesse de 15 à 16 nœuds avec 20 nœuds de vent réel. Cela, sans l’appoint des moteurs. Doté d’une coque effilée spécialement taillée pour la navigation à la voile, le paquebot est également équipé d'un moteur hybride aux gaz naturels liquéfiés (GNL). Cela permet de réduire sensiblement la consommation de carburant.

Sur le profil d’exploitation prévu, les Chantiers de l’Atlantique estiment que l’assistance vélique à la propulsion permettra d’économiser 30 à 40% de carburant, soit autant d’émissions de CO2 en moins. Nous sommes le seul voilier parmi les navires de croisière de luxe à proposer une telle combinaison d'innovation et d'efficacité environnementale. Le système SolidSail offre des performances inédites tout en réduisant l’empreinte environnementale du voilier. Dans les années à venir, on verra des paquebots qui sont de moins en moins polluants. Ils le sont déjà. Les Chantiers de l’Atlantique disposent d'un certain retour d’expérience avec les récents essais du cargo à propulsion vélique Neoliner Origin, tout premier navire à être doté de cette technologie. Cette expérience préalable a sans doute contribué à affiner le déploiement de SolidSail sur l'Orient Express Corinthian.

L'Expérience de Croisière Redéfinie : Le Palace Flottant Orient Express

L'Orient Express Corinthian n'est pas seulement une prouesse d'ingénierie, c'est aussi un palace flottant conçu pour offrir une expérience de luxe sans précédent. À son bord, on retrouve l'esprit chic du train mythique des années 1900 : l'Orient-Express. Le directeur artistique Orient Express, Maxime d'Angeac, a veillé à ce que l'élégance soit omniprésente. Dans l'histoire de la marque, on a toujours fait appel au savoir-faire français pour essayer de rechercher un art de vivre à la française, assure Maxime d'Angeac. Ce souci du détail se reflète dans l'utilisation des matériaux les plus nobles : marbre, bois précieux, cristal et œuvres d'art façonnées par les meilleurs artisans français.

Le confort et l'intimité sont au cœur de l'aménagement des suites. Les 54 suites, de 45 à 230 m², ont été méticuleusement pensées par l'architecte Maxime d'Angeac. Toutes bénéficient de larges baies vitrées et de plafonds rehaussés, procurant une sensation d’espace rare en mer, transformant chaque séjour en une immersion luxueuse dans le paysage marin. Outre les suites, les navires, qui seront armés par 170 membres d’équipage, proposeront à leurs riches passagers différents espaces et équipements de prestige. Le restaurant est tenu par un chef étoilé. Parmi les installations culinaires, on trouve cinq restaurants et salles à manger privées, sous la direction culinaire du chef multi-étoilé Yannick Alléno, Chef Exécutif des cuisines du train Orient Express et du voilier Orient Express Corinthian.

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L'offre de divertissement et de bien-être est également pléthorique, incluant plusieurs salons et bars, un amphithéâtre-cabaret pour des spectacles exclusifs, un studio d’enregistrement privé pour les passionnés de musique, un Spa dédié à la relaxation, ainsi que deux piscines, dont une avec couloir de nage pour les adeptes de la natation. Ce niveau d'équipements et de services vise à recréer l'atmosphère d'un hôtel de très grand luxe, mais sur l'eau. Comptez entre 5 000 et 120 000 euros la nuit pour profiter de cette expérience singulière, témoignant du positionnement ultra-haut de gamme de ces croisières. Il s’agit pour la marque d’un moyen de se différencier et d’attirer une clientèle exigeante, désireuse de vivre des moments inoubliables.

Des Chantiers de l'Atlantique au Grand Large : Le Parcours de Construction et de Lancement

La réalisation de l'Orient Express Corinthian est le fruit d'un travail colossal mené par les Chantiers de l’Atlantique, un pôle d'excellence en ingénierie navale à Saint-Nazaire. Après sa mise à l'eau en juin 2025, le navire a entamé une série d'étapes cruciales pour son achèvement. Le mâtage, qui a eu lieu le 5 septembre 2025, a été un moment emblématique de ce processus, symbolisant la concrétisation de sa silhouette unique. Après cette opération, la pose du gréement et l’installation des voiles ont constitué les prochaines étapes majeures pour l’Orient Express Corinthian.

Le navire a ensuite réalisé ses premiers essais en mer entre fin novembre et début décembre 2025. Au moins deux campagnes ont eu lieu au large de Saint-Nazaire, avec peut-être une troisième en fonction des conditions météorologiques. Les conditions de vent étaient en effet importantes pour tester les voiles, étant donné qu’il s’agit du premier paquebot équipé du système AeolDrive/Solid Sail. Ces essais ont été essentiels pour valider les performances et la sécurité du voilier avant sa mise en service commerciale.

L'Orient Express Corinthian, livré en avril 2026, est inauguré en juin 2026 et entame sa saison estivale en Méditerranée. Il sera suivi par un jumeau, l’OE Olympian, dont la construction a débuté en septembre 2025 en vue d’une mise en service au printemps 2027. Ces deux navires de grand luxe, qui représentent un investissement de 900 millions d’euros, seront armés au Registre International Français (RIF), avec Saint-Tropez pour port d’attache. L’assemblage de l’OE Olympian est prévu dans la forme A des chantiers.

Pendant ce temps, d’autres constructions avancent rapidement aux Chantiers de l’Atlantique, témoignant de l'activité intense du site. Le paquebot Celebrity Xcel, cinquième unité de la classe Edge de la compagnie américaine Celebrity Cruises (326 mètres, 141.400 tonneaux, 1645 cabines), mis à l’eau le 17 janvier 2026 et dont l’achèvement se poursuivait depuis le mois de juin 2025 au bassin C, se préparait pour ses essais en mer. Ils devaient normalement débuter dans les jours qui suivaient, sauf si des mouvements sociaux ou conditions météorologiques difficiles impactaient le planning. À l’issue de ces essais, des tests seront réalisés par les équipes des chantiers sur la propulsion au méthanol, le Celebrity Xcel étant le premier paquebot équipé nativement pour pouvoir fonctionner directement avec ce carburant.

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Alors que la livraison du Celebrity Xcel est prévue en octobre 2026, le même mois, ce sera au tour du paquebot géant MSC World Asia (333 mètres, 216.000 tonneaux, 2634 cabines) d’être mis à l’eau. L’assemblage de sa coque, transférée en juin 2025 de la forme A à la forme B, entame sa dernière ligne droite. L’essentiel des blocs est désormais embarqué. Il ne restait plus qu’à compléter les superstructures de la partie arrière, ainsi que l’avant, avec la partie supérieure de l’étrave et le bloc timonerie, ce dernier étant déjà peint et en attente d’être installé sur l’aire de pré-montage. Suivra l’assemblage de l’Émile Bertin, troisième des quatre nouveaux bâtiments ravitailleurs de forces (BRF) de la Marine nationale. Ce navire de 194 mètres et 31.000 tonnes de déplacement à pleine charge verra sa partie avant, produite par les chantiers italiens Fincantieri, être remorquée en fin d’année à Saint-Nazaire, où cette section flottante d’une petite centaine de mètres sera échouée dans la forme B. L’assemblage reprendra alors avec les blocs restants, produits dans l’estuaire de la Loire.

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