Les niveaux de plongée en Belgique et le cadre réglementaire des pompiers-plongeurs : décryptage d'un système complexe

Pas toujours facile de s’y retrouver lorsque l’on veut plonger en France. Bien sûr, dans la bande dessinée, cette situation est amusante. Mais dans la réalité de notre monde de plongée, cette résistance particulière pose parfois de réels problèmes. Autant aux plongeurs étrangers qu’aux plongeurs français ayant effectué un cursus à l’étranger ou dans une filière de formation non reconnue par le code du sport. Le monde d’aujourd’hui permet de découvrir les richesses sous-marines aux quatre coins de la planète. Les gens sont plus mobiles et ont envie d’aller vers de nombreux horizons. De ce fait, nombre d’entre nous tirent profit de leurs vacances pour découvrir les merveilles du monde marin. Certains en profitent pour passer l’un ou l’autre brevets de plongée durant leurs vacances. D’autres veulent s’ouvrir à de multiples expériences. Ceux-là choisissent de faire un cursus patchwork dans divers organismes de certification.

En Belgique, le paysage de la plongée de loisir se structure principalement autour de fédérations affiliées à la CMAS (Confédération Mondiale des Activités Subaquatiques), comme la FEBRAS (Fédération Belge de Recherches et d'Activités Sous-marines), ainsi que des organisations internationales telles que PADI ou SSI. Toutefois, lorsqu'il s'agit des services de secours, et plus particulièrement des pompiers-plongeurs belges, la pratique de la plongée quitte le domaine du simple loisir pour entrer dans un cadre réglementaire strict et hautement professionnel. L'articulation entre les brevets civils obtenus en Belgique ou à l'étranger et les exigences opérationnelles des zones de secours met en lumière des enjeux majeurs de reconnaissance mutuelle et de sécurité.

Le parcours de formation civile en Belgique : de l'initiation à l'autonomie internationale

Passez votre brevet de plongée en Belgique. Vous avez toujours été passionné par le Monde du Silence ou fasciné par le Grand Bleu ? Vous voulez franchir le pas de la plongée sous-marine en autonomie avec combinaison, bouteilles, détendeur, masque et palmes ? Dans tout le royaume de Belgique, décrochez votre sésame en passant votre brevet de plongée. Entre PADI, CMAS, et Open Water SSI, le brevet de niveau 1 vous permettra non seulement de plonger dans les eaux belges de la Mer du Nord, mais aussi à l’étranger. Choisissez le stage qui vous convient le mieux et partez explorer les plus beaux fonds marins de Belgique et d’ailleurs. Vous apprendrez, entre autres, les signes de communication du plongeur, comment utiliser l’équipement et le matériel, les techniques de base pour respirer et se mouvoir sous l’eau en toute sécurité.

Un stage de plongée sous-marine au plat pays se déroule de Bruxelles à Anvers, et de Liège à Bruges en passant par Gand ou Charleroi. Suivez votre formation pour apprendre les rudiments de la plongée. A l'issue de celle-ci et une fois votre examen en poche, vous n’avez plus qu’à partir à la découverte des fonds marins de Belgique et d’ailleurs. Passez votre brevet de plongée sous-marine en Flandre ou en Wallonie ou dans la région de Bruxelles-Capitale, et vous voilà prêt à plonger en palanquée dans tout le royaume. Il est aussi tout à fait possible d'offrir ce stage à tout passionné de plongée désireux de devenir plongeur.

Dans le milieu civil belge, l'équivalence des certifications facilite l'accès à la pratique. Les niveaux PADI structurent la progression dans la plongée sous-marine, débutant par le cours Open Water Diver pour les novices, permettant de plonger jusqu’à 18m. Viennent ensuite Advanced Open Water Diver pour perfectionner les compétences et aller jusqu’à 30m, puis Rescue Diver pour apprendre le sauvetage. Les niveaux professionnels commencent avec Divemaster, suivi d’Instructor Development Course (IDC) pour devenir instructeur. Chaque niveau augmente la profondeur de plongée autorisée et les compétences acquises. Pour plonger en toute autonomie, il est généralement requis d’atteindre le niveau Advanced Open Water Diver chez PADI ou son équivalent dans d’autres systèmes de certification.

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Parallèlement, la formation de Niveau 1 de plongée sous-marine s’adresse aux débutants dès 12 ans. Elle se déroule sur 3 à 5 jours dans des centres de plongée agréés, mêlant théorie et plongées pratiques en milieu protégé puis en milieu naturel. Cette formation, habituellement délivrée à la FFESSM en France ou via les clubs de la FEBRAS en Belgique, permet de plonger jusqu’à 20 mètres de profondeur sous la supervision d’un professionnel. Les tarifs varient selon le lieu et les services inclus (équipement, certification). Ce premier niveau de plongée se passe sur quelques jours, de 2 à 4 jours chez certains prestataires comme Aquadomia selon vos antécédents, soit sur le format niveau 1 "français" qui est reconnu internationalement ou alors sur le format "open water" - reconnu aussi partout dans le monde et aussi en France - qui doit son nom aux organisations américaines qui l'ont créé, comme Padi et SSI. Le niveau 1 plongée ou l'open water sont réputés équivalents, les écoles de plongée veillant à proposer des formations identiques pour le niveau 1 plongée ou l'open water SSI.

Cette formation de base constitue un passeport plongée reconnu internationalement qui permet de plonger partout dans le monde, en y incluant l'utilisation de l'ordinateur de plongée ainsi que du parachute (la bouée de signalisation que l'on gonfle vers la surface pour signaler la fin de plongée). Les élèves y apprennent en e-learning les bases théoriques nécessaires pour comprendre les phénomènes physiques, physiologiques et règlementaires auxquels ils sont soumis, et surtout la pratique de la plongée, directement en mer en milieu naturel.

L'accès aux niveaux supérieurs et les équivalences de compétences

Pour progresser, le plongeur civil peut s'orienter vers les qualifications de niveau 2 et 3, qui ouvrent les portes de l'autonomie et de la profondeur :

  • Le niveau 2 de plongée : Une formation niveau 2 plongée se passe généralement sur 4 à 5 jours après avoir pris un peu d'expériences en plongée avec le niveau 1 (un minimum de 10 plongées est idéal). Le niveau 2 permet de plonger en autonomie - sur autorisation d'un directeur de plongée (un moniteur) - jusque 20 mètres, et jusque 40 mètres avec un guide de palanquée niveau 4 minimum. C'est ce que l'on appelle la combinaison du PA20 pour plongeur autonome 20 mètres et PE40 pour plongeur encadré 40 mètres.
  • L'Advanced Adventurer : Très accessible, il se passe en 2 à 4 jours après le premier niveau de plongée, avec des découvertes d'aventures qui permettent de découvrir des spécialités comme la plongée profonde, l'orientation, la maîtrise de la flottabilité, l'identification de poissons, les épaves. Avec cette certification "Advanced adventurer", il est possible de plonger jusque 30 mètres - uniquement pour une courte durée d'une dizaine de minutes max pour ne pas avoir de palier de décompression obligatoires, mais uniquement des paliers de sécurité en fin de plongée - en autonomie à l'étranger, sachant que dans la majorité des cas le plongeur sera accompagné d'un guide plongée Divemaster.
  • Le niveau 3 de plongée (et Rescue Diver) : Le niveau de plongée rescue Diver se passe en ayant passé une formation de secourisme incluant notamment la gestion de l'oxygénothérapie. Le niveau 3 de plongée donne accès aux grandes profondeurs, de 40 mètres à 60 mètres (sur autorisation d'un directeur de plongée) et nécessite une grande expérience de plongées profondes en tant que niveau 2. Avant d'envisager une formation N3 plongée qui cumule les aptitudes PA40 et PA60 pour plongeur autonome 40 mètres et 60 mètres, un grand minimum de 40 plongées semble indispensable, ainsi qu'un diplôme de secourisme plongée. La plongée à l'air au-delà de 50 mètres devenant particulièrement technique, il est recommandé d'envisager de l'équipement et de la formation plongée Tek ainsi qu'une formation nitrox confirmé permettant l'utilisation de gaz de décompression nitrox optimum à la remontée.

La confrontation avec les réglementations étrangères : l'exemple du Code du Sport français

Lorsque les plongeurs formés en Belgique ou sous des organismes internationaux décident de plonger en France, ils se heurtent souvent à la rigidité réglementaire du Code du Sport français. En effet, le code du sport permet aux directeurs de plongée des centres français de donner des prérogatives de plongée aux plongeurs et plongeuses qui fréquentent leurs centres. Peut-on décemment refuser de valider des prérogatives ? Et, pire encore, de déconsidérer un brevet parce qu’il n’est pas français ?

L'expérience vécue par des plongeurs certifiés hors de France illustre cette problématique. Lors d'une arrivée dans un centre de plongée en France, le responsable de la structure demande le niveau de plongée afin de composer les palanquées. Déclarer un niveau de « Course director » peut parfois susciter l'incompréhension ou le déni des acquis de la part de responsables de centres, même affiliés PADI ou proches de NAUI, dénigrant ainsi ouvertement les acquis, compétences et expériences d'un binôme sans l'avoir vu. Présenter une carte de moniteur 3* CMAS - pourtant reconnue par la CMAS et théoriquement intégrée dans les équivalences du Code du Sport - n'exempte pas de contrôles tatillons.

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Par exemple, sur un spot de -40 m de fond, le directeur de plongée peut proposer de faire une palanquée où un plongeur ayant un niveau de PE40 (plongeur devant être encadré dans la zone des -20m à -40m) se voit attribuer un encadrant local. Si deux moniteurs 3* CMAS proposent d'encadrer ce plongeur, le responsable du centre peut refuser sèchement en déclarant qu'ils n'encadrent pas dans sa structure commerciale. Ce type de situation engendre des incohérences flagrantes, comme la constitution d'une palanquée de 4 personnes dans laquelle des moniteurs 3* CMAS n'ont pas le droit d'encadrer un plongeur PE40, ce dernier étant alors pris en charge par un plongeur de niveau 3 français.

Ce sentiment que les compétences acquises ne valent plus rien une fois la frontière française franchie met en exergue la complexité de l'application de la réglementation relative au sport en France. Bien que le directeur de centre ou de plongée soit seul juge des prérogatives de plongée accordées dans son centre pour les détenteurs de certifications non reconnues par le code du sport, et qu'il puisse refuser de reconnaître les prérogatives liées à un brevet autre que ceux indiqués dans le code du sport, le refus de reconnaître les prérogatives du porteur d'un brevet CMAS (pourtant reconnu par le code du sport français) pose question. Le système français est plus complexe que le “simple” Code du sport. Néanmoins, il existe aussi des solutions positives et constructives pour qui se montre ouvert et respectueux. Apprendre toutes et tous ensemble au travers de l'intelligence collective permet de surmonter ces barrières, même si le code du sport actuel impose des contraintes rigides aux professionnels du secteur.

La structure des niveaux sous l'égide de la FFESSM

Pour comprendre ces divergences, il convient de rappeler la structure stricte des 5 niveaux de la FFESSM :

  • Le niveau 1 : Permet, en présence d’un guide de palanquée et dans la zone de 0 à 20 mètres, de pratiquer la plongée sous-marine avec au maximum 3 autres plongeurs de même niveau ou supérieur. Cette formation permet de prévenir pour soi-même les incidents de plongée. En cas de problème, un niveau 1 est capable d’aider un équipier en attendant l’intervention du guide de palanquée.
  • Le niveau 2 : Valide les mêmes aptitudes que le niveau 1, à quoi s’ajoute, s’il est majeur, la plongée en autonomie dans la limite des 20 mètres au sein d’une palanquée de 3 personnes au maximum avec autorisation du directeur de plongée. Un niveau 2 peut, en présence d’un guide de palanquée, faire des explorations jusqu’à 40 mètres. Il peut également opérer des initiations en club à condition d’avoir un certain nombre de plongées en autonomie dans ses bagages et d'avoir suivi la formation initiateur.
  • Le niveau 3 : Qualification qui, au-delà des actions permises par le niveau 2, confère le droit de plonger en autonomie en l’absence d’un directeur de plongée dans la limite des 40 mètres. Au-delà (dans la limite des 60 mètres), plonger sans guide de palanquée nécessitera la présence d’un directeur de plongée au sein de la structure.
  • Le niveau 4 (Guide de palanquée) : Au-delà de la plongée jusqu’à 60 mètres en autonomie, il forme à guider des plongeurs en palanquée de tous les niveaux. Cependant, le groupe guidé ne pourra pas être emmené au-delà de la limite du plongeur dont le niveau est le plus bas.
  • Le niveau 5 : Attribue le titre de directeur de plongée dans une structure FFESSM en cas de plongée en exploration. Le directeur de plongée est chargé, mis à part l’organisation ou non de l’exploration, de constituer les binômes, surveiller les niveaux, assurer la sécurité en surface et veiller globalement au bon déroulement de la plongée.

À partir du niveau 2, des formations complémentaires permettent d'encadrer des groupes selon le niveau. Ce sont les formations initiateur (E1, E2, E3) et moniteur (MF1, MF1A, MF2, MF2A), le MF2A étant une formation propre à l’apnée.

Du Divemaster au Guide de Palanquée Niveau 4 : enjeux professionnels et de bénévolat

La transition vers les rôles de guide met en lumière des différences fondamentales entre les systèmes internationaux et franco-belges :

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  • Le Divemaster PADI / SSI : Il se passe après avoir acquis le rescue diver ou le niveau 3, fait des expériences variées avec un minimum de 50 plongées et avoir suivi des cours de spécialité profonde, spécialité plongée de nuit ou visibilité réduite et spécialité orientation. La formation théorique en e-learning est requise avant la formation pratique. En un minimum de 6 jours (ou beaucoup plus selon l'expérience), le candidat apprend à gérer toutes les situations d'accueil, de briefing et d'encadrement de plongeurs certifiés. Le cours enseigne également comment démontrer les exercices de plongée. Le Divemaster est à l'étranger un diplôme professionnel qui permet d'être rémunéré (premier échelon de la plongée pro de loisirs). Il sert de guide pour des plongeurs déjà certifiés et peut emmener les plongeurs (jusqu'à 4 binômes eux-mêmes autonomes, soit 8 plongeurs) open water jusque 18 mètres, et jusqu'à 40 mètres s'ils disposent de la spécialité profonde, mais toujours dans un cadre sécuritaire (sans palier de décompression obligatoire autre que le palier de sécurité de 3 minutes). Cependant, le guide de plongée Divemaster ne peut pas délivrer de formation de plongée.
  • Le niveau 4 français / ANMP : En France, le diplôme de Divemaster n'est pas reconnu pour guider contre rémunération. Pour guider des palanquées, il faut obtenir le niveau 4 français, sachant que ce niveau 4 ne permet pas en France d'être rémunéré au sein du modèle associatif (bénévole). Pour devenir professionnel et prétendre à une rémunération en France, il faut, après avoir réussi le niveau 4, passer les certifications d'état : le BPJEPS ou le DEJEPS, délivrés par les CREPS. La formation niveau 4 de guide de palanquée (équivalent FFESSM / ANMP) est accessible avec un PA40 et une solide expérience. Elle permet d'encadrer des plongeurs certifiés, sous la responsabilité d'un directeur de plongée présent sur le site. Le niveau 4 rend responsable d'une palanquée (groupe de plongeurs devant rester ensemble). Les épreuves pratiques à 40 mètres consistent à maîtriser la descente dans le bleu, la stabilisation à 40 mètres, les réactions aux situations d'urgence et la démonstration de remontée assistée. Ce diplôme prépare à encadrer jusqu'à 4 plongeurs en France bénévolement, tandis qu'à l'étranger, l'association des formules N4 et Divemaster est souvent privilégiée pour pouvoir travailler.

La réglementation spécifique des pompiers-plongeurs en Belgique

Pour les services d'incendie en Belgique, la plongée n'est pas une activité sportive ou de loisir, mais une spécialité opérationnelle régie par des arrêtés royaux et des directives ministérielles strictes. Les pompiers-plongeurs interviennent dans des conditions extrêmes (eaux troubles, courants forts, pollution, milieux confinés, recherche de victimes, renflouement).

Le cursus de formation d'un pompier-plongeur en Belgique est totalement distinct des filières civiles, bien que des passerelles puissent exister pour l'accès initial.

Structure des niveaux de plongée chez les pompiers belges

Le cadre opérationnel belge définit généralement trois niveaux de qualification au sein des équipes de plongée des zones de secours :

  1. Le Plongeur Opérationnel (ou Scaphandrier autonome léger) : Ce niveau permet au pompier d'intervenir en tant que plongeur d'attaque ou de sécurité lors des missions de sauvetage et de récupération. La formation met l'accent sur les procédures de recherche, la gestion du stress en visibilité nulle, le travail en équipe et l'utilisation de matériels spécifiques (masques faciaux avec communication radio, lignes de vie).
  2. Le Chef de Palanquée / Chef plongeur : Équivalent fonctionnel du niveau 4 civil mais transposé au contexte de secours. Ce cadre dirige la palanquée sous l'eau, gère les aspects techniques de l'intervention et assure la sécurité directe de son équipier. Il doit être capable de gérer toute détresse dans des environnements hostiles.
  3. Le Conseiller Technique en Plongeon / Directeur des Opérations de Plongée (DOP) : Ce rôle correspond au directeur de plongée (niveau 5) adapté aux opérations de secours. Il n'intervient pas nécessairement sous l'eau mais gère l'organisation de l'intervention depuis la surface : analyse des risques, mise en place de la sécurité de surface, gestion des temps de plongée et des paliers, et coordination avec les autres disciplines de secours.

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