La Réglementation du Mouillage sur Bouées en Italie : Un Cadre Essentiel Entre Préservation Maritime et Navigation de Plaisance

L'augmentation du nombre de plaisanciers constitue un enjeu majeur, tant économique qu'environnemental, pour les communes littorales, notamment en Italie, où la beauté des eaux et la richesse de la biodiversité attirent chaque année des milliers de navigateurs. Face à cette affluence croissante, la gestion du mouillage est devenue une priorité pour concilier les intérêts de la navigation, la sécurité des personnes et des biens, et la protection impérative des écosystèmes marins. Il existe deux grands types de mouillages en dehors des ports : le mouillage individuel et le mouillage collectif ou organisé. Les réglementations spécifiques, souvent mises en œuvre à travers des bouées d'amarrage et des zones dédiées, visent à encadrer ces pratiques.

I. L'Archipel de La Maddalena : Un Modèle Italien de Réglementation Stricte du Mouillage

L'archipel de La Maddalena, situé au nord de la Sardaigne, est un exemple frappant des efforts italiens pour préserver des fonds marins exceptionnels face à une fréquentation intense. Séduits par ses eaux cristallines et sa biodiversité, de nombreux plaisanciers convergent vers ce site, poussant le Parc National de La Maddalena à renforcer sa réglementation, particulièrement concernant le mouillage nocturne.

A. Le Mouillage Nocturne : Une Nouvelle Règle Strictement Appliquée

Depuis 2024, une mesure stricte est entrée en vigueur dans l'archipel, interdisant désormais le mouillage dans l'ensemble du parc entre 21h00 et 8h00. Cette interdiction s'applique à toutes les embarcations de plaisance, qu'elles soient privées, louées, utilisées par des écoles de voile ou dédiées à la plongée et au snorkeling. L'objectif de cette règle est clair : limiter l'impact des ancres sur les herbiers de posidonie, qui sont essentiels à l'équilibre marin, et mieux gérer la fréquentation nocturne de l'archipel. Les herbiers de posidonie, véritable poumon de la Méditerranée, jouent un rôle fondamental pour la vie marine, constituant des habitats privilégiés pour les animaux marins, séquestrant le dioxyde de carbone tout en produisant du dioxygène. Ces plantes marines se développent très lentement, entre 3 et 6 cm par an. Leur protection est donc primordiale.

B. Exceptions et Solutions pour le Séjour Nocturne

Seules certaines embarcations bénéficient d'une autorisation pour rester au mouillage durant la nuit. Il s'agit des résidents permanents de La Maddalena et des entreprises locales établies dans la commune depuis plus de cinq ans. Ces navires doivent impérativement être équipés d’un système de traitement des eaux usées conforme aux normes environnementales en vigueur. Cette dérogation a pour but de soutenir les acteurs locaux qui participent activement à l’économie de l’archipel, tout en encourageant des pratiques respectueuses de l’environnement.

Pour les visiteurs non-résidents, la solution unique pour passer la nuit dans le parc est de s’amarrer sur les bouées officielles installées par l’Autorité du Parc. Il est important de noter que seuls les navires de moins de 15 mètres peuvent utiliser ces bouées pour la nuit, dans les zones autorisées et identifiées à cet effet. La réservation est fortement conseillée, surtout en période estivale, afin de garantir une place et d’éviter toute infraction. Ces bouées sont payantes, avec des prix variant de 100 à 150 euros selon les mois. Les bateaux de plus de 15 mètres, quant à eux, doivent chercher des solutions d’hébergement en dehors des eaux protégées du parc, dans des ports ou des zones de mouillage autorisées à proximité.

Lire aussi: En savoir plus sur le balisage maritime

C. Navigation et Activités Réglementées à La Maddalena

La réglementation du Parc National de La Maddalena encadre également la navigation et diverses activités, nécessitant une compréhension approfondie des zones et des restrictions pour chaque usager. Une cartographie des zones de navigation de La Maddalena, publiée par le site officiel du Parc, détaille les règles principales, autorisations et interdictions spécifiques à chaque type de zone.

  • Zones Terrestres :

    • Protection intégrale (Ta) : L'accès est uniquement permis avec des guides autorisés. Toute activité motorisée, ramassage, camping, sports motorisés, feu ou prélèvement naturel est interdit.
    • Protection générale (Tb) : L'accès est libre sur les sentiers balisés, mais il est interdit de ramasser, d'introduire des espèces ou de camper.
    • Protection partielle (Tc) : Concerne l'île principale, avec des règles plus souples mais exigeant toujours le respect de la nature.
  • Zones Marines :

    • Protection intégrale (Ma) : Navigation, mouillage et plongée sont interdits sans autorisation spéciale. Toute forme d'accès non autorisé, pêche incluse, y est proscrite.
    • Protection générale (Mb) : La navigation est autorisée à plus de 300 mètres des côtes, sous certaines conditions. Le mouillage est non autorisé à moins de 300 mètres sans l'obtention d'un ticket.

La Pêche : Cadre et Restrictions

La pêche est autorisée à La Maddalena mais sous des conditions strictes, variant selon le type de pêche et le statut du pêcheur :

  • Depuis la côte : Réservée aux résidents et natifs, avec 1 canne et un maximum de 5 poissons par espèce. Autorisée du 15 septembre au 30 juin.
  • Depuis le bateau : Pour les résidents avec autorisation, 1 canne, maximum 3 hameçons. Autorisée toute l’année.
  • Sous-marine : Uniquement pour les résidents, avec un maximum de 2 harpons. Interdite les week-ends et jours fériés d'été, ainsi qu'en dehors de la période du 15 juin au 30 septembre.

Des interdictions générales s'appliquent, notamment la vente du poisson pêché et l'interdiction de capturer certaines espèces protégées (il est crucial de vérifier la réglementation). La pêche de la crevette rose est toutefois autorisée du 15 septembre au 15 novembre, avec un maximum de 5 kg par jour.

Lire aussi: Réglementation du mouillage en mer

La Navigation : Règles de Vitesse et Accès

Pour la navigation, des règles précises doivent être respectées :

  • La vitesse maximale est de 15 nœuds à plus de 300 mètres du rivage et de 7 nœuds à moins de 300 mètres.
  • Le mouillage est autorisé uniquement dans les zones prévues à cet effet ou avec une autorisation, et il est formellement interdit sur les herbiers de posidonie.
  • Le passage du “Porto della Madonna” est interdit, sauf à une vitesse maximale de 3 nœuds et sans arrêt.
  • Tous les bateaux doivent détenir un ticket d'entrée au parc pour naviguer, valable un jour et requis du 15 mai au 31 octobre. Ces tickets peuvent être achetés aux bureaux du Parc (Via Giulio Cesare, 7) ou en ligne sur autorizzazionilamaddalenapark.it, ainsi que chez les partenaires du Parc. Un "Sea Pass" spécial, valable 5 ans, permet aux résidents ou natifs de La Maddalena d'accéder à plusieurs activités (pêche, plongée, voile).

La Plongée : Conditions d'Accès

La plongée est également réglementée :

  • Indépendante : Réservée aux résidents munis d'un permis, elle est interdite dans les zones PIPA (Protection Intégrale Particulièrement Protégée).
  • Avec guide (PIP) : Accessible à tout public, mais uniquement dans des zones délimitées par des bouées rouges, avec un ticket et un guide certifié obligatoires.

D. Conseils Pratiques et Bonnes Pratiques à La Maddalena

Avant de larguer les amarres pour une croisière dans l'archipel de La Maddalena, quelques précautions sont essentielles pour un séjour serein, garantissant à la fois la sécurité, le respect des règles de navigation et la préservation de cet environnement exceptionnel :

  • Réservez à l’avance : Les bouées d'amarrage sont en nombre limité et très demandées en haute saison.
  • Respectez la réglementation : Des contrôles réguliers sont effectués, et des sanctions sont prévues en cas de non-respect des règles de mouillage. Il est crucial de comprendre que les herbiers de posidonie jouent un rôle essentiel pour la vie marine et leur protection est une priorité absolue.

II. L'Île d'Elbe et la Baie de Portoferraio : Un Zonage Précis pour la Gestion des Espaces Maritimes

L'île d'Elbe, une autre destination italienne privilégiée des plaisanciers, connaît également une évolution de sa réglementation, notamment dans la baie de Portoferraio. La ville principale de l'île, Portoferraio, est une destination très prisée pour sa vieille ville et son magnifique port. Cependant, en période estivale, le port est souvent bondé, obligeant les plaisanciers à chercher des alternatives, comme jeter l'ancre dans la vaste baie.

Historiquement, cette baie est très fréquentée par les lignes de ferry reliant le continent, ce qui a longtemps justifié des interdictions autour du terminal et une réglementation d'accès. Récemment, probablement en raison de l'augmentation des mouillages de longue durée et de l'abandon de bateaux par leurs propriétaires, les autorités ont revu l'intégralité de la zone.

Lire aussi: Réglementation du mouillage en kayak

Un nouveau zonage de l'ensemble de la baie a été publié par les autorités, réduisant considérablement l'espace alloué aux yachts par rapport à la situation antérieure.

  • Dans la zone bleue A, les yachts ne doivent naviguer qu'au moteur.
  • Le couloir d'accès rouge Zona C ne peut être emprunté à la voile que si le moteur tourne simultanément et qu'un cône est placé en conséquence.
  • Dans les zones vertes adjacentes, à gauche et à droite, il est possible de naviguer sans moteur.
  • La zone jaune marque désormais une zone de mouillage, subdivisée en sous-zones. Ces dernières sont attribuées aux bateaux par l'administration portuaire après inscription, mais les bateaux de plaisance privés ne peuvent pas y être amarrés. Ils sont dirigés vers le bord de la grande baie pour y jeter l'ancre.

De plus, une règle importante a été instaurée : une personne doit toujours rester à bord pour pouvoir déplacer le bateau en cas de besoin. Cette mesure peut s'avérer contraignante lorsqu'un équipage souhaite faire une escale à terre. Il est également à noter que la baie est réputée pour être agitée par la houle générée par le trafic des ferries, ce qui en fait un endroit peu calme pour passer la nuit, surtout pour les petits yachts. En conséquence, ceux qui prévoient une escale à Portoferraio pendant la saison estivale sont conseillés de tenter de réserver un poste d'amarrage dans le port de la ville, une démarche souvent possible en Italie, parfois même avec l'aide des exploitants de flotte.

III. Principes Généraux de la Réglementation du Mouillage en Italie

Au-delà des cas spécifiques de La Maddalena et de Portoferraio, l'Italie applique des principes généraux pour la protection de ses côtes et la gestion des zones de mouillage, visant à assurer à la fois la sécurité de la navigation et la préservation de ses précieuses ressources marines.

A. Protection Côtière et Distances de Mouillage

Une règle fondamentale en Italie est l'interdiction de mouiller à moins de 300 mètres des plages. Cette règle est sévèrement appliquée, particulièrement par beau temps, pour protéger les baigneurs et l'environnement littoral. Pour les côtes rocheuses, cette distance est ramenée à 200 mètres. Le respect de ces distances est crucial pour éviter les amendes et prévenir les dégradations des écosystèmes côtiers. En ce qui concerne l'arrivée dans les ports, il est recommandé de se signaler, bien qu'il soit mentionné que la réponse des autorités n'est pas toujours garantie.

B. Les Aires Marines Protégées (AMP) et le Système de Bouées Payantes

Le nombre et la surface des Aires Marines Protégées (AMP) en Italie sont en constante augmentation, ce qui est une excellente nouvelle pour la conservation des fonds marins qui ont connu une dépopulation préoccupante. Au sein de ces AMP, un système de zonage dit ABCD est souvent mis en place, avec des règles de navigation et de mouillage spécifiques à chaque zone.

Un élément central de cette évolution est la généralisation d'un système autorisant le mouillage (incluant les bouées) moyennant paiement. Ce système a pour contrepartie l'entretien des bouées, qui est souvent de très bonne qualité, comme cela a pu être observé à La Maddalena et aux îles Égades. Les tarifs se montrent souvent très dégressifs en fonction du nombre de jours d'utilisation. Le règlement se fait généralement par internet (via Visa ou PayPal) et donne lieu à la réception d'un reçu au format PDF. Il est important de noter que les guides de navigation traditionnels ne sont pas toujours à jour face à ces évolutions rapides. Les "Pagine azzura" peuvent fournir les adresses des administrations compétentes, et les AMP disposent habituellement d'un site internet où l'on peut trouver la cartographie ABCD, les réglementations locales, les tarifs et un espace de règlement en ligne.

IV. Le Concept des Zones de Mouillage et d'Équipements Légers (ZMEL) : Une Approche de Gestion Durable

Bien que la réglementation italienne présente des spécificités, le concept de gestion organisée du mouillage, tel que les Zones de Mouillage et d'Équipements Légers (ZMEL), représente une approche plus générale, souvent rencontrée et inspirante. Ces zones sont conçues pour relever le défi de la gestion du mouillage en conciliant les impératifs environnementaux avec les besoins des plaisanciers.

A. Définition et Rôle des ZMEL

Les ZMEL ont pour vocation de participer au développement durable des zones côtières, en conciliant les intérêts de la navigation de plaisance, la sécurité et la protection de l'environnement. Elles proposent aux plaisanciers des équipements plus légers que dans les ports traditionnels, permettant une gestion et un contrôle des zones d'amarrage, tout en évitant la prolifération incontrôlée de mouillages dits "sauvages". Ces zones permettent de protéger des écosystèmes fragiles, comme les herbiers de posidonie, en offrant des solutions d'amarrage qui évitent le dérochage et le labourage des fonds marins par les ancres.

B. Processus d'Autorisation et de Gestion

La création d'une ZMEL est un processus encadré. L'autorisation est délivrée par décision du préfet de département prise conjointement avec le préfet maritime. Cette autorisation prend la forme d'une convention négociée et conclue entre le porteur de projet et l'État. Un principe clé de leur fonctionnement est le paiement par le gestionnaire de la zone d'une redevance domaniale, en contrepartie de l'utilisation du Domaine Public Maritime (DPM). Cette redevance contribue aux coûts de gestion et d'entretien.

C. Réglementation Interne et Protection Environnementale

Un règlement de police spécifique définit les règles de navigation au sein de la ZMEL. Ce règlement détaille les mesures à prendre pour son balisage, les règles à respecter en matière de sécurité des personnes et des biens, de prévention et de lutte contre les accidents et les incendies, ainsi que contre les pollutions de toute nature. L’ensemble de ces consignes est porté à la connaissance des usagers, notamment par voie d’affichage.

Concernant les impératifs de protection de l’environnement, les règles juridiques en vigueur s’appliquent pleinement à la zone de mouillage organisé. Le règlement de police peut par exemple interdire l’accès de la zone aux bateaux non propres, c'est-à-dire ceux non équipés de cuves de stockage ou de traitement des eaux grises ou noires, lorsque le site concerné est jugé fragile. Il peut également interdire certaines activités à proximité de la zone de mouillage, comme le carénage sur l’estran, afin de prévenir la libération de substances nocives dans l'environnement marin.

D. Exemples Concrets d'Application des ZMEL

À titre d'illustration de ces dispositifs, plusieurs initiatives ont été mises en place dans différentes régions. Par exemple, la baie de Pampelonne est équipée de 210 équipements de mouillage destinés à accueillir des unités de 7 à 80 mètres. À Antibes, l’anse du Croûton, située du côté ouest du cap, est équipée de 47 bouées connectées. Pour mouiller dans cette zone, il faut s’enregistrer via un QR code apposé sur la balise. Ces bouées, bien visibles des plaisanciers, peuvent accueillir, gratuitement et sans réservations, des embarcations jusqu’à 24 mètres selon les emplacements répertoriés. L’amarrage à couple y est interdit et la durée est limitée à 24 heures, renouvelable après 48 heures d’attente. Plus à l’Est, la commune de Beaulieu-sur-Mer a choisi d’interdire le mouillage dans la baie par la mise en place d’une ZIM (Zone de Mouillage Interdite). Côté Golfe du Lion, entre Collioure et Cerbère, des bouées ont été installées pour protéger le Parc Naturel Marin. Il est important de noter que les règles et les durées d’autorisations d’amarrage varient d’une ZMEL à une autre, ce qui nécessite une vérification spécifique pour chaque zone.

V. Les Bouées de Marquage : Technologie au Service de la Sécurité Maritime et de la Protection Environnementale

Les bouées de marquage constituent des éléments technologiques essentiels à la mise en œuvre de la réglementation du mouillage et de la navigation. Elles sont bien plus que de simples repères ; elles sont des outils sophistiqués garantissant la sécurité en mer et la protection des zones sensibles.

A. Rôle et Utilité des Bouées de Marquage

Les bouées de marquage sont des bouées de signalisation utilisées pour marquer les limites des zones marines et indiquer les zones où la navigation est autorisée ou interdite. Elles jouent un rôle crucial pour aider les navires à naviguer en toute sécurité et pour protéger les zones sensibles de l’océan, telles que les aires protégées, les zones de pêche et les zones de baignade. Elles permettent d'éviter les accidents en guidant les marins et de préserver les écosystèmes en délimitant clairement les zones où l'activité humaine doit être restreinte.

B. Caractéristiques Physiques et Zones d'Installation

Ces bouées sont généralement de couleur orange, blanche ou jaune, assurant une visibilité maximale. Elles peuvent être équipées de signaux lumineux pour faciliter leur repérage, même dans des conditions de faible visibilité, de jour comme de nuit. Elles peuvent être flottantes, ancrées au fond de la mer, ou fixées, selon les besoins spécifiques de la zone et les conditions hydrographiques.

Les bouées de marquage trouvent leur application dans une multitude de contextes maritimes et fluviaux :

  • Dans les voies navigables intérieures : Elles sont utilisées pour indiquer les limites des canaux de navigation, les zones de danger, les zones d’amarrage ou les zones de mouillage autorisées. Elles contribuent à maintenir un itinéraire sûr pour les bateaux et à éviter les obstacles.
  • Dans les ports et les zones côtières : Elles servent à délimiter les zones de navigation, les zones d’accès restreint, les chenaux d’entrée et de sortie, ainsi que les zones de mouillage et d’amarrage, optimisant la fluidité et la sécurité du trafic portuaire.
  • Dans les zones de baignade ou les plages : Elles sont utilisées pour délimiter les zones de sécurité et les zones réservées aux nageurs, afin de prévenir les accidents et de garantir la sécurité des baigneurs, séparant clairement les usages.
  • Dans les zones de navigation commerciale : Les bouées de marquage peuvent être utilisées pour indiquer les voies de navigation préférentielles, les ports, les terminaux ou les zones de chargement, facilitant la logistique maritime à grande échelle.
  • Elles peuvent également être utilisées pour marquer les limites des zones de pêche, les zones d’exclusion pour les navires ou les zones de restriction de vitesse. Elles sont aussi essentielles pour marquer les zones où la navigation est interdite en raison de la présence de mammifères marins ou d’autres espèces marines sensibles.

C. Fabrication et Matériaux : L'Exemple de Mobilis

La fabrication des bouées de marquage requiert des matériaux spécifiques et des techniques adaptées pour assurer leur visibilité et leur durabilité dans les environnements maritimes souvent rudes. La structure principale de ces bouées est généralement constituée d’un noyau solide en acier, en béton ou en plastique renforcé de fibres de verre, offrant la stabilité nécessaire pour résister aux conditions marines changeantes. La partie supérieure est équipée de dispositifs de signalisation tels que des feux, des marques de couleur vives, des réflecteurs ou des signaux sonores pour améliorer leur visibilité. La coque extérieure est fabriquée à partir de matériaux résistants à la corrosion, aux UV et aux intempéries, garantissant une longévité optimale.

Des entreprises comme Mobilis se spécialisent dans la production et l'installation de ces équipements. Mobilis met à disposition son expertise pour accompagner les projets d'acquisition et de mise en place de bouées de marquage, y compris en Italie. Afin de proposer des équipements de navigation performants et répondant aux normes en vigueur, Mobilis accorde une grande importance à la qualité des matériaux utilisés, que ce soit pour les systèmes de fixation ou l'isolation galvanique, pour assurer la longévité et la fiabilité de leurs produits. Leurs produits, fabriqués en France, sont conçus dans le respect des recommandations de l'IALA/AISM et des normes ISO 9001:2015. Mobilis attache également une grande importance à la gestion environnementale et responsable pour chaque projet, proposant une gamme de bouées de navigation dotée d'éléments 100% recyclables et non polluants, en ayant par exemple exclu le polystyrène de son processus de fabrication. Au-delà de la fabrication, Mobilis propose des services supplémentaires incluant le montage et l'installation.

VI. L'Évolution du Mouillage Organisé : Entre Contraintes et Perception des Usagers

L'instauration et l'extension des zones de mouillage organisées, notamment par le biais de bouées payantes, suscitent des débats et des réflexions parmi les plaisanciers. Ce phénomène, observé en Italie comme dans d'autres régions telles que la Corse (Calvi, Girolata, Île Rousse, golfe de Saint-Florent), interroge la notion de liberté en mer et l'équilibre entre la préservation de l'environnement et l'accessibilité des espaces marins.

A. La Question de la "Liberté" et le "Simple Business"

De nombreux plaisanciers perçoivent l'augmentation des bouées payantes comme une restriction de leur liberté de mouillage forain - un terme souvent préféré à "mouillage sauvage". Pour certains, cette évolution transforme le plaisir de la navigation en une série de contraintes financières et logistiques. L'idée que ces systèmes s'apparentent à du "simple business" est fréquemment évoquée, surtout lorsque les services rendus ne semblent pas à la hauteur des attentes, comme la capacité des gestionnaires à garantir la tenue au mouillage à partir de forces de vent modérées (F5), alors que leurs propres ancres tiennent souvent mieux.

La nécessité de gonfler l'annexe pour aller à terre n'est pas, pour beaucoup, un obstacle mais plutôt une partie intégrante du plaisir quotidien des croisières. Dès lors, l'argument du "service rendu" pour justifier les bouées payantes est parfois remis en question. Cette évolution peut même conduire certains, par lassitude face aux restrictions croissantes, à envisager de revendre leur bateau et d'arrêter de naviguer, soulignant l'impact profond de ces politiques sur l'expérience du plaisancier.

#

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *