L'été est pleinement là, et il est temps d'en profiter ! Quoi de mieux dans cette optique que de trouver un petit mouillage forain pour passer une nuit en pleine nature ? Le mouillage bateau, ou mooring en anglais, désigne l'action d'immobiliser un bateau en jetant l'ancre ou en s'amarrant à un coffre. Le mouillage consiste à immobiliser un bateau en mer ou dans les ports de plaisance, en le fixant à un emplacement spécifique, grâce à une ancre, une chaîne ou un cordage. Le terme « mouillage » définit à la fois l’action, le lieu et le matériel utilisé pour stabiliser l’embarcation. En fonction du dispositif choisi, le mouillage peut indiquer un ancrage, un amarrage ou encore un stationnement. C’est une manœuvre indispensable en navigation, car elle peut s’effectuer dans diverses situations : lorsque l’on doit mouiller au port (le long du quai, à la cale, sur une place de port ou au niveau d’un ponton), ou si l’on veut profiter d’une escale dans une crique pour se baigner, stationner pour pêcher, ou encore pour éviter une tempête ou un courant fort, par exemple.
Les zones de mouillage : comprendre le cadre juridique et environnemental
Une zone de mouillage est un espace dans lequel un navire peut être ancré ou amarré. En tant que plaisancier, vous avez deux possibilités : le mouillage au port, qui est un mouillage fixe, réalisé à l’aide des systèmes fournis par le domaine public maritime (chaîne, bouée d’amarrage, taquet, anneau, bitte d’amarrage, etc.) ; et le mouillage en dehors des ports, qui est généralement un mouillage forain, réalisé avec le matériel d’amarrage de votre bateau. Il peut être individuel (« sauvage »), ou collectif et organisé.
Une ZMEL (zone de mouillage et d’équipements légers) est une zone de stationnement autorisée pour les bateaux de plaisance, en dehors des places dans les ports. Le développement de ces zones aménagées fait suite à l’augmentation du nombre de plaisanciers en France. L’objectif de ce type de mouillage est qu’il permet d’éviter les problèmes de sécurité, d’insalubrité et de destruction de l’environnement que peuvent causer les mouillages sauvages. En effet, en plus de racler les fonds marins en détruisant ainsi la faune et la flore, les mouillages anarchiques sont souvent la cause de pollution marine, notamment en raison de l’abandon des systèmes d’amarrage sur place. La ZMEL a donc pour but de participer au développement durable des zones côtières, en associant la protection de l’environnement aux intérêts des plaisanciers.
L’utilisation de la zone de mouillage à équipement léger nécessite impérativement la présentation d’une attestation d’assurance valide pour le navire de plaisance, émise par son propriétaire. Un règlement de police précis encadre les règles de navigation, couvrant des aspects tels que le balisage, la sécurité des personnes et des biens, ainsi que la prévention des accidents et de la pollution. La responsabilité de porter ces règles à la connaissance des usagers incombe au gestionnaire, généralement par le biais d’un affichage visible. Le titulaire de l’autorisation peut être tenu responsable de la sécurité et de la salubrité des lieux. Il convient également de souligner que les règles juridiques visant à protéger l’environnement s’appliquent rigoureusement.
La réglementation du mouillage et les zones protégées
Avant de parler technique, un point essentiel sur la réglementation du mouillage bateau est nécessaire. Les zones réglementées : dans certaines calanques ou baies, le mouillage est autorisé uniquement de jour, ou soumis à des durées maximales. Les herbiers de Posidonie : il est interdit de mouiller sur les herbiers de Posidonie en Méditerranée. Le mouillage forain à l’ancre hors zone de mouillage réglementé peut être interdit afin de limiter leurs dégâts sur les milieux marins. Par exemple, l’arrêté n° 123/2019 fixe le cadre général du mouillage et de l’arrêt des navires dans les eaux intérieures et territoriales françaises de Méditerranée. Il précise qu’il est ainsi interdit de mouiller dans une zone correspondant à un habitat d’espèces végétales marines protégées et donc l’herbier de posidonie. Les zones concernées et les seuils des navires seront fixés par le Préfet Maritime pour le littoral de chaque département. Il rappelle qu’un contact par radio (VHF 16) ou, lorsque le navire n’en est pas équipé, par téléphone doit pouvoir être établi en permanence entre le navire et les autorités. Le mouillage forain est autorisé tant qu’il ne dépasse pas une certaine durée, la notion de mouillage sauvage se référant à une occupation prolongée et non autorisée d’un emplacement donné sans respecter les règles et les autorisations applicables.
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Préparation et choix de l'emplacement : les fondamentaux du plaisancier
Réussir l'ancrage de son bateau requiert un minimum de préparation pour que l'ensemble de la manœuvre se passe correctement. La règle d'or lorsque l'on procède à l'ancrage d'un bateau est de s'équiper à minima de chaussures et de gants. En effet, en cas d'incident vous pourriez être amené à devoir bloquer la chaîne manuellement. De la même manière, les gants sont indispensables pour manipuler sans danger l'ancre ou la chaîne. Avant toute chose, il vous faut choisir avec soin votre zone de mouillage bateau. Pour choisir votre zone de mouillage : vérifiez la composition sous-marine de la zone où vous souhaitez jeter l'ancre : la nature du fond marin doit permettre une bonne tenue de l'ancre et de maintenir le bateau ; contrôlez la marée et le courant : la ligne de mouillage doit être adaptée à la hauteur d'eau ; choisissez une zone de mouillage à l'abri du vent ; assurez-vous de la sécurité et de la disponibilité de la zone avant de mouiller l'ancre.
Le choix du lieu de mouillage dépend de plusieurs facteurs : la météo et son évolution, où il faut choisir un mouillage abrité des vents dominants et des vagues, et anticiper les changements éventuels de direction ou de force du vent. Il faut également considérer la marée : il faut connaître la hauteur d’eau maximale et minimale pendant la durée du mouillage, et s’assurer d’avoir toujours assez de fond sous le bateau pour éviter l’échouage. La nature des fonds est capitale : préférez toujours un ancrage bateau dans des fonds sableux ou éventuellement vaseux. Le mouillage dans un fond rocheux est fortement déconseillé. Vérifiez que l'ensemble de la ligne de mouillage bateau est bien claire et que l'extrémité libre de votre ligne de mouillage pour bateau est bien fixée au bateau. Mettez-vous d'accord avec votre pilote sur une série de gestes ou de mots brefs.
Matériel de mouillage : ancres, chaînes et équipements
Pour choisir votre ancre marine, plusieurs facteurs sont à prendre en compte : le poids et la longueur du bateau, votre zone de mouillage, les fonds marins que vous allez rencontrer. Il existe différents types d’ancres : l’ancre grappin, qui existe en poids léger pour les embarcations de petite taille. Elle s’accroche mieux dans les rochers et les fonds herbeux que dans le sable ; l’ancre plate, qui convient très bien aux fonds marins sablonneux. Cependant, il est conseillé de laisser une bonne longueur de chaîne lors du mouillage, car elle peut avoir tendance à décrocher ; l’ancre charrue (ou ancre delta), dont la forme offre une haute résistance d’ancrage et la rend plus fiable que l’ancre grappin et l’ancre plate. Elle s’ancre profondément dans le sable et la vase. Elle s’agrippe efficacement sur les fonds rocheux et les algues.
Le matériel nécessaire pour mouiller comprend également une ligne de mouillage constituée d’une chaîne ou d’un cordage, ou d’une combinaison des deux. La chaîne offre plus de poids et de résistance que le cordage, mais elle est aussi plus encombrante et plus bruyante. Le cordage offre plus de souplesse et d’élasticité que la chaîne, mais il est aussi plus sensible à l’usure et aux nœuds. La longueur de la ligne de mouillage doit être au moins égale à trois fois la hauteur d’eau par temps calme, et au moins dix fois par vent fort. Un guindeau, davier, et taquet sont utiles afin de remonter et bloquer la ligne de mouillage sans effort. Le point d’attache doit être solide et sécurisé. Le guindeau peut être manuel ou électrique. L'installation à bord va dépendre de l’espace disponible et du système de remontée de l’ancre. Il faut choisir une ancre qui soit compatible avec le davier du bateau, c’est-à-dire le support qui permet de maintenir l’ancre à l’avant du bateau.
Techniques d'ancrage et manœuvres en mer
Nous recommandons fortement de réaliser l'ancrage de son bateau en manœuvrant au moteur. C'est la façon la plus simple et la plus sûre pour bien enfouir son ancre. La manœuvre de mouillage simple est la plus facile à effectuer. Voici les principales étapes : choisissez de préférence une crique abritée des vents dominants, permettant un appareillage facile en cas de sautes de vents, avec peu de courants et une faible profondeur ; portez des gants et des bottes pour éviter de vous blesser aux mains ou aux pieds ; arrivez doucement, face au vent ou au courant ; dépassez le point choisi de la longueur de chaîne voulue ; cassez l'erre (vitesse résiduelle une fois que vous avez arrêté la propulsion) ; évaluez l'évitage de votre bateau ; mouillez en vous aidant éventuellement de la marche arrière ; filez la chaîne (environ trois à quatre fois la profondeur) ; étalez dès la longueur de chaîne voulue ; vérifiez que le bateau ne chasse pas. Au mouillage, vous devez porter les marques : de jour, une boule noire, et de nuit, les feux obligatoires et un feu blanc visible à 360°.
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Pour vérifier que votre mouillage tient bien et que vous ne dérapez pas, prenez un alignement sur la côte. Alignez un hauban ou un chandelier avec un élément de la côte et vérifiez qu'ils restent bien alignés. En cas de panne moteur, ou juste par volonté personnelle, il est aussi possible de mouiller à la voile, même si c'est moins sécurisé. Approchez-vous au près sous grand-voile seule de l'endroit choisi. À l'approche de la zone de mouillage bateau, loffez doucement pour vous rapprocher du vent. Une fois l'erre cassée, l'équipier à l'avant lâche l'ancre et la chaîne. Le mouillage à la voile n'est recommandé que dans un vent assez faible. Dans le tout petit temps (moins de 6 nœuds), vous pouvez aussi mouiller au vent-arrière pour une meilleure accroche de l'ancre.
Il existe plusieurs techniques de mouillage selon la situation :
- L’affourchage : les ancres sont ici mouillées à plus de 90° l’une de l’autre, sur l’avant de l’embarcation, ce qui permet de réduire son rayon d’évitage. Attention, il est déconseillé en cas de mauvais temps. Si le vent se met à monter subitement et que vous avez déjà mouillé, la meilleure solution reste l’affourchage, en laissant entre les deux lignes de mouillage un angle de moins de 30°.
- L’embossage : il faut pour cela mouiller une ancre par l’avant - éventuellement à terre - et une ancre par l’arrière. Ce mouillage permet de supprimer l’évitage. Cette technique est à privilégier lorsque l’on est très près des côtes ou qu’elles sont trop encombrées.
- L’empennelage : il s’agit ici de rapper sur l’ancre principale une deuxième ligne de mouillage de longueur supérieure à la profondeur. Vous pourrez ainsi remonter la première ancre alors que l’autre est au fond. Elle est à utiliser par mauvais temps, la deuxième ligne de mouillage permettant de mieux résister aux vents forts.
- En barbe : cette technique est de moins en moins utilisée. Elle offre l’avantage de travailler sur deux ancres en même temps. Il vous faudra pour cela mouiller la première ancre, reculer sur une vingtaine de mètres, mouiller la seconde et filer la longueur désirée. Attention ici à ne pas emmêler vos deux lignes.
Le mouillage sur coffre et les bouées : une alternative durable
Dans certains endroits, mouiller n'est pas nécessaire car la zone est équipée de coffres. C’est la situation idéale car cela évite un impact négatif sur les fonds marins. Le coffre - ou bouée de mouillage - est un bloc de béton (corps mort) déposé au fond de l’eau. Une chaîne relie le coffre à une bouée en surface. Le bateau est amarré en faisant un nœud de cordage à l’anneau d’amarrage sur la bouée. Préparez une amarre solide à l'avant, amarrée à un taquet. Nous proposons des gaffes "deux-en-un" qui permettent en un tour de main de passer l'amarre dans la boucle du coffre, sans se casser le dos ! De plus en plus de zones côtières favorisent le mouillage sur coffre, qui est plus respectueux des fonds marins que l’ancrage.
Face à l’engorgement croissant des ports de plaisance, particulièrement durant la période estivale, les mouillages organisés avec bouées et pontons flottants apparaissent comme une alternative prometteuse. Ces dispositifs, plus légers et moins coûteux que les infrastructures portuaires traditionnelles, offrent aux plaisanciers une solution intermédiaire entre le mouillage sauvage et la marina. Le golfe du Morbihan fait figure de pionnier avec plus de 7 000 places réparties sur 18 zones de mouillages organisés. Sur le plan environnemental, les mouillages organisés constituent une avancée majeure. Selon une étude de l’Office français de la biodiversité, leur déploiement a permis de réduire de 70% les dommages causés aux herbiers de posidonie dans certaines zones pilotes. D’un point de vue économique, leur coût d’installation est nettement inférieur à celui d’une place de port traditionnelle. À Port-Cros, la mise en place de 60 bouées écologiques a permis de réduire de 40% la pression sur le port tout en diminuant drastiquement l’impact des ancrages sur les fonds marins.
Les bouées de mouillage sont des équipements flottants servant de point d'ancrage pour les câbles d’amarrage et les bouts de bateaux. Fabrication française en polyéthylène rotomoulé, les bouées sont également moussées en polystyrène expansé (PSE) afin de garantir leur insubmersibilité. Au contraire des bouées remplies de mousse polyuréthane, le moussage PSE est constitué de cellules fermées qui ne peuvent pas se remplir d'eau. Grâce au moussage PSE, la bouée est 100% recyclable. Les bouées sont résistantes à l'eau salée, aux agressions des espèces végétales et animales marines, aux chocs causés par les vagues, aux hydrocarbures et à la formation de glace statique. Une bouée de mouillage est un dispositif flottant utilisé dans la navigation maritime pour marquer l'emplacement où un ancrage a été établi, indiquer aux autres navigateurs la présence d'un objet ancré sous l'eau ou délimiter des zones de sécurité ou de baignade.
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