Maîtriser l'Art du Mâtage sur Dériveur : Techniques et Précautions Essentielles

Monter un mât sur un dériveur est une opération qui, bien que régulière pour les navigateurs assidus, peut présenter des défis spécifiques, surtout en fonction du type d'embarcation et de son équipement de transport. La complexité de cette tâche varie considérablement, allant de la simplicité apparente à la nécessité de précautions accrues pour garantir la sécurité du matériel et des personnes. La réussite de cette manœuvre repose souvent sur une bonne préparation, une compréhension des contraintes physiques et l'application de techniques éprouvées par l'expérience de nombreux marins.

Les Enjeux Initiaux du Mâtage d'un Dériveur : Stabilité et Hauteur

Dès l'approche de la mise à l'eau, les premières considérations techniques surgissent. L'un des participants signale : "J'ai un remorque temporaire pour mon Morin 470." Cette situation, impliquant une remorque non-permanente ou potentiellement moins adaptée, soulève immédiatement des questions de stabilité et d'accessibilité. La nature temporaire de l'équipement peut exiger une vigilance particulière et des ajustements sur place, car chaque remorque présente des caractéristiques différentes en termes de hauteur, de points d'appui et de robustesse. Un autre point capital est souligné par Baaat, le 26 juillet : "A faire sans vent c'est pas compliqué, à deux c'est plus sûr." L'absence de vent est une condition idéale qui simplifie grandement l'opération, réduisant les forces latérales imprévues qui pourraient déséquilibrer le mât ou le bateau. La présence d'une seconde personne est également un facteur de sécurité et d'efficacité non négligeable, permettant de répartir la charge, de stabiliser le mât et d'anticiper les mouvements.

Une astuce fondamentale pour assurer un mâtage correct concerne l'inclinaison de l'embarcation. Baaat précise encore : "Il faut surtout penser à faire pencher le bateau vers l'avant pour que le mat aille au fond de son etambrai." Cette inclinaison permet au pied de mât de trouver naturellement sa place dans le puits prévu à cet effet, souvent appelé étambrai, sans avoir à forcer ou à ajuster le mât de manière périlleuse une fois qu'il est en position quasi verticale. Cette petite manœuvre préventive assure un engagement franc et sécurisé du mât.

Défis Spécifiques : Remorques Hautes et Puits de Dérive

Les discussions entre marins expérimentés révèlent des points de friction courants lors du mâtage. Fanch-c propose une approche ingénieuse le 26 juillet : "Si tu garde tes hauban ou juste les bas haubans et que tu met le bateau l'étrave "vers les bas" (attelage remorque posé au sol ou remorque attelée mais sur un sol en pente) cela te permet en théorie de profiter de la gravité pour avoir un mat qui tiens debout sans l'étai……" Cette technique capitalise sur la gravité pour aider à maintenir le mât en place, en utilisant la tension des haubans, en particulier les bas haubans, pour créer une stabilité initiale avant même la fixation de l'étai avant. Cela minimise le risque de chute du mât lors des premières phases de sa verticalisation.

Cependant, Fanch-c émet un avertissement essentiel concernant la sécurité : "Pour en revenir à ton problème, ne pas monter à bord pour mater, s'est prendre des gros risque que cela devienne incontrôlable……." Cette mise en garde est cruciale. Monter dans le dériveur alors qu'il est posé sur sa remorque, surtout une remorque haute ou temporaire, peut rendre l'ensemble instable. La remorque, en particulier si elle n'est pas conçue pour supporter des charges dynamiques internes, pourrait basculer ou se déformer, entraînant la chute du mât et du bateau, avec des conséquences potentiellement graves. C'est pourquoi Fanch-c conclut que, dans certains cas, il n'y a "pas d'autre solution que renforcer ta remorque ne serait-ce que de façon provisoire ……." Cela peut impliquer l'ajout de cales, de béquilles ou de sangles pour assurer une stabilité maximale de l'ensemble bateau-remorque.

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Une incompréhension fréquente est soulevée par Bucheron le 26 juillet : "Donc je comprend qu'à cause du puit de dérive il n'y a aucun moyen de le monter de l'horizontale vers la verticale avec le support de mat comme point de pivo." L'idée que le puits de dérive (ou puits de quille pour les dériveurs intégraux) pourrait servir de point de pivot pour faire basculer le mât de l'horizontale à la verticale est une supposition naturelle pour certains. Cependant, Frednautic, par son simple "euh …", exprime une remise en question de cette idée, suggérant qu'il existe d'autres méthodes, voire que cette approche est erronée.

Bucheron clarifie ensuite la difficulté principale rencontrée : "Frednautique le problème c'est que c' est une remorque de route. Donc le bateau est assez haut." La hauteur d'une remorque routière, conçue pour le transport sur de longues distances, est souvent bien supérieure à celle d'un chariot de mise à l'eau. Cette élévation considérable du bateau rend l'accès au pont et au pied de mât plus difficile, augmentant l'effet de levier et le risque de déséquilibre lors de la manipulation du mât.

Gaston, le 26 juillet, apporte une clarification définitive concernant le rôle du puits de dérive : "Bucheron a écrit :Donc je comprend qu'à cause du puit de dérive il n'y a aucun moyen de le monter de l'horizontale vers la verticale avec le support de mat comme point de pivo. ben non, le puits de dérive empêche le passage de l'horizontal à la vertical…" Le puits de dérive est une structure interne au bateau qui s'étend vers le bas et bloque le mouvement latéral du mât si l'on tentait de le faire pivoter depuis la quille. Il n'est pas conçu pour être un point de pivot pour le mât lors de son installation. Gaston insiste également sur l'aspect sécuritaire : "…et surtout, il faut éviter grandement de monter dans un bateau posé sur sa remorque…" Cette recommandation est unanime parmi les marins avertis. Il conclut en proposant la méthode la plus fiable : "bref, y'a pas d'autres manœuvres que de hisser le mât droit à côté du bateau… et de monter le bestiau depuis l'extérieur, une main en bas… on fait comme ça avec Jet et cinquo qui ont des mâts encore plus long…" Cette approche verticale, effectuée depuis l'extérieur de l'embarcation, est la technique privilégiée pour les dériveurs, y compris ceux équipés de mâts plus longs comme les Jet et Cinquo. Elle minimise les risques de déséquilibre et de dommages. La coordination est essentielle : "…si vous êtes deux, ça devrait passer… à la rigueur, si la remorque est très haute, le second aide en s'allongeant sur le pont (allongé hein… pas debout…" S'allonger sur le pont permet de maintenir un centre de gravité bas, évitant ainsi de mettre le bateau en danger de basculement, tout en offrant une aide précieuse pour guider le mât.

La Méthode Efficace et Sécuritaire pour Mâter son Dériveur : L'Approche Verticale

La discussion met en lumière la différence fondamentale entre les équipements de transport. Baaat observe à juste titre le 26 juillet : "Beh… Le bateau sur chariot, tu pourras mater le bateau très facilement!" Un chariot de mise à l'eau est généralement beaucoup plus bas qu'une remorque de route, ce qui réduit considérablement la hauteur à laquelle le mât doit être levé et offre un accès plus facile et plus stable au bateau, simplifiant ainsi le mâtage.

Cependant, pour ceux qui doivent utiliser une remorque de route haute, la méthode de Frednautic est confirmée comme étant la plus pratique et la plus sûre. Frednautic explique sa routine le 27 juillet : "j ai mon 4.7 sur une remorque de route haute, je pose le mat à la verticale au sol devant le bateau je le leve et le pose sur le pied de mat sans rentrer dans le bateau, je vois pas vraiment le probleme, je mate et demate a chaque sortie." Cette description est précieuse. Elle valide la faisabilité de l'opération même avec une remorque haute, à condition de ne pas monter à bord et de manipuler le mât directement depuis le sol. Cette pratique régulière ("mate et demate a chaque sortie") témoigne de la simplicité et de l'efficacité de cette méthode une fois maîtrisée. Le processus commence par positionner le mât verticalement au sol, juste devant l'étrave du bateau. Le mât est ensuite levé avec précaution, son extrémité inférieure guidée vers le pied de mât sans qu'il soit nécessaire d'accéder au pont.

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L'importance de l'expérimentation et de la vérification personnelle est ensuite mise en avant. Bucheron annonce le 28 juillet : "Bon, je vais faire des tests dans ma cour." Cette démarche proactive est essentielle pour s'approprier la technique dans un environnement contrôlé, sans les contraintes d'une mise à l'eau immédiate ou des conditions météorologiques défavorables. Les résultats de ces tests confirment la validité de l'approche de Frednautic. Bucheron rapporte le 30 juillet : "Bon Ben tu avais raison Frednautique. Ça se pose très bien en dehors de la remorque comme tu m'as indiqué. J'avoue que je comprend t'as réaction car ce n'est finalement pas compliqué du tout." Cette reconnaissance prouve que, ce qui peut sembler complexe ou risqué au premier abord, devient gérable et même aisé avec la bonne méthode et un peu de pratique. La réaction initiale de Frednautic, simple "euh…", est alors mieux comprise : l'opération est effectivement moins problématique qu'elle n'y paraît pour ceux qui la pratiquent régulièrement. Fanch-c renforce ce point en affirmant le 30 juillet : "Il faut tester soi même pour savoir…." L'apprentissage par l'expérience directe est irremplaçable pour la maîtrise de ce type de manœuvre.

Marchp04, le 30 juillet, apporte un complément d'information sur la méthode à deux personnes : "Toujours fait comme dit Frenchnautic. Jamais eu de probleme. C'est toujours mieux a faire a 2. Un qui leve le mat a 2 mains, aidé si besoin par le 2eme pour le passer par dessus le caisson. Le 2eme qui aide et tient l'étai pour le fixer assez vite." Le travail d'équipe est clairement bénéfique : une personne se concentre sur le levage et le positionnement du mât, le guidant avec les deux mains. La seconde personne assiste, notamment pour passer le mât par-dessus les éléments du pont comme le caisson de dérive ou le banc central, et se tient prête à saisir et fixer l'étai (le câble avant qui maintient le mât vers l'avant) dès que le mât est en position verticale. La fixation rapide de l'étai est cruciale pour stabiliser le mât et éviter tout mouvement inattendu.

Conseils Pratiques et Mesures de Sécurité Complémentaires

Au-delà des techniques de base, des conseils supplémentaires peuvent renforcer la sécurité et l'efficacité du mâtage. Les échanges entre les participants mentionnent parfois des équipements inattendus pour cette tâche. corentin, le 2 avril 2012, suggère : "Le top reste le matos d'escalade." Bien que cela puisse paraître excessif pour un petit dériveur, cette remarque souligne l'importance d'avoir des dispositifs de sécurité fiables, comme des harnais, des lignes de vie ou des systèmes de poulies, en particulier pour les mâts plus lourds ou les conditions plus difficiles. Cela montre une approche proactive de la sécurité, envisageant tous les scénarios pour éviter les incidents. L'utilisation de matériel d'escalade, connu pour sa robustesse et sa fiabilité, peut offrir des solutions pour sécuriser temporairement le mât ou aider à sa manipulation en cas de besoin, surtout si l'on opère seul ou dans des conditions suboptimales.

Les messages évoquent également le cycle complet du démâtage et du remâtage, attestant de la régularité de ces opérations pour de nombreux navigateurs. Des échanges comme ceux de transat22, baboujoli, presspuree et ernestpt en avril 2012, ainsi que jeanlittlewing en juin 2020, culminent avec des phrases telles que "Merci à tous les gars !", "Ca y est les gars !", "A 2 ? Pas surprenant que ce soit tendu !", "Bon, c'est fait ! Une bonne chose." et "salut Trans22, quand veux tu remâter? JC2205 avr.". Ces interactions soulignent le caractère parfois délicat mais toujours gratifiant de l'opération une fois achevée. Le fait que l'opération puisse être "tendue" même à deux personnes indique que, malgré les méthodes établies, une concentration et une coordination parfaites sont toujours requises. Une fois que le mât est en place, c'est une étape importante de la préparation du bateau qui est franchie, permettant de se concentrer sur les prochaines phases de la mise à l'eau ou de la préparation à la navigation.

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