L'installation et le réglage des sangles de rappel sur un dériveur sont des étapes fondamentales pour optimiser la performance, le confort et la sécurité de l'équipage. Ces éléments, parfois sous-estimés, impactent directement votre efficacité sur l'eau et votre capacité à manœuvrer avec agilité. Que ce soit pour le barreur ou l'équipier, des sangles bien choisies et correctement montées permettent de tirer le meilleur parti de chaque sortie en mer.
I. L'Importance Cruciale des Sangles de Rappel en Dériveur
Les sangles de rappel sont un équipement indispensable pour tout amateur de voile sportive, servant de sangle d'attache robuste pour maintenir le trapéziste en position ou pour permettre à l'équipage de faire du rappel. Elles jouent un rôle essentiel en procurant une excellente fixation des pieds au rappel, essentielle pour gagner en performance et en cap. Cette position optimisée assure un meilleur contrepoids face à la force du vent, permettant ainsi au bateau de rester plus à plat et de minimiser la dérive.
Pour l'équipage, les sangles sont pensées pour améliorer votre posture et optimiser la force transmise au bateau. Une sangle de rappel bien choisie permet au trapéziste de se positionner avec précision, maximisant ainsi l'effet de levier et la vitesse. Elles facilitent la position au rappel, sans fatigue et sans contrainte, ce qui est crucial lors des longues sessions de navigation ou des régates intenses. Le décrochage des pieds est cependant très facile, pour pouvoir se libérer rapidement pour les manœuvres, garantissant ainsi la sécurité et la fluidité des actions à bord.
Historiquement, l'usage des sangles a évolué. Initialement, avant l'autorisation du trapèze, les sangles servaient pour l'équipier et le barreur et elles allaient donc jusqu'au banc avant, en avant de l'emplanture du mât sur des embarcations comme le 420. Cette configuration permettait à l'équipier de s'engager pleinement dans le rappel même sans trapèze. Aujourd'hui encore, si c'est solide, cela peut être intelligent de refaire les sangles comme ça pour rassurer un équipier qui hésite à aller au trapèze, offrant une alternative sécurisante pour l'apprentissage ou en cas de conditions extrêmes. En catamaran, la sangle courte est également un élément de sécurité et de performance indispensable, permettant un contrôle précis du bateau en maintenant le trapéziste fermement.
II. Types de Sangles et Matériaux : Choisir la Bonne Option
Le choix des matériaux et du type de sangles est primordial pour garantir leur durabilité et leur efficacité. Une sangle de rappel, c'est une bête sangle en polypropylène, souvent de 50mm de large, qui peut s'acheter au mètre sur internet ou dans les grandes surfaces de bricolage pour une solution économique et adaptable. Toutefois, pour des performances accrues et un confort supérieur, des options plus spécifiques sont disponibles sur le marché.
Lire aussi: Pêche au poisson nageur : le guide
Les sangles modernes sont souvent fabriquées à partir de nylon ou de polyester robuste, des matériaux reconnus pour leur résistance. Certains modèles intègrent une sangle courte néoprène ou une sangle matelassée qui procurent un confort accru, réduisant les points de pression lors des longues sessions en mer en assurant une liaison douce mais ferme. Par exemple, les "Abseiling straps made of resistant nylon and partially lined with non-absorbent foam" sont spécialement conçues pour l'Optimist. De même, les "Padded Optimist hiking strap, made of strong polyester webbing and partly covered with wear resistant cloth that is perfectly UV resistant" ou les "Sangles de rappel Optimist rembourrées, en polyester solide, doublure anti-usure et mousse non absorbante" offrent une expérience optimale. Ces dernières sont résistantes aux UV, avec un anneau pressé cousu à plat à l’arrière pour éviter la torsion et des boucles avant pour un cordon amortisseur, et ont généralement une largeur de 7 cm.
La longévité de votre équipement dépend grandement de sa conception et de son entretien régulier. La résistance aux UV et à l'eau salée est un critère de sélection majeur, car les sangles sont constamment exposées à des environnements agressifs. Des sangles de qualité supérieure sont conçues pour résister aux contraintes extrêmes de la navigation sportive, garantissant ainsi leur solidité et leur durabilité. Pour le Laser standard, des sangles spécifiques procurent une excellente fixation des pieds au rappel et mesurent 810 mm de long sur 80 mm de large. Magic Marine a conçu un set de sangles de rappel pour Optimist qui sont faciles à fixer et à retirer, tout en étant solides et durables. Investir dans une sangle de rappel de qualité supérieure est un gage de sécurité et d'efficacité pour vos sorties en mer.
III. Longueur et Positionnement Idéal des Sangles
Le positionnement et la longueur des sangles de rappel sont des facteurs critiques qui influencent directement l'efficacité du rappel, le confort de l'équipage et la performance globale du dériveur. Il ne s'agit pas seulement de les installer, mais de les optimiser. Sur mon Cinquo, personnellement, je trouve que les sangles des 420 sont trop hautes. Je suis très attentif à les mettre aussi bas que possible, en laissant la place pour les pieds équipés de bottillons, naturellement, bien tendues et ramenées vers l'axe du bateau. Cette observation est corroborée par d'autres navigateurs qui partagent la sensation lorsque les sangles sont trop hautes. Un positionnement bas permet un meilleur effet de levier et une plus grande stabilité, car le poids du rappeleur est plus efficacement utilisé pour contrecarrer la gîte.
Concernant la longueur, il est essentiel de trouver le bon équilibre. Je trouve sur internet des sangles de 90cm max, qu’il convient de positionner au bon endroit vu leur petite longueur. Pour des modèles spécifiques comme les sangles pour Laser standard, une longueur de 810 mm est préconisée. Le modèle "sangle courte" est par ailleurs particulièrement pertinent en catamaran pour la sécurité et la performance du trapéziste. Certains modèles intègrent une sangle réglable avec mousqueton, offrant une flexibilité précieuse pour ajuster la longueur en fonction des conditions de vent et de la taille de l'utilisateur. Cependant, il faut être vigilant : les réglages avec boucles, ça finit toujours par glisser. Une solution plus fiable peut être un système en continu avec l'anneau, bien que cela puisse être difficile à trouver.
Sur les 420, on observe une évolution dans la configuration des sangles. Actuellement, on ne pose plus de sangle sur l'avant pour l'équipier. Celui-ci s'accroche à l'anneau de trap et il peut faire du rappel tranquille, assis sur le caisson et maintenu par le câble de trap. Les sangles à l'avant sont vraiment une gêne pour l'équipier pour traverser le bateau au moment des virements de bords. Néanmoins, pour le barreur et parfois pour rassurer un équipier qui débute au trapèze, des sangles sont toujours pertinentes. Il est important de noter le sandow qui traverse sous la barre du chariot de GV, ce qui est bien pour maintenir les sangles à bonne hauteur, empêchant qu'elles ne s'affaissent ou ne gênent les manœuvres.
Lire aussi: Tout savoir sur les abris de piscine en kit
IV. Méthodes de Fixation des Sangles de Rappel
La fixation des sangles de rappel est une étape cruciale qui garantit à la fois la sécurité de l'équipage et l'intégrité de l'embarcation. Plusieurs méthodes existent, chacune avec ses spécificités, mais toutes exigent rigueur et attention aux détails.
A. Fixation sur la fausse quille : La méthode classique et ses précautions
La méthode la plus courante et la plus robuste pour fixer les sangles de rappel sur de nombreux dériveurs, notamment les 420, consiste à les ancrer sur la fausse quille. Les sangles sont fixées sur la fausse quille, offrant un point d'attache solide capable de supporter les contraintes importantes du rappel.
Pour cette installation, le perçage est inévitable. Une précaution essentielle est de ne pas prendre des vis trop longues. Il faut également n'utiliser que de l'inox 4 pour la visserie. On en trouve parfois chez Castroramasse ou Bricomachin, mais il est préférable de privilégier des fournisseurs spécialisés pour garantir la qualité marine du matériau. L'inox 4 (ou acier inoxydable A4) est particulièrement résistant à la corrosion en milieu marin salin, ce qui est indispensable pour éviter la dégradation rapide des fixations.
Un autre élément vital est l'étanchéité des perçages. J'ai par exemple entendu : "du sika, c'est ça !! je vais en acheter de suite". En effet, l'application de Sika, un mastic-colle polyuréthane, est impérative autour des vis et des trous de perçage. Cela empêche toute infiltration d'eau dans la structure du bateau, prévenant ainsi le délaminage ou la pourriture des éléments en bois ou la dégradation des composites. Le Sika agit comme une barrière protectrice durable, assurant que l'eau salée ne puisse pas pénétrer la coque par les points de fixation.
B. Systèmes alternatifs et astuces innovantes
Au-delà de la fixation classique, d'autres approches ont été développées pour optimiser le montage des sangles de rappel, offrant parfois plus de légèreté, de rapidité ou de facilité d'ajustement.
Lire aussi: Guide pour monter dans un canoë-kayak
Certains navigateurs optent pour des solutions entièrement en textile. Moi je fais tout en textile, affirme l'un d'eux. Cette approche peut impliquer l'utilisation de cordages à haute résistance ou de sangles cousues directement à la structure, réduisant ainsi le poids et parfois le coût par rapport aux systèmes à base de visserie. Le textile est également réputé pour être plus rapide et plus fiable, sans les risques de corrosion liés aux éléments métalliques.
Pour les réglages, des systèmes ingénieux ont vu le jour. J'adore ton système avec le taquet cleemclaet, Gaston ! C'est une solution astucieuse qui permet d'ajuster facilement la tension des sangles. Un taquet coinceur (cleemclaet) permet de bloquer la sangle à la longueur désirée, offrant un réglage précis et une tenue ferme. Cette méthode est préférée aux réglages avec boucles, qui finissent toujours par glisser. Le système en continu avec l'anneau est également une option efficace, mais il peut être difficile à trouver dans le commerce.
Pour l'Optimist, des options spécifiques de fixation sont proposées, comme une fixation adaptable par plaque ou cordage. Les sangles de rappel rembourrées pour Optimist sont souvent équipées d'un anneau pressé cousu à plat à l’arrière pour éviter la torsion et de boucles pour cordon amortisseur à l'avant, facilitant l'accès et le maintien en position. Un sandow peut être utilisé pour traverser sous la barre du chariot de GV, ce qui est bien pour maintenir les sangles à bonne hauteur, assurant qu'elles restent accessibles et ne pendent pas dans le cockpit.
Il est important de noter que le système d’origine ne se fait plus ou n’est pas recommandé sur certains modèles, encourageant ainsi la recherche de solutions modernes et plus performantes. La personnalisation de l'installation des sangles est souvent la clé pour s'adapter aux préférences de chaque équipage et aux spécificités de chaque dériveur.
V. Cas Spécifiques de Dériveurs
L'approche de l'installation des sangles de rappel varie considérablement en fonction du type de dériveur et de son évolution technique. Chaque classe a ses particularités, influencées par les règles de classe, l'évolution des pratiques de navigation et les designs spécifiques des bateaux.
A. Le 420 : Évolution des usages et optimisation
Le dériveur 420 est un excellent exemple de l'évolution des pratiques de rappel. Initialement, avant l'autorisation du trapèze qui a transformé la classe 420 en une série pour ados, le sangles servaient pour l'équipier et le barreur. Ces sangles pouvaient aller jusqu'au banc avant, en avant de l'emplanture du mât, permettant un rappel énergique même sans trapèze. Si c'est solide, cela peut être intelligent de refaire les sangles comme ça pour rassurer un équipier qui hésite à aller au trapèze, offrant une option pour ceux qui ne sont pas encore à l'aise avec cet équipement.
Cependant, la pratique actuelle a évolué. Sur les 420, on ne pose plus de sangle sur l'avant pour l'équipier. Au lieu de cela, celui-ci s'accroche à l'anneau de trap et il peut faire du rappel tranquille, assis sur le caisson et maintenu par le câble de trap. Cette modification est principalement due au fait que les sangles à l'avant sont vraiment une gêne pour l'équipier pour traverser le bateau au moment des virements de bords, ralentissant les manœuvres cruciales en régate.
Pour le barreur sur le 420, les sangles restent un équipement standard. L'attention est portée sur leur positionnement. Personnellement, je trouve que les sangles des 420 sont trop hautes. Il est préférable de les mettre aussi bas que possible, en laissant la place pour les pieds équipés de bottillons, naturellement, bien tendues et ramenées vers l'axe du bateau. Pour maintenir les sangles à bonne hauteur, un sandow qui traverse sous la barre du chariot de GV est une astuce bien pensée, empêchant les sangles de traîner ou de gêner.
B. Optimist et Laser : Caractéristiques des sangles
L'Optimist et le Laser sont deux classes de dériveurs monotypes, très populaires pour l'apprentissage et la compétition, et pour lesquelles des sangles de rappel spécifiques ont été développées.
Pour l'Optimist, Magic Marine a conçu un set de sangles de rappel pour faciliter la position au rappel, sans fatigue et sans contrainte. Ces sangles se fixent et se retirent très facilement et sont solides et durables. Elles sont souvent rembourrées, en polyester solide, avec une doublure anti-usure et une mousse non absorbante, résistant aux UV. Ces caractéristiques sont essentielles pour un bateau souvent utilisé par de jeunes navigateurs, garantissant confort et longévité. Une largeur de 7 cm est courante pour ces sangles, et leur fixation est adaptable par plaque ou cordage. Elles peuvent inclure un anneau pressé cousu à plat à l’arrière pour éviter la torsion et des boucles avant pour un cordon amortisseur, permettant un maintien ajusté et ergonomique.
Le Laser standard, quant à lui, utilise des sangles qui procurent une excellente fixation des pieds au rappel pour gagner en performance au rappel et en cap. Ce modèle adapté pour le Laser fait 810 mm de long sur 80 mm de large. La conception de ces sangles est axée sur la rigidité et la stabilité pour permettre au navigateur de maximiser son rappel dans un bateau qui ne dispose pas de trapèze. Le décrochage des pieds est très facile pour pouvoir se libérer rapidement pour les manœuvres, une caractéristique de sécurité cruciale sur un Laser, où les actions sont souvent rapides et exigeantes.
C. Catamaran : Sangle courte et sécurité du trapéziste
En catamaran, la sangle courte est un élément de sécurité et de performance indispensable, particulièrement pour le trapéziste. Elle sert de sangle d'attache robuste pour maintenir le trapéziste en position, permettant ainsi un contrôle précis du bateau. Ces sangles courtes sont conçues pour améliorer votre posture et optimiser la force transmise au bateau, ce qui est vital pour la stabilité et la vitesse d'un catamaran.
Le choix de la sangle courte adaptée est déterminant pour le confort et la sécurité du trapéziste. Certains modèles intègrent une sangle réglable avec mousqueton, offrant une flexibilité précieuse pour ajuster la longueur en fonction des conditions de vent et de la taille de l'utilisateur. Les options incluant une sangle courte néoprène ou une sangle matelassée procurent un confort accru, réduisant les points de pression lors des longues sessions en mer, en assurant une liaison douce mais ferme. Comme pour les dériveurs, la résistance aux UV et à l'eau salée est un critère de sélection majeur pour les sangles de catamaran, garantissant leur durabilité dans un environnement marin exigeant.