La plongée sous-marine, qu'elle soit récréative ou technique, est un domaine en constante évolution où l'équipement joue un rôle primordial dans la sécurité et l'efficacité du plongeur. Parmi les configurations les plus exigeantes et les plus performantes, le bi-bouteille occupe une place centrale, notamment dans les pratiques de plongée technique et souterraine. L'optimisation de cet équipement, y compris la barre de liaison qui connecte les deux bouteilles, est une démarche que de nombreux plongeurs adoptent pour adapter leur matériel à des usages spécifiques et aux philosophies de plongée modernes.
I. L'Évolution vers le Bi-Bouteille et la Philosophie DIR
La transition vers une configuration bi-bouteille représente souvent une étape significative dans le parcours d'un plongeur, marquant un engagement vers des plongées plus exigeantes en termes de profondeur, de durée ou d'environnement. Pour certains, cette évolution est intrinsèquement liée à l'adoption de la philosophie "DIR", acronyme de "Do It Right" (Faire les choses correctement). Il s'agit d'une approche systématisée de la plongée technique, privilégiant la standardisation de l'équipement et des procédures pour maximiser la sécurité et l'efficacité en situation critique. Un plongeur peut ainsi voir son "bi-bouteille devenir DIR", une expression qui résume bien cette "révolution culturelle qu'on subit en devenant Deep Tec Diver PADI", par exemple. Ce passage implique souvent une remise en question profonde des habitudes et du matériel, comme en témoigne l'installation de "deux cerclages inox de 50 mm de large" pour des "fûts 7,5l de 140 mm" avec une "visserie tout inox en diamètre 8mm", ou encore le fait d'avoir "viré tous les filets et autres ficelles ainsi que les bouchons de protection attachés sur les détendeurs qui se balladaient", allant jusqu'à "plonger sans son tuba", un geste symbolique de rupture avec les conventions de la plongée récréative.
Cependant, cette mutation vers le DIR peut aussi être perçue avec une certaine prudence. Si l'objectif est d'améliorer la sécurité et la performance, il est important de reconnaître que "passer de PADI à DIR peut se révéler dangereux" si cela n'est pas accompagné d'une formation adéquate et d'une compréhension approfondie des principes sous-jacents. La philosophie DIR, bien que rigoureuse, n'est pas une simple liste d'équipements à cocher, mais une approche globale qui nécessite une adaptation progressive et réfléchie. L'équipement, dans ce contexte, "doit s'adapter à l'usage particulier qu'on en fait et qu'il n'y a pas un seul équipement qui convient pour tout". Cette adaptation est une constante pour les plongeurs techniques, y compris ceux qui "n'ont pas l'intention d'investir considérablement dans de nouveaux équipements de plongée en circuit ouvert" mais qui visent néanmoins une "mutation inéxorable".
II. La Robinetterie et la Barre de Liaison dans les Configurations Bi-Bouteille
Au cœur de toute configuration bi-bouteille se trouve la robinetterie, et plus spécifiquement la barre de liaison qui unit les deux cylindres. Cette composante est cruciale car elle gère le flux de gaz entre les bouteilles et les détendeurs. La qualité et la conception de la robinetterie sont essentielles pour la fiabilité de l'ensemble. Un exemple de mise à niveau est l'adoption d'une "nouvelle robinetterie avec séparateur". Ce type de robinetterie permet d'isoler indépendamment chaque bouteille, offrant une redondance accrue en cas de problème sur l'un des cylindres. Ceci est particulièrement pertinent suite à des incidents tels qu'une "fuite irréparable à la suite de la requalification" d'un des robinets.
La robinetterie, vissée sur le haut de la bouteille de plongée, est l'interface directe avec le gaz comprimé. Historiquement, certaines robinetteries disposaient d'un mécanisme de "réserve", un ressort taré qui bloquait l'arrivée d'air précocement, généralement à 30 bars. Pour les robinetteries de bi-bouteille, ces réserves étaient parfois "tarées à 50 bars", mais n'étaient effectives que sur un seul fût, ce qui équivalait à 25 bars sur l'ensemble des deux blocs. L'air restant pouvait être libéré en tirant une tige disposée le long du bloc. Cependant, cette fonction est "plus utilisée depuis la démocratisation des manomètres", bien que le "terme de réserve soit resté dans le jargon de la plongée pour parler des 50 derniers bars de pression". L'utilisation de deux manomètres HP, "un pour chaque fût", comme observé sur la configuration d'un "plongeur souterrain avec 20 ans d'exercice", garantit une lecture précise de la pression restante dans chaque cylindre, rendant obsolète le système de réserve mécanique.
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Les pressions de service des bouteilles peuvent varier considérablement, avec des "bouteilles ayant généralement une pression de service de 150, 176, 200, 232 ou 300 bar". La compatibilité de la robinetterie avec ces différentes pressions est un critère de choix important. De plus, la configuration des détendeurs est un aspect essentiel de la robinetterie. Dans une approche DIR ou technique, la gestion des flexibles est standardisée. Un plongeur peut par exemple opter pour "deux détendeurs Scubapro (tout métal) arrivant à droite pour le plongeur", une configuration qui vise à simplifier la gestion des flexibles et des procédures d'urgence. Un détail technique intéressant, mentionné par des plongeurs expérimentés, est la pratique consistant à "virer les moustaches des 1er étages (les "pots d'échappement" à bulles) car il y avait eu des cas de colmatage". Cette modification vise à réduire le risque d'obstruction des orifices d'échappement, un point d'attention pour les plongeurs évoluant dans des environnements exigeants.
III. Optimisation des Cylindres et Accessoires
L'optimisation d'un bi-bouteille va bien au-delà de la seule robinetterie et barre de liaison. Elle englobe un ensemble d'accessoires et de choix de configuration qui, combinés, définissent l'efficacité et la sécurité de l'ensemble.
A. Les Cerclages et la Visserie
Les cerclages sont les bandes qui maintiennent les deux bouteilles ensemble. Le choix des "cerclages inox de 50 mm de large" est une pratique courante pour assurer une bonne rigidité et une résistance à la corrosion en milieu marin. La "visserie tout inox en diamètre 8mm" assure également une durabilité et une robustesse face aux contraintes mécaniques et environnementales. Ces éléments sont fondamentaux pour la solidité structurelle du bi-bouteille.
B. La Suppression des Culs de Bouteille et des Filets de Protection
Un débat récurrent dans le monde de la plongée technique concerne la présence ou l'absence des culs de bouteille en plastique, ainsi que des filets de protection. Pour les adeptes du DIR, la recommandation est souvent d'"enlever le cul en plastoc". La principale raison avancée est d'"éviter que l'eau stagne et corrode le bloc sous le plastique". De même, pour les manomètres, l'absence de plastique est privilégiée, car "l'eau ne ventile pas et corrode pas mal" dans ces environnements confinés.
Cependant, cette pratique n'est pas universellement acceptée sans nuance. Certains plongeurs avancent que pour une "utilisation classique", et "pas en sout quoi", la présence des culs de bouteille offre des avantages. Ils permettent aux "blocs de tenir debout" et protègent "la peinture bien protégée" contre les chocs. La question demeure de savoir "si l'eau stagnante fait autant de dégâts que les chocs des poses et reposes des bi qui n'ont plus de culots pour en avoir vu pas mal ils sont tous rouillés !". Cette perspective souligne l'importance de considérer l'environnement d'utilisation et la fréquence des manipulations pour déterminer la configuration la plus adaptée. Un "bloc est généralement équipé d'une poignée pour le transport, un culot pour le maintenir debout et d'un filet de protection contre les chocs" dans sa configuration d'origine, mais ces éléments peuvent être retirés dans une optique de simplification et de rationalisation du matériel, notamment en plongée technique.
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C. Les Détendeurs, Flexibles et le "Long Hose"
Les détendeurs sont des composants critiques pour la distribution du gaz. L'adoption d'un "long hose" de 2 mètres est une caractéristique distinctive de la configuration DIR. Ce flexible plus long permet de partager l'air avec un équipier en difficulté de manière plus sûre et plus confortable, en permettant au donneur d'air de rester derrière le récepteur. La standardisation de ce flexible est une pierre angulaire de la philosophie DIR, visant à éliminer toute ambiguïté en situation d'urgence. Par ailleurs, la suppression des "bouchons de protection attachés sur les détendeurs qui se balladaient" est également un exemple de simplification du matériel pour éviter tout élément superflu qui pourrait s'accrocher ou gêner.
D. La Stabilisation : Stab vs. Wing avec Plaque
Le système de stabilisation est un autre point d'optimisation majeur. Alors que certains plongeurs peuvent "régler la visserie pour monter le bi sur leur vénérable stab Black Diamond", l'évolution vers une configuration technique implique souvent l'adoption d'une "wing avec plaque". Une wing (ou gilet à flottabilité dorsale) combinée à une plaque dorsale (en acier ou aluminium) offre une meilleure trim (assiette) et une plus grande capacité de portance pour les lourdes configurations bi-bouteilles. Ce type de gilet est également plus simple, moins sujet aux pannes et plus hydrodynamique, des caractéristiques prisées en plongée technique. "Essayer une wing avec plaque" est donc une suggestion logique pour un plongeur cherchant à optimiser sa configuration bi-bouteille.
IV. Choix du Bi-Bouteille : Volumes, Matériaux et Poids
Le choix des bouteilles elles-mêmes est un facteur déterminant pour l'équilibre, la capacité de gaz et le lestage du plongeur. Les "bouteilles de plongée utilisées couramment, appelées « bloc » dans le langage des plongeurs, contiennent entre 4 et 20 litres d'air comprimé". Pour un bi-bouteille, le volume combiné est souvent un compromis entre la capacité d'air souhaitée et le poids total de l'équipement.
A. Volumes et Matériaux : Acier, Aluminium et Carbone
Un "bi 2x10 l est au programme" pour certains plongeurs souhaitant augmenter leur autonomie. Historiquement, les "futs Faber 9l longs" en bi-bouteille séparés étaient appréciés. Aujourd'hui, les "bi 2x10L ROTH" sont mentionnés comme parmi "les moins lourds du marché", mais aussi "les plus chers". Les "futs Eurocylinder" sont également une option, mais avec une "méfiance côté poids" car ils peuvent être "bien plus lourds" que les Roth. Par exemple, un "bi10 avec cerclage inox et robinetterie, chargé à 230 bars" peut peser "Roth 33kg" contre "Eurocyl 37kg". Cette différence de poids est significative, surtout pour le "portage" et l'impact sur le "lest".
Outre l'acier (comme les ROTH et Eurocylinder), l'aluminium et le carbone sont d'autres matériaux. Les "bi alu", comme deux S80 (11 litres, 200 bars de pression de service), représentent un "34 Kg à l'arraché dans l'air !", ce qui souligne la robustesse nécessaire pour manipuler de tels équipements. Les "CarbonDive" sont également une option, connue pour leur légèreté extrême, mais avec un coût élevé, souvent "à plus de 1000€". Bien que légers, ils peuvent poser des défis en termes de lestage, car "j'aurais peur que ça soit trop léger (obligé de rajouter du lest)". Cependant, pour des usages spécifiques comme le "bailout avec un recycleur, c'est nickel", où un faible poids est un avantage direct. Le choix entre ces matériaux dépendra donc de l'usage prévu, du budget et des préférences personnelles en matière de poids et de lestage. Certains plongeurs recherchent le "volume maxi à moins de 30kg", un objectif qui peut orienter le choix vers des "bi 9 Roth soit 18l 29kg chargé à 230b avec cerclage inox et robinetterie".
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B. Redondance et Bouteilles Spécialisées
L'utilisation de plusieurs bouteilles ne se limite pas au bi-bouteille dorsal. "Afin de disposer d'une plus grande capacité ou de sources distinctes (redondance en plongée sous-plafond ou profonde, avec changement de gaz…), il est parfois nécessaire d'utiliser plusieurs bouteilles". Cela inclut les "bouteilles relais (ou travel) et déco (ou deco) utilisées dans le cadre des plongées profondes, portées sur les côtés (stage bottle)", ainsi que les "tampons utilisées pour le gonflage des blocs". Cette modularité est fondamentale en plongée technique pour gérer différents mélanges gazeux et assurer la redondance nécessaire aux plongées complexes.
V. L'Adaptation de l'Équipement à l'Usage : Plongée Tec, Spéléo et Classique
Une des leçons fondamentales de l'évolution de la plongée est que "l'équipement doit s'adapter à l'usage particulier qu'on en fait et qu'il n'y a pas un seul équipement qui convient pour tout". Cette idée est particulièrement prégnante dans la "plongée tec" et la "plongée sout" (souterraine). L'origine de la "plongée tec" et des "écoles "DIR" (Do It Right) provient directement de la "plongée sout", un domaine qui représente "encore un espace de liberté totale en France puisque assimilée à la spéléologie et non au "sport"". Les exigences des environnements sous-plafond ont poussé les plongeurs à développer des équipements et des protocoles d'une grande rigueur.
La rencontre avec des "plongeurs spéléos" est souvent une source d'inspiration, car "cotoyer des plongeurs spéléo m'a redonné pendant longtemps l'envie de progresser dans ma technique et de faire évoluer mon matériel". Ces rencontres avec des "personnes aux profils non-conventionnels" sont "toujours très saines, en plongée comme dans le boulot". L'expérience d'un "plongeur souterrain avec 20 ans d'exercice mais sans aucun brevet qui souhaitait obtenir un brevet Open Water Diver PADI pour pouvoir se balader en plongeur dans le monde" illustre parfaitement cette réalité. Malgré l'absence de certification formelle, son "matériel" était parfaitement "adapté à une stab classique", avec "2 futs Faber 9l longs avec cerclages […] en bi bouteille totalement séparés en robinetterie".
Il est "délicat à intégrer parfois pour les plongeurs qui découvrent ce monde de la "plongée tec"" que cette adaptation est continue et contextuelle. Il est crucial de "ne pas basculer en mode "je détiens la vérité, toi pas"" et d'éviter "l'élitisme sectaire de certains courants de la plongée tek". Les "débats absurdes sur l'usage ou pas du casque en spéléo" en sont un exemple. La réalité du terrain, comme des plongeurs en scooter "ayant changé d'avis après avoir raclé le plafond avec la tête", démontre que l'expérience pratique prime souvent sur les dogmes. L'objectif n'est pas de suivre aveuglément des tendances, mais d'optimiser son matériel de manière réfléchie et en fonction de son expérience et de ses besoins spécifiques, que ce soit pour une "formation Open Water un peu spéciale […] pour découvrir la plongée en touriste" ou pour des explorations complexes.
VI. La Bouteille de Plongée : Fondamentaux, Fabrication et Réglementations
La bouteille de plongée, ou bloc, est le "réservoir qui renferme le mélange de gaz comprimés nécessaire à la respiration d'un plongeur en scaphandre autonome". Son histoire remonte loin, avec "l'invention de la bouteille de plongée attribuée à 2 canadiens : James Elliott et Alexander MCAvity. Un brevet est déposé le 4 mars 1839 dans l'état du New Brunswick et décrit : « la personne qui se trouve sous l’eau transporte avec elle une quantité d’oxygène condensé ou d’air atmosphérique ordinaire proportionnelle à la profondeur de l’eau et suffisante pour le temps qu’elle est censée rester en dessous. » Plus tard, "un brevet de bouteille de plongée est déposé en 1860 par Benoit Rouquayrol", marquant des étapes clés dans le développement de cet équipement vital.
A. Gaz Respiratoires et Spécificités
Si "en général, le mélange de gaz contenu dans les bouteilles de plongée est l'air", elles peuvent également contenir "d'autres mélanges respiratoires (Nitrox, Héliair, Hydrox, Trimix, Héliox, Hydreliox)". Ces mélanges sont adaptés à différentes profondeurs et durées de plongée, offrant des avantages spécifiques en termes de décompression et de limitation des effets narcotiques des gaz sous pression. Les bouteilles sont conçues pour contenir ces gaz à des pressions élevées, comme mentionné précédemment (150, 176, 200, 232 ou 300 bar).
B. Processus de Fabrication et Contrôle Qualité
La fabrication des bouteilles de plongée est un processus industriel rigoureux qui garantit leur sécurité et leur fiabilité. Les "tubes, exempts de toute soudure, sont coupés à la bonne longueur avant d'être chauffés par induction puis mis en forme par fluotournage". Ce dernier "procédé est dit ROTH du nom de la société qui l'a mis au point", d'où la reconnaissance des bouteilles ROTH pour leur qualité. Une fois formés, les "blocs sont ensuite traités et protégés contre les agressions hydrauliques avant d'être contrôlés et mis en pression". Un aspect crucial du contrôle qualité est que "au cours de la fabrication, la totalité des bouteilles subissent un essai d'épreuve hydraulique à 1,5 fois leur pression de service". Cela signifie qu'une bouteille de 200 bars est testée à 300 bars pour s'assurer de sa résistance structurelle bien au-delà de sa pression d'utilisation nominale.
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