Maîtriser la Profondeur de Nage des Crankbaits : Un Guide Complet

Il y a encore quelques années, l'univers du leurre dur semblait lointain pour certains pêcheurs. Pour beaucoup, la réticence à s'y intéresser tenait à une méconnaissance ou à un manque d'équipement dédié. Pourtant, une simple leçon de pêche peut parfois révéler l'efficacité insoupçonnée de certains leurres. L'expérience montre que l'adoption d'un crankbait dans sa boîte de pêche peut transformer radicalement les résultats. Un souvenir marquant est celui d'une session sur un herbier, où un shad ramené en linéaire rapportait des poissons sporadiquement, tandis qu'un ami, avec son crank, enregistrait des touches à chaque récupération. Il arrêtait son leurre et au redémarrage, l'attaque était immédiate. Cette capacité de pause, facteur déclencheur, a rapidement fait grimper le panier moyen, démontrant la puissance du crankbait.

Le crankbait, communément appelé crank, est un poisson nageur relativement facile à identifier. Il est court et trapu, caractérisé par une bavette plus ou moins imposante selon la profondeur de nage recherchée. Ce leurre se distingue par une nage oscillante très rapide et souvent bruyante, grâce aux billes contenues dans son corps. Il déplace beaucoup d'eau, ce qui le rend apprécié de nombreux carnassiers, mais oppose une forte résistance lors de la récupération. Bien que la plupart des crankbaits soient flottants, leur profondeur d'évolution est un élément clé de leur efficacité, déterminée principalement par la surface et l'orientation de leur bavette. Avant toute autre chose, un crankbait est un leurre à ramener au moulinet, et son action de nage se suffit à elle-même. Un simple lancer-ramener est une base suffisante pour obtenir un leurre qui nage bien et qui prend du poisson.

Cette famille de leurres est curieusement sous-représentée en France, et presque inexistante chez nos pêcheurs en mer, malgré son efficacité avérée. J'ai découvert la pêche au crankbait et acquis ma confiance dans ce type de leurres en pêchant très régulièrement en eau douce. Depuis une bonne dizaine d'années, je pêche beaucoup moins en rivière et en lac, mais davantage en mer, et j'ai été étonné de constater que ces leurres si efficaces étaient très peu présents dans les boîtes des pêcheurs marins. Pourtant, j'ai eu très rapidement des résultats sur les bars en les utilisant de la même manière qu'auparavant pour la perche ou le brochet. Aujourd'hui, cette famille de leurres a pris une place importante dans les boîtes que je consacre à la pêche du bar. Le but de cet article est de détailler comment modifier et optimiser la profondeur de nage de ces leurres polyvalents, afin d'exploiter pleinement leur potentiel.

Comprendre le Crankbait : Anatomie et Typologie

Le crankbait se reconnaît au premier coup d’œil dans les rayons. Il a généralement une forme rondouillarde avec une bavette plus ou moins longue. Cette forme ramassée est une caractéristique distinctive, et il ne faut pas le confondre avec des leurres à longues bavettes et corps fins, que l'on appellera plutôt des "longbills minnows". La famille des crankbaits se classe en trois catégories principales selon leurs profondeurs d’évolution :

  • Shallow Runner (SR) : Ces leurres évoluent sous la surface jusqu'à environ 1 mètre de profondeur.
  • Middle Runner (MR) : Ils descendent jusqu'à 2 mètres grâce à une bavette un peu plus longue.
  • Deep Diving (DD) ou Deep Runner (DR) : Ces crankbaits sont capables de plonger à une profondeur comprise entre 2,5 et 6 mètres, voire plus pour certains modèles.

La bavette, un élément déterminant, va se mettre en opposition à l'eau lors de la récupération, ayant pour effet de faire plonger le leurre sous la surface. L'angle d'inclinaison de cette bavette est crucial : une bavette courte inclinée entre 45° et 90° fera évoluer le crankbait entre la surface et 50 cm sous l’eau. La force de l’eau exercée sur la bavette contribue directement à faire descendre le leurre dans les couches d’eau inférieures. La bavette peut être arrondie, large ou étroite, influençant ainsi la nage spécifique du crankbait. En tout état de cause, elle joue également le rôle de déflecteur lorsqu’elle heurte un obstacle (substrat, bois noyé, etc.).

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Concernant les sons, un crankbait est le plus souvent bruiteur, avec des sonorités pouvant être très rapides et claires, tout comme l'inverse, plutôt lentes et graves. Les poissons ne perçoivent pas le son comme nous, mais plutôt des fréquences. Dans des conditions calmes, un crank silencieux peut être plus efficace. Certains modèles, même silencieux, peuvent être équipés d’une grosse bille sans que le leurre soit pour autant bruiteur, grâce à un système de transfert de masse. Lorsque le leurre est en action de pêche, la bille se positionne vers la « tête », et lors du lancer, elle est expulsée vers la queue, ce qui permet de gagner en distance de lancer.

Le crankbait est un leurre dit de « réaction », ce qui en fait principalement un leurre de « power fishing », c'est-à-dire qu'il est utilisé pour les pêches rapides afin de localiser le poisson. Cette capacité à couvrir de vastes étendues d'eau très rapidement en quête de poissons actifs est l'un de ses plus grands avantages. Une de ses particularités est d'être actif dès son contact avec l'eau et de rester à une profondeur de nage prédéfinie, des premiers tours de manivelle jusqu'à vos pieds. Même avec une vitesse de récupération très élevée, ils ne peuvent plonger plus bas que leur profondeur maximale intrinsèque.

Facteurs Clés Modifiant la Profondeur de Nage

La profondeur de nage théorique indiquée par les fabricants est une donnée précieuse, mais elle reste "théorique" car de nombreux facteurs peuvent l'influencer. Comprendre et maîtriser ces variables permet d'ajuster précisément l'évolution du leurre dans la couche d'eau.

1. L'Influence de la Canne

La position de la canne lors de la récupération ou des animations a une influence directe sur la profondeur à laquelle évolue le leurre.

  • Canne basse : Un crankbait récupéré canne basse, voire scion dans l’eau, passera toujours plus creux que récupéré canne haute. On peut même, dans certaines conditions, plonger le scion de la canne sous l’eau pour faire descendre le leurre plus en profondeur, maximisant ainsi sa capacité de plongée.
  • Canne haute : Inversement, une canne haute forcera le crankbait à évoluer plus haut dans la couche d'eau, permettant de pêcher volontairement dans les couches superficielles.
  • Longueur de la canne : Une canne de grande taille permet de lancer loin et de pouvoir la plonger dans l'eau sans efforts pour ajuster la profondeur. Il est conseillé de prendre une canne avec un talon court, car avoir un scion qui pointe dans l'eau est idéal pour faire plonger les cranks dans leur zone de profondeur. La surface de l’eau représente le point médian à partir duquel on joue sur la profondeur de nage.

2. L'Impact du Fil de Pêche

Le diamètre de la ligne utilisée est un autre facteur crucial. Plus votre ligne sera épaisse, moins votre crank parviendra à plonger profondément et rapidement. Le fil exerce une résistance à l'eau, et un diamètre plus fin réduit cette résistance, permettant au leurre d'atteindre sa profondeur maximale plus aisément, voire de la dépasser légèrement. Des études ont montré qu'une ligne de 8 livres entraînerait un crankbait 20% plus profondément qu’une ligne de 14 livres, et qu’une ligne de 20 livres ferait plonger le même crankbait 10% moins profondément que celle de 14 livres. Pour que le poisson nageur atteigne sa profondeur de nage annoncée, voire plus, la règle est d'utiliser un diamètre de fil le plus faible possible.

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Concernant le type de fil :

  • Nylons et Fluorocarbones : Ces monofilaments coulent dans l’eau, ce qui peut aider le crankbait à descendre. Le fluorocarbone, en particulier, est souvent recommandé par les professionnels, bien que certains arguent que c'est parfois pour des raisons de marketing, l'argument avancé étant que la flottaison de la tresse et du nylon pousse le crank à remonter continuellement. Pour notre cas, il faudra au moins un nylon ou un fluorocarbone de 30/100, voir un copolymère d’au moins 25/100 (fluoro-coated).
  • Tresse : La tresse, quant à elle, flotte. Bien qu'une tresse fine (minimum en 15/100) permette de lancer loin et de ressentir les moindres vibrations, sa flottaison peut limiter la profondeur de nage maximale d'un crankbait par rapport à un monofilament. Un bas de ligne de 6 à 8 mètres en fluoro derrière la tresse peut ajouter l'élasticité nécessaire sans les inconvénients de la tresse pure en casting.
  • Élasticité : Les monofilaments (nylon, fluorocarbone) offrent une élasticité qui amortit l'ensemble, évitant les décrochages à la touche et pendant le combat par une trop grande pression. Cependant, cette élasticité permanente fait que le leurre ne s’arrête pas complètement lors d’une pause marquée, son réagencement de la matière le faisant continuer d'avancer, ce qui peut nuire à l'efficacité de certaines animations. À l'inverse, la tresse retransmet toutes les vibrations, ce qui peut être fatigant pour le poignet et n'est pas toujours pertinent pour la pêche au crankbait, où l'information sur le fond n'est pas toujours la clé. Un autre avantage des monofilaments est leur absence de bruit dans l’eau, car la tresse peut relâcher de l’air lorsqu’elle est immergée (l’effet « cordes de guitare »), accentué par les vibrations du leurre.

3. Le Lestage et les Modifications Physiques du Leurre

La profondeur de nage d'un leurre peut être "ajustée" en modifiant sa densité. Quelques grammes astucieusement placés permettent d’atteindre des distances de lancer et des profondeurs de nage plus importantes.

  • Fil de plomb : Enrouler du fil de plomb sur la hampe des hameçons permet d’obtenir un lestage léger et équilibré. Avec cette astuce, on peut faire évoluer un leurre de surface sous la pellicule d’eau ou modifier le comportement d’un minnow ou d’un jerkbait à l’arrêt. Un modèle flottant peut devenir suspending, et un suspending, coulant.
  • Plomb pincé : On peut également retirer l’hameçon ventral d’un crankbait ou d’un minnow de taille moyenne pour y pincer un plomb de quelques grammes.
  • Plomb agrafe ou poire : Ajouter un plomb agrafe ou un plomb poire sur l’agrafe en tête peut faire piquer le leurre du nez, ou sur l’anneau brisé ventral pour qu’il coule plus lentement, mais à l’horizontale.
  • Chevrotine coulissante : Pour augmenter les performances au lancer, la méthode la plus efficace consiste à enfiler un plomb percé (chevrotine) sur un brin de fluorocarbone installé entre les deux anneaux d’attaches des hameçons. Cette chevrotine, coulissant sur le petit brin de nylon, fait office de transfert de masse et permet de gagner en distance et potentiellement en profondeur.
  • Limites du lestage : En règle générale, on peut ajouter 10 à 15 % du poids total sans entraver la nage, mais de manière différente selon les modèles. Seuls les gros poissons-nageurs articulés, de type swimbaits, acceptent des plombées plus lourdes tout en conservant une même qualité de nage.

Techniques d'Animation pour Gérer la Profondeur

Le "cranking", ou simple récupération au moulinet, est la base de l'utilisation d'un crankbait, mais cela ne signifie pas que le leurre ne doit pas être animé. Tout l'art réside souvent dans l'adaptation de la récupération et l'intégration de pauses.

1. La Vitesse de Récupération et les Pauses

La vitesse de récupération n'affecte pas vraiment la profondeur de nage maximale du leurre, l'idéal étant de trouver une vitesse de croisière confortable. Cependant, elle est essentielle pour l'animation.

  • Varier les vitesses : J'aime varier mes vitesses de récupération, et surtout faire des pauses plus ou moins longues après avoir heurté un obstacle.
  • La pause, facteur déclencheur : Les pauses sont souvent le facteur déclencheur d'attaques. Durant la récupération, les crankbaits flottants plongent jusqu’à une profondeur définie, et lors des arrêts, ils remontent vers la surface. Cette nage en dent de scie est particulièrement attractive sur les carnassiers.
  • Le "Stop and Go" : Cette animation permet de laisser le leurre flotter un instant avant de reprendre la récupération, ce qui peut s'avérer très intéressant si les poissons sont plutôt décollés du fond, ou pour trouver la couche d'eau où ils se trouvent.

2. Le "Bottom Tapping" et l'Exploitation des Obstacles

Une technique très efficace est le "bottom tapping", qui consiste à utiliser volontairement un leurre évoluant à une profondeur supérieure à celle du lieu de pêche. Par exemple, pêcher une zone de 2m de fond avec un crankbait évoluant à 3m. L'objectif est de toucher régulièrement le fond sans pour autant faire une tranchée. Cela ne veut pas dire qu'un crank doit toujours toucher le fond, mais pour les leurres à moyenne et grande bavette, le contact occasionnel avec le fond peut être un signe de confiance.

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L'un des gros avantages des crankbaits est leur capacité à bien passer les obstacles. Leur grande bavette, étant la première à entrer en contact, permet d’écarter les débris ou les substances molles sur les côtés, et au leurre de passer sans s'accrocher. Ces actions sur les fonds meubles, les débris ou les obstacles plus durs apportent de la vie au leurre, lui donnent une action plus erratique et moins prévisible, et permettent bien souvent de déclencher l’attaque des carnassiers surpris par les vibrations créées lors du contact et par le changement brutal de trajectoire du leurre lorsqu’il bascule sur l’obstacle. Environ 80% des attaques ont lieu après un accrochage sur un obstacle, comme des plantes aquatiques. Une règle pour tirer parti de cette particularité est de choisir un modèle dont la profondeur de nage maximale est légèrement supérieure à celle de la zone prospectée.

3. Utilisation du Courant et de la Dérive

Le courant peut être un allié précieux pour l'animation des crankbaits.

  • Pêche depuis le bord en travers du courant : Sur des zones où le courant est marqué (estuaires, sorties de port, goulets d'étranglement, pointes de roches s'avançant dans la mer), on peut lancer son crankbait en travers du courant, légèrement dans le sens de l'écoulement de l'eau, puis laisser le courant appuyer sur la bavette pour que le leurre se mette en nage. On le sentira dans la canne. Quand la force du courant est bonne, cela permet de prospecter en arcs de cercle presque sans mouliner et de couvrir parfaitement la zone avec un leurre qui décrit une courbe prononcée.
  • Pêche embarquée avec dérive : En faible profondeur (moins de 6 mètres) les jours où il y a beaucoup de dérive au vent, la grosse surface d’appui de la bavette d’un crank est un atout, car elle permet un bon point d’ancrage à l’autre bout de la ligne et donc un bon contrôle du leurre. On peut ainsi continuer à pêcher « petit » et « léger » malgré des conditions météo difficiles.

Le Matériel Adapté pour le Crankbait

Contrairement à une idée répandue, il n'est pas nécessaire d'avoir un équipement ultra-spécialisé pour débuter la pêche au crankbait. J'ai personnellement commencé avec de la tresse et une canne spinning à action fast, associée à un moulinet à ratio élevé, et j'ai fait plein de poissons. Cependant, un ajustement du matériel peut améliorer le confort et l'efficacité pour des sessions prolongées ou des leurres spécifiques.

1. La Canne

Pour le crankbait, l'équipement sollicite beaucoup le matériel, on sent le leurre tirer dans la ligne.

  • Action et Matériau : Les spécialistes recommandent une canne d’action regular (assez souple) et composée de fibre de verre et de carbone, souvent appelée « glass ». Cette action plus souple contribue à assurer le ferrage, car il n’est pas toujours nécessaire de ferrer avec un crankbait, le poisson se pique souvent tout seul. La fibre, contrairement au carbone, ploie et se rétracte plus doucement, avec plus d’amplitude, ce qui rend les décrochages pratiquement inexistants avec le bon fil et absorbe très bien les vibrations. De surcroît, les cannes en fibre sont généralement de bonnes lanceuses grâce à leur souplesse.
  • Sensibilité : En revanche, ces dernières ne sont par essence pas très sensibles, mais ce n’est pas grave car le but est juste de pouvoir sentir la touche, qui se traduit en général par un arrêt mou. La tresse retransmet toutes les vibrations, et même si elle permet de détecter la nature du fond et le moindre changement sur la ligne, ce n'est pas toujours agréable pour le poignet et peu intéressant pour les poissons nageurs. L’information n’est pas la clé dans la pêche en cranking.
  • Puissance : La puissance devra être globalement comprise dans une plage entre 30 et 100 grammes pour lancer le plus grand nombre de gros poissons nageurs existants. Il existe des crankbaits pesant 1,5 grammes jusqu’à plus de 25 grammes, la puissance des cannes commencera donc à partir d’une Ultra-Light.
  • Polyvalence : Vous pourrez utiliser aussi bien une canne spinning que casting.

2. Le Moulinet

Le moulinet devra avoir un ratio très faible pour ramener sans effort ces leurres qui tirent souvent énormément. Son mécanisme doit également être robuste pour la même raison, et il doit être un bon lanceur dans cette catégorie de leurres (préférez les masselottes au frein magnétique). De mon point de vue, il est plus agréable d’accélérer la cadence avec la manivelle dans le cas où l’on voudrait pêcher plus vite, plutôt que de devoir se forcer à mouliner lentement. Les moulinets à ratio lent sont plus agréables si l'on décide de pêcher toute la journée avec des cranks qui plongent sous les 3 mètres, ce qui est rarement le cas sur nos biotopes français. Pour pêcher le bass en Espagne, cela prend tout son sens.

3. Le Fil et le Bas de Ligne

Pour la ligne principale, j'ai opté pour la tresse, car le fluoro pur et le nylon pur créent trop de perruques en casting au lancer. Je mets donc un bas de ligne de 6 à 8 mètres derrière mon crank pour donner de l'élasticité.

  • Bas de ligne : Le fluorocarbone est ce que l’on fait de mieux pour confectionner les bas de ligne. D’une longueur d’un mètre en général, on détermine son diamètre en fonction de l’espèce visée, du matériel et des poissons-nageurs utilisés. Plus le bas de ligne est fin, moins il contrarie la nage du leurre, mais il ne s’agit pas non plus de sacrifier la résistance de la ligne. Il faut donc trouver le bon compromis. Un acier multibrins de 7kg (environ 40/100 gainé), du titane en 10kg ou une tresse armée de 30/100 sont des options pour la pêche du brochet.

Stratégies de Pêche et Espèces Ciblées avec les Crankbaits

Le crankbait est un leurre polyvalent qui peut être utilisé pour diverses espèces et dans une multitude de conditions, que ce soit en eau douce ou en mer.

1. Espèces Ciblées et Saisons

Le crankbait est redoutable d'efficacité sur de nombreux carnassiers. Incontestablement, la perche est l'espèce numéro un pour ce leurre. Le bass est également une cible de choix, surtout si l'on pêchait en Espagne. Le brochet, le chevesne et le silure sont aussi des poissons que j'attrape souvent avec des cranks. Le sandre semble étonnamment moins réceptif, ou du moins, je ne m'y prends pas aussi bien. En mer, j'ai eu très rapidement des résultats sur les bars en les utilisant de la même manière qu'en eau douce. Que vous soyez un pêcheur de truites, de perches, de sandres, de brochets, de silures, de black-bass ou de chevesnes, le crankbait doit faire partie de vos leurres.

L'utilisation des crankbaits s'adapte aux saisons. C'est une pêche d'été ou d'hiver. En été, on peut partir sur un crank avec un très fort wobbling, tandis qu'en hiver, je préférerai un crank qui possède une nage beaucoup plus serrée. Les Américains pêchent le bass au crank en hiver, ce qui peut paraître surréaliste chez nous. Il ne faut pas hésiter à utiliser des crankbaits de 3, 4, 5, voire 6 cm lorsque vous traquez les perches, celles-ci en raffolent. Il est important d'adapter la profondeur de nage à la saison de pêche, en pêchant plus creux en début et fin de saison. J'aurai tendance à chercher le chevesne au crankbait de mai à fin septembre, le brochet en début et fin de saison, le sandre en juin et juillet, et le silure tout au long de l'année.

2. Choix des Postes et Couleurs

Les cranks sont des "passe-partout", à l'exception peut-être des herbiers méga-denses. J'adore les digues de pierre et passer au-dessus des herbiers.

  • Zones peu profondes (shallows) : Les plages en pente douce sans végétation (fonds sablo-vaseux), les plateaux, ou les ripisylves (arbres et plantes en bordure de l'eau) sont très intéressantes. Ces zones se réchauffent rapidement au soleil, attirant le poisson fourrage et les carnassiers. Le 3DS Crank SSR, qui évolue juste sous la surface, est parfait pour ces secteurs.
  • Herbiers : Pour prospecter au-dessus des herbiers affleurants, des leurres comme le LUCKY CRAFT LC 1.5 ou le Rapala Super Shad Rap (avec sa bavette "cassée") sont idéaux. Pour des herbiers profonds, un leurre qui reste dans la pellicule d'eau comme le 3DS Crank SSR permet de le diriger avec précision entre les obstacles. Les couloirs moins denses ou les limites d'herbiers sont des zones clés.
  • Structures et quais : En street-fishing, le crankbait est idéal pour débusquer les prédateurs embusqués contre les quais, qui offrent des caches et zones d'ombre.
  • Zones profondes : Les deep crankbaits et les deep longbill sont idéaux pour les cassants profonds, les plateaux et les fosses en lac de barrage ou en grande rivière. Même dans des profondeurs dépassant les 8/10 m, les poissons peuvent se situer assez haut dans la couche d’eau, notamment là où le vent crée des courants de surface renvoyés par la berge, formant des zones de tenue entre 1 et 3 m sous la surface.
  • Couleurs : Trois couleurs se distinguent : le rouge pour l'écrevisse quand on pêche des structures de pierre, le vert/transparent autour des herbiers, et le chartreux firetiger quand les eaux commencent à se teinter ou que le temps est gris et menaçant.

3. Les Leurres Recommandés

Le marché offre une multitude de crankbaits efficaces. Voici quelques-uns que j'utilise et recommande :

  • Zipbait B Switcher 4.0 Silent : Si je ne devais en avoir qu'un, ce serait celui-là. Il a une taille idéale pour le brochet, la perche, le sandre et le bass. Il plonge vraiment bien (profondeur de nage moyenne 4m) mais ne tire pas trop dans la canne.
  • Bandit Series 300 : Mon leurre préféré pour les grosses perches. Plus petit que le Zipbait, il a une nage qui désaxe plus que le B Switcher et une profondeur de nage moyenne de 3 mètres.
  • LUCKY CRAFT LC 1.5 : Un leurre silencieux qui va descendre à un peu plus d'un mètre, idéal pour passer au-dessus des herbiers.
  • Autres références : Le RAPALA Dive To DT10 (classique, 3 mètres), MEGABASS Flap Slap LBO (1,5 mètre, efficace en jerk et récupération classique), SALMO Rattlin Hornet 4.5 (classique pour la perche).
  • Gamme Yo-Zuri : Des leurres avec des technologies avancées comme le 3DS Crank SR (1 mètre maximum) qui complète le 3DS Crank SSR (juste sous la surface), ou le 3DB Squarelip Shallow (1,5 m) et le Sashimi Mid Crank (1,8 m), reconnus pour leurs vibrations puissantes et leur robustesse.

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