L'univers de la pagaie, qu'il s'agisse de kayak, de canoë ou de stand-up paddle (SUP), révèle une multitude de pratiques, allant de la simple activité de loisir à un véritable engagement en faveur de l'environnement. Ces disciplines, accessibles et variées, permettent à de nombreux passionnés d'explorer les cours d'eau et les littoraux, souvent avec une conscience accrue des enjeux écologiques. À travers différentes initiatives et récits, on découvre comment la pagaie peut devenir un vecteur de changement et de découverte, tant pour les individus que pour les communautés.
L'Engagement d'Emmanuel sur le Trieux : Un Combat Quotidien Contre la Pollution
Depuis deux ans, Emmanuel parcourt le Trieux en paddle à Guingamp (Côtes-d’Armor). Son parcours sur cette rivière n'est pas uniquement motivé par le plaisir. Il en profite pour ramasser les déchets de tout type qu’il retrouve dans la rivière, transformant chaque sortie en une mission de nettoyage. Cette initiative, à la fois individuelle et exemplaire, attire les regards et suscite souvent une rencontre peu commune qui récolte une bonne majorité de sourires et de regards tantôt interloqués tantôt bienveillants. Emmanuel Even se balade sur le Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor) sur son paddle, non sans objectif.
À l’origine, Emmanuel pratiquait cette activité en mer comme la plupart des pratiquants. Il se remémore : « J’ai commencé à faire du paddle pour m’amuser parce que j’adorai ça ». L'évolution de sa pratique l'a mené à choisir le Trieux pour des raisons pratiques et géographiques évidentes. Le Trieux est juste à côté de chez moi, explique-t-il, et la mer la plus proche est à 25 kilomètres, donc c’est plus pratique. Emmanuel a commencé à faire des balades en paddle sur le Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor), il y a deux ans, et depuis, son engagement n'a fait que croître. L'autorisation nécessaire pour s'aventurer dans la rivière a été obtenue après consultation : Finalement, j’ai eu le conseiller technique départemental qui m’a dit que je pouvais en faire sans problème, relate-t-il. Équipé d’une tenue complète avec combinaison, chaussons et parfois casque, il est autorisé à s’aventurer dans la rivière à l’aide de son paddle, ce qui lui permet de mener à bien ses opérations de nettoyage.
Le ramassage des déchets par Emmanuel est une opération méthodique. Emmanuel ramasse les déchets dans le Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor) et les laisse à un endroit stratégique avant de les récupérer à pied, à vélo ou en voiture. Cette organisation est rendue nécessaire par la quantité de détritus qu'il rencontre. Si Emmanuel ramasse surtout les déchets en paddle, il est souvent obligé de revenir faute de place suffisante pour ramasser tout ce qu’il pourrait trouver. Le jeune homme laisse donc des déchets temporairement faute de pouvoir tout ramasser, une réalité qui souligne l'ampleur de la tâche. Il décrit sa méthode : « Je stocke les déchets à différents endroits inaccessibles à pied pour éviter que les gens les remettent à l’eau et je reviens après soit à pied soit à vélo soit en voiture quand il s’agit d’objets lourds ». Ensuite, il entame le tri entre le verre, le plastique et la ferraille, démontrant une démarche complète et responsable.
Parmi ses découvertes, certaines sont particulièrement frappantes. Emmanuel a trouvé deux plots de chantier dans l’eau du Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor) et a utilisé son paddle pour les emmener loin du fond de la rivière. Mais les objets sont parfois bien plus imposants. Emmanuel, de dos, a déjà sorti un caddie de l’eau du Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor). Des caddies, des poubelles de tri, des extincteurs ou encore une box internet ont aussi été retrouvés, témoignant de l'incivilité de certains. Le plus insolite restant un chien mort, une découverte macabre qui souligne la gravité de la pollution. L'humour aide parfois à faire face à ces constats, comme il le sourit en disant : « C’est parce que c’était un grille-pain », évoquant un autre objet étrange.
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L'action d'Emmanuel, bien que locale, porte un message plus large. Il nuance lui-même l'impact de ses efforts, affirmant : « Même si à l’échelle du monde ça ne représente pas grand-chose ». Cependant, cette attitude est souvent bien perçue par ceux qu’il croise. L'impact sur les comportements, bien que difficile à mesurer pleinement, est perceptible. Emmanuel constate que les comportements n’ont pas vraiment changé même si certains arrêtent de jeter dans le Trieux à force de le voir ramasser. Cette observation souligne la persistance du problème, mais aussi le début d'une prise de conscience chez certains.
Au-delà des déchets jetés par des particuliers, Emmanuel pointe du doigt d'autres sources de pollution. Il observe que les entreprises ont aussi un rôle dans la pollution du Trieux. Si l’eau est « claire » selon Emmanuel, il a remarqué que des tuyaux d’évacuation provenant d’une grande surface rejettent une eau différente dans le Trieux. Il analyse ce qu'il voit avec une expertise professionnelle, car il travaille par ailleurs dans une station d’épuration à Carhaix. Il déclare : « Je ne vais pas m’avancer sur ce que c’est. C’est peut-être autorisé au rejet mais c’est mousseux, c’est blanc, l’eau change de couleur ». Il ajoute une comparaison significative : « Quand on rejette de l’eau d’une station d’épuration, c’est de l’eau claire, elle ne ressemble pas à ça », mettant en évidence une anomalie préoccupante. Son expérience professionnelle lui offre une perspective unique sur la qualité de l'eau.
Un moment marquant de son engagement fut la participation d'un jeune garçon. Emmanuel a été accompagné de Louis, un jeune garçon de 11 ans lors de l’une de ses balades en paddle sur le Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor) où il a ramassé des déchets. Emmanuel et Louis ont réalisé une belle balade sur le Trieux à Guingamp (Côtes-d’Armor) tout en ramassant les bouteilles et autres déchets visibles sur et dans la rivière, illustrant comment l'action individuelle peut inspirer et impliquer les jeunes générations dans la protection de l'environnement fluvial.
La Pagaie, un Spectre d'Activités : Du Kayak au Stand-Up Paddle
La pagaie ne se limite pas à une seule pratique. Elle englobe diverses disciplines nautiques qui offrent chacune des sensations et des techniques distinctes. Que ce soit le kayak, le canoë ou le stand-up paddle, ces activités partagent l'usage d'une pagaie, mais se distinguent par l'embarcation et la gestuelle.
Le Kayak : Technique et Diversités d'Embarcations
Le kayak, une des formes les plus connues de navigation à pagaie, se caractérise par l'utilisation d'une pagaie double. En kayak, on utilise une pagaie double, c'est à dire : un manche avec une pâle fixée à chaque extrémité. La plupart des pagaies de kayak sont dites : "croisées". En effet, pour diminuer l'impact de la prise au vent lorsque qu'on navigue face à celui-ci, l'usage a voulu qu'on tourne les pâles de 45°, l'une par rapport à l'autre, ce qui optimise l'efficacité du coup de pagaie. Le kayakiste est assis au fond du bateau afin d'abaisser le centre de gravité et par conséquent améliorer la stabilité de l'embarcation, un facteur crucial pour la sécurité et la performance.
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Les kayaks, contrairement à certaines idées reçues, peuvent être à une, deux, trois, quatre places. Certaines réalisations ont même permis d'embarquer sept pagayeurs, démontrant la grande adaptabilité de ce type d'embarcation à différents usages et besoins. Ils peuvent être ouverts ou fermés, avec les formes, les longueurs, les largeurs les plus variées selon les usages, qu'il s'agisse de balade, de course, de mer ou de rivière. Cette diversité fait du kayak une activité accessible à un large public, des débutants aux athlètes confirmés.
Le Canoë : Une Autre Approche de la Pagaie
Le canoë offre une expérience de navigation différente, notamment par le type de pagaie et la position du pratiquant. En canoë, on utilise une pagaie simple. La pâle, qui est la partie qu'on immerge, est fixée à une extrémité du manche, tandis que la poignée, appelée "olive", est fixée à l'autre extrémité. Ces deux parties sont fixées dans le même axe afin de contrôler avec l'olive, l'orientation de la pâle selon ses besoins, permettant une grande précision dans la direction et la propulsion. Le canoéiste est à genoux, non pour adresser des prières au dieu de la rivière mais pour améliorer son équilibre. Il peut également être assis sur un barreau, un pouf, parfois un vrai siège, offrant une certaine flexibilité de posture.
Là encore, les idées reçues laissent supposer que le canoë est forcément biplace, ce qui est une conception erronée. Il n'en est rien, car les canoës, tout comme les kayaks, peuvent accueillir un nombre varié de passagers, répondant ainsi à des besoins divers, que ce soit pour des excursions solitaires ou des sorties en groupe.
Le Stand-Up Paddle (SUP) : Une Tendance Croissante
Le stand-up paddle, souvent appelé SUP, est une discipline qui a connu un essor considérable ces dernières années. Debout sur une planche, une pagaie et de l'eau à perte de vue… Cette description résume bien l'essence de cette pratique. Emmanuel et Régis, des pratiquants récents, n'ont qu'un mois de pratique de cette activité. L'image de petits points perchés sur une planche avec leur grande pagaie a quelque chose du gondolier vénitien, vus de loin, bien qu'ils soient harnachés dans des gilets de sauvetage et beaucoup moins habillés que les chemises rayées des rameurs italiens.
La mode du SUP a été adoptée par des lieux comme Le Quai Vert, en bordure du canal de la Basse Loire, qui a cédé à la mode ce printemps. La « forte demande » leur donne raison, attestant de la popularité grandissante de cette activité. Si la discipline ancestrale en Polynésie séduit les adeptes du kayak, elle a été réhabilitée au début du siècle par des surfers qui cherchaient un moyen de glisser sur des petites vagues pour les jours creux. Les deux SUPers présents ce matin-là au Quai Vert n'appartiennent à aucune des deux écoles, mais sont déjà mordus un mois après s'être essayés à la discipline. Pour eux, c'est surtout de la détente, affirme le premier. Mais ils constatent aussi l'aspect plus sportif : « Mais on a des amis plus expérimentés qui font des figures sur leurs planches ! », assure le second, qui tente alors de faire le poirier sur la sienne, avant de tomber dans l'eau. Car le canal de Basse Loire propose avant tout une pratique de loisir, illustrant la diversité des approches du SUP.
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Le SUP ne se limite pas aux eaux calmes. Autre endroit, autre pratique : l'école de kitesurf FunGlisse sur la plage du Cormier, à La Plaine-sur-Mer, propose des cours de SUP. Thibaud Harduin, le moniteur, affirme avoir un carnet de commande plein et essentiellement pour « faire de la balade », soulignant l'attrait pour l'exploration des côtes. Cependant, d'autres profitent des vagues pour une pratique plus sportive. C'est le cas de Virginie Philippe, venue prendre son premier cours de paddle. Cette adepte du kayak espère trouver une alternative « moins difficile au surf… Enfin, je dis ça mais quand je vois les autres tomber, je doute un peu ! » Ses doutes montrent le défi que représente le SUP dans les vagues. Pendant que les têtes brûlées s'essaient aussi à la course en ligne ou au slalom sur paddle, les adeptes du yoga ont inventé la méditation sur planche, révélant la polyvalence et les multiples facettes de cette pratique.
Événements Fédérateurs et Initiatives Communautaires Autour de la Pagaie
La pagaie est également au cœur d'événements communautaires qui rassemblent les passionnés et les curieux. Ces rassemblements soulignent l'aspect social et accessible de ces activités nautiques, permettant à chacun de découvrir ou de redécouvrir le plaisir de glisser sur l'eau.
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