La côte landaise, et plus particulièrement Hossegor, est depuis longtemps reconnue comme un épicentre mondial du surf, un lieu où la houle de l'Atlantique sculpte des vagues mythiques et où naissent des talents exceptionnels. C'est dans ce décor vibrant qu'évolue Noa Dupouy, un jeune surfeur de Mimizan dont le parcours illustre parfaitement la symbiose entre un talent inné et un environnement propice à l'excellence. Son histoire, jalonnée de performances remarquables et d'une passion indéfectible pour l'océan, s'inscrit dans la continuité d'une culture surf profondément ancrée dans cette région du Sud-Ouest de la France.
Noa Dupouy : Une Maîtrise Précoce des Éléments
Dès son plus jeune âge, Noa Dupouy a démontré une affinité rare avec l'océan et ses vagues. À seulement sept ans, il semblerait que le jeune Noah Dupouy de Mimizan ait déjà un sens aigu de la vague à en faire pâlir plus d’un. Une telle précocité est le signe d'une connexion instinctive avec l'élément aquatique, souvent observée chez les futurs grands noms du surf. Sa maîtrise des turns et un engagement assez rare pour son âge sont des qualités qui ont été remarquées très tôt, d'autant plus que certains passages impressionnants ont été shootés alors que le kid n’avait que six ans. Cette aisance technique, combinée à une audace naturelle, le distingue de ses pairs et annonce une carrière prometteuse.
Le jeune Landais ne se contente pas des vagues. Comme si ça ne suffisait pas, le gamin en profite au passage pour nous montrer qu’il tâte aussi plutôt bien la planche à roulettes et le snowboard. Cette polyvalence dans les sports de glisse témoigne d'une compréhension globale du mouvement et de l'équilibre, des atouts précieux qui enrichissent son surf et sa capacité à s'adapter à différentes conditions. Qu’il soit chez lui aux côtés de Vincent Duvignac, figure emblématique du surf français, ou lors de ses périples au Portugal et aux Canaries, Noa affine constamment ses compétences. Il a également brillé lors du Hurley Pitchoune Tour, savamment organisé par Arnaud Darrigade et le Comité des Landes, des événements cruciaux pour la détection et l'accompagnement des jeunes talents.
L'esprit de compétition de Noa s'est manifesté très tôt. En décembre 2013, à l'âge de neuf ans, le mimizannais licencié au Capbreton Surf Club, a remporté la WSA, en Californie dans la catégorie des 10 ans et moins. Il a participé de la mi-novembre à la mi-décembre, à la WSA (Western Surfing Association) en Californie à San Clemente, où il a montré un excellent niveau et reçu de nombreux encouragements. Noa Dupouy a remporté la compétition dans la catégorie U10, celle des moins de dix ans. Depuis deux ans à cette époque, Noa Dupouy enchaîne les compétitions et se mesure aux plus grands. Sa détermination est palpable : "Je ne suis pas stressé lors des compétitions, j’ai surtout envie de montrer ce que je sais faire et tenter de grosses figures ‘genre’ R-Reverse (180° en l’air), c’est ce que je préfère !" raconte-t-il.
Le développement d'un jeune surfeur de ce calibre passe souvent par l'exploration de vagues variées et exigeantes. Un projet a vu le jour autour de Noa pour qu’il puisse pendant l’hiver, "surfer des vagues à son niveau avec des jeunes de son âge", commente son papa, Rudy. Dans cette optique, père et fils sont ainsi partis trois mois en Polynésie puis à Hawaï "pour se confronter à des vagues exigeantes". Ces expériences enrichissantes sont fondamentales pour forger l'adaptabilité et la résilience nécessaires aux surfeurs professionnels. Malgré ses aspirations de carrière, Noa Dupouy garde une approche équilibrée : même s’il rêve de faire carrière dans la glisse, Noa Dupouy "surfe quand il en a envie, et souvent pour aller s’amuser à la sortie de l’école avec ses copains, Max, Louis, Naiël et Témohé". Cette joie pure et désintéressée est le moteur essentiel de tout surfeur. Et avec un sens de l'humour déjà aiguisé, il projette : "Si je n’arrive pas à être pro, je serais pilote de ligne pour avoir des billets et aller surfer !" Plus récemment, son nom a de nouveau résonné lors du Quiksilver Festival 2025 à Hossegor, où, au coup de trompe, il a fait partie du trio français, Kyllian Guerin, Sam Piter et Noa Dupouy, qui a été dominé de justesse par les meilleurs scores du classement affichés par Zeke Lau et Leonardo Fioravanti. Cette présence constante aux côtés des élites du surf confirme sa trajectoire ascendante.
Lire aussi: Thème Surf Chambre Enfant
Hossegor, Berceau et Tremplin des Talents du Surf Mondial
Le parcours de Noa Dupouy est indissociable du cadre exceptionnel qu'offre Hossegor, une commune qui est bien plus qu'une simple station balnéaire ; c'est un véritable sanctuaire du surf. Les plages d’Hossegor sont mondialement réputées pour la qualité de leurs vagues, mais aussi pour la pureté de l’eau et ses grandes étendues de sable et de dunes sauvages. Les vagues ont fait la réputation de cette station phare du département des Landes, attirant chaque année les meilleurs surfeurs de la planète. L’avantage d’Hossegor est clairement le potentiel vague pour le surf, un peu à l’image d’une station de ski où chaque piste offre une expérience différente.
Parmi les joyaux de cette côte, certains spots sont devenus légendaires, offrant des conditions variées pour tous les niveaux. Le spot de la Sud, par exemple, est considéré comme un spot d’apprentissage idéal. Son exposition à la houle d’été et ses bancs de sable en font un site parfait pour débuter. Facilement accessible à marée basse, les surfeurs débutants peuvent apprendre rapidement les bases, avec l’opportunité de surfer très vite de vraies vagues, ces vagues qui n’ont pas encore déferlé. Le spot de la Sud est également un spot de repli par grosse houle, offrant des conditions plus gérables lorsque l'océan se déchaîne ailleurs. Ce spot tire son nom de la plage centrale, située au pied de la place des Landais d’Hossegor. En fonction des années, on peut y trouver un banc de sable qui fonctionne à marée basse et à marée haute. La vague peut alors être soit très accessible, même pour les débutants en surf, soit devenir très technique avec de jolis tubes.
Non loin de là, la Nord est une vague de légende qui se situe au large de la plage centrale. Cette vague commence à fonctionner lorsque le swell dépasse les deux mètres, un spectacle impressionnant pour les spectateurs et un défi de taille pour les surfeurs expérimentés. Cette houle vient buter sur un banc de sable installé qui a la particularité de ne pas bouger d’un hiver à l’autre, garantissant des vagues puissantes et prévisibles. L’été, étant donné que les houles sont moins présentes, il est plus rare de la voir marcher à son plein potentiel, mais La Nord a tout de même tendance à se réveiller. Ce spot, au nord de la centrale, commence avec le blockhaus apparent et s’étend jusque 500 mètres au nord.
Plus au nord encore, La Gravière tire son nom de la présence de graviers au pied d’un banc de sable très compact. La vague de la Gravière est de réputation mondiale et le spot idéal pour les compétitions internationales. C’est une vague tubulaire, puissante et technique, une véritable vague de magazine qui attire les professionnels du monde entier. Enfin, la plage naturiste, la plus au nord d’Hossegor, offre une ambiance un peu plus sauvage avec d’excellentes conditions de surf lors de houles petites à moyennes. Notre école de surf d’Hossegor, Watermansport Surfschool, est stratégiquement située face au spot de la Sud d’Hossegor, à 200m de la plage de la Centrale, mais nous pouvons néanmoins nous déplacer en fonction des meilleures vagues du moment, y compris vers les plages de Capbreton et Seignosse, les deux communes qui encadrent Hossegor. Hossegor offre ainsi, sur ses six kilomètres de plage, une multitude de vagues, certaines avec des accès moins évidents et donc moins de monde à l’eau, permettant à chacun de trouver son bonheur.
Les Racines Historiques du Surf en France : Hossegor, un Site Pionnier
L'histoire du surf en France est intimement liée à la côte basco-landaise, et Hossegor a joué un rôle de premier plan dans son développement. En 1957, Jack Rott, pionnier du surf français, a surfé les vagues d’Hossegor. Cette année marque un tournant, puisque au printemps 1957, Rott essaye la planche de surf à l’épi Nord d’Hossegor sur la côte landaise. Du premier coup, il réussit à se lever et à surfer sa première vague jusqu’au bord, un moment fondateur pour la discipline en France. L'introduction du surf n'a pas été sans défis techniques. Au départ, les planches de surf (surf board) avaient un gabarit énorme et pouvaient peser jusqu’à 50 kilos, car elles étaient faites avec des matériaux lourds, comme le bois ou l’écorce d’arbre. Après la guerre, une innovation majeure est apparue : les dérives ont finalement été installées sous la planche de surf, afin de pouvoir effectuer des virages sur une vague, transformant radicalement la pratique.
Lire aussi: Pokémon Surfeur : Valeur et rareté
L'ingéniosité locale a également contribué à l'évolution de l'équipement. L'artisan local Georges Hennebutte, à qui Viertel, ayant cassé sa planche de surf à Biarritz, la confie à réparer, devint l'inventeur quelques années plus tard du leash de surf. Leash que l'on considère de nos jours indispensable pour surfer, car il permet de conserver sa planche de surf en cas de chute et d’éviter un impact avec quelqu’un autour. Il autorise Rott à venir observer et mesurer la planche de surf. Rott, artisan ébéniste de métier, utilisera ses connaissances artisanales pour fabriquer ces deux planches, illustrant l'esprit d'innovation et d'adaptation des premiers surfeurs français.
Dans les années 1950, l’utilisation de nouveaux matériaux a permis le développement rapide du surf : de nouvelles planches de surf plus légères et plus faciles à gérer ont contribué à rendre le sport populaire. Ce progrès technique a ouvert la voie à un afflux massif de surfeurs. Dans les années 70, un afflux massif de surfeurs venant de toute la France, de l’Europe et du monde entier, sont venus profiter des « magiques vagues mythiques » du Sud-Ouest. Ce phénomène a transformé la région, faisant d'Hossegor un lieu de pèlerinage pour les amateurs de glisse.
Le développement du surf a été accompagné par une structuration institutionnelle. En 2010, la Fédération Française de Surf s’est déplacée une deuxième fois à la plage sud à Hossegor, consolidant son engagement envers la région. Les anciens locaux de la fédération sont aujourd’hui occupés par le Hossegor Surf Club, témoignant de l'intégration profonde du surf dans le tissu local. En 2015, la Fédération Française de Surf a créé un nouveau Label : « Ville de Surf », une reconnaissance officielle de l'importance de ces communes pour la discipline. Ce boom de la culture surf est créatrice de nombreux emplois et un atout touristique et économique majeur. Les plus grandes marques du monde du surf comme Rip Curl, Billabong, Volcom, Quiksilver, se sont d’ailleurs installées sur la commune de Soorts-Hossegor, accompagnées des familles australiennes et Américaines, créant un véritable écosystème économique autour du surf. Autour du surf gravite un atout touristique et économique qui ne cesse de croître. En parallèle, de nouvelles disciplines sportives se sont développées à partir du surf, diversifiant l'offre de glisse : le Longboard, bodyboard, kneeboard, skimboard, bodysurf, surf tandem et le Stand up Paddle.
La Nouvelle Génération du Surf Landais : Entre Exigence et Rêves Mondiaux
Noa Dupouy n'est pas un cas isolé, mais plutôt un représentant éminent d'une nouvelle génération de surfeurs landais qui perpétuent la tradition d'excellence de la région. Au Pays Basque, la relève du surf français s'entraîne tous les jours, des futurs champions qui ne sont encore que des adolescents. Une vie où il y a toujours un petit détour par la plage avant d’aller à l’école, car ils sont nés au bord de l’eau et ont appris à dompter les vagues dès leur plus jeune âge.
À Hossegor, certains enfants font déjà partie des meilleurs surfeurs au monde. C’est le cas d’Ethan Fernandez qui a tout juste dix ans. La vie du petit Landais ressemble déjà à celle d’un athlète de haut niveau, avec entraînement sportif dès 6h30 du matin. Il surfe tous les jours de l’année quel que soit le temps, même en plein hiver, montrant une discipline et une passion hors du commun. Son papa, Nicolas Fernandez, également professeur de surf, l'accompagne dans son rêve, avec une approche réaliste et exigeante. Le petit garçon n’est qu’en CM1, mais sait déjà qu’il sera surfeur professionnel. Son père témoigne : “Je ne veux pas lui vendre du rêve. Ce qu’il a choisi, c’est une voie où il y a du monde qui veut la même chose. Je ne suis pas le genre de parent à dire : tu es bon mon fils, tu es le meilleur, c’est génial ce que tu fais. Si je dis que c’est bien, c’est parce que c’est vraiment bien.” Cette rigueur parentale est un facteur clé dans l'épanouissement de ces jeunes athlètes.
Lire aussi: T-shirts de surfeur pour hommes : guide
À peine entrés au collège, ces enfants jonglent entre leur scolarité et les compétitions de niveau international. Ils s’entraînent sept à huit fois par semaine, un rythme comparable à celui des sportifs de haut niveau. Parmi eux, Tya Zebrowski, onze ans, a déjà une expérience internationale impressionnante. Hawaï, Tahiti, Maroc, Bali, elle a déjà fait le tour du monde pour concourir, et n’a qu’une seule idée en tête. “J’aimerais être aussi fort que les garçons, et je voudrais être championne du monde et aider des familles qui sont pauvres”, confie-t-elle, révélant une ambition sportive et un sens de la solidarité remarquables.
D'autres parcours inspirants se sont construits sur ces mêmes plages, façonnant des figures emblématiques de la communauté surf locale. Pour Thomas et Téhina, tout a commencé ici, sur les plages d’Hossegor et de Capbreton, face à l’océan Atlantique. Thomas a découvert le surf à l’Estacade de Capbreton, des heures passées à observer les vagues, à attendre la bonne série, à tomber encore et encore avant de ressentir cette sensation indescriptible : celle de glisser pour la première fois. Téhina, quant à elle, est tombée amoureuse de l’océan sur le spot de la Sud à Hossegor, ses premières mousses, les couchers de soleil après les sessions, l’odeur du sable chauffé par le soleil et ce sentiment de liberté immense qu’on ne retrouve nulle part ailleurs ont forgé sa passion. Pour eux, l’océan a toujours fait partie de chacune de leurs journées. On y surfe, on y passe des heures à observer les conditions, on y pêche, on s’y retrouve entre amis ou simplement pour souffler en famille. Ici, la plage n’est pas seulement un bureau.
Téhina Blasquiz, diplômée d’état depuis 2020, est issue d’un mélange exotique : une mère tahitienne et un père basque. Née au beau milieu des Landes, elle a vite troqué son brin de maïs contre une planche de surf. À l’âge de 12 ans, elle a commencé la pratique du surf grâce à sa grande sœur et ne s’arrêtera jamais d’arpenter les bancs de sable d’Hossegor, Seignosse et Capbreton. Afin d’approfondir sa pratique, elle est partie faire un tour du monde, visitant le Costa Rica, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie, et découvrant les joies du surf trip, cette quête de la vague parfaite à travers le globe.
Thomas Esquillot, diplômé d’état depuis 2014 et originaire d’Hossegor, a grandi sur la côte Landaise. Thomas savait surfer avant de marcher (ou presque), et ça se voit ! Il est devenu un surfeur accompli grâce à l’enseignement des meilleurs clubs de surf de France : le Capbreton Surf Club dès l’âge de sept ans, et le Hossegor Surf Club dès l’âge de quatorze ans. Pendant plusieurs années, en parallèle de ses études de commerce, il a fait de la compétition au niveau national et européen. Sponsorisé par la marque au diamant Volcom, il a poursuivi son ascension, devenant Champion des Landes, Vice-champion d’Aquitaine, 13ème au championnat de France, et Vainqueur final du Volcom tour Europe qui le qualifia pour la finale mondiale à Newport (Californie). Suite à un grave accident, il a délaissé la compétition, a empoché son diplôme de moniteur de surf en 2014 et a décidé de suivre une autre voie. Thomas poursuit alors un rêve différent : la quête de la vague. Celui-ci l’a amené à parcourir le monde, de l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud en passant par l’Asie, afin de débusquer des vagues vierges parfois sauvages, tout en découvrant de nouvelles cultures. Ces parcours diversifiés et riches témoignent de l'influence profonde d'Hossegor sur la vie de ses surfeurs, qu'ils soient de jeunes prodiges ou des professionnels accomplis.