# Le Mystère de l'Intermezzo : Meurtre en Pleine Mer au Large du Portugal

Introduction

L'océan Atlantique, souvent théâtre de récits d'aventures et de voyages, peut parfois devenir le décor de drames insondables, révélant des histoires dignes d'une fiction psychologique complexe, avec ses zones d'ombre, ses faux-semblants et ses séductions cyniques. C'est en réalité une crapulerie qui a coûté la vie à un retraité breton près du cap Saint-Vincent, à l'extrême sud-ouest du Portugal. Ce 17 août 2006, le sauvetage in extremis de deux Français au large de la côte sud du Portugal s’apparente à un miracle. Après une tempête au sud du Portugal, un navire espagnol sauve de la noyade deux Français en hypothermie. Le trimaran sur lequel ils se trouvaient, l'Intermezzo, a fait naufrage et s'est retourné. Il s'agit de Corinne Caspar, 48 ans, et Thierry Beille, 51 ans, qui se présentent alors comme frère et sœur. Les images de leur périlleux hélitreuillage sont diffusées à la télévision portugaise, donnant l'impression d'un fait divers qui se termine bien. Les deux rescapés sont toutefois conduits à l’hôpital car ils souffrent d’une légère hypothermie. Mais ce sauvetage n'est que le prélude à une incroyable affaire criminelle, le point de départ d'un feuilleton juridico-aquatique qui tiendra en haleine les médias portugais et français.

Le Naufrage et la Troublante Découverte

Le drame se déroule à bord de l'Intermezzo, un trimaran de quatorze ou vingt mètres, un puissant multicoque. Malgré un avis de tempête, le voilier a quitté le mercredi 16 août le petit archipel d'îles qui fait face au port d'Olhão, en Algarve. Il y avait trois personnes à bord, dont le propriétaire André Le Floc'h, un retraité breton de 67 ans, d'habitude un aventurier solitaire qui cabote le long de la péninsule Ibérique. Le lendemain matin, à une vingtaine de milles du cap Saint-Vincent, le trimaran fait naufrage dans l'Atlantique, balayé par la pluie et des vents violents. Dans une mer déchaînée, vagues de 5 mètres et vent de force 6, un navire marchand espagnol, le Sichem-Fenol, repère un canot de sauvetage dérivant avec deux personnes à bord. À proximité, le commandant du cargo remarque aussi la coque renversée d'un trimaran. Réfugiés sur un canot de sauvetage, deux passagers sont recueillis quelques heures plus tard par l'équipage d'un cargo espagnol. Comme ils souffrent d'une légère hypothermie, ils sont héliportés vers un hôpital de Lisbonne.

À l'hôpital Curry Cabral de Lisbonne, Thierry Beille et Corinne Caspar sont provisoirement recueillis à bord du Sichem-Fenol, où l'équipage leur fournit des vêtements secs, puis hissés dans un hélicoptère de l'armée de l'air. Avant d'embarquer dans l'hélicoptère, ils ont prévenu l'équipage du navire espagnol qu'une troisième personne se trouve à l'intérieur du trimaran renversé. Les deux rescapés, l'homme et la femme, se disent frère et sœur, de nationalité française et s'appeler Thierry Beille et Corinne Caspar. C'est vrai qu'ils se ressemblent un peu, avec leurs traits secs, leur peau bronzée. Ils ne signalent pas tout de suite la présence d'un troisième occupant dans le bateau retourné au large du cap, ou la mentionnent juste pour dire qu'il est Français et qu'il s'appelle Le Floc'h.

Les autorités portugaises envoient sur la zone un bateau militaire et un hélicoptère avec des plongeurs. Mais l'état de la mer ne permet aucune intervention immédiate. Le lendemain, une nouvelle équipe parviendra à s'approcher de la cabine du trimaran et découvrira, à travers un hublot, le corps sans vie d'André Le Floc'h. C'est un plongeur qui, le 19 août, aperçoit son corps par le hublot de la cuisine. Le petit homme aux cheveux gris a les pieds et mains liés. Il est lesté de plomb et porte des marques de violence à l'oreille droite et à la nuque. Lorsqu’ils parviennent à l’extirper de la cabine, les enquêteurs notent que son crâne présente des traces d’hématomes. Surtout, une ceinture lestée de trente kilos de plomb est accrochée à ses pieds et ses chevilles sont alourdies de poids. De victimes, les deux rescapés du naufrage, Thierry Beille et Corinne Caspar, sont suspectés de meurtre.

Les Récits Contradictoires des Rescapés et les Soupçons de la Police

Face aux policiers portugais, Corinne Caspar informe qu'au cours de la croisière, André Le Floc'h aurait tenté de la violer. Elle raconte qu'André lui a sauté dessus alors qu'elle préparait le dîner, qu'il a commencé à la violer en lui disant : "Tu dois payer pour ton voyage". Selon sa version, elle serait parvenue à le maîtriser, puis l’aurait ligoté avec son frère pour le remettre aux autorités une fois à terre. Son frère est alors intervenu, dit-elle, pour essayer de calmer l'individu. Ils finissent selon son récit par l'attacher au lit le temps de le livrer aux autorités portugaises. C'est dans ce contexte que "L'Intermezzo" a fini par chavirer. André Le Floc'h, toujours attaché, n'aurait pas pu y échapper, contrairement aux deux survivants, comme ils le racontent. Au tribunal, Corinne Caspar s'adresse aux médias. Elle affirme qu'elle et son frère sont innocents.

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Cependant, les policiers portugais sont peu convaincus par les explications embrouillées des Français. Guilhermino Encarnaçao, directeur national adjoint de la police judiciaire, en poste à Faro, confiait à l’époque au Monde : « C'est tout de même curieux. Elle a fait cette révélation […] après avoir vu à la télévision que les autorités avaient l'intention de renflouer le trimaran. Comme si elle s'était dit qu'il fallait absolument donner une explication plausible au fait que ce pauvre M. Le Floc'h avait été attaché. » Les prélèvements d'ADN ne confirmeront pas le viol. Les policiers portugais sont eux persuadés de leur culpabilité et les inculpent de meurtre. Devant les caméras des médias qui s'intéressent à l'affaire, le duo crie à l'erreur policière.

Les Révélations Cruciales de l'Autopsie

Les jours suivants apportent des éléments cruciaux qui ébranlent la version des rescapés. Les résultats de l'autopsie tombent et établissent que la victime n'est pas morte noyée mais avant le naufrage, et même avant d'avoir été ligoté. L'autopsie révélera qu'il ne s'est pas noyé mais a succombé à des coups. La preuve définitive ? Il n'a pas d'eau dans les poumons. Son crâne présente de nombreux hématomes, et son cou, des traces de pression. La victime serait morte d'étouffement ou asphyxiée, son cou portant des traces de strangulation manuelle. Le cadavre ne présentait pas d'eau dans les poumons, et la tête et le cou de la victime portaient des traces de coups. Plus accablant encore, l'examen révèle qu'il est mort asphyxié. Son corps ne porte pas non plus de traces laissant penser qu’il a cherché à se défaire de ses liens. Il a été ligoté post-mortem. Pour les enquêteurs, il n'y a guère de doute : André Le Floc'h a été tué par ses hôtes qui avaient prévu de se débarrasser de son corps en le lestant.

Le Profil des Suspects : Une Relation Trouble et une Vie Marginale

Pour avancer dans le dossier, il faut impérativement fouiller dans la vie des deux suspects. Et là, l'affaire se complique, on entre alors dans un labyrinthe. Thierry Beille et Corinne Caspar se disent frère et sœur, mais des proches et les actes de naissance démentent leur lien de frère et sœur, ce qui attire d'autant plus l'attention sur eux. Les deux naufragés font figure de principaux suspects, mais qui sont-ils réellement ? Ils se disent frère et sœur mais rien dans leur état civil ne l’indique. Au contraire, tout laisse penser qu’ils sont en couple. C’est leur mère, Carole Caspar, qui lèvera le voile sur leur histoire, racontant à un quotidien français et aux enquêteurs qu'elle avait accouché « sous X » d'un garçon en 1955, année de la naissance de Thierry Beille. Dix ans avant le drame, celui-ci a débarqué chez elle, affirmant être son fils. Les analyses ADN diligentées dans le cadre de l'enquête judiciaire confirmeront ce récit : Thierry Beille et Corinne Caspar sont bel et bien demi-frère et sœur. Carole Caspar n’est pas tendre envers son fils, qu’elle décrit comme un homme violent, oisif, manipulateur et qui, dès le premier jour, a subjugué sa fille. Elle confie : « Il nous a manipulées ma fille et moi. Il a réussi à ce qu'on soit deux rivales vis-à-vis de lui. »

Selon la mère, elle s'est toujours méfiée de cet homme manipulateur, oisif, parfois violent (il a été impliqué il y a quelques années dans une affaire d'agression à la hache). Il ne tarde pas à se rapprocher de Corinne Caspar, alors divorcée et privée de la garde de son enfant. Au point que les deux développent une relation fusionnelle, dont personne n'a à ce jour pu découvrir le degré d'intimité. La mère de Corinne Caspar revient sur le passé du duo et avoue qu'elle a, dans le passé, accouché sous X de Thierry Beille, qui s'est présenté à elle 40 ans plus tard. Elle l'héberge alors, lui fait rencontrer Corinne, sa fille, qui est sous le charme de ce frère qu'elle découvre. Le frère et la sœur décident de s'en aller et de vivre reclus, seuls. Ce mode de vie et cette relation suscite les interrogations autour d'eux : Thierry et Corinne ont la complicité et les habitudes d'un couple.

Le duo a mené une vie d'errance. Ils voyagent un an en Asie, puis font la manche ou vivent de petits boulots dans le sud de la France, près du domicile de Carole Caspar. À leur retour en France, ils s'installent à Alès, puis à Millau, où habite alors Caroline. Ils subsistent avec le RMI. Thierry est un colérique. Il agresse un voisin à l'aide d'un couteau et s'en prend au propriétaire de son appartement avec une hache. Il écope de trois mois de prison avec sursis. Corinne, fatiguée de cette vie de plus en plus marginale, décide de se réconcilier avec sa mère, qui est partie vivre à Alicante pour fuir cet enfant adulte tombé du ciel qui lui gâche la vie. Elle la rejoint en Espagne. Mais Thierry ne la lâche pas. Il est toujours dans ses pas. Alors il faut encore partir, poursuivre ce qui ressemble de plus en plus à une errance. Lorsque Carole Caspar s'installe près d'Alicante, en Espagne, sa fille et celui qui se présente comme son fils la suivent et prennent un appartement non loin. Les relations avec la vieille dame se dégradent. Selon cette dernière, Thierry Beille aurait tenté de l'écraser avec sa voiture alors qu'elle promenait son chien. Fin juin, les deux Français résilient le bail de leur appartement. Ils partent pour le Portugal à bord de leur vieille Simca. Ils sont entrés au Portugal une dizaine de jours avant le naufrage, par la route, dans une vieille Simca grise que les enquêteurs recherchent toujours. Ils sont restés quelque temps dans le centre du pays avant de rejoindre l'Algarve.

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La Rencontre avec André Le Floc'h et les Circonstances du Drame

C'est là, à Olhão, un port d'Algarve, que Corinne Caspar lie connaissance début août avec André Le Floc'h. Selon un ami d'André Le Floc'h, ce dernier a fait la rencontre du couple à une terrasse de café, quatre jours avant le naufrage. Corinne et André mangent ensemble à plusieurs reprises, notamment à bord du trimaran Intermezzo. Selon les mots des enquêteurs, ils parviennent à une « certaine intimité ». Tous deux évoquent la possibilité d'une croisière. Corinne Caspar insiste alors pour que son "frère" Thierry les accompagne. Plusieurs témoignages attestent qu’elle s’est rendue à trois reprises sur le trimaran dans les jours précédant le drame.

Le 15 août vers 13 heures, à Olhão, un bagagiste du port maritime est réquisitionné par un couple qui souhaite se rendre en bateau-taxi sur l'île d'Armona. Ils étaient très chargés, se souvient Francisco Simplicio : cinq gros sacs dont plusieurs remplis de victuailles, de bouteilles de vin et de canettes de bière, plus une énorme valise pesant plus de 50 kilos. Le conducteur du bateau-taxi qui les a emmenés le 15 août jusqu’au mouillage a confié avoir été surpris par la taille de leurs bagages pour seulement quelques jours de croisière. Thierry Beille et Corinne Caspare, accompagnés d'une mystérieuse brune, rejoignent en bateau-taxi l'Intermezzo mouillé à 300 mètres de la côte. André Le Floc'h est à bord, accompagné d'une autre femme. João Manuel Boilho, le pilote du bateau-taxi, se souvient du couple monté à son bord, et d'une femme brune les accompagnant. Le trio discute gaiement en français durant le parcours. João Manuel dépose ses trois passagers sur un grand catamaran ancré à 300 mètres de l'île, où les attend un sexagénaire aux cheveux blancs et deux femmes au teint halé. Lorsque le taxi est repassé le lendemain de bonne heure, le bateau avait disparu. Les policiers affirment aujourd'hui que ces deux inconnues ne sont pas « prioritaires » pour l'enquête.

Des témoignages recueillis au cours de l'enquête ont confirmé que Corinne Caspar s'est rendue à plusieurs reprises, seule, sur l'Intermezzo qui mouillait au large de l'île de l'Armona. Témoignages qui, selon Guilhermino Encarnaçao, font douter de la thèse de la tentative de viol. « André n'aurait rien fait quand il était seul avec Corinne et il aurait attendu qu'une tierce personne soit là pour tenter de la violer ? Qui peut croire une chose pareille ? »

Le Mobile Crapuleux et la Préméditation

Au fil des investigations, les enquêteurs acquièrent la certitude que le meurtre a été prémédité. Pour les enquêteurs portugais, le mobile du crime ne serait tout bêtement qu'un vol de bateau. Une banale affaire de chapardage en haute mer organisé par deux enfants perdus en voie de clochardisation. Les mobiles envisagés par les policiers tournent tous autour d'une tentative de vol du bateau qui aurait mal tourné. Le retraité breton aurait été tué près de la côte, puis les deux Français auraient perdu la maîtrise du bateau dans la tempête. Ils escomptaient sans doute se débarrasser de son corps en pleine mer. Le mauvais temps les en a empêchés.

Selon les enquêteurs, il est clair que André Le Floc'h a été tué par ses hôtes qui avaient prévu de se débarrasser de son corps en le lestant. Seule la tempête et l'incapacité du couple à manœuvrer ce puissant voilier par gros temps ont bousculé leur plan machiavélique. Corinne Caspar aurait rencontré André Le Floc'h cinq jours avant le naufrage. Rapidement, un jeu de séduction se met en place. Une fois proche, elle lui aurait présenté son "frère" avant de lui proposer de faire une mini-croisière. Thierry Beille prétend que le couple a rencontré André Le Floc'h presque par hasard ? Or les deux femmes aperçues sur le pont de l'Intermezzo par le taxi maritime ont déclaré à la police qu'elles avaient déjà croisé Corinne à Armona. Elles l'avaient même vue sur le pont du bateau d'André Le Floc'h. Elles sont sûres que Corinne a passé au moins une journée, seule, en la compagnie du patron du trimaran. Dans les milieux maritimes, tout finit par se savoir. Les téléphones portables de Thierry Beille et Corinne Caspare ont été retrouvés dans le bateau. Et les téléphones portables, eux aussi, parlent. Ils révèlent que Thierry et Corinne communiquaient avec Le Floc'h trois jours avant le "grand départ".

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Pour les enquêteurs comme pour le ministère public, le mobile serait crapuleux : le frère et la sœur avaient l’intention de voler le bateau puis de se débarrasser de son propriétaire. Seule la tempête a contrecarré leur plan. Incapables de manœuvrer ce trimaran, ils se sont échoués. Les "diaboliques" partaient pour un long voyage vers l'Afrique. Ils avaient emporté avec eux des bagages pour l'éternité.

L'Enquête Meticuleuse et les Pièces du Puzzle

Arrimé dans la zone militaire du port de Portimão, dissimulé des regards sous une haute tente, l'Intermezzo, puissant multicoque de 14 mètres, n'est plus qu'une pièce à conviction. Les enquêteurs de la police scientifique portugaise l'ont désossé et l'étudient avec minutie. Ils ont achevé le travail des vagues géantes qui se sont acharnées sur le voilier lors de son retournement en mer dans la nuit du 16 au 17 août dernier. Parois de la cabine, couchettes, table à cartes et documents, tout ce qui a été épargné par les flots est examiné à la loupe. L'Intermezzo peut-il encore "parler", comme le pensent les policiers portugais ? En tout cas, ils comptent sur lui. Ils sont méticuleux et obstinés.

Les enquêteurs tentent d'assembler les pièces du puzzle. Au fil des jours, les policiers cernent de mieux en mieux la personnalité de Thierry Beille. Ils le jugent manipulateur, pervers, mythomane. Il a littéralement envoûté cette prétendue demi-sœur qui voulait faire le tour du monde avec lui. En quête d'une nouvelle identité. Il lui interdit de signer ses procès-verbaux d'interrogatoire. Lui intime de se taire. Il est aussi un fieffé menteur. N'a-t-il pas prétendu être un marin de pacotille et ne rien connaître aux techniques de navigation ? Alors que les pieds et les mains d'André Le Floc'h ont été liés avec des nœuds marins ?

L'enquête, coordonnée par Vitor Tavares de Almeida, inspecteur chef de la cellule homicide de la PJ et qui occupe à plein temps vingt policiers, s'attache pour l'heure à préciser l'emploi du temps des suspects avant le naufrage. « La question de la parenté, qui excite tant les médias, est secondaire pour nous, assure Guilhermino Encarnaçao. Peu m'importe qu'ils soient frère et soeur, amants ou amis, ce qui m'intéresse c'est de savoir s'ils ont commis le crime. » Des prélèvements de salive aux fins d'analyse ADN ont été réalisés pour permettre un travail de comparaison avec les éléments recueillis à bord de l'Intermezzo, aujourd'hui en cale sèche dans une zone militaire du port de Portimao. Accessoirement, ces prélèvements permettront de clore définitivement la question du lien de parenté. « Il nous faut aussi recueillir des éléments qui nous permettraient éventuellement de démontrer qu'il y a eu préméditation », explique M. Tavares de Almeida. Le code de procédure pénale portugais impose, pour qu'elle soit établie, un délai d'au moins vingt-quatre heures entre les actes préparatoires et la commission du crime.

Le Procès et la Condamnation

Le procès s'ouvre au Portugal en octobre 2007. Malgré un faisceau d’éléments accablants, le frère et la sœur nient fermement avoir tué le navigateur. Dans une lettre adressée à RTL à l’automne 2007 - quelques semaines avant l’ouverture du procès, Corinne Caspar dénonce « une sordide mise en scène de la police ». Elle nie tout en bloc. « Il n’y a jamais eu de meurtre ni d’intention de faire du mal à qui que ce soit », écrit-elle, ajoutant : « André Le Floch est devenu fou. Il m’a agressée sexuellement et a menacé de nous tuer mon frère et moi. Qu’auriez-vous fait à notre place ? »

Le frère et la sœur refusent toujours de s'exprimer, maintenant qu'ils n'ont rien à voir avec le meurtre d'André Le Floc'h. Lors de leur procès fin 2007, ils continuent à clamer leur innocence. « André Le Floc'h n'est pas mort étranglé. Il est mort de froid dans le bateau », martèle Thierry Beille qui prend une nouvelle fois à partie la presse dans l'enceinte même du tribunal de Lagos. Sans parvenir à convaincre les jurés. Au terme des débats, le 14 octobre 2007, ils sont condamnés à vingt-quatre ans de prison, soit quasiment la peine maximale encourue (vingt-cinq ans) pour un tel crime selon la loi portugaise. Comme un seul homme, ils se lèvent de leur banc et hurlent à l’intention de la presse. Ils seront condamnés à 24 ans de prison en décembre 2007. En prison, Corinne pourrait bien craquer, ajoute un enquêteur. Loin de Thierry Beille, elle finira par se libérer de son emprise.

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