Le Chantier Naval des Coteaux au Pellerin : Histoire, Expertise et l'Écosystème des Activités Nautiques, Incluant le Kayak, en Estuaire de Loire

L'estuaire de la Loire, espace dynamique et riche d'histoire, abrite des infrastructures essentielles à son développement maritime et fluvial. Parmi celles-ci, l'atelier des Coteaux au Pellerin se distingue par son rôle central dans la production et la maintenance navale, tout en s'inscrivant dans un écosystème nautique plus vaste qui offre une multitude d'activités, des plus industrielles aux loisirs de pleine nature comme le kayak. Cet article explore l'histoire, l'expertise et les multiples facettes de ce chantier naval emblématique, en le plaçant dans le contexte de l'évolution du nautisme ligérien.

L'Atelier des Coteaux au Pellerin : Un Héritage Industriel Ancré en Bord de Loire

En bord de Loire, l'atelier des Coteaux au Pellerin est à la fois un atelier de production et de maintenance. L'histoire de ce site industriel majeur prend racine dans un projet d'ingénierie colossal du XIXe siècle : le creusement du canal de la Martinière. Au départ était le canal de la Martinière, ce canal parallèle à la Loire ayant été utilisé entre 1892 et la première moitié du XXe siècle. C’est pour stocker le matériel nécessaire au creusement de ce canal qu’un entrepreneur, Monsieur Couvreux, créa les premiers ateliers au Pellerin en 1883. L'atelier des Coteaux, au Pellerin, a ainsi été créé en 1883, en marge du creusement du canal de la Martinière.

Les travaux du canal de la Martinière arrivant à leur terme, il fut décidé 10 ans plus tard d’y entretenir les machineries du canal et les engins de dragage en service. Cette décision marqua une première orientation vers la maintenance spécialisée pour l'atelier. Après l’inauguration du canal, en 1892, qui sera utilisé jusqu’en 1913 et la création du chenal de la Loire, l’atelier des Coteaux passe dans le giron départemental, en 1897, et se spécialise alors dans la réparation de dragues. Durant cette période d'évolution, les baraquements en bois, qui constituaient les premières installations, furent reconstruits. À l’origine en bois, les bâtiments seront reconstruits en briques en 1897, tout en gardant leur forme d’origine, témoignant ainsi d'une continuité dans l'architecture et la fonction.

L'évolution de l'atelier se poursuivit au cours du XXe siècle. Les Coteaux intègrent le port autonome de Nantes - Saint-Nazaire lors de sa création par l’État en 1966. Cette intégration permit à l'atelier d'élargir son champ d'action et d'optimiser ses opérations. L'atelier élargit alors son activité à l’entretien de l’outillage portuaire, s'adaptant aux besoins croissants et diversifiés de l'activité portuaire de la région. Cette histoire riche, débutant avec le canal de la Martinière, a forgé un site d'expertise technique reconnu et en constante adaptation, comme en témoigne la nature variée de ses interventions contemporaines.

Expertise Multidisciplinaire et Capacités Technologiques du Chantier Naval des Coteaux

Le chantier naval des Coteaux au Pellerin se distingue par la polyvalence et la profondeur de son savoir-faire, faisant de lui un acteur incontournable pour la maintenance et la fabrication navale. Les compétences de l’équipe sont multiples et transversales : elles englobent la mécanique, l'usinage de précision, la chaudronnerie lourde, l'électricité, l'automatisme, la logistique de chantier, et la mise en œuvre du bois. Cette vaste palette de spécialités permet à l'atelier de répondre à une grande diversité de demandes et d'interventions, qu'elles soient simples ou complexes.

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Au sein de l'atelier des Coteaux, tout est fait sur-mesure, grâce à un bureau d’études intégré qui conçoit des solutions adaptées à chaque besoin spécifique. Les savoir-faire parent à tout aléa, dans une adaptation permanente, ce qui est crucial dans un domaine où chaque bateau et chaque réparation présentent des particularités. En effet, "il y a peu de routine, on est sans cesse confronté à de nouvelles questions techniques en fonction des bateaux", comme le soulignent les professionnels du site. Cette approche garantit une capacité d'innovation et de résolution de problèmes unique. Un petit tour au fil des 5 000 m² du site suffit d’ailleurs à s’en convaincre, révélant une organisation pensée pour l'efficacité et la spécialisation.

L'atelier déploie des expertises pointues dans divers corps de métier. On voit notamment des enfoncements de la coque, qu’on répare en soudant de nouvelles plaques, un travail qui exige précision et robustesse. À l’atelier de menuiserie, on fabrique tout le mobilier pour l’intérieur des bateaux, mais aussi l’attinage, ces pièces de bois sur lesquelles repose la coque en acier des bateaux lorsqu’ils sont mis au sec, décrit le chef d’atelier. Ces éléments sont fondamentaux pour le confort et la stabilité des navires. Dans l’espace dédié à la mécanique, les usineurs sont à l’œuvre, et ici, pas de commande numérique. "À partir d’une pièce cassée ou émoussée, ils sont capables de la refaire à neuf, vante Ludovic Boutin. Ces profils sont très durs à trouver", mettant en lumière l'artisanat d'excellence et la rareté de ces compétences.

La partie chaudronnerie occupe le plus gros des troupes, soulignant l'importance des travaux sur la structure métallique des navires. Entretenue au Pellerin, cette vanne dite guillotine est destinée à la drague Samuel-de-Champlain, la plus grande de France, illustrant la capacité du site à travailler sur des équipements de très grande envergure. Le soudage requiert une certaine patience : "J’ai plus de 100 mètres de soudure à faire, j’en ai pour une semaine", anticipe un ouvrier en train d’assembler une défense à rouleaux, ce qui témoigne de l'ampleur et de la minutie des tâches quotidiennes. Un compagnon soudeur est en plein travail à l’atelier des Coteaux, au Pellerin, confirmant le dynamisme de cette activité.

Au-delà des ateliers, le site dispose d'équipements de pointe qui étendent ses capacités d'intervention. S'il ne dispose pas d’un tel outil, le centre du Pellerin n’est pas en reste avec son dock flottant sur la Loire, pouvant mettre au sec des bateaux de 800 tonnes, jusqu’à 92 mètres de long et 16 mètres de large. Ce dock est un atout majeur pour la maintenance des navires de taille significative, comme en témoigne un exemple récent : le bac Île-Dumet, qui assure la liaison quotidienne entre Le Pellerin et Couëron, vient d’en profiter pour une halte régénératrice durant les vacances de la Toussaint. À l’atelier des Coteaux, au Pellerin, une grue flottante de 90 tonnes permet d’intervenir sur les équipements portuaires directement depuis la Loire. La visite s’achève au bord de la Loire devant la plus grande grue flottante de la région. Un engin mobile de 90 tonnes qui permet d’intervenir depuis le fleuve, par exemple, pour « déposer des tuyaux d’alimentation de pétrole sur les appontements de la raffinerie de Donges », illustrant la diversité des services rendus à l'échelle de l'estuaire.

Le Canal de la Martinière : Une Artère Historique Transformée en Espace de Loisirs

L'histoire du chantier naval des Coteaux est intrinsèquement liée à celle du canal de la Martinière, une voie d'eau qui a profondément marqué le paysage et l'économie locale. Pour mieux comprendre l'origine du canal, il faut replonger vers la fin du XIXème siècle. À l'époque, l’estuaire de la Loire était composé de plusieurs îles indépendantes qui empêchaient les bateaux de naviguer jusqu'à Nantes. C'est pourquoi, en 1882, il fut décidé de creuser un canal pour permettre le contournement de ces îles et ainsi maintenir les échanges commerciaux qui garantissaient la prospérité du port de Nantes. Ce projet ambitieux, long de 15 km, s'étend de l'écluse du Carnet à Frossay à celle de la Martinière, sur la commune du Pellerin.

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Les travaux durèrent jusqu'en 1892, mobilisant d'importantes ressources humaines : 1000 ouvriers participèrent à la construction du canal. Inauguré en 1892, ce canal parallèle à la Loire fut utilisé pour le trafic maritime. Cependant, et paradoxalement, malgré tous les efforts réunis grâce aux 1000 ouvriers qui participèrent à la construction du canal, ce dernier ne servit que 20 ans pour les plus grands navires. L'évolution technologique, notamment le dragage de l'estuaire de la Loire, rendit le canal moins essentiel pour les grands navires. C'est ainsi que dans les années 1920, le canal devint un cimetière de grands voiliers, marquant la fin de son rôle commercial majeur. Il avait été utilisé entre 1892 et la première moitié du XXe siècle, mais la création du chenal de la Loire, qui succéda à son usage pour le trafic fluvial, en réduisit l'importance.

Malgré la perte de sa fonction maritime initiale, le canal de la Martinière a trouvé une nouvelle vocation au fil du temps. Acheté en 1958 par l'Union des Marais, le canal maritime de la Basse-Loire constitue de nos jours un outil essentiel de régulation des eaux des marais du golfe du Tenu, du bassin de Grandlieu et de la baie de Bourgneuf grâce à sa liaison avec l'Acheneau. Cette fonction écologique et hydrologique est cruciale pour l'équilibre des écosystèmes locaux.

Au-delà de son rôle environnemental, le canal de la Martinière offre aujourd'hui un cadre remarquable pour la pratique des loisirs de pleine nature. Les amateurs de sport et de détente peuvent profiter de ses rives et de ses eaux : kayakistes, cyclistes, randonneurs et pêcheurs s'en donnent à cœur joie. Les amateurs d'histoires et adeptes de la découverte du patrimoine peuvent partir à la découverte des derniers vestiges du canal, qui sont autant de témoignages d'une époque révolue mais toujours présente dans la mémoire collective. Ce canal, de par son histoire et ses usages actuels, incarne la transformation des infrastructures industrielles en espaces multifonctionnels, alliant patrimoine, environnement et activités de loisirs.

Le Nautisme en Estuaire de Loire : Diversité des Pratiques et Infrastructures

Le domaine du nautisme, englobant « toutes les activités se pratiquant sur l’eau ou dans l’eau dans un but sportif et/ou de loisirs » et lié à l’utilisation d’une embarcation et de matériels, excluant donc la natation mais aussi l’industrie nautique, est un secteur dynamique et en constante évolution dans l'estuaire de la Loire. Il se subdivise en deux composantes principales : la plaisance, impliquant l’usage d’un navire et excluant les sports de glisse comme la planche à voile, et le nautisme léger, caractérisé par des formes, des lieux de pratique et des infrastructures différentes de celle de la plaisance.

Alors que le tourisme fluvial professionnel, la plaisance fluviale privée, les pratiques d’eau vive et le nautisme maritime, étudié depuis le début des années 1980 avec la plaisance et les ports comme angles d’approche privilégiés, sont relativement connus, le nautisme en domaine fluvial demeure peu étudié au point de constituer une sorte de « boîte noire ». L'estuaire de la Loire, défini comme étant l’espace compris entre Ancenis et Le Pouliguen, présente des caractéristiques uniques pour cette pratique. Cet article a pour double objectif de dresser un état des lieux et de dégager des perspectives éventuelles de développement du nautisme dans cet estuaire.

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Selon les données des Affaires maritimes, la flotte de plaisance immatriculée dans les quartiers maritimes ligériens représente environ 9 % de la flotte nationale, avec près de 77 000 navires. Cette flotte présente le même visage qu’à l’échelle nationale avec une nette surreprésentation des petites unités, dont les trois-quarts font moins de 6 mètres, et des navires à moteur, représentant près des trois-quarts. Ces chiffres ne fournissent néanmoins qu’un ordre de grandeur tant il peut y avoir un décalage entre le quartier d’immatriculation et le lieu de pratique d’une part, et entre le nombre de navires immatriculés et le nombre de navires exploités d’autre part.

Concernant la flotte fluviale, la flotte déclarée par les professionnels eux-mêmes est caractérisée par différentes activités : la location de coches de plaisance, la croisière fluviale et la plaisance privée. Selon VNF et ODIT France, cette flotte déclarée régionale correspondait à 114 unités en 2006, représentant 6 % du total national, dont 23 coches de plaisance et 18 bateaux-promenade, offrant 1 816 places à bord. Outre les données factuelles que cette étude a permis de rassembler et de cartographier, celle-ci montre, notamment sur la base de la répartition des équipements, que le nautisme estuarien s’apparente ici davantage à un mélange de nautisme maritime et de nautisme « fluvio-urbain » polarisé par l’agglomération nantaise, qu’à une catégorie de nautisme à part entière.

Les équipements portuaires, éléments structurant fortement les pratiques, sont essentiellement présents dans deux espaces : à la sortie de l’estuaire (Pornichet, La Baule) et à Nantes (port de l’Erdre, Île de Nantes), avec deux orientations claires : maritime dans le premier cas et fluvial dans le second. Il existe également d’autres équipements situés le long de l’estuaire pouvant servir au nautisme, sans que l’on ne dispose d’informations sur l’état des ouvrages (fonctionnels, envasés…), ni sur les projets comme par exemple la possible installation d’un ponton pouvant être utilisé pour l’escale au Pellerin. Mais ces équipements peuvent servir de base au développement de futurs projets d’aménagements ou venir compléter l’offre d’équipements nautiques.

Le nautisme léger recouvre plusieurs activités diversifiées et accessibles. Parmi elles, on retrouve la voile légère (catamaran, optimist et dériveur), la planche à voile, la voile habitable, le char à voile, le kitesurf, les activités de pagaie (canoë-kayak, kayak de mer et aviron) et le motonautisme (jet-ski et ski-nautique). Les structures proposent plusieurs ou une seule activité, les premières touchant un plus large public. La combinaison la plus fréquente est l’offre voile légère et planche à voile, proposée par 26 structures, suivie de voile légère et activités de pagaie, offertes par 16 entités. Ainsi, les structures multi-activités sont dominantes et se localisent majoritairement sur le littoral. La présence de ces différentes formes de nautisme souligne le potentiel de l'estuaire pour un public varié, des novices aux pratiquants confirmés.

Stratégies et Perspectives de Développement pour le Nautisme Estuarien

Le nautisme, dans sa diversité, détient un potentiel considérable pour le développement et la valorisation de l'estuaire de la Loire. Dans les espaces où le nautisme est dynamique, notamment dans l’agglomération nantaise, les politiques de la ville actuellement en vigueur ont pour objectif d’ouvrir des perspectives sur l’estuaire de la Loire. Quel pourrait être le rôle du nautisme à cet égard ? Cet apport peut être double : immatériel au travers de l’image qu’il véhicule et matériel grâce à l’animation du plan d’eau et des berges qu’il favoriserait, induisant des retombées économiques.

L'éducation joue un rôle clé dans la démocratisation et la transmission de la culture nautique. L’Éducation Nationale et des centres nautiques s’allient pour proposer au public scolaire des activités nautiques. On qualifie souvent cela par le terme de « voile scolaire ». En effet, la pratique par des élèves d’une activité nautique sur des supports tels que l’optimist ou le kayak, leur permettent d’accumuler des connaissances théoriques et techniques. Ces activités vont alors participer « à la construction des identités collectives par l’approbation de savoirs (connaissances du milieu marin, marées, nœuds, gréement, vocabulaire, sécurité…) ». La question de la « démocratisation » des activités nautiques et celle de la construction de la relation à une culture et à un espace (ici maritime et estuarien) est prédominante : « Comment créer des passerelles entre des cultures différentes, en l’occurrence la culture maritime (et estuarienne) et d’autres cultures sociales ? ». Car le fait d’habiter à Nantes ou dans une autre ville maritime ne veut pas forcément dire que l’on est estuarien ou marin. Le monde nautique pourrait être une ouverture sur un milieu nouveau pour eux, l’estuaire ou la mer. Différents objectifs des activités nautiques peuvent être proposés aux élèves pour enrichir leur expérience et leur compréhension de cet environnement.

L'événementiel constitue également un levier puissant pour dynamiser l'image et l'attractivité du nautisme. Par exemple, en septembre 2008, la fête du lancement du trimaran Banque Populaire V a été l’occasion pour la métropole nantaise et ses partenaires de jouer la carte de l’événementiel afin d’affirmer une véritable volonté d’ouverture sur les espaces maritimes. Ce type d’événement, encore peu fréquent, est créateur d’une image forte pour la ville, une « image de marque » cristallisant les valeurs attribuées à la mer et aux bateaux et pouvant faire naître chez les spectateurs des sentiments de liberté, d’évasion, de dynamisme et de plaisir. On compte aussi les Rendez-vous de l’Erdre qui participent activement au développement de la pratique nautique. Depuis 2005, cette fête populaire propose de mixer culture et plaisance. Cette année, les organisateurs ont décidé de centrer le festival autour du jazz et de la « Belle plaisance », deux thèmes qui jouissent d’une bonne image et proposent des univers synonymes d’art de vivre et d’émotions. L’Erdre paraît être un support idéal en termes d’image et d’aménagement pour ces manifestations.

La gestion des espaces portuaires est un enjeu crucial pour le développement futur du nautisme. Les ports importants du littoral, en sortie d’estuaire, sont saturés et les espaces encore aménageables sur les littoraux sont devenus rares pour de multiples raisons. Ainsi, l’estuaire pourrait être valorisé, au moyen d’une gestion innovante et dynamique des places. Cette démarche consiste à mieux gérer l’offre existante en poussant, par exemple, les utilisateurs à soit prévenir le gestionnaire quand ils libèrent leurs emplacements temporairement, le temps d’une croisière de quelques jours, soit déplacer leurs bateaux quand ils ne s’en servent pas pendant un certain temps, l’hiver par exemple, ce qui libère une place. Ainsi, l’estuaire, espace rétro-littoral et non utilisé de manière intensive par la plaisance, peut être le théâtre d’une valorisation qui se fera sentir surtout à contre saison. Cette dernière consiste, lors de l’hivernage d’un bateau, à ne pas le laisser dans un port littoral mais à le déplacer dans cet espace rétro-littoral. Ces effets sont doubles. D’une part, en libérant des places, cela peut permettre à un propriétaire naviguant en contre-saison de disposer d’un emplacement. D’autre part, les espaces bénéficiant de ce déplacement se voient dotés de débouchés économiques non négligeables, comme la création de ports ou l'entretien des unités en hivernage.

Pourtant, les nouveaux modes de vie, incluant la fragmentation des congés, en plus du faible taux annuel d’utilisation des navires - le temps moyen de sortie annuel au niveau national est de 11 jours ou 70 heures - et du manque d’anneaux dans les ports, amènent à s’interroger sur le besoin de création de nouvelles places. Cette interrogation est d’autant plus prégnante lorsqu’on connaît les effets des ports de plaisance sur l’environnement. Plusieurs analyses préalables sont nécessaires. Il faut évaluer les types d’utilisation que les plaisanciers ont de leur bateau et notamment les périodes d’utilisations (estival, RTT…). Il faut également quantifier les besoins de place. Enfin, il faut localiser des espaces aménageables disponibles à des coûts abordables, en termes de prix du foncier, bien desservis, en ce qui concerne l'accessibilité, à proximité de services et de magasins spécialisés (shipchandler, chantier naval…) et relativement proches du domicile des propriétaires. Ce dernier point est essentiel car les plaisanciers choisissent d’abord un port pour sa proximité, en sorte que si les infrastructures sont trop isolées, elles ne seront que peu utilisées. Cela doit donc s’accompagner d’une politique tarifaire adaptée et globalisée au sein d’un ensemble géographique présentant des complémentarités (littoral-estuaire dans ce cas), et surtout d’une activité de promotion qu’exigerait une telle initiative.

Le nautisme dispose de nombreux atouts qui peuvent contribuer au développement des espaces estuariens. Du fait de la saturation des équipements littoraux, la demande remonte vers l’intérieur de l’estuaire mais l’offre aujourd’hui peine encore à suivre. La gamme d’activités proposée est importante, ce qui permet de toucher un large public, avec des activités « tremplins » comme la voile légère, permettant de populariser la pratique et de contribuer à l’appropriation de l’espace estuarien. L’intérêt du nautisme appliqué à ce type d’espace permettrait de créer une connexion entre les domaines maritime et fluvial, le littoral et Nantes dans le cas de l’estuaire de la Loire, si étaient mises en place des structures de qualité, en termes de service, de cadre et de connexion avec d'autres moyens de transport, permettant une pratique large, structurées par des événements forts et une bonne gestion à l’échelle du territoire estuarien.

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