Le Maxi Trimaran Ultim MACSF : Un Géant des Mers Face au Défi Ultime du Tour du Monde à l'Envers

Le monde de la course au large est constamment en quête de nouveaux horizons, de records à briser et de défis qui repoussent les limites de l'ingénierie nautique et de l'endurance humaine. Au cœur de cette quête se trouve le maxi trimaran Ultim MACSF, un bateau emblématique qui incarne la performance, l'histoire et l'ambition. Ce multicoque, avec son passé glorieux et ses caractéristiques techniques remarquables, est aujourd'hui l'instrument d'une des aventures maritimes les plus audacieuses jamais tentées en solitaire : le tour du monde à l'envers. Ce projet, mené par le navigateur Guirec Soudée et soutenu par la MACSF, s'inscrit non seulement dans une tradition d'excellence, mais ouvre également une nouvelle page dans l'histoire de la voile.

Historique et Caractéristiques Techniques du Maxi Trimaran Ultim MACSF

Le maxi trimaran Ultim MACSF est bien plus qu'un simple voilier de course ; il est une légende vivante des océans, ayant évolué et s'étant adapté à travers les décennies. Long de 31 mètres et large de 21,2 mètres, ce multicoque est l'ancien Géronimo d'Olivier de Kersauson. Ce nom résonne dans l'histoire de la course au large, puisque le Géronimo fut le vainqueur du prestigieux Trophée Jules Verne en 2004, attestant déjà de ses capacités exceptionnelles en matière de vitesse et de fiabilité sur les parcours océaniques les plus exigeants.

L'histoire de ce trimaran est jalonnée de transformations et d'optimisations. Entièrement reconstruit en 2014, alors sous la houlette de Thomas Coville, il avait conservé les deux bras et l'arrière des flotteurs de Géronimo, faisant de lui l'Ultim le plus fiable et performant de son époque. Depuis cette reconstruction majeure, le bateau a été optimisé à plusieurs reprises pour rester à la pointe de la technologie. Il est notamment passé dans les mains d'Yves Le Blevec pour Actual Leader, d'Arthur Le Vaillant Mieux et d'Éric Péron Adagio, participant ainsi à l'ARKEA Ultim' Challenge Brest. Ces différentes phases d'exploitation et d'amélioration continue ont permis de consolider sa robustesse et d'affiner ses performances, le rendant parfaitement apte à affronter les défis maritimes les plus rudes.

Une des caractéristiques stratégiques de l'Ultim MACSF, particulièrement pertinente pour le défi actuel, réside dans son équipement. Il est muni de foils simples, une configuration choisie délibérément pour sa durabilité. Ces foils sont en effet moins exposés à la casse que ceux de dernière génération, un atout non négligeable lorsqu'il s'agit d'affronter les mers du Sud à contre-courant. La solidité de la plateforme et la fiabilité des équipements sont primordiales pour un parcours où les conditions météorologiques peuvent être particulièrement hostiles. Avec un mât culminant à 35 mètres, il est un voilier bien connu du circuit Ultim', symbolisant à la fois la puissance et l'élégance technique. La remise à l'eau de ce géant des mers, après 14 mois passés sur le terre-plein de l'anneau à Lorient, a marqué une étape clé dans son parcours récent, le rendant à nouveau opérationnel après quelques semaines de chantier où l'équipe technique a effectué une série de vérifications et d'ajustements.

Le Défi du Tour du Monde à l'Envers : Une Aventure Hors Normes

Guirec Soudée s’engage dans l’un des défis maritimes les plus ambitieux : un tour du monde en solitaire, réalisé à contre-sens des grandes routes océaniques. Ce périple de près de 40 000 milles nautiques, avec un départ et une arrivée à Brest, représente un challenge sans précédent en multicoque. Contrairement aux épreuves de référence comme le Vendée Globe, ce parcours s’effectue face aux vents dominants et aux principaux courants marins, rendant la navigation intrinsèquement plus lente, plus technique et particulièrement éprouvante sur la durée. C’est un parcours Vendée Globe à l’envers, contre les vents et courants dominants, un véritable exploit qui exige une préparation minutieuse et une résilience exceptionnelle.

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Ce tour du monde à l’envers est le tour du monde le plus audacieux de l’histoire maritime, jamais bouclé en solitaire sur multicoque. Le parcours conduira Guirec à franchir successivement le Cap Horn, le Cap Leeuwin puis le Cap de Bonne-Espérance, avant un retour vers l'Atlantique Nord, en contournant les grandes dépressions de l'hémisphère Sud. Il s'agit d'un projet hyper ambitieux que Guirec Soudée a dans un coin de sa tête depuis longtemps, et tout ce qu'il a accompli depuis son premier tour du monde l'y a préparé. Il s’agit d’un défi humain et sportif marqué par la recherche de la performance, un projet que très peu de marins ont osé s’embarquer à réaliser en solitaire sur un si grand bateau.

Le record du tour du monde à l'envers en solitaire est détenu depuis 2004 par Jean-Luc Van Den Heede, en monocoque (Adrien), en 122 jours et 14 heures. En multicoque, la tâche s'annonce encore plus ardue. Seulement deux tentatives ont été menées, celle d’Yves Le Blevec en 2017 sur Actual Ultim', qui a dû abandonner, et celle, en duo, de Romain Pilliard et Alex Pella en 2021 sur Use it Again. Aucune tentative en multicoque n’a encore abouti avec succès, ce qui souligne la singularité et la difficulté extrême de l'entreprise de Guirec Soudée. Ce nouveau défi, Guirec Soudée le prépare depuis plusieurs années, et il considère que l’ensemble de ses navigations précédentes l’y a peu à peu amené, lui forgeant l'expérience et la ténacité nécessaires.

La Préparation Méticuleuse face aux Exigences du Large

La réussite d'un tel défi ne laisse aucune place à l'improvisation ; elle repose sur une préparation intensive et rigoureuse du skipper et de son embarcation. Dès les prochains jours suivant sa remise à l'eau, le skipper a entamé une première phase de tests et de prises en main, avec deux transatlantiques programmées en juillet. Ces navigations préparatoires ont permis de fiabiliser le trimaran, d’optimiser les réglages et de prendre en main les systèmes de bord, dans la perspective d’une navigation en solitaire dans les mers du Sud, des zones particulièrement exigeantes où les conditions peuvent rapidement devenir extrêmes.

Une de ces traversées s'est déroulée en juillet, lorsque Guirec Soudée et Inoxtag ont quitté Lorient pour rejoindre, dix jours plus tard, la Martinique, où leur arrivée à la marina du Marin a été chaleureusement accueillie par de nombreux spectateurs. Pour le navigateur, cette traversée avait un double objectif : tester l’Ultim MACSF dans des conditions réelles et se préparer aux exigences de son prochain défi. Au fil des jours, Guirec Soudée a pu évaluer les performances de son trimaran, ajuster ses réglages à bord et affiner ses réflexes de navigation. Le film « Dix jours pour traverser l’océan Atlantique », fruit de cette aventure, est d'ailleurs disponible sur la chaîne YouTube d’Inoxtag depuis le 20 septembre, offrant un aperçu des réalités de cette préparation. Cette transat réussie a constitué une étape clé dans la préparation du tour du monde à l’envers.

Le bateau, désormais aux couleurs de la MACSF, est redevenu opérationnel après quelques semaines de chantier où l’équipe technique a effectué une série de vérifications et d’ajustements, en vue d’un programme de navigation aussi ambitieux. L’objectif est de garantir la solidité de la plateforme et la fiabilité des équipements pour affronter un parcours où les conditions météorologiques seront particulièrement hostiles. Cette phase de préparation était essentielle : à ces latitudes extrêmes, chaque manœuvre exige une concentration maximale, d’autant plus que les températures chutent considérablement.

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Le Cap Horn : Un Jalon Crucial et Redouté

Le Cap Horn, passage mythique et redouté des marins, marque une étape cruciale dans le tour du monde à l'envers. Situé à l’extrême sud du continent américain, il marque la frontière entre l’Atlantique et le Pacifique, dans une zone où les conditions météorologiques sont parmi les plus hostiles de la planète. Falaise sombre culminant à plus de 400 mètres, ce cap a été, entre le XVIIIe et le début du XXe siècle, l’un des passages les plus redoutés de la navigation à voile. En navigation à contre-sens, sa traversée revêt une dimension supplémentaire de difficulté et de danger.

Guirec Soudée a franchi la longitude du cap Horn après près de trois semaines de navigation. Il est ainsi devenu l’un des rares marins à réussir ce passage mythique à contre-sens, en solitaire, face aux vents dominants d’ouest. Une phase délicate du parcours, qui impose une attention constante et une gestion rigoureuse du bateau. À l’approche du cap Horn, la vigilance a été de mise. Guirec a dû composer avec des zones de pêche très fréquentées, l’amenant à réduire drastiquement ses temps de repos afin de limiter tout risque de collision. Il a également procédé à un contrôle technique complet de son Ultim MACSF, notamment au niveau du puits de foil, afin d’aborder ce passage dans les meilleures conditions possibles.

Malgré les défis, les chiffres témoignent de la performance exceptionnelle. Au passage du cap Horn, Guirec Soudée a signé un temps de 21 jours, 18 heures et 44 minutes. Il avait déjà parcouru 6 595 milles nautiques, soit plus de 12 200 kilomètres, avec une vitesse moyenne de 13,7 nœuds, affichant une avance significative sur le record de référence, avec plus de 2 000 milles nautiques d’avance. Ce passage marque également la latitude la plus australe du parcours, un cap symbolique autant qu’un défi sportif et humain.

Le skipper MACSF a exploité une fenêtre météorologique lui permettant de franchir le cap dans des conditions « acceptables » selon le navigateur, ce qui signifie « musclées » pour le Cap Horn, avec des vents soutenus et une mer formée. Cependant, la prudence reste de mise. Il évoque l’arrivée de systèmes dépressionnaires marqués, avec une mer pouvant atteindre 5 mètres et des vents déjà proches de 33 nœuds, appelés à se renforcer jusqu’à 40 voire 50 nœuds. En franchissant le cap Horn, Guirec Soudée confirme son engagement, sa maîtrise et la fiabilité de l’Ultim MACSF, mais l'océan austral réserve encore bien des surprises.

L'Engagement de la MACSF dans la Course au Large et les Valeurs Partagées

Le soutien de la MACSF à Guirec Soudée et à son maxi trimaran Ultim MACSF ne se limite pas à un simple sponsoring ; il s'inscrit dans un engagement plus large de l'acteur du monde de la santé dans la voile et la course au large. Le tour du monde à l’envers s’inscrit dans une année de transition pour le programme IMOCA MACSF. Après une première participation remarquée au Vendée Globe 2024-2025 avec Isabelle Joschke, puis l’annonce de Corentin Horeau comme nouveau skipper en vue de l’édition 2028, le programme IMOCA de la MACSF connaît une année de transition. Le nouvel IMOCA, actuellement en pleine saison nautique sous les couleurs de Paprec-Arkéa, ne sera livré qu’au début de l’année 2026, imposant une pause temporaire sur ce circuit.

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Afin de maintenir une présence forte dans le paysage de la course au large et de poursuivre la dynamique engagée avec le dernier Vendée Globe, la MACSF a choisi d’accompagner un projet hors normes : un tour du monde à l’envers en multicoque. Comme l’a souligné Stéphane Dessirier, directeur général du groupe MACSF : « Très peu de marins ont osé s’embarquer en solitaire, sur un si grand bateau pour un tel parcours autour du monde. Nous avons été enthousiasmés par ce projet de Guirec Soudée. C’est un défi humain et sportif marqué par la recherche de la performance, ce qui correspond bien aux valeurs de la MACSF. C’est très différent mais aussi très complémentaire du projet de Vendée Globe que nous poursuivons par ailleurs ».

L'identité de Guirec Soudée, marin aventurier connu pour ses expéditions engagées telles qu'un tour du monde à la voile par les pôles, un hivernage sur la banquise avec une poule, ou des traversées de l’Atlantique à la rame, résonne fortement avec les valeurs de la MACSF. Skipper expérimenté, tenace et très attaché au partage de ses aventures, il incarne les qualités humaines et l’engagement dans la durée qui font écho à l’identité mutualiste de l’organisation. Ce projet est également un moyen de fédérer les collaborateurs et sociétaires du groupe MACSF autour d’une aventure singulière, renforçant ainsi le sens de la communauté et de la performance collective. Le soutien de la MACSF permet à Guirec Soudée d'embarquer ce grand acteur du monde de la santé dans cette aventure singulière.

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