Le terme « matelot », emprunté au néerlandais « mattenoot », signifie « compagnon de couche », qualifiant historiquement le compagnon avec lequel on partageait alternativement son hamac en fonction des quarts de veille respectifs. Dans la marine à voile, il désignait également « l’homme du mât », littéralement un marin travaillant sur les mâts du navire. Aujourd'hui, ce terme désigne un membre essentiel de l’équipage d’un navire, constituant le premier niveau de qualification dans la profession de marin, en dehors du rôle d'hôte ou d'hôtesse. Le matelot de pont assume une fonction très polyvalente, étant chargé de la maintenance du navire et garantissant la sécurité des passagers et des marchandises à bord. Ce métier, fondamental pour l'exploitation et la sécurité maritime, s'exerce sur une large gamme de bâtiments, des navires de haute mer aux engins nautiques spécialisés, incluant de fait les catamarans utilisés à des fins commerciales ou de plaisance professionnelle.
Le Parcours de Formation et de Recrutement du Matelot de Pont
Le chemin pour devenir matelot de pont commence par un recrutement accessible à des profils dont le niveau scolaire est compris entre la 3ème et le baccalauréat. Cette porte d'entrée ouvre sur une formation spécifique et rigoureuse visant à doter le futur marin des compétences nécessaires pour opérer en toute sécurité et conformément aux réglementations existantes.
Après un recrutement initial, le matelot pont suit une formation initiale d'une durée de 5 semaines. Cette période est cruciale pour acquérir les bases de la vie en mer et les premiers réflexes maritimes. À l'issue de cette phase, le matelot pont rejoint une institution spécialisée, l’école de manœuvre et de navigation située à Lanvéoc-Poulmic, dans le Finistère. Là, il bénéficie d'une formation plus approfondie de 3 semaines, dont le programme est spécifiquement axé sur des compétences techniques et opérationnelles fondamentales. Cette formation intensive couvre plusieurs domaines clés : le matelotage, qui englobe toutes les techniques de nœuds et d'épissures, les manœuvres de plage, essentielles pour les opérations à terre et le déploiement d'embarcations. Elle inclut également le soutien à la vie courante de l’unité, garantissant l'intégration du matelot aux routines et aux exigences de la vie à bord. La mise en œuvre des embarcations, qu'il s'agisse de vedettes, de Zodiacs ou de canots, est une composante pratique majeure, tout comme la veille nautique et la barre, compétences directes de participation à la conduite du navire.
Au-delà de cette formation initiale, la qualification officielle est attestée par le Certificat de Matelot Pont (CMP), anciennement connu sous le nom de CIN. Ce certificat est délivré aux marins qui répondent aux conditions de formation et de service en mer requises. Il s'agit d'une formation condensée, généralement obtenue en 8 ou 9 semaines, totalisant environ 325 heures d'enseignement qui combinent théorie et pratique. Ce cursus est structuré autour de quatre modules principaux, chacun abordant des aspects cruciaux du métier. Le Module P1- Appui se concentre sur la navigation, la météorologie, les règles de barre, l'identification des feux et signaux, le balisage, la tenue du quart et les manœuvres du navire. Le Module P2- Appui est dédié à la manutention et l'arrimage de la cargaison, aux techniques de matelotage et à la manipulation des engins de pêche. Le Module P3- Appui couvre la description et la construction navale, les principes de stabilité, la sécurité à bord, ainsi que les opérations d'entretien et de réparation. Enfin, le Module P4-Appui aborde l'environnement réglementaire qui encadre l'activité maritime.
Pour l'obtention du CMP, plusieurs certifications complémentaires sont incluses si le candidat n'en est pas déjà titulaire : le CFBS (Certificat de Formation de Base à la Sécurité), le CSS (Certificat de Sensibilisation à la Sûreté) et le CAEERS (Certificat d’Aptitude à l’Exploitation des Embarcations et Radeaux de Sauvetage). Les pré-requis pour être éligible à cette formation sont simples : avoir 18 ans à l’entrée en formation et posséder une attestation d’aptitude à la navigation délivrée par un Médecin des Gens de Mer. Si le Certificat Matelot Pont lui-même a une durée de validité illimitée, il est impératif de veiller à la revalidation tous les 5 ans des certifications CFBS et CAEERS (le CSS ayant une validité illimitée) pour que le Certificat Matelot Pont reste valide. Cette exigence souligne l'importance d'une mise à jour continue des compétences en matière de sécurité.
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Missions et Rôles Polyvalents du Matelot de Pont
Le matelot de pont est un membre important de l’équipage, dont les missions sont diverses et essentielles à la bonne marche et à la sécurité du navire. Il participe en tant qu’opérateur aux activités de conduite du navire, contribuant ainsi directement à son fonctionnement et à sa sûreté.
Ses activités visent principalement à assurer les fonctions d'appui au pont. Le titulaire du Certificat de Matelot Pont peut exercer des fonctions au niveau appui et naviguer sur des navires armés au commerce, à la plaisance, à la pêche ou aux cultures marines, conformément aux prérogatives qui lui sont associées. Il peut ainsi exercer des fonctions d’appui avec ou sans tâches spécialisées à bord de navires armés au commerce ou à la plaisance de jauge brute inférieure à 500, ainsi que sur des navires armés à la pêche ou aux cultures marines. Pour les navires armés au commerce ou à la plaisance de jauge brute égale ou supérieure à 500, il exerce des fonctions d’appui sans tâches spécialisées. Ces qualifications permettent au matelot de pont d'opérer sur une grande variété de navires, y compris les catamarans, qu'ils soient dédiés au transport commercial, à la plaisance de luxe ou à d'autres usages professionnels.
Les activités spécifiques du matelot de pont se décomposent en plusieurs catégories :
Participation à la navigation d’un navire : Que le navire soit d'une jauge brute inférieure à 500 ou égale ou supérieure à 500, selon les prérogatives associées à son titre, le matelot de pont est activement impliqué. Il participe à la tenue du quart à la passerelle en toute sécurité. Cela implique de gouverner le navire avec l’aide des équipements de passerelle, tels que le compas, le sondeur et le radar, et de se conformer aux ordres de barre, qui peuvent être donnés en français et en anglais. Il assure également une surveillance constante par une veille visuelle et auditive adéquate, relevant toute information pertinente comme la présence d'un autre navire, un signal sonore, un feu ou tout autre objet. Durant la tenue du quart, il applique les ordres de l’officier de quart et utilise les systèmes de communication internes. En cas d'urgence, il est formé pour faire fonctionner le matériel d’urgence et appliquer les procédures d’urgence prescrites. Ses compétences sont aussi sollicitées lors des manœuvres complexes : il participe à l’accostage, au mouillage et aux autres opérations d’amarrage, en appliquant les procédures prescrites et l’ordre à suivre pour ces dernières. Il manipule et met à l’eau les diverses embarcations, y compris les vedettes, les Zodiacs et les canots, ce qui est particulièrement pertinent pour les catamarans de plaisance ou d'exploration.
Participation à la manutention et l’arrimage de la cargaison et des provisions de bord : Cette tâche est cruciale pour la sécurité et l'intégrité du navire et de son contenu. Le matelot de pont applique les procédures à suivre pour garantir la sécurité des opérations de manutention, d’arrimage et d’assujettissement des cargaisons et des provisions de bord. Il doit connaître les classes de marchandises dangereuses afin d’appliquer les règles de sécurité fixées, notamment pour la manipulation de substances et liquides dangereux. Si le navire est un bateau de pêche, il manœuvre les engins de pêche en toute sécurité. Il adapte également les procédures à suivre selon le type de cargaison, démontrant une capacité d'analyse et d'adaptation face aux situations variées.
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Aide au contrôle de l’exploitation du navire et maintenance : Le matelot de pont contribue à la sécurité de l’exploitation de l’équipement et des auxiliaires de pont. Il prend les précautions requises en matière de santé et de sécurité au travail et joue un rôle actif dans la prévention de la pollution du milieu marin, prenant les mesures de précaution nécessaires. Il participe également aux travaux d’entretien et de réparation à bord, assurant la maintenance générale du navire. Cette maintenance inclut la surveillance et l'entretien du matériel, ainsi que le nettoyage général du navire. Dans un service de soutien portuaire, il sert en qualité d’équipier sur les remorqueurs, gabares et différents engins nautiques, démontrant une adaptabilité de son rôle selon le contexte d'activité.
En somme, les missions générales du matelot comprennent la gestion de la cargaison du bateau, la maintenance à bord, l'entretien et le nettoyage du navire, l'exécution des quarts de nuit et l'assistance à toutes les manœuvres nautiques. Si habilité, il peut même prendre la barre. Les missions à bord peuvent varier considérablement selon le type de navire - qu'il s'agisse d'un cargo, d'un voilier, d'un catamaran de passagers ou d'un navire de pêche - la zone de navigation, le rôle spécifique au sein de l'équipage ainsi que la hiérarchie à bord. Il participe aux manœuvres et à la maintenance du matériel et il manipule et met à l’eau les diverses embarcations.
Compétences et Qualités Indispensables pour le Matelot de Pont
Pour exceller dans ces missions exigeantes, un matelot de pont doit posséder un ensemble de compétences techniques et de qualités personnelles. La vie en mer, dans un environnement souvent restreint et bruyant, requiert une grande rigueur et une adaptabilité constante.
Parmi les compétences attestées du titulaire du certificat de matelot pont, on retrouve une connaissance approfondie de la navigation et de la sécurité en mer. Le matelot doit être capable de comprendre et d’appliquer les règles de navigation et de sécurité maritimes, ce qui inclut la maîtrise des règles de circulation des navires, des signaux et de la communication maritime, des procédures d’urgence et de l'utilisation des équipements de sécurité à bord.
Une capacité avérée à manœuvrer le navire est également fondamentale. Cela signifie être capable d'aider à l’amarrage et de savoir utiliser les cordages, les ancres et les treuils avec efficacité et sécurité. Les bonnes aptitudes en mécanique et en hydraulique sont précieuses pour maintenir et réparer les équipements et installations du navire, ce qui contribue à la fiabilité opérationnelle et à la sécurité.
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Au-delà des compétences techniques, les qualités interpersonnelles sont cruciales. Le matelot de pont doit faire preuve d'une excellente communication et d'un esprit d'équipe développé. Il doit être capable de communiquer efficacement avec les autres membres de l’équipage et le capitaine, de suivre les ordres avec précision et de donner des instructions claires si nécessaire. Le sens du relationnel est important pour une cohésion optimale à bord.
La bonne condition physique est un prérequis incontournable. Le travail sur le pont est physiquement exigeant, souvent dans des conditions météorologiques difficiles. Une bonne condition physique est donc importante pour pouvoir travailler pendant de longues périodes et dans des environnements exigeants. Enfin, le sens de l’adaptation est primordial. Le matelot doit être prêt à travailler dans des conditions et des environnements variés, savoir s’adapter aux changements rapides, aux situations d’urgence et aux différents types de clientèle, notamment sur des navires de plaisance ou de transport de passagers comme les catamarans.
Environnement de Travail et Contraintes du Métier
Le métier de matelot de pont, bien que passionnant, s’exerce dans un cadre qui présente des contraintes particulières. Son activité s’exerce de jour comme de nuit, exigeant une disponibilité constante et une capacité à travailler sur des horaires décalés. L'environnement est souvent restreint et bruyant, ce qui peut rendre le travail physiquement et mentalement éprouvant. De plus, ce métier implique régulièrement un éloignement du domicile de plusieurs jours à plusieurs mois, ce qui demande une adaptabilité personnelle et familiale significative.
L'éloignement de la terre et de la sécurité qu'elle apporte, notamment en termes de secours, place le marin dans un milieu naturel parfois hostile. Le navire, quel que soit son type, qu'il s'agisse d'un cargo imposant ou d'un catamaran agile, est à la fois un lieu de travail et de vie. Cette dualité nécessite que les marins, quelles que soient leurs fonctions principales à bord, détiennent une qualification minimale en matière de sécurité. Cette qualification inclut des techniques individuelles de survie, la lutte de base contre l'incendie, des connaissances en relations sociales et hygiène, la prévention des risques, et une formation médicale pour pouvoir dispenser les premiers secours.
Évolutions de Carrière et Perspectives Professionnelles
Le métier de matelot à bord d’un bateau représente l’un des premiers postes pour devenir marin professionnel. C’est une voie d’entrée essentielle qui ouvre de nombreuses possibilités d’évolution de carrière dans le secteur maritime. En France, avant de pouvoir occuper un poste de skipper, le marin doit obligatoirement valider un certain temps de mer en tant que second, matelot ou équipier, et ainsi breveter son titre de Capitaine 200, par exemple. Le matelot ou second est un membre important de l’équipage, secondant directement le capitaine dans ses fonctions.
Entre 2 et 6 années de service, si ses résultats professionnels et sa motivation sont jugés suffisants, le matelot pont peut être sélectionné pour devenir officier-marinier (sous-officier). Cette progression de carrière lui permet de se spécialiser, par exemple, dans le métier de Manoeuvrier ou de Mécanicien d’armes, ouvrant la voie à des responsabilités accrues et à une expertise technique plus poussée.
La hiérarchie à bord d'un navire est structurée en différents niveaux de responsabilités. Au niveau « direction », on trouve les capacités de capitaine et de second capitaine au pont, ainsi que les capacités de chef mécanicien et de second mécanicien à la machine. Au niveau « opérationnel », on identifie les capacités de chef de quart passerelle ou chef de quart machine, ainsi que la capacité d’officier électrotechnicien. Au niveau « appui », se situent les matelots au pont, les mécaniciens à la machine et les matelots électrotechniciens. Les fonctions varient donc selon le niveau de responsabilités et le service, et même si elles portent parfois le même nom, elles correspondent à des niveaux de formation différents.
Les qualifications maritimes sont désignées par le terme « titre », qui couvre toutes les qualifications à bord d’un navire, se distinguant des attestations qui ne permettent pas d’exercer des fonctions principales. Les titres « pont » sont requis pour le service au pont et sont appelés « titres monovalents pont ». Ils diffèrent pour travailler à bord de navires armés au commerce, à la plaisance professionnelle, à la pêche ou aux cultures marines, car les navigations et activités sont très différentes. De manière similaire, les titres « machine » sont requis pour le service à la machine (« titres monovalents machine »), et les titres « électroniques et électrotechniques » pour les fonctions d’officier ou de matelot électrotechnicien. L’électronique/électrotechnique est une filière spécifique rattachée au service machine. Il existe également des « titres polyvalents » qui permettent d’exercer à la fois au pont et à la machine, aux niveaux direction et opérationnel. Parfois, un titre peut comporter des restrictions liées à la situation personnelle de son détenteur.