Le maxi catamaran "PLAYSTATION" représente une figure emblématique dans le monde de la course au large, incarnant l'audace et la quête de records. Sa réplique en modèle réduit, à l'échelle 1:125, est elle-même devenue un objet de collection rare et recherché par les passionnés de modélisme naval. Ce kit, référence 80617, est bien plus qu'une simple maquette ; il est le reflet d'une époque, celle des aventuriers coureurs océaniques, et un témoignage de l'ingénierie navale de pointe.
La Genèse d'un Géant des Mers et la Quête de Records
L'histoire du maxi catamaran "PLAYSTATION" est indissociable de celle de son skipper, Steve Fossett. Ce milliardaire américain, animé par une passion insatiable pour l'aventure et les records en tout genre - sur terre, en mer et dans les airs - a commandité la construction de ce navire hors normes. Le catamaran a été conçu sur des plans Morelli/Melvin, des architectes navals renommés, déjà auteurs du catamaran 60' "Région de Picardie" et du Formule 40 "Smyth Team", ainsi que des coques du catamaran de Denis Conner pour l'America's Cup, face aux Néo-Zélandais et leur monocoque géant.
La construction du maxi catamaran a été lancée dans le plus grand secret en Nouvelle-Zélande. Le chantier était placé sous haute protection, et aucune information ne filtrait véritablement jusqu'à la sortie du bateau. Initialement, la participation à "The Race", la course imaginée par Bruno Peyron, n'était pas prévue. Steve Fossett confia le poste de skipper à Ben Wright, car personne n'avait encore réellement navigué sur une machine de cette envergure.
Le bateau, nommé "PlayStation 2", fut mis à l'eau en janvier 1999. Après seulement deux mois de tests intensifs, le maxi catamaran réussit à battre le record de la plus grande distance parcourue en 24 heures. Les tests et les modifications se poursuivaient sans relâche. Cependant, en avril de la même année, un incident majeur survint : un incendie se déclencha à bord d'une des coques, alors que le bateau était à quai et que les batteries étaient en charge. Le feu ravagea l'intérieur de la coque, mais l'intervention rapide des secours permit de sauver le bateau. Il fallut le ramener au chantier pour plus de trois mois de réparations.
Ces premières navigations révélèrent un problème significatif : le bateau "enfourait beaucoup trop", c'est-à-dire qu'il piquait excessivement du nez. La poutre avant tapait violemment dans les vagues, entraînant un ralentissement brutal, d'autant plus que la plateforme était jugée "plutôt très souple". Il fut donc décidé d'entreprendre un nouveau chantier en Grande-Bretagne. De nouvelles étraves, beaucoup plus hautes, furent dessinées, et le catamaran fut allongé de 4 mètres par l'avant et de 1,90 mètre à l'arrière pour corriger ces défauts.
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Malgré ces améliorations, Steve Fossett, dont la priorité n'était pas la course autour du monde de Bruno Peyron, dut abandonner lors de la descente de l'Atlantique. En octobre, une nouvelle tentative sur l'Atlantique Nord fut couronnée de succès, Steve Fossett remportant un record qu'il convoitait réellement. Steve Fossett et son équipage allaient par la suite enchaîner les records avec une réussite éclatante. En 2004, Steve Fossett lança enfin son maxi catamaran autour du monde pour le Trophée Jules Verne, et dès cette première tentative, le record fut établi à l'arrivée.
Après avoir atteint ses objectifs, Steve Fossett annonça qu'il mettait un terme à ses tentatives de records à la voile. Ne trouvant pas de repreneur, le catamaran fut skipperé tour à tour par les équipiers de Steve Fossett lors de différentes courses ou tentatives de records, mais sans grand succès, faute de moyens. David Scully, par exemple, le skippera lors de la "The Oryx Cup", la course de Tracy Edwards en 2005, où il fut contraint à l'abandon suite à un démâtage.
En 2007, Steve Fossett fit modifier le maxi catamaran de manière radicale : il fut transformé en bateau à moteur. Il devait servir de plateforme pour des records de plongée. On le vit ensuite au départ de la Transpac 2007, armé par Disney pour filmer son monocoque durant cette traversée du Pacifique. Tragiquement, le 3 septembre 2007, Steve Fossett disparut dans le désert lors d'un accident d'avion.
L'histoire du bateau ne s'arrêta pas là. En 2011, le milliardaire Richard Branson, à la tête de Virgin, le racheta. Il annonça son projet de le remettre en état et de le reconvertir en voilier pour poursuivre l'ambition de Steve Fossett en matière de records de plongée sous-marine. Cependant, en 2014, le bateau était toujours au mouillage, sans mât, et des problèmes de paiement de place avec la Marina étaient même signalés. En août 2016, le maxi catamaran fut observé dans la baie de San Francisco, sa plateforme tractée par une aile, témoignant d'une existence mouvementée et d'adaptations successives.
Le Modèle Réduit "PLAYSTATION" : Une Pièce Rareté pour les Passionnés
La maquette du Maxi Catamaran "PLAYSTATION" à l'échelle 1:125, référencée 80617, est une pièce singulière dans le monde du modélisme naval. Sa date de sortie, début 2001, a été marquée par une distribution en deux boîtes différentes : l'une incluant peintures, colle et pinceaux, et l'autre proposant uniquement les maquettes. Depuis lors, elle n'a jamais été rééditée, ce qui lui confère une rareté certaine. Cette absence de réédition est peut-être due à des accords spécifiques avec SONY pour l'utilisation de la marque, ou à un manque d'intérêt suffisant du grand public à l'époque pour les modèles de voiliers de course modernes. Un commentaire suggère même que SONY aurait pu reléguer la maquette "en fonds de cale" après un accord.
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Cette maquette est considérée comme "une pièce unique dans ce domaine" où les voiliers de ce genre "ne sont pas légion". Elle est d'ailleurs peu connue et rarement aperçue lors des expositions, ce qui ajoute à son caractère exceptionnel. Son acquisition est souvent le fruit du hasard ou d'une recherche assidue, comme en témoigne un modéliste qui l'a rachetée des années après qu'un premier exemplaire ait été endommagé.
Le kit est assez complet pour l'époque. Il se présente généralement sous blister, avec trois grappes comprenant les coques, les poutres, le gréement et quelques accessoires. Au total, le kit contient environ 35 pièces, ce qui, pour les modélistes expérimentés, offre beaucoup de latitude pour l'agrémenter et le personnaliser. Les pièces sont injectées dans un plastique blanc de bonne facture. Quelques marques d'éjecteurs sont à reprendre et certains ajustements nécessiteront un bon masticage, en particulier au niveau des liaisons entre les flotteurs et les poutres, une étape qui "n'est pas si facile que ça" et demande une attention particulière.
La maquette inclut un jeu de voiles en vacuform. Ces voiles, bien que présentes, sont considérées comme très sommaires et nécessiteront un "gros travail d'upgrade" pour atteindre un niveau de réalisme satisfaisant. Des éléments essentiels tels que les lattes, la têtière, les points d'amures et les renforts ne sont pas représentés, de même que les découpes des différents panneaux qui constituaient ces "cathédrales de toile" dans la réalité. Le kit fournit également du fil pour les écoutes et les haubans, ainsi qu'un socle circulaire pour la présentation.
Un détail distinctif de cette maquette est la feuille de transfert qui permet de reproduire le logo PlayStation sur les trampolines à l'aide d'un fer à repasser. Une feuille de "mesh" est également incluse pour découper les morceaux qui représenteront les fameux trampolines. La planche de décalcomanies est très fournie et, heureusement, est souvent retrouvée en parfait état même après de nombreuses années. Elle demandera cependant une bonne dextérité pour poser les pièces les plus grandes, notamment celles destinées à la grand-voile. Des peintures de base émail sont également fournies dans certaines versions du kit.
La notice de montage est succincte mais lisible. Une grande partie est dédiée à la pose des décalcomanies et surtout à la réalisation des drisses et haubans. Néanmoins, il est souvent noté qu'elle est "avare en détails", car la réalité des gréements est bien plus complexe et fournie que ce qui est suggéré, offrant encore une fois matière à amélioration pour le modéliste. Une fois assemblée, la maquette mesure environ 38 cm de haut hors socle, ce qui en fait un modèle très vertical et spectaculaire.
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Améliorer la Maquette: Conseils et Techniques pour un Réalisme Accru
La maquette du Maxi Catamaran "PLAYSTATION" offre un potentiel considérable de personnalisation et d'amélioration, particulièrement apprécié par les modélistes souhaitant atteindre un haut niveau de réalisme. Pour ceux qui ont "baigné" dans le monde de la voile, ou qui disposent de documentation d'époque (comme une revue "grand large" avec un reportage complet), les possibilités sont vastes.
L'un des principaux points d'amélioration concerne les voiles. Les voiles thermoformées fournies dans le kit sont considérées comme "hors échelle" et "très sommaires". Plusieurs approches sont suggérées pour les refaire ou les améliorer. Une option consiste à utiliser du papier calque transparent, des raidisseurs en plasticard fin, et du fil à couture, suivi d'une peinture à la bombe et d'une couche de vernis. Cependant, cette méthode avec la couture est souvent jugée "complètement hors échelle" et le "filin" de la notice est "une horreur garantie à la sortie".
Il est fortement recommandé de travailler à partir de photos de multicoques pour refaire les voiles, en considérant que celles-ci étaient majoritairement blanches lors de la première campagne de records. Une solution plus élaborée consisterait à créer un gabarit en 3D à partir des voiles en vacuform, puis à y poser des morceaux de plastique fin (type CP en 0.13mm) pour représenter les panneaux cousus. Les renforts, notamment au niveau des points de ris, sont essentiels et doivent être ajoutés. Les lattes en carbone, montées sur des chariots le long du mât dans la réalité, demandent également un travail de représentation. Le traçage très fin ou l'utilisation d'une teinte légèrement différente sur les voiles d'origine peut déjà créer un effet d'échelle plus convaincant. Utiliser du dacron, souvent employé pour des modèles de classe 1M, pourrait être envisagé, bien que certains estiment qu'à l'échelle 1/125, cela "paraît moins adapté". L'idée d'améliorer la voile basique Heller en ajoutant des lattes en plastique très fin est une bonne piste, garantissant une forme qui ne s'écroulera pas dans le temps.
Pour le gréement et l'accastillage, la notice est jugée trop sommaire. Le cordage qui était censé être fourni dans la boîte peut parfois manquer. Pour simuler l'étai et le rail souple (appelé "tufluff") dans lequel s'engage la ralingue du foc, il est conseillé d'utiliser un long morceau d'étiré en plastique ou un fil gros (environ 0.15mm) à coller sur la tranche du foc. Cela ferait "parfaitement illusion pour représenter l'enrouleur sur lequel il était monté".
Les possibilités de "scratch building" sont immenses sur ce catamaran. Avec la 3D actuelle, il est possible de créer de très belles poulies ou des rails d'écoutes à cette échelle. Un modéliste expérimenté a déjà en tête des modifications détaillées : le système de renvoi des barres à roue, les rails et les chariots, les renvois d'écoutes, le gennaker enroulé sur l'étai, ou encore le vérin du chariot de bôme. L'absence des "moulins à café" (winches) est également une lacune à combler, car "s'ils n'y sont pas on le voit de suite". La maquette, mesurant environ 70 à 80 cm de haut, ne peut se permettre de négliger ces "paquets de winchs".
Le monde de la voile sportive est un domaine exigeant, et le modélisme de ces engins en est le reflet. Les équipages de ces maxi catamarans vivent "continuellement dans un nuage d'embruns, rarement chauds, mais bien piquants", effectuant des "efforts énormes" pour les manœuvres. Se reposer dans une coque en carbone donne "l'impression d'être dans un tambour". Ce respect pour les équipages inspire les modélistes à reproduire avec fidélité chaque détail de ces "bêtes" marines.