Manuela González Cano : Anatomie d'un Dossier Complexe et des Morts Suspectes

À la veille de son procès en appel, Christophe Hondelatte a repris un dossier passionnant, celui de Manuela González Cano, une femme dont le parcours a captivé l'attention des médias et de la justice. Surnommée "La veuve noire de l'Isère", cette figure emblématique a été au centre de plusieurs affaires de décès suspects, notamment celui de son dernier mari, Daniel Cano, retrouvé carbonisé dans sa voiture en 2008. L'histoire de Manuela González est celle d'une existence entrelacée de témoignages contradictoires : décrite par les uns comme chaleureuse et généreuse, ses actes présumés la désignent comme vénale et calculatrice. Le récit de sa vie, de ses relations et de ses démêlés judiciaires, est un miroir des complexités humaines face aux accusations les plus graves.

L'Affaire Daniel Cano : Le Point de Départ d'une Enquête Trouble

Tout commence véritablement le 31 octobre 2008 au petit matin, à Villard-Bonnot dans l’Isère, lorsqu'un promeneur fait une macabre découverte : une voiture brûlée dans un champ, et à l'arrière, un corps calciné. Puis dans le coffre, un deuxième cadavre, celui d’un chien. Seul un bout de la plaque d’immatriculation est encore visible, mais les gendarmes, alertés, identifient rapidement le propriétaire de la voiture : il s’agit de Daniel Cano. Les gendarmes se présentent alors au domicile de Manuela González pour lui annoncer le décès de son mari dans l’incendie de la voiture où son corps a été découvert non loin de la maison du couple. Aux militaires, cette ancienne directrice d’une auto-école, devenue femme au foyer, explique que, la veille, son époux a dû sortir tard le soir parce qu’il avait rendez-vous avec un acheteur à qui il devait vendre des oiseaux, des Diamants de Gould d’Australie, dont il faisait l’élevage. Elle aurait tenté de l’en dissuader car il avait été fatigué dans la journée. Mais il ne l’a pas écouté. Comme il est parti travailler de bonne heure, le matin, elle ne l’a pas revu depuis. Très loquace, cette femme commence à raconter ses mésaventures, notamment une dispute avec son mari.

La suite de l'enquête préliminaire met rapidement en lumière des éléments troublants. Elle permet d’établir que, la veille, le couple est allé déjeuner, comme souvent, chez les parents de Manuela et que Daniel, se sentant mal, avait dû s’allonger durant le repas. Un de ses amis, lui aussi amateur de Diamants de Gould d’Australie, affirme de son côté que Daniel, très respectueux des animaux, n’aurait jamais fait encourir de risques à des oiseaux aussi fragiles en les exposant au froid d’une nuit d’octobre. Des témoins indiquent par ailleurs que la fatigue du chaudronnier durait déjà depuis un bon moment. Il n’était pas allé travailler lors des deux jours précédant sa mort. Son autopsie va révéler la présence de molécules de psychotropes dans le sang, notamment un neuroleptique et deux hypnotiques. Or, aucun médecin ne lui a prescrit ces médicaments qui figurent, en revanche, sur des ordonnances rédigées au nom de Manuela González. Les gendarmes, poursuivant leurs investigations, découvrent également que la voiture a été retrouvée sans clé de contact, ni sur le contact, ni à l’intérieur de la voiture, ni sur le corps de Daniel Cano, ni autour de la voiture. Cela suggère que quelqu’un d’autre a conduit cette voiture, et que ce n’est pas Daniel Cano.

Un mois avant la découverte du corps carbonisé de Daniel, un événement grave s'était déjà produit. Le 28 septembre 2008, en pleine nuit, un incendie se déclare dans la chambre nuptiale. Daniel Cano, malgré des somnifères, se réveille et sort de la chambre. L'épouse avait indiqué aux pompiers que le chien aurait renversé une bougie, ajoutant qu'elle ne se serait rendu compte de rien car elle se trouvait alors au rez-de-chaussée. Transporté à l’hôpital, Daniel Cano souffre de brûlures aux jambes et aux avant-bras et présente des signes de confusion. Quand son fils Nicolas le récupère, le lendemain en fin de matinée, il a des difficultés à articuler, comme s’il était drogué. Il doit s’allonger dans la voiture, durant le trajet du retour, puis sur le canapé de la maison où il va dormir toute l’après-midi, racontera plus tard Nicolas. Sur le moment, personne ne soupçonnait une tentative d’assassinat. Ce n’est qu’en enquêtant sur sa mort que les gendarmes vont mettre au jour à la fois l’existence de ce premier incendie et la nature suspecte des événements entourant Manuela González.

Un Passé Jalonné de Tragédies : Les Morts Suspectes d'Anciens Compagnons

En remontant en arrière, les enquêteurs s’aperçoivent que ce n'est pas la première fois que des événements tragiques frappent l'entourage de Manuela González. Deux autres cadavres traînaient en effet dans ses placards. Ceux d’anciens compagnons de cette fille d’immigrés espagnols morts dans d’étranges circonstances. Ces découvertes ont alerté les forces de l'ordre, qui ont continué de fouiller son passé, révélant des coïncidences troublantes entre les décès de ses conjoints.

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En 1983, Manuela González, alors âgée de 20 ans, est mariée à Gilbert. Ce dernier est hospitalisé après avoir absorbé une dose massive de sédatifs. Il survit grâce à une ablation de l'œsophage réalisée en urgence. Bien qu'il n'y ait pas eu d'enquête à ce sujet, le couple se sépare peu après cet épisode.

Après sa séparation avec Gilbert, Manuela devient monitrice d'auto-école et rencontre Michel, un bijoutier de trente ans son aîné. En 1984, une voisine découvre Michel inanimé sur le sol de sa boutique, après qu'il ait ingéré de la benzodiazépine, un puissant anxiolytique. Michel accuse Manuela, qui admet avoir mis des somnifères dans le thé de son compagnon pour lui soutirer quatre chèques. Elle est condamnée à deux ans de prison avec sursis pour « vol avec violence ».

Un autre dossier de 1989 vient s’ajouter à sa longue liste de conjoints qui disparaissent. Elle perd son compagnon, un certain François Collazo, d’origine espagnole comme elle. Il tient un café à Brignoud, non loin de Villard-Bonnot. Et un matin, il est retrouvé mort dans son garage, le moteur de sa voiture allumé, asphyxié par des gaz d'échappement. D'après Manuela, il s'agissait d'un suicide. De son côté, l’autopsie révèle la présence de fortes doses de médicaments, alors qu’il n’en prenait pas. L'instruction qualifie l'acte de tentative d'assassinat, après avoir découvert des similitudes avec d'autres affaires.

L'année suivante, en 1990, Manuela a une brève relation avec Thierry Lechevallier. En 1991, Thierry meurt dans un incendie, son corps ayant été découvert dans le cagibi où a été découvert son corps, après avoir ingurgité d'importantes doses de médicaments. D'après Manuela, il s'agissait d'un suicide. À l’époque, un non-lieu est prononcé, car un alibi est fourni à cette femme : c'est Daniel Cano.

Ces morts violentes et inexpliquées, qualifiées de suicides par Manuela González, lui ont valu de ne pas être poursuivie à l’époque. Et pourtant, à chaque fois, la jeune femme avait récupéré, ou tenté de récupérer, de belles sommes d’argent. Les similitudes constatées entre la mort de Daniel Cano et la mort de ces deux anciens compagnons de Manuela González, intoxiqués dans des circonstances troubles, ont renforcé les doutes des enquêteurs et de l'instruction.

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Les Mobiles Financiers : Dettes, Hypothèques et Assurances-Vie

Le mobile financier est rapidement privilégié par les enquêteurs et l'avocat général, qui le qualifie de « criant de vérité » : l'argent. Les gendarmes se rendent compte que le couple est criblé de dettes, et que Manuela González est une joueuse compulsive. Cette femme était accro aux jeux et les dettes s'accumulaient.

Concernant Daniel Cano, un an avant le décès de celui-ci, Manuela avait contracté un prêt de 165 000 euros, pour couvrir une dette de jeu, et hypothéqué la maison familiale. Tout cela sans en parler à son époux, et en signant les procurations à sa place. Son compagnon n’est pas au bout de ses peines. Il découvre avec stupéfaction que sa maison est hypothéquée. Me Leclerc a également déclaré : « Il faut tuer Daniel Cano parce que dès qu'il sera mort, l'assurance du crédit hypothéqué marchera et ce sera 165 000 euros de gagné, (évoquant l'héritage de la maison, les apports d'une assurance-vie et d'un contrat de prévoyance). » Selon l'avocat de la famille Cano, le mobile du meurtre était l'argent. La mort de Daniel Cano devait rapporter à Manuela 235 000 euros provenant de deux contrats d'assurance-vie, ainsi que l'exonération de remboursement du prêt.

Les enquêteurs découvrent qu’elle a failli encaisser le jackpot. Cette femme était désignée comme la bénéficiaire de plusieurs assurances-vie, dont le montant s’élève à 234 000 euros. D'importants transferts d'argent avaient été effectués des comptes de Daniel Cano vers ceux de Manuela González, quinze jours avant sa mort. Ces éléments ont souligné un motif potentiellement puissant derrière les tragédies successives.

La "Veuve Noire" : Surnom et Perceptions

Manuela González a été surnommée la « Veuve Noire de l'Isère » en raison des circonstances troubles entourant la mort de ses compagnons. Ce surnom a été repris par les médias, notamment lors de reportages comme « La veuve noire de l'Isère » (deuxième reportage) dans « … « Affaire Manuela Gonzalez-Cano, la veuve noire de l'Isère le 19 juin 2021, le 15 octobre 2022 dans Au bout de l'enquête, la fin du crime parfait ? ». Lors du procès en première instance, l'avocat général avait souligné que « le noir [allait] très bien » à Manuela González.

Ses avocats ont contesté ce surnom, arguant qu'elle était victime de son « histoire non judiciaire ». Manuela avait tenté de se présenter comme une femme « normale », soucieuse de s'afficher comme une monitrice d'auto-école simple et coquette, une citoyenne qui travaille et paie ses dettes. Cependant, ses protestations d'innocence ont été interprétées comme du déni, et sa biographie sentimentale comme un casier judiciaire non écrit. Au cours de son procès en appel, Manuela González a déclaré : « Je souffre de la perte de mon mari » et « si je ne pleure pas on me juge froide […] si je pleure on dit que je fais la comédie ». Les experts psychiatriques ont eu du mal à cerner la personnalité de Manuela González, ajoutant une couche de complexité à la perception publique et judiciaire de l'accusée.

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Le Parcours Judiciaire : Procès, Appels et Rebates

Le 23 mars 2010, soit un an et demi après la mort de Daniel Cano, les gendarmes mettent Manuela González en garde à vue. Ils font monter la pression, mais cette femme ne lâche rien. Malgré tout, la juge la met en examen pour tentative d’assassinat et assassinat. Elle part à la maison d'arrêt de Chambéry.

C’est le 14 avril 2014 que s’ouvre son procès devant la cour d’assises de l’Isère à Grenoble. L’accusée plaide non coupable et vise l’acquittement. Quand le verdict tombe, elle est condamnée à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Daniel Cano et pour tentative d'assassinat concernant l'incendie survenu un mois avant sa mort. Manuela fait appel de la décision.

En septembre 2015, Manuela González est libérée une première fois, car la justice juge le délai entre son premier procès et l'appel trop long. La chambre de l'instruction a estimé que le délai entre la première instance et l'appel était trop long, ce qui violait le « délai raisonnable » exigé par la Cour européenne des droits de l'homme.

Malgré sa libération, Manuela González est de nouveau jugée en appel devant la cour d'assises de la Drôme. Le lundi 30 mai 2016, elle est reconnue coupable du meurtre de Daniel Cano et condamnée à nouveau à 30 ans de réclusion criminelle. Son avocat annonce un pourvoi en cassation le lundi 30 mai 2016. Il est rejeté. Manuela González formule ensuite un pourvoi devant la Cour européenne des droits de l'homme, cherchant d'autres voies pour contester sa condamnation.

Lors de cette audience d’appel, ses avocats tentent une fois encore de plaider l’impossibilité de s’appuyer sur des faits prescrits par la loi puisque l’accusée n’a pas été condamnée dans les autres affaires planant au-dessus de sa tête. Un passé accablant que comptent bien ressusciter les conseils de la famille de Daniel Cano et du fils de celui-ci. Par manque de preuves formelles, son inquiétante belle-mère pourrait néanmoins être acquittée, selon certaines hypothèses. Durant sept jours d’audience Manuela Gonzalez va de nouveau devoir prouver qu’elle n’avait aucune raison d’attenter à la vie de son mari, Daniel Cano, un chaudronnier de 58 ans. Problème : celle que les médias ont surnommée "La veuve noire" a déjà perdu deux autres de ses compagnons dans d’étranges circonstances. Un passé qui devrait peser en regard des jurés, comme ce fut vraisemblablement le cas en première instance vue la lourdeur de la peine prononcée.

Les Voix des Proches : Défense et Doutes

La famille de Manuela González s'est mobilisée massivement pour la défendre. Les familles des deux parties ont massivement investi la cour d’assises de l’Isère, ce mercredi, au troisième jour du procès de Manuela González, jugée pour l’assassinat de son mari Daniel Cano, le 31 octobre 2008, à Villard-Bonot (Isère), dans des circonstances rappelant les décès suspects de deux de ses anciens compagnons. Une journée consacrée aux témoignages des proches de celle que l’on surnomme la « veuve noire de l’Isère », apparue toujours aussi calme et déterminée dans le box des accusés.

Faisant bloc autour de Manuela González, les membres de sa famille se sont presque tous dits convaincus de son innocence. Virginie, 32 ans, la fille unique de Manuela González, née de son premier mariage avec Gilbert, est l'une de ses plus ferventes défenseures. À la barre, cette jolie jeune femme aux cheveux noirs et au teint mat assène sa vérité, d’un ton assuré : « Je veux défendre ma maman que je sais innocente. Je ne comprends pas pourquoi elle est ici, accusée de faits aussi graves alors qu’il n’y a aucune preuve contre elle. C’est trop facile de se servir de son passé », explique-t-elle à la cour. Dans le box, Manuela González ne quitte pas sa fille des yeux. Virginie, qui est devenue professeur de musique, poursuit : « Si je suis ce que je suis aujourd'hui, c'est grâce à elle. C'est ma mère qui m'a donné des valeurs. Elle a toujours tout fait pour que je sois heureuse. Il m'est impossible d'imaginer que ce dont on l'accuse est vrai. Moi aussi, j'aimerais savoir ce qui s'est vraiment passé. »

Manuela González est soupçonnée d'avoir intoxiqué ses compagnons, ses maris au Temesta. Impensable pour Virginie : « Tout le monde reconnaît que c'est une femme intelligente. Or une femme intelligente ne peut pas employer toujours la même méthode, utiliser toujours du Temesta. Ce n'est pas possible », insiste Virginie. Lorsque l'avocat de la défense, Me Ronald Gallo, lui demande ce que représentait pour elle Daniel Cano, le dernier mari de sa mère, la jeune femme explique : « Il avait envers moi l'attitude d'un père. J'ai perdu un père d'affection. » Interrogée sur sa tragique disparition, Virginie est formelle : « Je n'imagine pas que ma mère puisse être impliquée. Car c'était me faire beaucoup de peine. Et puis Daniel et ma mère étaient très amoureux. On a passé dix-sept ans ensemble. J'étais en harmonie avec eux. » Interrogée par le président sur « les acrobaties financières » de sa mère, couverte de dettes après de grosses pertes au casino, Virginie reconnaît : « Oui, ma mère avait ouvert deux crédits à la consommation à mon nom. Je savais que ce n'était pas légal, mais je lui avais donné mon autorisation. Il est vrai aussi que mon beau-père n'a pas été content lorsqu'il a appris que ma mère avait contracté un prêt hypothécaire sur la maison. »

À la fin de son audition, Virginie avait encore beaucoup de choses sur le cœur. À la sortie de la salle d’audience, elle s’est confiée à quelques journalistes : « Cela m’a fait mal de voir ma mère dans le box des accusés. Je suis consciente qu’il y a eu beaucoup de morts autour d’elle. Il y a peut-être eu des mensonges, des magouilles. Mais quelqu’un qui n’est pas honnête n’est pas forcément une meurtrière. Je me suis posé des questions, j’ai réfléchi, mais je n’ai jamais douté d’elle. Qu’on la présente aujourd’hui comme une veuve noire, cela me met en colère. Toutes les semaines, je vais la voir en prison. Je lui dis que je l’aime. Pour moi, elle doit être acquittée », conclut Virginie.

Son frère, Juan González, a lui aussi été mis en difficulté avec des réponses parfois différentes de celles fournies dans ses dépositions, notamment à propos de l’hypothèque de la maison souscrite par sa sœur. Questionné sur les valeurs morales partagées dans sa famille, il a cité en premier « l’honnêteté » et « ne pense pas » que Manuela González soit coupable. La sœur de Manuela a affirmé : « Ma sœur est innocente, ces accusations sont infondées », avant d’hésiter lorsque l’avocat général l’a interrogée sur le moment où elle avait appris la mort de Daniel Cano. « Est-ce que vous nous dites n’importe quoi ? », l’a attaquée Pierre-Marie Cuny. « Je me suis embrouillée, a-t-elle répondu. À la gendarmerie, j’étais sous pression. » « N’essayez pas de répondre au-delà de ce que vous savez lorsque l’on vous mitraille de questions », lui a conseillé Me Ronald Gallo, avocat de la défense.

Cependant, un dernier témoignage est venu troubler la cohésion familiale : celui du neveu de l’accusée, Jonathan González, qui a évoqué « une forme d’hypocrisie » dans sa famille. « On n’échange pas sur cette affaire entre nous, c’est tabou », a déclaré le jeune homme de 26 ans, qui a assuré « parler pour [sa] conscience et pour la justice ». Sceptique sur les explications de sa tante, Jonathan González a précisé qu’au lendemain des faits, celle-ci « était là mais avait l’air préoccupée, alors qu’elle est de nature plutôt joviale ». Il a également remis en cause la version officielle sur le premier incendie, dans la chambre de Daniel Cano et Manuela González, qu’il a qualifiée de « pas crédible. À l'époque, j'ai dû dire aux gendarmes que c'est probablement ma tante qui a mis le feu », a-t-il admis.

Les gendarmes ont également découvert un faux pas de la part de Manuela Cano. Ils se sont rendus compte que le jour de la découverte du corps de la victime, le père de Manuela Cano a expliqué aux gendarmes avoir reçu un appel sur le fixe de l’une de ses filles. Elle aurait dit “tout ce que je sais, c’est que Daniel est mort.” La mère, quant à elle, indique que c’est le premier appel de la journée, soit à 8h05. Les gendarmes vérifient, et constatent que cette sœur était en lien avec Manuela Cano entre 7 h 50 et 8 h 00. La suspecte était donc déjà au courant que son mari est mort. Pourtant, les gendarmes étaient sur place devant cette voiture incendiée, et ne connaissaient pas encore l’identité de la victime. C’est un faux pas de la part de Manuela Cano, qui a appelé sa famille trop tôt.

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