Le monde de la course au large est jalonné d'exploits, de machines d'exception et de marins dont la détermination repousse sans cesse les limites du possible. Au cœur de cette quête de performance, le trimaran MACIF s'est imposé comme une icône, intrinsèquement lié à l'histoire de François Gabart, avant de connaître une seconde vie sous de nouvelles couleurs. Son parcours est celui d'une innovation constante, de victoires retentissantes et de défis techniques qui ont façonné l'évolution des multicoques géants. Ce récit n'est pas seulement celui d'un bateau, mais aussi celui d'hommes et de femmes qui, par leur audace et leur travail acharné, ont écrit des pages mémorables de l'histoire maritime.
Le MACIF et François Gabart : La Genèse d'un Géant des Mers
L'aventure du trimaran MACIF débute avec une ambition claire : battre les records en solitaire sur les parcours océaniques les plus exigeants. C’est sur les conseils avisés de Thomas Coville que François Gabart, auréolé de ses victoires sur le Vendée Globe 2012-2013 et la Route du Rhum 2014, a décidé de quitter le circuit IMOCA pour se consacrer à la réalisation d'un maxi-trimaran de 100 pieds. Soutenu par MACIF, qui a consacré un investissement conséquent de 25 millions d'euros sur cinq ans au projet, Gabart s'est tourné vers le cabinet d'architectes Van Peteghem Lauriot-Prévost (VPLP), une référence incontournable en matière de course au large.
Le trimaran MACIF, mis à l'eau à l'été 2015, est directement inspiré des deux précédents maxi de VPLP : le Maxi Banque Populaire V (devenu Spindrift) et surtout Groupama 3 (devenu Idec Sport). L'accent majeur a été mis sur la légèreté de la structure, un facteur crucial pour permettre au bateau d'être mené au maximum de ses capacités par un seul homme. Pour gagner en poids, les coques ont été conçues plus fines que celles de Groupama 3 et la coque centrale a été optimisée : la cellule de vie a été entièrement installée dans un cockpit couvert, d'où sont ramenées toutes les manœuvres, minimisant ainsi les déplacements et l'exposition du skipper. Les flotteurs du trimaran sont équipés de foils en forme de L, ces fameux appendices qui permettent de sustenter le bateau, le faisant "voler" au-dessus de l'eau, réduisant la traînée et augmentant considérablement la vitesse. L'habitacle, selon les mots mêmes du skipper, était "vraiment réduit au minimum". Cette cellule de vie, d'à peine quatre mètres carrés, comprenait une bannette pour dormir, un petit réchaud pour la cuisine et une hauteur sous plafond de 1,80 m tout au plus, un espace propice à la concentration intense requise par la navigation en solitaire.
Dès ses premières compétitions, le trimaran MACIF a prouvé son potentiel exceptionnel. Il a enchaîné les victoires, démontrant la pertinence de sa conception et la maîtrise de François Gabart. Le palmarès du bateau et de son skipper est rapidement devenu prodigieux : pas une course qu'il n'ait remportée, notamment la Transat Jacques Vabre 2015 avec Pascal Bidégorry, The Transat bakerly 2016 en solitaire, l’ArMen Race USHIP et The Bridge 2017 en équipage. Ces succès ont jeté les bases d'une ambition encore plus grande : le record du tour du monde en solitaire.
L'Assaut du Record du Tour du Monde en Solitaire : Un Exploit Légendaire
Le 22 octobre, François Gabart est en stand-by, scrutant la météo à l’affût de la bonne fenêtre pour s’élancer à l’assaut du record du tour du monde en solitaire, détenu par Thomas Coville en 49 jours 3 heures 4 minutes et 28 secondes. Le skipper reconnaît la difficulté de la tâche : "Je suis plein d’espoir pour ce record mais je suis bien conscient qu’il est quasi impossible à battre. Ce qu’a fait Thomas est remarquable." Les statistiques confirment que toutes les tentatives de records autour du monde ont lieu entre octobre et mars. Le vendredi 3 novembre, le code vert est activé par le team Macif. Peu après 18 heures, François Gabart, après un dernier point avec son équipe, largue les amarres de Macif à Port la Forêt. "Départ ce soir de Port Laf' en équipage toute la nuit. Je débarquerai l'équipage demain matin. Ensuite le grand départ entre OUessant et le cap Lizard," expliquait François Gabart avant le départ. La fenêtre météo est décrite comme "courte" et "pas la meilleure du monde," mais c'est le "bon moment pour y aller," une décision audacieuse dictée par l'opportunité plutôt que par la perfection des conditions.
Lire aussi: Notre perspective sur les stages de voile Macif
Le départ est donné le 4 novembre 2017. La stratégie initiale est de "descendre rapidement dans le sud et récupérer l'Alizé." Au petit matin du lendemain, près d'Ouessant, l'équipage a quitté le bord en sautant à la mer, récupéré par un semi-rigide, laissant François Gabart seul pour le long périple. Dès le deuxième jour, François Gabart sur Macif affiche 180 milles d'avance sur le record de Thomas Coville en début de journée, et 274 milles en fin d'après-midi, avec une distance parcourue en 24 heures de 712 milles. Malgré une rencontre inattendue avec un cargo qu'il a croisé et interpellé à la VHF ("Où allez-vous me dit-il ? Je vais faire le tour du monde et je reviens as fast as possible !"), le navigateur progresse à plus de 28,8 nœuds de moyenne depuis le départ.
Le passage du Pot au Noir est une phase délicate. "Il y a toujours du vent pour le moment, mais le vent va devenir plus faible, il va y avoir beaucoup de manœuvres. Cette zone n'est jamais simple, mais nous n'avons pas le choix, il faut y passer dans le Pot au Noir pour passer dans l'Hémisphère Sud," précisait François Gabart. Le trimaran MACIF franchit l’Équateur avec un léger retard initial de 100 milles, mais "les prévisions à venir" sont prometteuses. Le skipper est alors focalisé sur la transition avec les dépressions du Sud. Grâce à des vitesses "supérieures à ce que prévoyaient les routages" (27-32 nœuds), le retard est rapidement comblé. Ce vendredi soir, après 6 jours et 8 heures de tentative, Macif progresse à 21 nœuds et peut "accélérer et tenter d'accrocher au plus vite les dépressions au large de l'Argentine pour descendre dans le grand Sud." L'application BoatOn Pro, bien que non directement liée à la navigation, mentionne des rappels de réparations, soulignant la complexité technique de la gestion d'un tel engin.
L'Océan Indien s'avère être le théâtre d'une série de records impressionnants. Le premier est celui entre Ouessant et le Cap de Bonne Espérance, franchi en 11 jours 20 heures et 10 minutes, soit 2 jours 8 heures et 33 minutes de mieux que l'ancien record. Un deuxième record est établi entre Ouessant et le Cap des Aiguilles en 11 jours 22 heures 20 minutes, surpassant même le record en équipage (Banque Populaire V) de 11 jours 23 heures 49 minutes et 18 secondes. François Gabart, qui avait 3 heures 30 minutes de retard au passage de l'Équateur, affiche alors une avance de 825 milles, soit 2 jours 6 heures et 24 minutes. "Jamais je n’aurai imaginé être ici en avance. C’est assez génialissime," s'exclamait le skipper.
Pourtant, l'Indien n'est pas sans difficultés. Le navigateur doit "laisser passer une grosse dépression et ses vents à plus de 40 nœuds qui descendent de Madagascar," l'obligeant à ralentir pour retrouver des vents plus maniables. Les mers du Sud, notamment au large des Kerguelen, se révèlent "peu fréquentables." François Gabart est contraint de changer de stratégie, plongeant "plein Sud avant les Kerguelen jusqu'à aller friser le 55° S pour remonter fissa vers le 47° S." Ces conditions extrêmes impactent l'homme et le bateau. "Je ne cache pas que je suis fatigué, ça fait deux-trois jours que je n’ai pas beaucoup dormi," confiait-il. "Avec les chocs assez violents, c’est dur de fermer l’œil. Les choses toutes bêtes peuvent devenir très compliquées, comme rester allongé ou assis dans un endroit sans bouger dans tous les sens." Le trimaran, lui aussi, est mis à rude épreuve, nécessitant des réparations, comme la consolidation d'une latte en 2h30 ou le changement d'un filtre de dessalinisateur.
Le 23 novembre, après avoir contourné une grosse dépression et être descendu très au Sud (55°), le skipper reprend sa "folle chevauchée." Après 19 jours et 8 heures de tentative, François Gabart possède 643 milles d'avance et passe le Cap Leeuwin entre 23h et 1h, établissant un nouveau record Ouessant/Cap Leeuwin en solitaire de 19 jours 14 heures et 10 minutes, à la moyenne de 26,50 nœuds. Cette performance est saluée comme un "quatrième record depuis le départ."
Lire aussi: Projet MACIF Voile : Nouvelle Génération et Ambitions
L'entrée dans le Pacifique, "samedi soir," ne lui offre pas de répit. Cet océan "porte mal son nom" durant cette tentative. Les dépressions habituelles sont fortes, la mer "désordonnée, avec une très grosse houle," avec des vents de plus de 40 nœuds. Le multicoque souffre, la galette d'enrouleur du génois de brise (J2) montre des signes de faiblesse. Après 24 jours de tentative, il s'écarte du phénomène pour se reposer et effectuer des "petites réparations." Puis, il reprend une allure folle à plus de 30 nœuds. La "grande cavalcade reprenait de plus belle pour atteindre son point culminant juste avant le cap Horn avec des moyennes hallucinantes de plus de trente-cinq nœuds." C’est dans cette deuxième moitié de Pacifique que François Gabart grignote un temps considérable avec un record toutes catégories confondues : 7 jours 15 heures 15 minutes pour avaler le plus grand océan du monde.
Le jeudi 30 novembre, après 26 jours et 10 heures de tentative, Gabart possède 693 milles d'avance et doit passer le Horn avec une journée d'avance. Le passage du Cap Horn est une étape mythique, et François Gabart franchit la longitude du Cap Horn, établissant de nouveaux records. Le skipper de Port la Forêt bat le record entre Ouessant et le Cap Horn en 29 jours 3 heures et 15 minutes, soit 2 jours 8 heures 15 minutes de mieux que l'ancien record détenu par Thomas Coville sur Sodebo Ultim'. "J'ai un peu de mal à en parler, j'ai du mal à réaliser," confie-t-il, ému, après le passage du Horn, le qualifiant de "trait" invisible. "Jamais je n'avais rêvé arriver dans ces temps là au Horn." Ce succès est d'autant plus remarquable que les conditions météorologiques durant cette traversée expresse du Pacifique n'ont pas été "faciles." Ce multicoque est "certainement ce qui se fait de mieux aujourd'hui pour être mené à son maximum par un seul homme sur un tour du Monde," représentant un "compromis entre un IDEC Sport, un Sodebo Ultim' et les deux derniers nés que sont Gitana 17 et Banque Populaire IX."
L'Atlantique Sud se montre "très coopératif, autant à la « descente » qu'à la « remontée »." Une belle dépression argentine propulse le trimaran MACIF jusqu'à la latitude du Rio de La Plata. Néanmoins, elle entraîne des "conséquences matérielles très plombantes," notamment la galette du J2 qui "ne résistait pas à la pression," obligeant le skipper à naviguer "surtoilé, donc en veille permanente," puisant dans ses réserves. "Aller vite était donc quasiment une nécessité pour le marin au risque de perdre tout espoir d'aligner les bonnes configurations météorologiques, des Kerguelen jusqu'à l'équateur !" Le Pot au Noir est "perforé sans coup férir." La dernière ligne droite implique de négocier "le grand tour de l'anticyclone des Açores, dernier obstacle pas toujours très coopératif sur un tour du monde." Mais "les Dieux de la mer et du ciel furent complaisants : les alizés étaient vigoureux sans être trop puissants et la parabole presque parfaite… Jusqu’à Florès." Il faut ensuite "transpercer un front chaud fort intrusif, puis contourner une déplaisante bulle calée devant la Bretagne."
Après 42 jours 16 heures 40 minutes et 35 secondes de mer, à une moyenne de 27,2 nœuds sur l'eau après 27 860 milles parcourus (22 nœuds sur la route optimale de 22 500 milles), François Gabart en termine avec 6 jours 10 heures 23 minutes et 53 secondes d'avance sur le précédent record établi par Thomas Coville. En explosant le record autour de la mer de plus de six jours, François Gabart et toute son équipe sont récompensés "d'une implication totale sur son projet de multicoque géant." Les images diffusées par le skipper tout au long de son périple pouvaient laisser croire à une "sortie d'entraînement," mais cet exploit est le fruit d'une "précision, préparation, motivation" hors pair, et d'un "lien fort avec le bateau" développé par le skipper en solitaire. Ce succès est une démonstration que son plan VPLP est "plus rapide que son prédécesseur" et que François Gabart a la capacité à tenir des moyennes "affoilantes" tout en conservant une "bonne marge de sécurité."
L'Évolution Post-Record et les Défis Techniques du MACIF
Le retour de François Gabart à Brest est triomphal. Le trimaran MACIF se présente dans le Goulet, l’entrée de la rade de Brest, où "le peuple des mers l’attendait déjà sur l’eau tandis qu’à terre, une foule immense s’était massée sur le quai Malbert." L'exploit est retentissant. De retour sur terre, le marin a "écrémé plateaux télé et sollicitations en tout genre pour raconter sa fabuleuse circumnavigation." Malgré la joie de l'accomplissement, François Gabart a rapidement tourné la page. "Par rapport au record, tout me paraît hyper loin. Une fois que c'est fini, c'est terminé," a-t-il déclaré, soulignant la nature éphémère de la gloire en course au large. Le corps encore marqué par la "rudesse physique de l'exploit," Gabart se projette déjà. "On a déjà un nouveau chapitre à préparer, tout aussi passionnant que celui qui vient de se clore."
Lire aussi: Le renouveau du Trimaran MACIF et son futur avec Louis Burton
Ce "nouveau chapitre" commence par des modifications importantes. Le multicoque MACIF est mis en chantier pour de "grandes modifications, notamment concernant les foils, ces fameux appendices qui permettent au bateau de +voler+." L'objectif est clair : "une vraie confrontation entre plusieurs de ces géants des mers nouvelle génération que sont les Ultim (32 m de longueur maximale) avant une course autour du monde inédite fin 2019." Après sa mise à l'eau le 18 août à Lorient, les tests statiques le 20, la première sortie en mer, sous voile, a lieu le 22 août, sans les foils, devant Lorient. Début octobre, le trimaran prend part à sa première course post-record, la Transat Jacques Vabre. Il la remporte avec 7 heures d'avance sur Sodebo Ultim', après avoir pris le contrôle dans la traversée du Pot au Noir. Les navigations sur le seul foil présent valident le concept.
Cependant, la saison 2018 apporte son lot de défis. Lors de la Route du Rhum, après un départ où Macif est le premier sur la ligne, il se fait passer par Gitana 17 avant Fréhel et le repasse peu de temps après le passage de la porte à Fréhel. Malgré une "course magnifique en tête dès le deuxième jour," François Gabart doit faire face à de graves avaries. "Ce qu'on ne sait pas encore, c'est que Macif est lourdement handicapé, plus de foil tribord et de safran bâbord depuis le 2ème jour de course." Sous la Soufrière, Macif reste "scotché 1 h 15" et IDEC Sport revient à 1 mille. Il reprend l'avantage dans le canal des Saintes, avant de se faire repasser par Francis Joyon 5 milles avant la ligne à Pointe à Pitre. Devant l'ampleur des problèmes, il est décidé que le trimaran rentrera par cargo. Cette course révèle les vulnérabilités de ces machines ultra-performantes et les conséquences des chocs avec des OFNI (Objets Flottants Non Identifiés) ou des erreurs de navigation.
Un nouveau chantier d'optimisation majeur est entrepris. Le 22 mai 2019, le trimaran est remis à l'eau. Des modifications significatives ont été apportées : "à l'intérieur le moteur a été déplacé pour modifier le centre de gravité, les systèmes de foils et safrans ont été revus, la coque centrale a été découpée à l'arrière façon Sodebo Ultim ici aussi pour plus de stabilité en vol." Ces évolutions techniques témoignent de la course à l'armement et à la performance qui caractérise la classe Ultim. Le 3 août, Macif prend le départ de la Rolex Fastnet Race et, après avoir été en tête une bonne partie de la course, se fait passer par Gitana 17 sur la ligne d'arrivée, terminant à la deuxième place à seulement 58 secondes. En février, François Gabart et la Macif annoncent que Pascal Bidégorry sera le skipper du trimaran pour The Transat CIC, François Gabart ayant besoin de "récupérer." Remis à l'eau début mars, les entraînements de Pascal Bidégorry sont à peine entamés quand le Covid-19 entraîne l'annulation de The Transat CIC et de toutes les compétitions sportives.
Le Changement de Main : De MACIF à Actual Leader, puis à Louis Burton
Un "coup de tonnerre" intervient en juin : alors qu'un nouveau trimaran est en construction et que Mer Concept, l'entreprise de François Gabart, emménage dans sa nouvelle base à Concarneau, la Macif, profitant d'un contrat non signé pour le sponsoring du futur trimaran, annonce la "fin du programme ultime." Les raisons ne sont ni "économiques," ni "liées au Covid19," ni "aux résultats," laissant le monde de la voile spéculer sur cette décision soudaine. Le 21 juillet, le trimaran, avec François Gabart et son équipe, effectue une "longue sortie au large des côtes Bretonnes," avec des "pointes à près de 40 nœuds," comme un dernier baroud d'honneur. Pas moins de "5 propositions d'achat auraient été faites," incluant potentiellement Pascal Bidégorry, une équipe étrangère et Marc Thiercelin.
Le 24 août 2019, Actual Leader et Yves Le Blévec annoncent avoir racheté le trimaran MACIF. C'est le début d'une nouvelle ère pour le bateau, rebaptisé Actual Ultim' 3. Le 13 avril 2021, après quatre mois de chantier, le trimaran est remis à l'eau sous ses nouvelles couleurs à Lorient, marquant sa renaissance. Le 28 avril 2021, François Gabart est même à bord lors d'une nouvelle sortie d'entraînement. Cependant, un incident survient début juin : sur une "mauvaise chute sur le pont du trimaran," Yves Le Blévec se retrouve plâtré pour 6 semaines. Malgré cela, Yves Le Blévec remonte à bord pour la Rolex Fastnet Race et Actual Ultim' 3 prend la deuxième place.
Le 13 avril 2022, Actual Ultim' 3 est remis à l'eau à Lorient sur l'anneau. Le 27 avril, les foils sont mis en place à La Trinité-sur-Mer. Le 5 mai, la première sortie en baie de Quiberon enregistre des "pointes à 30 nœuds." Le 28 mai, le trimaran s'impose sur l'ArMen Race devant Sodebo Ultim 3 et IDEC Sport. Le 1er juillet, il prend le départ de la Finistère Atlantique Challenge Action Enfance. Après de bonnes premières heures, il est "très vite distancé" et heurte un OFNI, la dérive "perd son aile de raie." Le 15 septembre 2022, un entraînement en commun est effectué avec SVR Lazartigue au large de Groix et des Glénan. Le 9 novembre 2022, le trimaran prend le départ de la Route du Rhum. Il termine à la 5ème place, "sans pouvoir rivaliser avec les leaders de la course," une performance qui soulève des questions sur l'objectif et la compétitivité face aux machines plus récentes. Le 30 novembre, Actual Ultim' 3 termine son convoyage à La Trinité-sur-Mer avec IDEC Sport.
Le 13 janvier 2023, Yves Le Blévec annonce, en accord avec son sponsor, qu'il passe la main à Anthony Marchand. Des travaux sont menés sur le bateau. Le 10 juin, "l'ensemble des systèmes de foils sur les deux flotteurs semblent avoir été démontés." Des sorties sont effectuées, notamment au large de Belle-Île avec SVR Lazartigue le 5 juillet. Fin août, le trimaran n'a "toujours pas ses nouveaux foils." Un foil est installé sur tribord, mais "semble être la V2 du trimaran." Le 7 septembre, une "confirmation" arrive : un problème dans le processus des nouveaux foils est à l'origine de la livraison retardée. De plus, lors d'une sortie cet été, le trimaran aurait "endommagé sa dérive centrale." Le 25 septembre, Actual Ultim' 3 retrouve son deuxième foil, qui "ressemble aux nouveaux." Le 29 septembre 2023, il participe au 24H Ultim, avec "un nouveau foil et un ancien foil." Le démontage de l'ancien foil tribord a lieu le 2 octobre, et le 4 octobre au matin, le deuxième nouveau foil est installé. Le 15 octobre, le trimaran quitte La Trinité pour Le Havre et le départ de la Transat Jacques Vabre. Le 29 octobre 2023, il prend le départ de la Transat Jacques Vabre, sans parcours côtier en raison des conditions météo. Le 26 novembre au matin, il arrive à Lorient skippé par Yves Le Blévec, une partie de l'équipe technique et JB et Arthur Le Vaillant. Le 6 décembre, il retrouve son mât et ses voiles à Lorient La Base, puis regagne La Trinité-sur-Mer la semaine suivante.
L'année 2024 débute avec un nouveau défi majeur : l'ARKEA Ultim' Challenge Brest. Le 7 janvier 2024, le trimaran prend le départ de cette course autour du monde. Le 23 janvier, alors qu'il vient de prendre la 4ème place, l'équipe signale une "collision sur le foil bâbord." Le foil n'est pas détruit, mais "s'épluche" petit à petit. Il s'agit du même foil déjà "très abîmé" sur la Transat Jacques Vabre et réparé peu avant le convoyage à Brest. Le 26 janvier, il arrive à Cape Town où une dizaine de personnes de l'équipe l'attendent pour des réparations. Les travaux incluent le retrait du foil, la vérification des connectiques, la réparation d'une écoute de J1, la réparation du système de barre et des vérins des pilotes automatiques. Le 13 mars, il quitte Brest et rejoint son port d'attache de La Trinité-sur-Mer pour un chantier à flot en vue de "préparer des sorties partenaires." Le 4 mai, il remporte le Tour de Belle-Île en 1 heure 38 minutes, sur un "petit parcours en raison des conditions météo." Le 25 septembre au matin, il rejoint le port de Concarneau pour la Finistère Atlantique. Le 28 septembre, il prend le départ de la course avec un bon début dans le "petit temps où il reste au contact des premiers," mais commence à se faire "distancer à partir du cap Finistère" et termine à la 5ème place. Le 9 octobre, il quitte Antibes pour St Tropez pour des "RP" (Relations Publiques) et est en route pour Lorient le 14 octobre. Le 1er janvier, il est à La Trinité, prêt à reprendre la mer.
Le 11 avril 2025, le trimaran est toujours à son ponton à La Trinité-sur-Mer et effectue des sorties régulièrement en baie de Quiberon. Le 29 mai, il participe à l'ArMen Race et termine à la 4ème place après s'être fait dépasser en baie de Quiberon par les deux MOD70. Le 2 juillet, le trimaran est à son ponton à La Trinité-sur-Mer. Le 31 juillet au matin, l'équipe déplace le trimaran au caisson à l'entrée du chenal de La Trinité-sur-Mer pour laisser la place au ponton au nouveau trimaran Actual Ultim' 4, marquant une nouvelle transition dans la flotte des Ultim. Le 8 août, il est convoyé de La Trinité à Lorient.
Le 24 octobre 2025, Louis Burton laisse entendre dans une interview qu'il pourrait se lancer en Ultim' pour la Route du Rhum 2026. L'annonce est officialisée le mardi 14 avril, avec la confirmation du rachat d'Actual Ultim' 3 par l'écurie de Louis Burton, avec Armand Thiery comme sponsor. Le 16 avril 2026, le trimaran, désormais sous une nouvelle bannière, figure dans la liste des six Ultim' inscrits à la Route du Rhum 2026. Le 27 mai, des "travaux de ponçage sur la carène de la coque centrale" sont observés, mais "aucune activité autour du trimaran et aucune déco de commencée," laissant planer un doute sur sa capacité à naviguer mi-juin comme annoncé. L'histoire du trimaran MACIF/Actual Ultim' 3/Armand Thiery continue de s'écrire, entre innovations techniques et rebondissements sportifs.