Louis Duc : L'Art de Naviguer avec Sens et Détermination

Que fait un marin lorsqu’il n’est pas en mer ? Il cherche à trouver le moyen d’y retourner. Cette quête incessante du large, du défi, de l'aventure est le moteur de nombreux skippers, mais pour le Normand Louis Duc, elle revêt une dimension bien particulière. Pour lui, il ne s'agit pas de monter un projet de course au large à tout prix. L'important est d’écrire et de partager une histoire qui ait du sens, de bâtir un programme fédérateur autour de ses valeurs profondes : l’authenticité, l’audace, la performance et le partage. Un an après avoir bouclé son premier Vendée Globe et à trois saisons du prochain, le marin de Carteret est en pleine construction d'un nouveau projet, toujours avec l'objectif d'être au départ du prochain Vendée Globe, à la barre d’un foiler, et surtout, d’un programme qui lui ressemble.

Une Philosophie Ancrée dans l'Authenticité et l'Audace

Louis Duc incarne une approche singulière de la voile de compétition. Loin des schémas traditionnels, son parcours est marqué par une détermination inébranlable et une persévérance résolue. Ses atouts résident dans son état d'esprit, qu'il résume en une phrase : « Pas de problème, que des solutions ! ». Ce credo, empreint de positivité, révèle une capacité à toujours trouver des issues, une qualité essentielle dans le monde exigeant de la course au large. Le Normand, véritable self-made-sailor, a toujours réussi à faire beaucoup avec peu, une preuve de son ingéniosité et de sa capacité à optimiser chaque ressource. Son crédo, profiter des petites choses, et son arme, la simplicité, ne signifient en aucun cas conformisme ou passivité. Tout au contraire, le skipper de Fives Groupe - Lantana Environnement marche léger à travers la vie et avance toujours dans un sens évolutif, cherchant constamment à s'améliorer et à innover.

Pour Louis, s'engager dans un programme qui ne serait pas porteur de valeurs fortes, ayant du sens pour lui, est impensable. Il sait que c’est de toute façon le seul moyen d’avoir l’énergie suffisante pour repartir sur un tel projet. Cette quête de sens est au cœur de son engagement. Il met un point d'honneur à remercier tous les partenaires qui l'ont accompagné, rendant ses campagnes possibles mais aussi permettant la diffusion de ses messages auprès d'un large public. C'est ce qui compte pour lui. Il a d'ailleurs été particulièrement touché par l’incroyable suivi des enfants des écoles pendant la course. Pouvoir transmettre aux plus jeunes des messages d’audace et de dépassement de soi, leur donner envie, est pour lui un élément précieux de son engagement.

Ce Normand n’est pas un adepte des sentiers battus. Audacieux, curieux et réfléchi, il ne conçoit pas sa vie de coureur au large sans défis technologiques et stratégiques. Au large, il est comme un poisson dans l’eau, un univers qu’il maîtrise parfaitement et qu’il adore faire découvrir, pour partager tous les plaisirs et les infinies subtilités de la navigation hauturière. Il aime naviguer dans des conditions un peu difficiles, quand « ça caille un peu, qu’on est au portant dans la braff et que la mer et le bateau fument dans tous les sens ». À terre, c’est un entrepreneur. Il a l’audace de ses idées et sait réunir une équipe soudée autour de lui pour mener à bien ses projets. Louis est notamment à l’origine de la conception du Lift40, un Class40 novateur qui a remporté la dernière Route du Rhum, démontrant ainsi sa capacité à concrétiser des visions audacieuses et techniquement abouties. Skipper professionnel depuis une quinzaine d’années, ce self-made-sailor a toujours réussi à faire beaucoup avec peu. Déterminé, autonome, authentique et talentueux, Louis sait parfaitement que tout vient à point à qui sait travailler et se former.

Le Vendée Globe 2024-2025 : Une Renaissance et un Pari Audacieux

Le Vendée Globe, pour Louis Duc, est bien plus qu'une simple course : c'est l'aboutissement d'un rêve de gamin, un objectif construit au fil des années. Il a découvert cette course en suivant Alain Gautier lors de l’édition 1992-1993 et surtout après, en 1996-1997. À seulement treize ans, il avait la lucidité pour bien comprendre ce qui se passait : les accidents, les histoires énormes, les images de mer et la gueule des mecs à leur arrivée. Pour lui, Le Vendée Globe est un des trucs les plus extrêmes qui existent, et c'est ce qui lui a vraiment donné envie d’y aller. Il s'est toujours dit : « il faut que je le fasse un jour. » C’est devenu un rêve puis, au fil des années, c’est devenu un objectif. Aujourd’hui, il y est parvenu. Pour être au départ, c’est un long parcours, un aboutissement de plein de choses. Il n'a pas gagné de courses, mais il a fait trois Route du Rhum, des Transats Anglaises, des Transat Jacques Vabre, accumulant ainsi de nombreux milles à son actif. Il considère qu'il possède une partie de l’expérience nécessaire pour y arriver et, surtout, pour prendre du plaisir sur ce type d’exercice. Pour lui, le Vendée Globe est une épreuve sur laquelle on peut s’engager à tous les moments de sa vie, mais plus on y arrive âgé, plus on prend du plaisir du fait qu’on a mis du temps à y arriver. Il sait cependant que tout peut arriver, qu’il y a plein d’histoires qui s’arrêtent dès la première nuit.

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La campagne de Louis Duc pour le Vendée Globe 2024-2025 s'est articulée autour d'un pari audacieux : celui de racheter et de reconstruire un bateau brûlé. En effet, c'est en 2021 que le skipper rejoint la flotte IMOCA après avoir acquis en 2020 l'ancien IMOCA de Clément Giraud, un bateau qui avait accidentellement pris feu au Havre à quelques jours du départ de la Transat Jacques Vabre en 2019. Ce projet de "renaissance" d'une épave, récupérée à l'état de ruine, a été porté jusqu’au Vendée Globe, et ce même bateau devrait d'ailleurs repartir sur le prochain, réalisant ainsi son 5e tour du monde. Louis Duc et son équipe ont réussi à écrire et partager une très belle histoire entre 2020 et 2025, montrant que l’on pouvait faire partie des bateaux les plus compétitifs de leur catégorie malgré une petite équipe et l’un des plus petits budgets de la flotte. C'est une fierté pour le skipper, particulièrement reconnaissant envers tous les partenaires et les prêteurs qui ont cru en eux.

Le projet de cet IMOCA l'a passionné parce qu’il est parti d’une épave que son équipe a reconstruite. Il a fallu chercher puis trouver des solutions, ce qui a été compliqué en matière de budget, mais ils ont vraiment fait l’inimaginable. Le fait d’avoir tout repris à zéro et d’avoir tout sorti du bateau à un moment donné leur a permis de repartir presque d’une page blanche. Bien sûr, Louis n’a pas tout fait tout seul. Beaucoup de monde a travaillé sur le bateau, mais il a été là à toutes les étapes. Ils ont beaucoup modifié le bateau pendant les trois premières années pour arriver à la plateforme qu’ils rêvaient d’avoir avec leurs moyens. Le bateau est resté à dérives, mais ils ont voulu le rendre le plus performant possible. Ils sont arrivés exactement à ce qu’ils voulaient : un bateau avec beaucoup plus de quête, avec un gain de 500 kilos. Ils ont également passé le bateau à la jauge de 2016 et changé beaucoup de choses, même si certaines peuvent paraître anodines. Ils ont aussi fait beaucoup évoluer le plan de voilure, et cela a payé. Lors de The Transat CIC, ils ont constaté que le bateau était plus rapide que leurs voisins à dérives sur certaines allures, pas tout le temps, mais sur celles où ils voulaient aller vite. La dernière année de préparation, ils ont terminé la configuration avec les voiles neuves puis se sont concentrés sur la fiabilité, démontant toutes les pièces une par une pour tout vérifier.

Le skipper a terminé 26e du Vendée Globe à bord de Fives Group-Lantana Environnement, après un tour du monde qui aura duré 90 jours, 8 minutes et 48 secondes. Après 91 jours en mer, Louis Duc est de retour aux Sables-d’Olonne. Parmi les quinze skippers débutants de cette édition 2024-2025, Louis s'est démarqué par sa détermination et sa bonne humeur. La course a été jalonnée de moments clés : la première phase a été une descente très stratégique de l’Atlantique, où Louis a rejoint Jean Le Cam en pole position des IMOCA à dérives. La deuxième phase a été marquée par la plongée vers le sud, au cœur des dépressions australes. Au cap Leeuwen, Jean Le Cam mis à part, il a retrouvé la tête de flotte des Imoca à dérives. La troisième phase, dans l’océan Pacifique, s'est avérée "trop pacifique", avec très peu de vent. Ayant déchiré des voiles de petit temps en début de course, Louis n’a pu lutter à armes égales. Au Cap Horn, il a cependant réussi à revenir sur la tête de flotte des bateaux à dérives, un moment qualifié de magique. La quatrième phase a consisté en la remontée de l’Atlantique. Louis n’avait plus que la moitié de ses voiles, et ses camarades de tête de course s’envolaient. Il redoute par-dessus tout de ne pas arriver au bout, d'abandonner à cause d’une « connerie à côté de laquelle on serait passé ». Mais il rêve clairement d’aller naviguer pendant deux mois et demi, trois mois, un défi qui le passionne depuis toujours. Il a hâte de découvrir les mers du Sud.

L'Horizon 2028 : Continuer à Écrire des Histoires Significatives

L’objectif du skipper Normand est donc clair : être au départ du prochain Vendée Globe, à la barre d’un foiler. Cela implique de construire une nouvelle histoire, forte, fédératrice et fondée, bien sûr, sur les valeurs d’authenticité, d’audace, de sobriété et de performance qui ont toujours forgé son parcours. Des idées sont en train de mûrir pour cette nouvelle campagne. Il y a notamment un intéressant programme scientifique, dont des détails devraient être partagés bientôt. Un autre projet pourrait voir le jour avec une association en charge de jeunes et du sport, illustrant son désir constant de partager et de transmettre. Pour Louis, tout est à construire, et c’est « génial ! ».

Plusieurs partenaires qui l'ont soutenu sont très motivés pour embarquer dans une nouvelle campagne, qui se veut aussi sportive que technique et humaine. Il faudra en fédérer d’autres, mais Louis Duc sait que chaque chose vient en son temps. Fort de son expérience, il continuera à appliquer sa philosophie de faire beaucoup avec peu, une marque de fabrique qui a toujours caractérisé ses projets. La perspective de nouveaux défis technologiques et stratégiques est pour lui une source de motivation inépuisable, essentielle à sa vie de coureur au large. L'attente et ces derniers jours à terre peuvent être un peu durs pour lui, car il a du mal à vivre les départs de course d’une manière générale, mais l’envie d’y aller est là, et il a vraiment hâte de découvrir tout ce qui l’attend sur ce prochain tour du monde.

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