Blair Connor : L'Ailier-Surfeur, une Légende Franco-Australienne en Terre Bordelaise

L'histoire de Blair Connor est celle d'une rencontre entre les vagues de l'Atlantique et l'ovale du Top 14, un parcours atypique qui a vu un jeune Australien poser ses crampons et sa planche de surf sur le sol français pour y écrire une partie marquante de l'histoire du rugby. Cette fusion de passions et d'identités a forgé le profil d'un joueur emblématique de l'Union Bordeaux Bègles, dont l'engagement sur le terrain et la philosophie de vie ont résonné bien au-delà des pelouses.

L'Ancrage Girondin et l'Appel de la Citoyenneté Française

L'arrivée de Blair Connor en Gironde est digne d'une anecdote fondatrice. La légende dit qu'il est arrivé à l'été 2010, avec comme seuls bagages son passeport, des tongs, une housse avec une planche de surf où, prévoyant, il avait glissé quelques shorts et tee-shirts ainsi qu'une brosse à dent. Cette simplicité dans l'installation préfigurait une intégration profonde et sincère. Quatre ans plus tard, à l'âge de 26 ans, Blair Connor n'avait pas vraiment changé. Sa planche n'était jamais très loin et sa cool attitude demeurait par tous les temps, témoignant d'une personnalité en adéquation avec son environnement choisi. Le natif de Brisbane baragouinait alors un français très honnête, une compétence indispensable pour envisager de devenir Français. Il avait entrepris les démarches en ce sens et devait passer des tests prochainement.

Son désir d'acquérir la nationalité française n'était pas motivé par l'opportunisme, mais par un sentiment d'appartenance fort. "C'est mon pays maintenant", plaidait-il, expliquant qu'il soutenait "les Bleus lors du dernier match contre l'Australie". Pour lui, ce soutien allait de pair avec une certaine fierté et une analyse du niveau de jeu : "Si l'équipe nationale gagne, cela veut dire que le niveau du Top 14 est meilleur que le Super XV et que je ne me suis pas trompé en venant ici." Il était important pour lui de dissiper toute ambiguïté quant à ses motivations, précisant qu'il ne s'agissait nullement d'une opportunité liée au fait qu'il figurait dans la liste des 74 joueurs suivis par l'encadrement du XV de France. Avec une lucidité frappante, il avouait : "J'ai vu d'un bon œil l'arrivée de Spedding, Atonio ou Kockott chez les Bleus mais pour moi, je pense que c'est fini, ce sera très compliqué." Il évoquait notamment l'obstacle que représenteraient les Jeux Olympiques à Rio en 2016, expliquant qu'il faudrait pour cela abandonner le rugby à XV pendant quelques mois, ce qui n'était pas possible. Pour Blair Connor, sa priorité restait indubitablement l'UBB, le club qui l'avait accueilli et qu'il avait contribué à faire grandir.

L'Écho des Vagues : Quand le Surf Façonne le Joueur et la Tactique

L'identité de Blair Connor est intrinsèquement liée à sa passion pour le surf, une discipline qui a influencé ses choix de vie et même sa compréhension du rugby. Le surf a été "l'une des nombreuses raisons pour lesquelles j'ai choisi Bordeaux", confiait-il. Avant d'arriver, il n'avait "jamais entendu parler de Bordeaux". Des recherches sur Google lui avaient révélé une ville "pas sommeil, qu'elle était au contraire très vivante et plaisante", mais la proximité de spots de surf a certainement fait pencher la balance. Pour lui, le surf était bien plus qu'un simple loisir ; c'était un besoin fondamental pour s'évader, évacuer le stress et se relaxer. Cette quête de liberté et de connexion avec la nature est une constante dans sa vie.

Bien qu'il se décrivît comme un "surfeur d'été", adorant "le surf sous le soleil avec de l'eau chaude et l'ambiance estivale", la saison de rugby limitait sa pratique. "Durant la saison de rugby je n'ai pas vraiment le temps de surfer et puis il fait trop froid pour moi", expliquait-il avec humour. Pourtant, cette passion ne restait pas confinée à ses heures de détente. L'ancien ailier australien de l'UBB et surfeur émérite portait un regard forcément pertinent sur le concept de « surfing » sur lequel s'appuyait le jeu offensif de l'équipe bordelaise. Interrogé sur la définition de ce concept, il expliquait que le "surfing, c'est une façon de libérer les ailiers en attaque." Ce concept, qu'il avait déjà expérimenté avec Vincent Etcheto, entraîneur des arrières de Bordeaux entre 2009 et 2015, permettait aux ailiers comme lui ou Metuisela Talebula, ailier ou arrière fidjien de Bordeaux entre 2012 et 2018, d'être "libres d'aller chercher les ballons de l'autre côté", de ne pas être "fixés dans nos couloirs dans la stratégie de l'équipe". Il soulignait qu'avec des ailiers comme Penaud ou Bielle-Biarrey, la priorité était évidemment qu'ils touchent des ballons. Pour lui, le "surfing" résumait "la mentalité de ces joueurs : ils sont libres de faire comme ils veulent."

Lire aussi: Thème Surf Chambre Enfant

La comparaison entre le surf et le rugby allait plus loin, révélant une véritable philosophie. Il y a "beaucoup de façons de surfer. Tu peux surfer hyper agressif, tu peux surfer très calme, très naturel avec la vague", observait-il. Mais surtout, le surfeur est "un peu un artiste. Chaque vague, c'est comme une page blanche. Le surfeur met sa signature sur la vague." Appliqué au rugby, c'est comme dire au joueur : "Fais les choses à ta façon". C'est un moyen de libérer les joueurs talentueux, à l'image de Penaud ou Bielle-Biarrey. Si une structure et un plan de jeu étaient évidemment présents, les joueurs restaient "libres de sentir le moment, d'être comme des artistes, comme des surfeurs, dans cette structure". Ses ex-coéquipiers et les joueurs actuels de l'UBB partageaient-ils cette fibre de surfeur ? "Quand je jouais, on parlait pas mal de surf avec les joueurs, mais plus comme d'un loisir, on ne l'assimilait pas au rugby", se souvenait-il avec un sourire. Il confiait surfer beaucoup avec Yann Lesgourgues, demi de mêlée de Bordeaux depuis 2014, précisant qu'ils y allaient "presque chaque mercredi ensemble". Nans Ducuing, arrière de Bordeaux depuis 2015, faisait aussi "un peu de surf". Leur spot privilégié était Lacanau. Il n'avait pas encore vu les autres joueurs actuels y surfer, mais supposait qu'ils surfaient "ailleurs". Cette imbrication entre sa passion et son métier illustre la personnalité unique de Blair Connor.

Son admiration pour Adam Ashley-Cooper, un compatriote aux contacts très avancés avec Bordeaux, venait renforcer cette connexion australienne. Ses yeux brillaient quand on évoquait le nom d'Adam Ashley-Cooper, dont il avait apprécié la performance face aux Bleus. Bien qu'il n'ait jamais parlé avec lui, une de ses amies le connaissait bien. Pour Connor, l'arrivée d'un joueur ayant joué 103 matches pour l'Australie serait "énorme". Il mettait en perspective cette statistique en rappelant que dans l'équipe de l'UBB, le maximum de tests matchs était celui de Jean-Baptiste Poux, qui en avait 42. "Alors 100 matches pour l'Australie, en terme d'expérience…", laissait-il entendre. Il était convaincu que si Ashley-Cooper venait à l'UBB, "tactiquement son jeu serait parfait avec notre style", et espérait "vraiment que cela allait se faire". À la question de savoir s'il craignait de lui prendre son poste d'ailier, il répondait en riant qu'Ashley-Cooper "n'est pas qu'ailier, il peut aussi jouer arrière ou deuxième centre". Ce serait "parfait pour le club qui continuerait ainsi de progresser", et lui, trouverait peut-être "un nouveau compagnon de jeu sur les vagues océanes, dans son besoin de surfer pour s'évader, évacuer le stress, me relaxer".

Le Cœur de Lion de l'UBB : Engagement et Détermination sur le Terrain

Blair Connor s'est imposé comme une figure emblématique de l'Union Bordeaux Bègles grâce à son engagement indéfectible et à une détermination sans faille sur le terrain. Lui, en tout cas, se livrait "corps et âme", comme il le faisait à chaque fois qu'il était sur la feuille de match. Durant une saison donnée, il avait été présent sur 11 matchs sur 11, et titulaire à dix reprises, preuve de son importance et de sa régularité. Malgré son physique jugé atypique dans le rugby d'aujourd'hui (1,83 m, 82 kg), son don de soi dans les prises d'intervalles ou ses courses chaloupées souvent stoppées par des bouchons ou des plaquages à deux, Connor semblait indestructible. Avec 106 matches et 20 essais depuis 2010, il affichait une longévité remarquable pour un joueur de son gabarit et de son style de jeu. "Je touche du bois", résumait-il en se touchant la tête, conscient des risques du métier. Il observait que, "quand on voit les blessures au genou qu'il y a sur des mauvais plaquages, la férocité dans les rucks, la blessure peut arriver à tout le monde." Il estimait avoir de la chance sur un terrain mais reconnaissait que "la bonne préparation en début de saison et la musculation m'aident beaucoup." Un suivi médical de qualité était également un atout précieux : "On a la chance d'être bien suivi à Bordeaux."

L'équipe de l'UBB, avec des joueurs comme Blair Connor, avait pour objectif affiché d'atteindre le Top 6, mais devait rapidement retrouver ses esprits après des revers. Une défaite 21-20 contre Toulouse avait "plombé l'ambiance" et "brisé une belle série à Chaban". Cette défaite était "très dur à oublier", coupait Connor, "surtout par rapport au scénario car même si on a été moyens, on peut gagner à la dernière minute." L'impact psychologique fut tel que l'équipe n'avait "pas passé de bonnes vacances car c'est toujours dans nos têtes." Les joueurs auraient aimé "rejouer tout de suite pour passer à autre chose mais là c'est resté pendant trois semaines", ce qui n'était "pas évident pour préparer le déplacement à Oyonnax, pas la terre d'accueil idéale". Pour rester dans le Top 6, il était impératif "d'arrêter de prendre 30 points à chaque fois à l'extérieur et se poser des questions sur notre façon de jouer." Il insistait sur la nécessité d'avoir "un état d'esprit différent de celui de Chaban, mettre beaucoup plus d'agressivité".

Les saisons n'étaient pas toujours linéaires, et après avoir été, avec Ole Avei, l'une des "révélations du Top 14" lors d'une saison précédente, réussissant "de très beaux mouvements" (dix essais à eux deux), une autre saison s'avérait "un peu plus dur" pour eux comme pour l'équipe. La saison précédente, l'Union avait gagné le respect de toutes les équipes du Top 14. "Nos adversaires savaient que quand ils venaient à Bordeaux, ça allait être un match difficile et ils devaient jouer de leur mieux", rappelait Connor. Les défaites concédées dans les 5 dernières minutes contre Grenoble, Toulouse et Castres étaient "très frustrant" pour l'équipe. Le nouveau défi pour Ole et lui était de "faire évoluer notre jeu et d'y ajouter de nouvelles dimensions". Il citait Vincent Clerc comme un "parfait exemple", le décrivant comme "le meilleur depuis près de 10 années en testant et en créant de nouvelles combinaisons avec ses coéquipiers." Ole et lui-même étaient conscients que "les équipes adverses nous regardent de très près", mais ils étaient "heureux de la façon dont nous jouons, car si les défenses se concentrent sur nous, elles ouvrent des espaces pour les autres joueurs." La situation restait tendue, et il leur fallait "au moins une autre victoire à l'extérieure, et quatre ou cinq victoires à domicile plus les bonus." Toute l'équipe était "bien sûr tous concentrés sur le match de samedi prochain contre Biarritz." Calculer points et classement avec 15 matchs restant à disputer était jugé ridicule. L'objectif était de "jouer 80 minutes complètes", car jusqu'ici, "sur presque tous nos matchs nous avons joué un bon rugby, mais nous avons perdu dans les 5 dernières minutes." La défense devait être "parfaite" contre Biarritz, qui comptait "quelques joueurs de classe mondiale".

Lire aussi: Pokémon Surfeur : Valeur et rareté

Lire aussi: T-shirts de surfeur pour hommes : guide

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *