Originaire de Chaumont, près de Saint-Claude, le sportif de haut niveau Jérémy Nicollin est aujourd'hui une véritable star dans l'univers du cliff jumping. Les sauts périlleux de Jérémy Nicollin, le cliff jumper jurassien, font des millions de vues sur les réseaux sociaux. Le Français Jérémy Nicollin a fait de sa vie un perpétuel vertige. L'athlète de 34 ans, qui détient actuellement le record de France de "cliff jumping" avec un saut de 47 mètres de hauteur, veut s'attaquer au record du monde. Depuis deux ans, le Jurassien s'est lancé à temps plein dans sa passion : le cliff jumping. Depuis des falaises, rochers, montgolfières ou mâts de bateaux, il se jette dans l'eau à des hauteurs folles et partage son quotidien avec ses centaines de milliers d'abonnés.
Les racines jurassiennes et l’éveil d’une passion
Les premiers sauts dans l’eau dont il se souvienne, c’était quand il avait deux ou trois ans, dans la piscine du Martinet à Saint-Claude. « Je me souviens que j’adorais déjà toutes les sensations quand je sautais des épaules de mon père », raconte Jérémy Nicollin, du haut de ses trente-quatre ans. « Je sautais de 10 mètres de haut à huit ans ! ». Et puis peu à peu, il commence à sauter depuis les cascades, notamment dans le canyon du Grosdard, près de Saint-Claude : « j’allais où mon père allait, j’avais confiance ».
Avec un père instituteur, responsable du club d’athlétisme de Saint-Claude, le jeune homme est en fait déjà habité par l’esprit de compétition. Il fréquente le pôle basket à Besançon, partage une année avec les cadets France à Bourg-en-Bresse, avant un retour à seize ans à la cité scolaire du Pré Saint-Sauveur de Saint-Claude, où il reprend l’athlétisme qu’il avait laissé de côté. « J’ai passé quatre ans à Dijon, huit ans à Strasbourg où j’ai suivi des études de marketing gestion du sport en complément », précise-t-il. C’est avec le lancer du javelot qu’il se fait remarquer jusqu’à devenir cinq fois champion de France. Il a aussi remporté la médaille d’argent à la coupe d’Europe des lancers en 2016, avec un jet de 76,77 mètres.
La transition vers le grand saut
À l’âge de trente ans, le corps de Jérémy Nicollin ne répond plus avec des blessures qui s’enchaînent : dos, ménisques, ligaments croisés. Alors qu’il vise les Jeux olympiques et autres championnats du monde, le constat est amer. Alors que je prenais de moins en moins de plaisir, j’ai décroché un travail de chef de produit pour une collection de lunettes de sport à Lyon. « Je n’avais plus d’athlète, je n’avais plus de sacrifices à faire. Je pouvais de nouveau être à 100% et repousser mes limites ». En 2021, j’ai commencé à poster des vidéos sur les réseaux sociaux. « En 2022, j’ai pris 100 000 abonnés sur Instagram, alors que quand j’ai arrêté l’athlé, j’en avais 3 000. »
En 2023, à 33 ans, il décide donc de quitter son travail pour se consacrer exclusivement au cliff. Un pari réussi : depuis plus d'un an, il parcourt le monde avec une bande d'amis. Le Jura demeure malgré tout son camp de base, son point de ralliement. « Au volant de sa Tesla, il reste à l’affût de tous les meilleurs spots du territoire pour faire ses sauts impressionnants : le canyon du Grosdard, la cascade de la Queue de Cheval, la cascade de la Pelle au lac de Vouglans, etc. ».
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La science de l’impact : préparation et biomécanique
« Le cliff jumping n’est pas un jeu », insiste le jeune athlète. Il place la sécurité et la préparation professionnelle au cœur de son projet. Derrière l’exploit, ce sont des mois de travail technique, d’analyses biomécaniques et de protocoles de sécurité rigoureux qui vont rendre possible ce saut extrême. L'athlète explique : « Je m’entraînais deux fois par jour pendant dix ans avec beaucoup de musculation. J’ai développé une force, une puissance, un gainage qui m’aide pour les impacts ».
Avant de sauter d’une falaise, il faut évaluer la profondeur de l’eau, à l’arrivée, préparer la réception. « Pour sauter, il faut s’équilibrer en l’air, ce sont des mouvements avec les bras et les jambes, il faut arriver droit dans l’eau. Il faut être ultra concentré et ultra précis. À chaque saut, si je saute mal, je peux mourir, ou rester paralysé ».
L’importance de l’analyse du terrain est capitale. « Avec six mètres de fond dans l’eau, tu peux sauter de n’importe quelle hauteur ». Il faut toujours regarder le fond avant de sauter, pour être sûr qu’il y a assez de profondeur. Si c’est un spot où le fond peut bouger, il faut bien vérifier en amont de chaque nouvelle session. « On mesure bien la hauteur de l’endroit d’où on veut sauter. On regarde comment est le point d’impulsion, s’il est glissant ou pas, s’il y a du gap, une distance à passer pour arriver dans l’eau ».
Le record et la quête de l’impossible
Le Jurassien détient actuellement le record tricolore, avec un saut de 47 mètres de hauteur, réalisé à la Cascade du Chaudron, sur l'île de la Réunion, en 2024. La vitesse de chute libre était de 110 km/h. Un saut de 47 mètres de haut avec une vitesse d’impact de 109 km/h. C’est le plus haut saut réalisé en 2024, toutes disciplines confondues.
Mais le Français ne compte pas s'arrêter là et espère même battre prochainement le record mondial, détenu par le Brésilo-Suisse Laso Schaller (58,80 m), avec un saut de 60 mètres de haut. « Je sais pertinemment que je ne pourrai pas sauter de cette façon toute ma vie. Il y a forcément un moment où sauter à 30 mètres de haut, mon corps ne sera plus capable d’encaisser les chocs à l’impact ».
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En septembre, il veut faire un saut de 60 mètres, quelque part en France - le lieu reste tenu secret pour le moment. Une performance qui nécessite une progression par paliers. « Avant de monter à 60, il va d’abord falloir valider 50 mètres, puis 53 et 57. Sinon, il y aura une différence trop importante de vitesse ».
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