Jérémy Florès, figure emblématique du surf français, incarne à lui seul la passion, la détermination et l'excellence. De ses débuts précoces sur les vagues réunionnaises à ses titres mondiaux, son parcours est une source d'inspiration pour les jeunes générations. Cet article explore les différentes facettes de sa carrière, ses influences, ses succès et son rôle actuel en tant que manager de l'équipe de France.
Un talent précoce révélé sur les vagues
Né à La Réunion, Jérémy Florès découvre le surf dès l'âge de 3 ans grâce à son père. Son enfance, partagée entre La Réunion, Madagascar et l'Australie, lui permet de développer un style unique et de se frotter aux meilleurs surfeurs de sa génération. Rapidement repéré pour son potentiel exceptionnel, il s'installe en Australie où il participe à de nombreuses compétitions professionnelles. Il devient rapidement la mascotte de stars telles que Tom Carroll et Kelly Slater.
Il est l'un des premiers jeunes à surfer sur des planches à sa taille (5 pieds) et à se créer un style propre. Champion de France, d'Europe, il remporte à 17 ans le circuit WQS et se qualifie pour le world tour en 2007. En 2009, il remporte le titre de champion du monde ISA avec l'équipe de France qu'il fréquente depuis tout jeune.
L'ascension vers les sommets
Le talent de Jérémy Florès explose au grand jour lorsqu'il intègre le circuit professionnel. Il enchaîne les performances remarquables et se hisse parmi les meilleurs mondiaux. En 2010, il remporte le Pipeline Masters à Hawaii, la compétition la plus prestigieuse au monde. Cinq ans plus tard, il signe son second succès sur le CT en s'imposant à Teahupoo (Tahiti), la vague la plus impressionnante du tour mondial. A l'issue de la saison 2015, il termine à la 8e place du Championship Tour, le meilleur classement de sa carrière.
Malgré des moments difficiles, il ne baisse jamais les bras et continue de progresser. Capitaine des Bleus, il soulève le trophée de champion du monde des nations le 28 mai 2017. Avec ses coéquipiers, il remporte également le titre mondial du relais après avoir terminé 7e en individuel. Au terme d'une saison une nouvelle fois compliquée, il arrive à Hawaii en décembre avec l'objectif de se maintenir à l'issue de la dernière étape du tour. Sur un nuage, il va jusqu'au bout, élimine Gabriel Medina en quarts, bat John John Florence en finale au buzzer et s'offre un second titre à Pipeline !
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En 2019, il entre encore plus dans l'histoire en devenant le premier surfeur français à gagner à Hossegor en octobre 2019. Il s'agit de son quatrième succès en 13 saisons sur le tour mondial. « Le plus beau de tous » selon lui. Fin octobre, il obtient sa qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo-2020 en atteignant le 3e tour du Rip Curl Pro du Portugal.
Un style unique et une approche novatrice
Jérémy Florès se distingue par son style puissant et engagé, ainsi que par sa capacité à innover. Il est l'un des premiers surfeurs à utiliser des planches plus courtes, adaptées à sa taille, ce qui lui permet de gagner en maniabilité et en explosivité. Son approche novatrice du surf lui vaut l'admiration de ses pairs et contribue à moderniser la discipline.
L'importance du mentorat et de la transmission
Tout au long de sa carrière, Jérémy Florès a bénéficié du soutien de mentors qui ont cru en son potentiel. Parmi eux, Pierre Agnès, l'homme qui l'avait repéré et pris sous son aile dès l'âge de 9 ans, a joué un rôle déterminant dans son développement. Après sa disparition en mer, en janvier dernier, Jérémy lui a rendu hommage, le décrivant comme son « deuxième père ».
Conscient de l'importance de la transmission, Jérémy Florès s'investit aujourd'hui auprès des jeunes surfeurs. Il partage son expérience et ses connaissances afin de les aider à atteindre leurs objectifs.
Une reconversion réussie
Après avoir annoncé la fin de sa carrière professionnelle le 9 août 2021, Jérémy Florès se lance dans de nouveaux défis. En mai 2023, il accepte la proposition de la Fédération d'intégrer le staff technique comme consultant pour les Mondiaux de surf qualificatifs pour les JO 2024. Il accompagne l'équipe de France aux World Surfing Games à Surf City, au Salvador, où il participe à la médaille d'argent par équipes et à la qualification pour les Jeux de Vahiné Fierro et Kauli Vaast.
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Il devient manager terrain de l'équipe de France au début de la saison 2024 qu'il conduit aux World Surfing Games de Porto Rico, où Joan Duru décroche sa qualification pour les Jeux de Paris. Il coach Vahine Fierro durant le Tahiti Pro de mai 2024 que la Tahitienne remporte haut la main. Deux mois plus tard, il conduit l'équipe de France durant les Jeux Olympiques à Tahiti. Il participe au succès des athlètes français et notamment au titre de champion olympique de son protégé Kauli Vaast, qu'il coach sur toute la compétition à Teahupo'o.
L'année 2025 débute par le stage Héritage qu'il pilote à Tahiti avec des (très) jeunes surfeurs de la fédération Française et la Fédération Tahitienne. Autour de lui, Jérémy Florès a demandé à ses amis Joan Duru, Michel Bourez, Marc Lacomare de former une dream team de coachs, rejoints sur place par Tereva David.
Jérémy Florès et l'équipe de France : un engagement total
En tant que manager de l'équipe de France, Jérémy Florès met son expérience et sa passion au service des athlètes. Il les accompagne lors des compétitions, les conseille et les motive. Son objectif est de créer un esprit d'équipe fort et de les aider à donner le meilleur d'eux-mêmes.
Avant la 5e journée des championnats du monde à Porto Rico (23 février - 3 mars), Jérémy Florès, le manager terrain de l’équipe de France, a partagé une impression très positive sur les six surfeurs après les deux premiers tours : "On est la seule nation qui a encore tous ses athlètes en lice après les deux premiers tours. On sait aussi que la compétition va être longue et qu'il ne faut pas s'emballer. Mais c'était quand même quelque chose de positif. Et même de super positif." Il souligne également l'importance d'avoir du matériel adapté aux différentes conditions de vagues.
L'héritage d'un champion
Jérémy Florès est bien plus qu'un simple surfeur. Il est un modèle de persévérance, de courage et d'humilité. Son parcours exceptionnel a marqué l'histoire du surf français et continue d'inspirer les jeunes générations. Son engagement auprès de l'équipe de France témoigne de sa volonté de transmettre sa passion et de contribuer au développement de la discipline.
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Le 4 juin, le documentaire de Canal Plus "Dos au Mur" est présenté en avant-première au Grand Rex de Paris. Le film retrace sa vie, de ses débuts à aujourd'hui.
Dimensions d'une planche de surf adaptée
La taille d'une planche de surf est un élément crucial pour la performance et le plaisir du surfeur. Jérémy Florès, en tant que professionnel, utilise des planches adaptées à son gabarit et à son style de surf. Sa planche mesure à peine 5 pieds (1,52 mètre), ce qui lui permet d'effectuer des manœuvres radicales et d'exploiter pleinement le potentiel des vagues. Il est un des premiers jeunes à surfer sur des planches à sa taille (5 pieds) et se créé un propre style.
Pour un débutant, il est recommandé d'utiliser une planche plus grande, d'environ 6 ou 7 pieds (près de 2 mètres). « Plus la planche est grande, plus elle est stable. Et plus elle est stable, plus il est facile de se lever », explique Jérémy Florès.