L'insigne de nageur de combat, bien plus qu'un simple emblème, incarne l'histoire, les valeurs et les traditions des commandos marine français. Cet article explore l'évolution de cet insigne à travers les figures emblématiques qui ont marqué son histoire.
Figures Historiques des Nageurs de Combat
François Jaubert
Né le 16 janvier 1903 à Perpignan, François Jaubert entre à l'École Navale en octobre 1922. Sa carrière est jalonnée de diverses affectations :
- Il sert dans la marine, notamment sur le pétrolier Rance et à bord de l'aviso Lapérouse pour des missions hydrographiques en Indochine.
- En mai 1942, il est nommé commandant de la Marine à Djibouti.
- Après un congé d'armistice en mars 1943, il devient chef du laboratoire d'acoustique des ultra-sons du Centre de Recherche Scientifiques de Marseille.
- Promu lieutenant de vaisseau le 18 avril 1943, il est affecté aux transmissions de la flottille du lac de Constance (Allemagne) en avril 1946.
- Il prend le commandement de la 3e escadrille amphibie et participe aux opérations de dégagement de Nam Dinh, assiégée par les Vietnamiens depuis décembre 1946. Il remonte le fleuve Rouge lors de l'opération "Dédale" en janvier 1947. Durant cette opération, les bâtiments sont pris à partie et le vaisseau François est tué.
Le commando Jaubert, basé à Lorient et spécialisé dans l'assaut à la mer, est l'unité élémentaire la plus décorée de France. Il porte les fourragères de la Légion d'Honneur, de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre des TOE.
Augustin Hubert
Né le 5 mars 1918 à Nantes, Augustin Hubert s'engage dans l'armée en 1939. Après avoir servi dans les Chantiers de Jeunesse, il rejoint l'Angleterre en 1943 et se porte volontaire pour un commando. Il participe à l'opération Overlord et débarque le 6 juin 1944 sur la plage de Colleville-Montgomery. Il est mortellement atteint à Ouistreham et est fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume.
Le Commando d'Action Sous-Marine (CASM) Hubert, basé dans le port du Canier, est spécialisé dans l'action sous-marine.
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Charles Trépel
Né le 21 septembre 1908 à Odessa, Charles Trépel quitte la Russie pour l'Allemagne avant de s'installer en France. Mobilisé en 1939, il rejoint l'Angleterre en 1941 et s'engage dans les Forces Françaises Libres (FFL). Il suit un training commando en Écosse et devient le premier Français breveté Commando britannique. En 1943, il prend le commandement de la Troop 8. Il disparaît lors d'un raid sur la côte hollandaise en février 1944.
Le commando Trépel, basé à Lorient, est spécialisé dans l'assaut.
De Penfentenyo de Kervéréguin
Né le 28 octobre 1921 à Larcan, il est le fils du vice-amiral de Penfentenyo de Kervéréguin. Après diverses affectations, il est envoyé en Indochine en 1946 où il reçoit le commandement d'une section de LCVP (Landing Craft Vehicle & Personnel) à Saïgon. Il est mortellement blessé le 12 février 1946 lors d'une mission sur le Dong-Naï.
Louis de Montfort
Né le 13 septembre 1920 à Pouligny Saint-Pierre, Louis de Montfort entre à l'École Navale en 1939. Après diverses affectations, il rejoint la Brigade légère d'Extrême-Orient en 1945.
Le commando de Montfort, basé à Lorient, est spécialisé dans l'appui et la destruction à distance.
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Évolution de l'Insigne
Origines et Premiers Modèles
L'histoire de l'insigne des nageurs de combat est intimement liée à la création des unités de commandos marine pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, avec la nécessité de constituer une force de débarquement embarquée, la question de l'insigne distinctif s'est posée.
Au début, le port d'un insigne sur le béret n'était pas systématique. Cependant, l'influence des camarades britanniques et la nécessité d'affirmer l'identité de ces unités d'élite ont conduit à l'adoption d'un insigne de béret spécifique.
Le Premier Insigne du 1er BFMC
Le premier insigne du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos (BFMC) comportait l'inscription "1er BLLON F.M." et une croix de Lorraine dans le canton dextre du chef. Ce modèle initial a été fabriqué par la société ARTHUS BERTRAND.
Évolutions et Modifications Successives
Au fil des années, l'insigne a subi plusieurs modifications :
- L'inscription "COMMANDOS MARINE" a été ajoutée.
- Deux petites ancres ont été intégrées pour rappeler l'origine marine de l'unité.
- Le pistolet de mousquetaire a remplacé la croix de Lorraine.
- Des modèles plus petits et ajourés ont été créés par la maison BALME.
- La première modification officielle a eu lieu le 21 septembre 1990.
Ces évolutions témoignent de la volonté constante d'adapter l'insigne aux réalités opérationnelles et aux traditions de l'unité.
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Signification des Éléments de l'Insigne
Chaque élément de l'insigne a une signification particulière :
- L'ancre de marine : Symbolise l'appartenance à la Marine Nationale.
- La croix de Lorraine (initialement) : Représentait les Forces Françaises Libres.
- Le pistolet de mousquetaire : Évoque les "mousquetaires des vaisseaux du Roy", symboles de courage et d'audace.
- Le listel d'or : Ajoute une touche de prestige et de distinction.
Port de l'Insigne
Conditions de Port
Le port de l'insigne est strictement réglementé. Il est notamment autorisé :
- Sur le béret vert des commandos marine.
- Lors des cours de nageur de combat, que ce soit en tant qu'instructeur ou élève.
- À l'école des fusiliers marins.
L'annexe à la circulaire du 30 septembre 1993 précise les conditions de port de l'insigne.
Insignes Commémoratifs et Variantes
Il existe également des insignes commémoratifs et des variantes, souvent liés à des événements spécifiques ou à des unités particulières. Ces insignes témoignent de la richesse et de la diversité de l'histoire des commandos marine.
L'Insigne du 3ème RPIMa et les CRAP
L'insigne porté par les équipiers SOGH (Sections Opérationnelles de Gendarmerie Héliportées) à partir de 1981, lorsque les Chutops (Chuteurs Opérationnels) du régiment ont quitté la CEA (Compagnie d'Éclairage et d'Appui) caserne IÉNA et ont été transférés à la 11ème compagnie à la caserne LAPERRINE, est un exemple intéressant. Cet insigne, créé en 1981 par l’Adc Gérard Guy, nageur de combat, représente l’ancre de Marine dans laquelle est insérée la future aile destinée à remplacer les anciens parachutes du type 687, flanquée de la dague des commandos et des 5 étoiles bleues se rapportant au brevet Chutops.
L’insigne a été modifié l’année suivante, lorsque la dénomination des SOGH a changé pour prendre l’appellation de CRAP (Commandos de Recherche et d’Action dans la Profondeur) en 1982. Avec l’arrivée des Groupements de Commandos Parachutistes en 1999, l’insigne a encore changé de dénomination avec l’inscription GCP. L’insigne d’origine a été remplacé par celui représentant le commando Guillaume.