L'Insigne Nageur de Combat Hubert : Histoire et Héritage

Les commandos marine français, forces spéciales de la Marine nationale, incarnent un héritage de courage et d'excellence opérationnelle. Parmi ces unités d'élite, le commando Hubert se distingue par sa spécialisation dans l'action sous-marine et le contre-terrorisme maritime. Cet article explore l'histoire du commando Hubert, son rôle au sein des forces spéciales françaises, et l'héritage de l'officier dont il porte le nom, le lieutenant Augustin Hubert.

Les Origines des Commandos Marine

L'histoire des commandos marine remonte à la Seconde Guerre mondiale, lorsque des éléments des fusiliers marins français, regroupés au Royaume-Uni, furent formés sur le modèle des Royal Marines Commandos britanniques. Le 6 juin 1944, 177 commandos français, sous les ordres du capitaine de corvette Philippe Kieffer, participèrent au débarquement en Normandie, marquant le début de la libération de la France.

Après la guerre, en 1946, la Marine française créa une École de Fusiliers Marins Commandos à Sirocco, près d'Alger, avec les officiers et commandos restants du bataillon Kieffer. De juillet 1945 à décembre 1947, six commandos marine furent successivement mis sur pied, portant les noms d'officiers tombés au champ d'honneur : Trépel, François, De Montfort, Jaubert, De Penfentenyo et Hubert.

Le Commando Hubert : Spécialisation et Missions

Le commando Hubert, créé en décembre 1947, tire son nom du lieutenant Augustin Hubert, tué au combat le 6 juin 1944 à Riva Bella, lors du débarquement en Normandie. À partir de 1953, il devint une unité de nageurs de combat, prenant le nom de Commando d'Action Sous-Marine (CASM) Hubert. Il est la seule unité de nageurs de combat de la Marine nationale française.

Basé à Saint-Mandrier, dans le département du Var, le commando Hubert est spécialisé dans l'action sous-marine et le contre-terrorisme maritime. Ses missions comprennent :

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  • L'action sous-marine offensive et défensive.
  • Le contre-terrorisme maritime, notamment la libération d'otages sur des navires ou des plateformes pétrolières.
  • La reconnaissance de plages et de zones côtières en vue d'opérations amphibies.
  • La neutralisation de mines et d'engins explosifs sous-marins.
  • L'infiltration et l'exfiltration discrètes de personnel par voie maritime.

Organisation du Commando Hubert

Le commando Hubert est fort d'une centaine d'hommes, tous chuteurs opérationnels. Il est placé sous le commandement d'un capitaine de corvette et est articulé en deux compagnies :

  • La 1ère compagnie est opérationnelle et a pour vocation d'être déployée. Elle est composée d'une cinquantaine de nageurs et se divise en trois sections :

    • La section A, cellule de commandement et de contrôle, s'occupe du soutien opérationnel de la compagnie. Elle comprend également la cellule 3D et une équipe ISV (infiltration sous voile et sous oxygène).
    • La section B a pour mission le contre-terrorisme maritime (CTM). Elle constitue l'équivalent de l'Escouade de contre-terrorisme et de libération d'otages (ECTLO) de Lorient et offre le pendant naval du GIGN, avec qui elle travaille en étroite collaboration.
    • La section C se compose des équipages de PSM (propulseurs sous-marins) et d'équipes de maintenance. Elle a pour mission d'amener, à partir d'un bâtiment de surface ou d'un sous-marin, les équipes de nageurs de combat devant l'objectif. Elle est également en charge de la reconnaissance et de l'appui.
    • La section E se compose des équipages des ETRACOS/PHM et d'équipes de maintenances. Elle a pour mission d'amener, à partir d'un bâtiment de surface ou d'un ATT, les équipes de nageurs de combat en avant ou sur l'objectif.
  • La 2ème compagnie sert d'unité d'appui et travaille comme une base arrière. Composée d'une trentaine de personnes, elle est organisée en plusieurs subdivisions : transmissions, commissariat, entretien.

Le Lieutenant Augustin Hubert : Un Héros de la Libération

Augustin Hubert, né le 5 mars 1918 à Nantes, était issu d'une famille d'officiers de carrière. Son père, officier d'infanterie, avait été tué en combat aérien pendant la Première Guerre mondiale.

En 1939, alors qu'il préparait son entrée à Saint-Cyr, Augustin Hubert fut mobilisé dans le 5ème Régiment d'infanterie. Soucieux de servir la France, il s'engagea dans les Chantiers de jeunesse, puis rejoignit l'armée d'Afrique. En décembre 1943, il embarqua pour l'Angleterre et se porta volontaire pour un commando.

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Affecté à une "troop" de 60 hommes, il participa à l'exercice de répétition de l'opération Overlord en Écosse. Le 6 juin 1944, il débarqua sur la plage de Colleville-Montgomery. Alors qu'il progressait dans la ville de Ouistreham, il fut mortellement atteint à la tête par un tireur embusqué.

Le lieutenant Augustin Hubert a été cité à l'ordre de l'Armée de Mer et fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume. Son nom est à jamais associé au commando d'action sous-marine qui porte son nom, symbole de courage et d'engagement au service de la France.

Sélection et Formation

La sélection des commandos marine est particulièrement rigoureuse. Après une sélection interne par leurs commandants de compagnies de fusiliers marins, les candidats commencent une formation commando longue de 20 semaines. Celle-ci comprend une semaine de tests commandos, six semaines de stage préparatoire, quatre semaines d'évaluation commando, le stage commando de sept semaines et deux semaines de stage parachutiste à Pau. À l'issue, en moyenne 10 à 20 % des stagiaires reçoivent le brevet et le béret vert.

Le "stac" ou stage commando se déroule à Lorient, au sein de l'École des fusiliers marins. Les épreuves, tenues secrètes, préparent les fusiliers à leurs futures missions possibles au sein de l'un des six commandos de la marine.

Les commandos voulant postuler au commando d'action sous-marine Hubert de Toulon doivent, après une période d'ancienneté dans les unités commandos de Lorient, passer le brevet de nageur de combat à Saint-Mandrier, sur un tempo comparable à celui du cours commando élémentaire, en plus difficile et plus long (deux semaines de pré-sélection, sept mois de cours nageur).

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Uniforme et Insignes

L'origine britannique des commandos marine se remarque au port du béret vert couché à l'opposé des autres unités militaires françaises (à droite, insigne à gauche). Le brevet de commando est porté sur le béret, ainsi que la demi-lune "commando" écrite en rouge sur fond noir au niveau supérieur de la manche de l'uniforme.

Les membres et anciens membres du commando Hubert sont reconnaissables au badge de "nageur de combat" qu'ils portent à la poitrine de leur tenue de sortie. La plupart des commandos sont également reconnaissables à leur brevet parachutiste couplé à leur insigne de grade Marine nationale sur leur tenue camouflage "centre Europe".

Les Autres Commandos Marine

Outre le commando Hubert, la Marine nationale française compte cinq autres commandos marine, tous basés à Lorient :

  • Commando Jaubert : Spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime.
  • Commando Trépel : Également spécialisé dans l'assaut à la mer et le contre-terrorisme maritime.
  • Commando de Montfort : Spécialisé dans l'appui et la destruction à distance (sniping, mortiers, tirs anti-chars).
  • Commando de Penfentenyo : Spécialisé dans la reconnaissance et l'acquisition de renseignement opérationnel.
  • Commando Kieffer : Spécialisé dans les technologies de pointe (guerre électronique, drones, déminage, NRBC).

Équipements et Embarcations

Les commandos marine sont équipés de matériel de pointe pour mener à bien leurs missions. Ils utilisent notamment des embarcations rapides et discrètes pour l'infiltration et l'exfiltration, telles que :

  • L'Ecume NG : Une embarcation conçue par Zodiac Marine and Pool, d'une valeur d'environ un million d'euros l'unité.
  • Le Hurricane : Un canot semi-rigide de catégorie ETRACO (Embarcation Très Rapide pour Commandos), doté de moteurs puissants et d'équipements de navigation modernes.
  • Les Futura Mk II et Mk III : Des canots pneumatiques à gonflage rapide, utilisés pour l'infiltration discrète en milieu côtier, portuaire, lagunaire et fluvial.
  • Des kayaks démontables : Conditionnables en deux sacs, ils permettent à deux personnes de parcourir jusqu'à 20 kilomètres.

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