La discipline en immersion : une pratique exigeante
Palmes, masque, tuba et crosse à la main, les nageuses sombrent dans les profondeurs de la piscine et se ruent sur un palet au fond du bassin. Il s'agit de hockey subaquatique, un sport méconnu pour lequel les Françaises, championnes du monde en titre, partent à l'assaut d'une deuxième étoile. Cette discipline, qui demande une condition physique exceptionnelle, se joue à six contre six au fond d'une piscine. On est équipées de palmes, masque et tuba, d'une petite crosse et d'un gant pour se protéger. Les cages sont au fond de la piscine donc ça se pratique en apnée, on monte et on redescend. Il n'y a pas de gardien et il n'y a pas de répit ; à la fin, les joueuses sont HS, après deux mi-temps de quinze minutes ponctuées d'apnées courtes et dynamiques de 10 à 15 secondes.
C'est aussi un sport de contact, il ne faut pas avoir peur de prendre des coups. Les risques physiques sont réels : percement d'un tympan, coups de tête, ou impacts directs de palets. Pourtant, pour les athlètes, le hockey subaquatique est une vraie passion. Contrairement à la natation où l'on compte les carreaux en pratiquant un sport individuel, le hockey subaquatique offre le côté « sport collectif », le partage des défaites mais aussi des victoires. Ce qui anime les joueuses, c'est ce côté humain indissociable de la performance.
Engagement et logistique : le quotidien des "Redoutables"
Comme les autres membres de l'équipe, les joueuses ont toutes un métier à côté, le hockey en apnée étant un sport totalement amateur. Elles cumulent donc toutes entraînements réguliers, carrière professionnelle et vie de famille. L'organisation nécessite une discipline de fer : certaines s'entraînent soit le midi sur leur pause déjeuner, soit le soir quand elles couchent leurs enfants. Pour se rendre en Australie, les nageuses ont dû poser des jours de congés et auto-financer leur voyage, avec un coût oscillant entre 3000 et 4000 euros par joueuse pour le billet d'avion, le logement, la nourriture et l'inscription au tournoi.
À l'occasion de la compétition en Australie, elles se sont surnommées "les Redoutables", un clin d'œil gentiment provocateur à la crise des sous-marins australiens. Il faut assumer qu'on y va pour gagner et on fera tout pour le faire. L'aventure est une expérience humaine hyper forte qui commence bien avant la compétition avec tous les stages et qui est encore plus intense pendant la compétition. On vit hockey, on dort hockey, on mange hockey. Une des conséquences de leur réussite passée : pour la première fois de l'histoire des équipes de France, un sponsor s'est intéressé à leur aventure, en l'occurrence la société GLHD spécialisée dans le photovoltaïque.
Origines et évolutions historiques : de l'Angleterre à l'international
Le hockey subaquatique est né en août 1954, au « Southsea Sub-aqua Club », dans le Sud de l’Angleterre. C’est un dénommé Alan BLAKE qui l’a inventé pour pallier le manque de sport aquatique en période d’hiver. Le jeu se jouait avec des crosses de hockey sur glaces raccourcies à environ une trentaine de centimètres et tenues par une seule main, contrairement aux États-Unis qui, lors de la réinvention de la discipline dans la région de Chicago en 1960, privilégiaient une crosse tenue à deux mains. Le jeu créé par Bill NEIL reposait sur l’utilisation de crosses de hockey sur glace raccourcies, tenues à deux mains, contrairement au jeu anglais qui s’appuyait sur des crosses spécifiques, plus courtes, et tenues d’une seule main.
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Intéressés par un article décrivant cette nouvelle activité publié dans la revue américaine « Skindiver » en octobre 1961, des chasseurs sous-marins de Durban en mal d’entraînement hivernal ont commencé à jouer au hockey subaquatique en 1962. Deux ans plus tard, ils organisaient le premier Championnat national sud-africain dans la forme de jeu inventée par Bill NEIL. L’Australie pratique également le hockey subaquatique depuis le milieu des années soixante. La discipline a été importée en 1963/64 par des immigrants anglais, et s’est développée assez rapidement, principalement dans le Sud-Ouest du continent. Situés dans la zone d’influence sud-africaine, le Zimbabwe et la Namibie se sont mis au hockey subaquatique à la fin des années soixante-dix.
L'unification des règles et l'émergence de la technique
En France, c’est en 1967, à Montauban, que l’on a joué au hockey subaquatique pour la première fois. En 1973, Roger RENAULT a également démarré une activité hockey au sein du Club Sous-Marin du Nord. Le Lille Université Club a démarré peu après, pratiquant quelque temps sur la base du règlement sud-africain, avant de revenir à la crosse « courte » en 1978 afin de participer à la première Coupe d’Europe des Clubs qui s’est tenue à Charleroi au début de l’année 1979. Trente ans ont été nécessaires pour trancher entre les tenants de la crosse « longue », conduits par l’Afrique du Sud, et ceux qui, réunis derrière la Grande-Bretagne, ont voulu faire du hockey subaquatique une discipline réellement originale.
C’est en effet après les championnats du Monde de Chicago en 1984 que les Sud-africains se sont ralliés au jeu d’Alan BLAKE. Il est vrai que la partie était perdue depuis les premiers championnats du Monde de Vancouver en 1980, suivis par ceux de Brisbane en 1982. Il convient de souligner l’importance de cette « victoire » du style anglais pour le développement de la technique individuelle, ainsi que pour l’agrément du jeu. En effet, le maniement de la crosse « longue » (environ 60 cm) était beaucoup moins aisé que celui de la crosse « courte » (30 cm), d’autant que les deux mains du joueur devaient rester constamment en contact avec le manche de la crosse.
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