L'Afrique du Sud et son Rôle dans les Championnats Internationaux de Hockey Subaquatique : Perspectives et Organisation d'Événements Majeurs

Le hockey subaquatique, discipline sportive singulière et exigeante, captive un nombre croissant d'adeptes à travers le globe. Sport collectif unique pratiqué sous l’eau, il allie stratégie, cohésion d’équipe et une endurance remarquable. Le bassin, d'une profondeur constante de deux à quatre mètres environ, devient le théâtre d'une confrontation intense où deux équipes s’affrontent pour tenter de viser dans le but adverse. Au niveau international, le hockey subaquatique de compétition se pratique spécifiquement dans un bassin de 25 mètres par 15 mètres, avec une profondeur de 2 mètres environ. Le jeu oppose deux équipes, généralement pendant deux mi-temps d'une durée variant de 8 à 15 minutes, l'objectif étant de progresser en apnée en poussant ou en passant un palet d'un poids compris entre 1 et 1,5 kilogramme à l'aide d'une crosse spécifique pour le faire entrer dans le but adverse.

L'Afrique du Sud, terre d'histoire pour cette discipline, s'est imposée au fil des décennies comme un acteur incontournable sur la scène mondiale du hockey subaquatique. Au-delà des performances sportives de ses équipes, le pays joue désormais un rôle proactif dans l'organisation et le développement des compétitions internationales, notamment en proposant des solutions alternatives aux tournois traditionnels et en visant à élargir l'accès à la compétition pour les jeunes athlètes.

Les Racines Historiques du Hockey Subaquatique et l'Émergence du Style Sud-Africain

La genèse du hockey subaquatique remonte à août 1954, au sein du « Southsea Sub-aqua Club », dans le Sud de l’Angleterre, sous l'impulsion d'Alan Blake. Celui-ci, regrettant le froid et la diminution de l'activité de natation en hiver, a décidé de créer un sport collectif pour maintenir l'engagement des plongeurs. Ce sport fut ensuite « réinventé » aux États-Unis, en 1960, dans la région de Chicago. Le jeu, tel que conceptualisé par un certain Bill NEIL, reposait sur l’utilisation de crosses de hockey sur glace raccourcies, lesquelles étaient tenues à deux mains. Cette approche contrastait significativement avec le jeu anglais originel, qui s’appuyait sur des crosses spécifiques, plus courtes et destinées à être tenues d’une seule main.

C'est en 1962 que le hockey subaquatique fit son entrée en Afrique du Sud. Des chasseurs sous-marins de Durban, en quête d'activités pour l'entraînement hivernal, furent intrigués par un article décrivant cette nouvelle activité, publié dans la revue américaine « Skindiver » en octobre 1961. Deux ans après avoir commencé à jouer, ils organisaient en 1964 le premier Championnat national sud-africain, en adoptant la forme de jeu inventée par Bill NEIL, caractérisée par l'utilisation de la crosse longue. La zone d’influence sud-africaine a également vu des pays comme le Zimbabwe et la Namibie s'initier à ce sport vers la fin des années soixante-dix, le premier contact en Rhodésie ayant eu lieu en 1974. L’Australie a aussi embrassé cette discipline dès le milieu des années soixante, où elle a été importée en 1963/64 par des immigrants anglais, connaissant un développement rapide, principalement dans le Sud-Ouest du continent.

En France, les premières parties de hockey subaquatique se sont déroulées en 1967, à Montauban. Parallèlement, en 1973, et sans avoir connaissance des pratiques montalbanaises, Roger RENAULT initiait également une activité de hockey au sein du Club Sous-Marin du Nord. Le Lille Université Club emboîta le pas peu après, pratiquant un temps selon le règlement sud-africain (entre 1975 et 1977), avant de finalement revenir à la crosse « courte » en 1978, ceci afin de pouvoir participer à la première Coupe d’Europe des Clubs qui se tint à Charleroi au début de l’année 1979.

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La Standardisation de la Crosse et le Développement Technique

Un débat fondamental a marqué les premières décennies du hockey subaquatique : celui opposant les partisans de la crosse « longue », principalement menés par l'Afrique du Sud, et ceux qui, réunis derrière la Grande-Bretagne, aspiraient à faire de cette discipline un sport réellement original et distinctif. Trente ans furent nécessaires pour trancher cette question technique. Cette transition majeure s'est concrétisée après les championnats du Monde de Chicago en 1984, lorsque les Sud-Africains, présents en tant qu'observateurs aux États-Unis et derniers à encore utiliser les crosses longues, se sont ralliés au jeu prôné par Alan Blake. Il est indéniable que la tendance était déjà bien établie, la partie étant considérée comme perdue pour la crosse longue depuis les premiers championnats du Monde de Vancouver en 1980, suivis par ceux de Brisbane en 1982, compétitions toutes deux organisées sur la base d’un texte réglementant le jeu anglais, caractérisé par la crosse courte.

L’importance de cette « victoire » du style anglais est cruciale pour le développement de la technique individuelle et pour l’agrément général du jeu. En effet, le maniement de la crosse « longue » (environ 60 cm) s’avérait beaucoup moins aisé que celui de la crosse « courte » (environ 30 cm). De plus, l'obligation pour le joueur de maintenir constamment les deux mains en contact avec le manche de la crosse longue limitait considérablement la fluidité et la créativité gestuelle. Cette standardisation a ouvert la voie à une évolution technique rapide du sport.

De la « préhistoire » du hockey subaquatique, c’est-à-dire de la période allant des années 60 aux années 70, il reste peu de documents, notamment concernant les tactiques employées ou l’apparition des premiers gestes techniques sophistiqués. Cependant, lors de la première grande confrontation internationale en 1980, le jeu était encore qualifié de primitif, avec peu de passes et de nombreux heurts. Le véritable essor de la dimension technique est largement attribuable à l’organisation régulière de championnats du Monde. Initialement de façon officieuse en 1980 et 1982, puis officiellement à partir de 1984, cette compétition majeure, organisée tous les deux ans, a incontestablement poussé toutes les nations pratiquantes à rivaliser d’ingéniosité et à intensifier leurs entraînements pour tenter de conquérir le titre suprême.

Dès 1984, les prémices de cette « révolution » dans le domaine de la technique individuelle étaient déjà perceptibles. La plupart des observateurs s’amusaient alors des exercices techniques effectués sur le bord du bassin avant chaque match par tous les joueurs, signe d'une nouvelle approche de la préparation. L'exploit des Canadiens face aux Australiens, qui, jusqu’en 1998, n’avaient laissé échapper que ce titre, est souvent cité. Le séjour de l’un de ces virtuoses, Daniel TETRAULT, en 1985/86 en Australie, a d’ailleurs fourni l’occasion aux perdants de 1986 d’investir particulièrement dans le domaine de la technique individuelle, leur permettant de rétablir leur suprématie lors des quatre éditions suivantes du Mondial.

Le Hockey Subaquatique en Pratique : Règles, Équipement et Tactiques Fondamentales

Le hockey subaquatique se pratique en apnée sur le fond d'une piscine. L'aire de jeu minimale requise est de 300 mètres carrés. La longueur du terrain est généralement de 20 à 25 mètres, sa largeur de 12 à 15 mètres, et la profondeur varie de 2 à 4 mètres.

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Les joueurs, évoluant sous l’eau en apnée, sont équipés d’un masque, d’un tuba et de palmes. Ils sont également munis d’une crosse d'environ 30 centimètres de long, conçue pour être tenue d’une seule main. Pour la protection, ils portent un gant de protection et un bonnet de protection, noir ou blanc, qui sert aussi à distinguer les équipes. Le palet, mesurant environ 8 cm de diamètre et 5 cm d'épaisseur, pèse environ 1,3 kg et est fait d'une matière qui lui permet de rester au fond. Les buts, en acier traité ou inoxydable, ont la forme d'une cornière et mesurent environ 3 mètres de long.

Une équipe se compose de 10 joueurs au total, dont 6 évoluent dans l'eau et 4 sont des remplaçants sur le bord du terrain. Pour se différencier visuellement sous l'eau, chaque équipe est identifiée par la couleur de son équipement, soit blanc, soit noir. Au début du jeu, le palet est positionné au centre du terrain. En surface, les joueurs de chaque équipe sont en contact avec le mur de leur côté de terrain. Au signal de l'arbitre, les joueurs s'élancent pour récupérer le palet, le mener dans le but adverse et ainsi marquer un point. Les quatre joueurs situés hors de l'eau peuvent entrer dans le jeu à tout moment, à condition de maintenir un maximum de six joueurs de leur équipe dans l'eau. Lorsqu'un but est marqué, l'engagement se fait de nouveau au centre, chaque équipe reprenant position contre son mur.

L'arbitrage de ces rencontres est une tâche complexe qui nécessite une équipe dédiée. Il est généralement confié à trois arbitres pour observer le jeu : un arbitre principal, placé au bord de l'aire de jeu, qui surveille le bon déroulement du match en surface et les interactions générales, et deux arbitres aquatiques. Ces derniers, immergés, signalent les fautes et les arrêts de jeu à l'arbitre principal au moyen d'un code gestuel spécifique. Des arbitres de table complètent le dispositif en enregistrant le score sur la feuille de match, en gérant le chronomètre pour la durée du match et les éventuelles « prisons » infligées aux joueurs. Ces arbitres peuvent également visualiser la partie aquatique sur des écrans reliés à des caméras subaquatiques qui filment sous l'eau, permettant une meilleure analyse des actions et des infractions.

Sur le plan tactique, une configuration très usitée consiste à jouer avec trois attaquants et trois défenseurs. À l'engagement, les avants, appelés ailier gauche, avant-centre et ailier droit, forment un triangle offensif. Simultanément, les trois arrières, désignés comme pivot gauche, arrière central et pivot droit, forment un triangle inversé par rapport aux avants, assurant ainsi la couverture défensive.

L'Extension et la Diversité du Hockey Subaquatique Mondial

L'extension actuelle de la pratique du hockey subaquatique dépasse largement les frontières du monde anglo-saxon dont il est issu. Désormais, une dizaine de nations sont régulièrement présentes à chaque édition des championnats du Monde, qui se tiennent tous les deux ans. Parmi ces nations figurent l'Afrique du Sud, l'Australie, la Belgique, le Canada, la Colombie, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Hollande, la Nouvelle-Zélande, et la France.

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Historiquement, les maîtres incontestés de la spécialité ont été les Australiens, qui ont remporté de multiples championnats du Monde, tant chez les hommes que chez les femmes. Cependant, cette suprématie est aujourd'hui fortement contestée, notamment par les Sud-Africains. L’équipe féminine sud-africaine, championne du Monde en 1992, 1996 et 1998, et l’équipe garçons, vice-championne lors des trois dernières éditions du Mondial, illustrent parfaitement cet état de fait et la montée en puissance du pays. Ces équipes ont conquis l’Europe en 2019 et, fortes de leurs succès, elles visent désormais la planète entière.

Les Championnats du Monde 2024, qui se déroulent du 16 au 27 juillet à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, témoignent de cette diversité internationale. Cette compétition rassemble plusieurs nations d'élite, dont la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Australie, le Canada, la Turquie, l’Argentine ou encore la Colombie. La France y est également représentée par des athlètes talentueux. Par exemple, Arthur, Théo et Hugo, trois Mulhousiens membres du Touring Plongée Mulhouse, s'envolent pour ces championnats. Arthur et Théo Bernet, des jumeaux licenciés au Touring Plongée Mulhouse, ont été sélectionnés en équipe de France U19 masculine il y a trois ans, tout comme Hugo Bardet, qui fait également partie du Touring Plongée Mulhouse et évolue en U24 masculine.

Les athlètes soulignent l'intensité de ce sport : « C’est un sport très intense qui nécessite force et agilité. Sous l’eau, il est impossible de communiquer entre coéquipiers. C’est pourquoi, nous devons définir une stratégie en équipe à appliquer ensuite lors du match », expliquent Arthur et Théo Bernet. Pour Hugo, c'est une immense fierté : « Nous sommes extrêmement fiers de pouvoir représenter notre pays grâce à un sport qui nous passionne depuis l'enfance. » La préparation pour de telles compétitions est rigoureuse, comme en témoigne le stage de préparation aux Mondiaux qui s’est déroulé en mai 2024 avec l’équipe de France, simultanément à la Piscine des Jonquilles (Illzach) et au Centre Nautique Aquarhin (Ottmarsheim). Les athlètes apprécient particulièrement les infrastructures mises à disposition : « C’est une réelle chance d’avoir à disposition de nombreuses infrastructures adaptées à nos besoins d’athlète sur le territoire telles que les centres aquatiques, le Palais des Sports Gilbert Buttazzoni ou encore le Centre Sportif Régional Alsace (CSRA) », précisent les jumeaux.

L'Afrique du Sud, Futur Hôte d'Événements Internationaux Majeurs

Consciente des défis logistiques et financiers rencontrés par de nombreuses nations pour participer aux compétitions internationales, l'Afrique du Sud se positionne activement en tant qu'organisateur d'événements alternatifs. Afin de pallier aux difficultés qu’ont certaines nations pour envoyer des équipes jeunes à la compétition de catégorie B prévue cet été en Turquie, des pays envisagent des solutions alternatives. À l’image de la France, comme l’a annoncé Dominique Ruaux dans On Avoine, l’Afrique du Sud prévoit de créer son propre tournoi international jeune.

Heine Engelbrecht, le président sud-africain de la fédération de hockey subaquatique, a expliqué les motivations derrière cette initiative. Il était difficile d’envoyer des équipes jeunes sud-africaines pour différentes raisons. « C’est un très long tournoi pour emmener nos joueurs à l’étranger. Nous avons aussi regardé le coût qui nous était demandé. C’était très cher, surtout le logement », a-t-il précisé. Face à ces contraintes, le président sud-africain a préféré anticiper en mettant en place un tournoi international jeune, prévu en septembre ou en octobre prochain. Ce sera une compétition « low-cost », une approche visant à rendre l'accès à la compétition internationale plus abordable pour un plus grand nombre d'équipes.

Bien que la forme concrète de ce tournoi jeune ne soit pas encore entièrement définie, il est envisagé que sa durée soit d’une semaine. De plus, le président sud-africain assure qu’il n’y aura pas de nombre limite d’équipes participantes, ce qui ouvre la porte à une participation plus large. « On souhaite inviter trois ou quatre équipes mais s’il y en a plus on s’adaptera », a déclaré Heine Engelbrecht. Parmi les équipes désirées pour cette compétition, on compte la France, la Grande-Bretagne ou encore l’Espagne, promettant une belle confrontation internationale. Heine Engelbrecht envisage même de faire concourir ces équipes dans plusieurs lieux différents, optimisant ainsi l'expérience et la logistique.

En plus du tournoi jeune, l’Afrique du Sud nourrit d'autres ambitions internationales en envisageant d’inviter plusieurs équipes Élite aux Interclubs prévus en décembre. Cette double initiative souligne la volonté de l'Afrique du Sud de non seulement développer la relève sportive mais aussi de renforcer les liens avec les équipes d'élite mondiales, offrant des opportunités de compétition de haut niveau sur son territoire. Ces efforts positionnent clairement l'Afrique du Sud comme un acteur central dans l'évolution et l'accessibilité des compétitions de hockey subaquatique à l'échelle mondiale.

La Scène Française et les Initiatives Locales

En France, le hockey subaquatique est une discipline en pleine vitalité, avec des clubs actifs et des initiatives pour promouvoir le sport. En région EST, par exemple, le hockey subaquatique est pratiqué dans 9 clubs par 12 équipes, témoignant d'une belle dynamique régionale. Le Comité Interrégional Bretagne - Pays de la Loire célèbre d’ailleurs ses 32 sportifs de haut niveau, une fierté pour le Comité qui s'implique activement pour « donner envie aux jeunes de s’engager » et « booster l’avenir des jeunes dans les sports sous-marins ». Une vidéo 100% féminine est même mise en avant, soulignant l'importance de la représentation des femmes dans ce sport. Des événements comme la Journée des Sports Sous-Marins à Mayenne permettent une immersion réussie pour les novices.

Des démonstrations et initiations à la pratique du hockey subaquatique sont régulièrement organisées. À Metz, une initiation et démonstration s’est déroulée le 22 novembre 2024 à la piscine de Belle-Isle pour le club Plongée Passion Metz. Une quinzaine d’adultes se sont ainsi initiés à ce sport dans une ambiance mêlant humour et envie de gagner, où les plongeurs du PPM ont su s’amuser et marquer des buts. Le pot final autour d'un stand de vin chaud, typique de Metz, a clôturé la séance de manière très conviviale.

La préparation des athlètes français pour les compétitions internationales est également un point fort. L'équipe de France féminine de Hockey Subaquatique se prépare à plonger dans l’arène mondiale pour la Coupe du Monde CMAS en Australie, une compétition qui promet sueur, éclats de rire, défis et émotions intenses, offrant une immersion unique dans les coulisses de leur préparation. Par ailleurs, des stages de préparation sont cruciaux pour les jeunes talents, comme en témoigne un stage qui a réuni 30 jeunes en moyenne quotidienne sur trois jours. La région avait deux équipes engagées, composées de joueuses et joueurs Espoirs.

Le championnat de France est structuré pour les adultes avec deux divisions féminines et quatre divisions masculines, permettant une compétition organisée et de haut niveau à l'échelle nationale. Les derniers Championnats d'Europe se sont tenus à Marseille en mai 2005, prouvant la capacité de la France à organiser des événements majeurs. Des décisions importantes y ont été prises. Le Hockey Loisir Subaquatique Dinantais, par exemple, a brillé à Montluçon, illustrant la vitalité des clubs locaux.

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