Gilet de sauvetage : Fonctionnement, caractéristiques et impératifs de sécurité

Naviguer en toute sécurité sur l’eau commence par des préparatifs appropriés. Un des éléments les plus essentiels pour chaque plaisancier est sans doute le gilet de sauvetage. Que vous soyez un marin expérimenté ou un amateur de sports nautiques, le gilet de sauvetage vous protège d’imprévu en mer. En plus de répondre aux règles et impératifs de sécurité de la navigation, il protège chacun de vos passagers. À bord, le gilet de sauvetage n'est pas un accessoire : c'est l'équipement qui fait la différence entre un incident et un drame.

Les fondamentaux de la flottabilité et les normes

La norme européenne définit les gilets en fonction de leur flottabilité exprimée en newtons (N). Il s’agit d’une flottabilité type pour un porteur de 70 kg. La flottabilité d'un gilet est exprimée en Newton ; les valeurs en newton (N) sont une mesure de la force de flottabilité fournie par un gilet de sauvetage. Plus elle est élevée, mieux le gilet retourne et maintient un corps inconscient, notamment lesté de vêtements humides.

L'Europe impose des normes strictes pour l'utilisation d'un gilet de sauvetage ou d'une aide à la flottabilité. Tous les gilets de sauvetage doivent donc être agréés CE (ou ISO). Cette information doit être apposée sur l'étiquette de conformité présente sur le gilet. Dans le cadre réglementaire maritime, chaque veste de flottaison doit répondre à des critères stricts de certification maritime (Norme sur les Équipements individuels de flottabilité NF EN ISO 12402).

Les gilets homologués SOLAS (Safety of Life at Sea) sont utilisés à bord des navires commerciaux ou à passagers (inclus bateaux de plaisance de plus de 25 m). Pour les professionnels de la mer et les conditions les plus exigeantes, les gilets SOLAS répondent à un cahier des charges renforcé. Ils doivent être dotés de deux chambres indépendantes, chacune équipée de son propre système de gonflage automatique.

Typologie des gilets selon la flottabilité (50N à 275N)

Il est essentiel de savoir comment choisir un gilet de sauvetage en fonction de ses caractéristiques techniques pour qu'il puisse convenir au mieux à votre pratique nautique et assurer votre sécurité en mer.

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  • Gilets de 50 Newtons : Ce sont des gilets d’aide à la flottabilité, souvent utilisés pour une pratique sportive ou une activité côtière peu risquée. Ils sont destinés à une personne consciente et sachant nager. Ce gilet dégage les voies respiratoires, mais ne permet pas le retournement du porteur, il est donc adapté pour des activités en eau calme. En dessous de 100 N, une brassière est considérée comme une aide à la flottabilité.
  • Gilets de 100 Newtons : Ces gilets sont conçus pour tout type de navigation côtière. Ils sont capables d’assurer le retournement en 10 secondes et sont souvent recommandés pour les enfants de plus de 30 kg. Ce niveau de flottabilité est destiné aux personnes susceptibles d'avoir à attendre l'arrivée des secours en eaux abritées.
  • Gilets de 150 Newtons : Généralement conçus pour la navigation côtière et semi-hauturière, à l'image des gilets Pilot 165 Plastimo et Vito 170N Hammar Spinlock. Ce type de gilet de sauvetage est adapté pour les personnes à partir de 40 à 50 kg, selon les modèles, et assure le retournement en 5 secondes.
  • Gilets de 275 Newtons : Considérés comme les plus performants et se destinent à un usage professionnel. Ils sont adaptés à la navigation hauturière et professionnelle, comme le Gilet Deckvest Vito 275N Hammar Spinlock utilisé sur le parcours de la Volvo Ocean Race.

Technologies de gonflage et systèmes de déclenchement

Le système de déclenchement est l'un des critères techniques les plus importants. Les gilets gonflables étant gonflables, la flottabilité est assurée par l’action d’une bouteille de gaz CO2 capable de gonfler instantanément des réservoirs d’air.

  • Système manuel : Il est constitué d’un poinçon à actionner manuellement en cas de chute. L'utilisateur tire sur le cordon de percussion. Ce type de modèle apporte confort et liberté pour tous.
  • Système automatique à pastille de cellulose : Ce système fonctionne avec une cartouche munie d’un élément soluble mais résistant à l’humidité et aux embruns. Le gilet se déclenche donc qu’après immersion dans l’eau. Le système UML MK5 est un système de gonflage automatique à pastille hydrosoluble, reconnu pour sa fiabilité et sa grande rapidité de déclenchement.
  • Système pressiostatique : Ce système fonctionne avec une valve hydrostatique qui s’active sous l’effet d’une pression faible de l’eau. Ce mécanisme de gonflage automatique repose sur une combinaison d'immersion et de pression. Il ne s'active qu'en cas d'immersion complète dans l'eau, à une profondeur minimale de 10 cm.

Innovation et conception ergonomique : Le cas du LJ180N

Le gilet de sauvetage LJ180N, co-conçu par la SNSM et Tribord, illustre les avancées technologiques récentes. Ce gilet-harnais est capable de retourner sur le dos une personne qui tombe à l’eau « en toutes circonstances, même si l’on chute la tête en avant ». L’enjeu était de concevoir un gilet de sauvetage dédié à la navigation hauturière, qui s’adresse au grand public, mais aussi aux utilisateurs les plus exigeants.

Grâce à un processus commun de recherche et développement, ce gilet est ainsi le premier du marché doté d’une vessie asymétrique, facilitant le retournement. Cette vessie, en forme de bélier, assure au mieux le maintien de la tête hors de l’eau. Il est également équipé d’une lampe flash visible à 360° et jusqu’à 3,5 kilomètres à la ronde par temps calme.

Entretien, maintenance et durée de vie

Les gilets de sauvetage ont une durée de vie limitée, accentuée par les agressions auxquelles ils sont soumis (rayonnement ultra-violet, en mer avec le sel, abrasion, micro-organismes, hydrocarbures, compression). Un contrôle tactile et visuel doit être réalisé régulièrement. Avant de prendre la mer, il est indispensable d’informer l’équipage sur l’utilisation des gilets et brassières de sauvetage.

Pour les gilets gonflables, il vous faudra remplacer la cartouche de gaz après utilisation du gilet de sauvetage, ou si elle n'est plus opérationnelle. Pour un gilet automatique, il faudra en plus changer également la pastille à sa date d'expiration ou après utilisation du gilet. La durée de vie d’un gilet de sauvetage dépend de la fréquence et des conditions d’utilisation, mais un remplacement tous les cinq à dix ans est une bonne règle générale. Après chaque utilisation, rincez le gilet à l’eau douce pour éliminer le sel, le sable et d’autres contaminants. Laissez-le sécher à l’air libre loin de sources de chaleur directe et de la lumière du soleil.

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Équipements complémentaires et connectivité

Dans la réglementation de la division 240, il faut impérativement à bord un dispositif lumineux. Celui-ci peut être collectif, sous la forme d'une lampe torche étanche ayant au moins 6 heures d'autonomie, ou individuel. De plus, il est recommandé d'équiper votre gilet de sauvetage d’un sifflet fixé de telle manière que son utilisation se fasse sans difficulté.

Pour rendre votre gilet de sauvetage connecté, nous vous invitons à vous procurer une balise de détresse individuelle. Ces balises PLB portable permettront d'augmenter considérablement vos chances de survie si vous tombez à l'eau. Ces balises s'attachent au gilet, pour en faire un gilet de sauvetage connecté repérable grâce à différents systèmes de localisation. En navigation hauturière, au-delà de 6 milles d'un abri, tout voilier doit être équipé d'un harnais et d'une longe par personne embarquée. La norme EN ISO 12401 définit les exigences des harnais de sécurité et lignes de vie.

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