La natation est une discipline olympique historique, présente dès les premiers Jeux Olympiques modernes. Des épreuves en pleine mer à l'introduction des bassins olympiques, la natation a considérablement évolué. Cet article explore l'histoire de la natation aux JO, les différentes nages, les records, et la signification de la position numéro 4 lors des compétitions.
L'Histoire de la Natation aux Jeux Olympiques
La natation a fait son apparition très tôt dans l'histoire des Jeux Olympiques. Bien que la pratique de la natation remonte à la préhistoire, son intégration aux JO est plus récente. C'est en 1908, lors des Jeux de Londres, que la natation a intégré le grand bassin olympique. Quatre ans plus tard, en 1912 à Stockholm, les femmes ont rejoint les compétitions. Cependant, il a fallu attendre 2021 et les Jeux de Tokyo pour que les épreuves féminines soient identiques à celles des hommes.
Domination Américaine et Figures Emblématiques
Les États-Unis dominent largement le classement des pays les plus titrés en natation. Avec plus de 578 médailles, dont 257 en or, les USA écrasent la concurrence, comptant deux fois plus de récompenses que l'Australie (212). Michael Phelps incarne cette domination. Il est l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux Olympiques, avec un total de 28 médailles, dont 23 en or, remportées entre 2004 et 2016.
De nouvelles figures émergent également. Léon Marchand, 21 ans et déjà quintuple champion du monde, est l'une des têtes d'affiche attendues pour les Jeux de Paris 2024. Un autre prodige, le Chinois Pan Zhanle, a battu le record du 100m nage libre lors des mondiaux de Doha. Chez les femmes, la jeune Claire Curzan s'est distinguée à Tokyo en remportant l'argent à 17 ans, et a depuis remporté trois épreuves aux mondiaux au Qatar.
La Signification de la Ligne Numéro 4
Dans le jargon de la natation, être à la ligne numéro 4 signifie être favori. Le nageur qui part à cette ligne a réalisé le meilleur temps d'engagement, ce qui lui vaut ce placement au centre du bassin. Cette position centrale est avantageuse car elle permet au nageur de mieux visualiser la compétition et d'ajuster sa stratégie en conséquence.
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Les Épreuves de Natation et les Différentes Nages
La natation est la discipline olympique qui compte le plus grand nombre de remises de médailles après l'athlétisme. Elle regroupe un certain nombre d'épreuves, aussi bien en individuel qu'en relais. Pour voir les premières images des épreuves de natation aux Jeux Olympiques, il faut remonter en 1896 à Athènes, où le podium du 1200 mètres nage libre se déroulait en pleine mer. Aujourd'hui, les compétitions se déroulent dans des bassins olympiques, où chaque course voit s'affronter huit nageurs au maximum. Les séries éliminatoires des 50 m, 100 m et 200 m mènent aux demi-finales et aux finales.
Les Nages Olympiques :
Le Crawl (Nage Libre): Elle offre aux nageurs la possibilité de choisir la technique de nage qu'ils préfèrent, en dehors du papillon, de la brasse et du dos crawlé. Généralement, ils choisissent le crawl, car il reste la nage la plus rapide. En effet, cette nage se base sur un mouvement des bras en position avant et en arrière du corps.
La Brasse : Simple et très facile à apprendre pour les nageurs débutants, la brasse reste la technique de natation la plus pratiquée. Elle a pour spécificité la bonne coordination des mouvements des bras et des jambes. Concernant le virage au bout de la ligne d’eau, pour éviter la disqualification, le sportif doit toucher le mur avec les deux mains en même temps.
Le Dos Crawlé : Tout d’abord, le nageur doit démarrer par un plongeon pour ensuite, respecter les positions suivantes : corps allongé sur le ventre et les épaules positionnées parallèlement à la surface de l’eau. Le dos crawlé allie coordination des mouvements des bras et un bon sens des repères du bassin.
Le Papillon : Le papillon est la dernière des 4 nages à avoir été reconnue par la FINA. Il est apparu grâce au manque de précision du règlement de la Brasse.
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Le Relais : Une Épreuve Collective
Le relais en natation est une épreuve qui bouscule les préjugés selon lesquelles la natation est un sport solitaire. Le relais se fait donc en équipe et casse un peu la routine des compétitions officielles. Il est une épreuve de natation par équipe qui se pratique en nage libre ou en 4 nages. Chaque nageur plonge à tour de rôle et nage la distance imposée. Chaque membre de l’équipe nage la même distance et doit attendre que le nageur précédent ait terminé sa course pour pouvoir plonger à son tour. Lors d’un relais 4 nages, l’ordre des styles diffère du 4 nages en individuel. Le nageur de dos doit partir dans l’eau, c’est donc lui qui ouvre l’épreuve du relais 4 nages. Les membres d’une équipe de relais et leur ordre de départ doivent être précisés avant la course. Un nageur ayant fini sa course, ou sa distance dans une épreuve de relais, doit quitter la piscine aussitôt que possible sans gêner tout autre nageur qui n’a pas encore fini sa course.
Natation Marathon:
JO PARIS 2024 - La natation marathon, ou natation en eau libre, est la dernière épreuve aquatique à être entrée au programme des Jeux olympiques. Il sera à suivre aux JO de Paris. L'origine de la natation marathon aux Jeux Olympiques remonte à l'évolution de la discipline dans le cadre des compétitions sportives internationales. Initialement, toutes les compétitions de natation lors des trois premières éditions des Jeux Olympiques modernes se déroulaient en «milieu naturel» car les piscines n'existaient pas à l'époque. Ce n'est que plus tard, en 1991, que la natation en eau libre a fait son retour sous une nouvelle forme : la natation marathon. Cette discipline a été introduite officiellement lors des championnats du monde de la FINA de cette année-là, avec une épreuve de 25 km qui durait plus de cinq heures. L’Allemagne dominait ces dernières années la natation marathon. Aux mondiaux 2024, le Hongrois Kristof Rasovszky s’était imposé sur le 10 kilomètres, devant le Français Marc-Antoine Olivier. Les règles de la natation marathon sont conçues pour assurer la sécurité et l’équité des athlètes. Les nageurs doivent naviguer à travers la mer, les rivières ou les lacs, en tenant compte des courants et des marées. Les athlètes risquent la disqualification en cas d'écart par rapport aux règles. Les épreuves de natation marathon des Jeux olympiques de Paris 2024 se dérouleront les 8 et 9 août.
Évolution des Techniques de Nage
L’évolution des nages se fait d’abord dans un souci de sécurité, de façon à conserver la tête hors de l’eau. Puis les nages évoluent dans un but de performance. Les nageurs et leurs entraîneurs, encore aujourd’hui, cherchent les solutions les plus rapides pour répondre aux exigences du règlement dans les 4 nages.
La Brasse : Une Nage d'Endurance et d'Évolution
La Brasse est une nage occidentale et son origine remonte à l'Antiquité. Certains témoignages persistent de cette période. Elle émane d'une visée utilitaire, inspiré avant tout par l'instinct de conservation. A la fin du XIXe siècle, la Brasse était la seule technique réellement pratiquée. Le 25 août 1875, le capitaine anglais Matthew Webb participe largement à construire la réputation de la brasse comme nage d’endurance en traversant le premier le chenal de la Manche à la nage, en 21 heures et 45 minutes. La brasse « Anglaise » se nage sur le côté avec les bras alternés. Le retour reste malgré tout sous-marin. En contrepartie, elle est vivement contestée sur le plan de la vitesse. Très vite, on abandonne la Brasse anglaise à quatre temps en faveur de la Brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace. La française Cartonnet, elle, ramène les mains hors de l’eau vers 1935, dans le but de limiter les résistances. Les nageurs sortent tellement de l’eau, qu’ils n’y mettent même plus la tête ! Les nageurs cherchent de nouvelles solutions et aux JO de Rome les chronos de l’américaine Jastremski descendent grâce à une technique coudes hauts, genoux serrés. On passe alors d’un coup de pied qui ne propulse guerre qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W » (les talons sont plus écartés que les genoux). La propulsion se fait alors par l’intérieur des pieds et les tibias. A Munich, en 1972, les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse. Rien ne l’empêche alors dans le règlement. Et dans ce cas, le règlement l’autorisera par la suite : l’immersion totale de la tête est autorisée en brasse en 1986.
Le Crawl : De l'Observation des Indigènes à la Domination Mondiale
La recherche de performances et l'absence de réglementation des nages entraîne l’apparition de nouvelles techniques, plus efficaces. La FINA ne réglemente pas le Crawl mais la nage libre. Au XIXe siècle, les marins reviennent des Antilles, de Somalie, des Îles Pacifique, avec de nouvelles techniques, empruntées aux populations indigènes. En respirant sur le côté en brasse, la nouvelle technique répond à l’objectif de vitesse. Mais la poussée des jambes en brasse devient incompatible avec l'inclinaison du corps et se transforme en ciseaux de jambes (dans un plan sagittal). C’est la technique de « l’english side stroke », inventée (ou importée) en 1840 environ. Jusqu’alors, comme en brasse, le retour des bras est réalisé sous l’eau. Cependant, on se rend compte que le retour sous-marin des bras produit une grande résistance à l'avancement. Dès lors, les bras auront une action alternée (semblable à la nage indienne) mais avec un retour du bras supérieur hors de l'eau. Vers 1880, Trudgen, après avoir observé les amérindiens, repositionne le nageur en nage ventrale pour permette un retour alternatif des deux bras hors de l'eau. Le « trudgeon » est alors adopté, car bien plus rapide que « l’over arm stroke » sur les courses de vitesse. Puis la greffe des ciseaux de jambes de brasse sur sa technique donne naissance en Australie au « double over arm stroke ». En effet, cette technique permet plus facilement d’obtenir un ciseau de brasse, comme celui connu actuellement. En 1893, les frères Wickham prennent modèle sur les habitants de l’île Salomon du Pacifique. Ils transforment l’action des jambes en battement. Ce sont les frères Cavill qui rendront cette technique populaire. En 1902, Richard Cavill bat le record du monde du 100 yards en nageant l'épreuve de bout en bout en crawl. La technique du crawl est alors à la fois la plus rapide des nages et celle qui offre le meilleur rendement. Et puis, en 1906, un certain Tartakover impressionne en France. En compétition, il fait la démonstration de cette nouvelle technique à Joinville-le-Pont, près de Paris. « Tartakover » sera d’abord le nom accordé à cette technique, et plus tard elle deviendra le « crawl » reconnu actuellement. A partir de 1900, il existe 3 épreuves en compétition. La brasse, le dos et la nage libre. En effet, le crawl n’a jamais été codifié. C’est ce qui explique que sa technique est en perpétuelle mutation. En 1922 sous la barre mythique de la minute au 100 mètres nage libre, son compatriote Johnny Weissmuller - le futur Tarzan - confirme la suprématie du crawl. Ensuite, Gertrude Ederle devient la première femme à traverser la Manche en 1926. Non seulement elle établit le record de la traversée, mais aussi, elle utilise le crawl pendant toute la durée de l’épreuve. Si le crawl est à la fois la nage la plus rapide et la plus économique, c’est parce qu’elle résout les problèmes respiratoires qui permettent de nager à plat sur des longues distances. Dans son livre Swimming the American Crawl, Johnny Weissmuller [1] donne sa conception sur ce point : "The instinctive thing for a beginner to do is to hold his breath. En France aussi, les nageurs savent nager en crawl en endurance, puisqu’en 1931, la française détient le record du monde du 400m nage libre, et Alex Jany le détiendra (ainsi que celui du 100m nage libre) en 1946 et 1947. En 1952, c’est le tour de Jean Boiteux d’être sacré champion Olympique du 400m nage libre à Helsinki. Il a d’ailleurs été le premier champion Olympique de la natation française. Plus tard, dans les années 1960, les coordinations se différencient entre le sprint (battements 6 temps) et le demi-fond (battements 2 ou 4 temps). En 1956, à l’image de Fraser qui deviendra la première femme sous la minute au 100m crawl quelques années plus tard (en 1962), les Australiens dominent les épreuves de crawl aux JO de Melbourne. Leur battement 2 temps, libère toute l’énergie sur les bras, le véritable moteur en natation. Malgré tout, la première à avoir nagé en battement 2 temps en crawl est elle aussi Australienne et se nomme Healey. En 1963, c’est la fin de l’obligation de toucher le mur avec la main qui provoque la chute des records. Grâce à sa culbute, l’américaine Schollender sera la première femme sous la barrière des 2 minutes au 200m nage libre. En sprint, en 1976 à Montéral, Mongoméry devient le premier homme sous la barre des 50 secondes en crawl. Les techniques et coordinations du crawl se multiplient. Ian Thorpe sera le précurseur d’une coordination en semi-rattrapé avec un battement 6 temps sur les distances de demi-fond (200-400m). Sur les mêmes épreuves, Laure Manaudou nage en superposition avec un battement 2 temps. Alors que Michael Phelps plus tard, lui utilise une coordination appelée « crawl boiteux », avec un battement 4 temps, sur le 200m nage libre. Parallèlement, le corps ne doit plus rester à plat mais osciller autour de l’axe horizontal pour permettre l’augmentation de la longueur des trajets et par conséquence l’amplitude de nage ou la distance parcourue par cycle de nage (autour de 3 mètres à pleine vitesse pour les meilleurs nageurs). Et d’un autre côté, certains nageurs préfèrent laisser leur corps à plat sur l’eau. Récemment, depuis les années 2000, le traditionnel « S » du trajet du bras sous-marin, est parfois abandonné en crawl.
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Le Dos : De la Nécessité de Respirer à l'Évolution Technique
L'origine du Dos est probablement lointaine. Au départ, l’atout principal de cette nage était sa capacité à maintenir le visage émergé. En 1907, la première épreuve de Dos apparaît aux championnats de France ; la technique utilisée est alors celle du « Dos brassé ». La position est assise, avec action simultanée des bras et des jambes de Brasse. Aux jeux olympiques de Stockholm (en 1912), Hebner, un nageur américain, utilise une technique dorsale fortement inspirée du « Trudgen » ; le « Dos trudgen ». Positionné à plat, le nageur pédale et appuis bras tendus. Le retour des bras est aérien, alterné et fléchi. Le battement de jambes arrive au cours des années 20 notamment sous l'influence des nageurs japonais : c’est le « Dos crawlé » connu actuellement. Amster nage en position dorsale, avec une action alternée des bras, un retour aérien axé, et un battement de jambes. Et oui, en dos comme en crawl, les Japonais mettent le paquet sur les jambes. Les évolutions suivantes concerneront les oscillations (les épaules roulent sur l’eau pour rechercher des appuis plus profond), et les virages. Avant 1920, les nageurs réalisent un retournement simple après avoir touché le mur à la main. Puis, dans les années 30, 3 techniques coexistent. Le virage japonais et le virage hollandais consistent en une translation horizontale plus ou moins en surface, en restant sur le dos à partir d’un appui de la main sur le mur, alors que le virage Kiefer, du nom de son inventeuse, est une technique de culbute. Elle réalise une sorte de culbute tout en conservant les épaules orientées vers le haut, pour rester sur le dos : le « cross over turn ». A croire que c’est une bonne technique puisque la nageuse américaine conservera son titre de championne du monde durant 17 années !! Et c’est une française qui la détrônera : Bozon, en détenant le record du monde du 100m dos. Les diverses techniques posent des problèmes de jugement, c’est pourquoi, en 1991, on laisse la possibilité de toucher le mur avec n’importe quelle partie du corps. Et, en 1994, on autorise le passage sur le ventre avant le déclenchement de la rotation. La culbute actuelle est alors inventée : « le roll over turn ». A Séoul, en 1988, Berkoff, le nageur américain et Suzuki, le japonais, réalisent d’excellentes performances sur leurs épreuves de dos grâce aux ondulations sous-marine qu’ils placent au début de la course et après les virages.
Le Papillon : Né d'une Imprécision du Règlement
Le Papillon est la dernière des 4 nages à avoir été reconnue par la FINA. Il est apparu grâce au manque de précision du règlement de la Brasse. Certains nageurs s’inspirent du « trudgeon » pour inventer l’ancêtre du papillon : alors que la grande nouveauté du « trudgeon » est de faire passer les bras alternés au-dessus de l’eau, les nageurs essaient de les faire passer de façon simultanée. Le mouvement est bien plus en adéquation avec le ciseau de jambes de brasse. Ainsi, en 1926, lors d'une course de brasse, l'Allemand Erich Rademacher termine l’épreuve en ramenant ses bras au-dessus de l'eau pour toucher le mur plus rapidement que ses adversaires. En prenant idée, c’est Myers qui systématise le retour aérien des bras comme la technique de « Brasse-Papillon ». Elle est de plus en plus utilisée dans les années 30 en compétition car elle est bien plus rapide que sa petite sœur, la brasse. Malgré tout, la « brasse-papillon » est aussi plus éprouvante que la brasse. C'est pourquoi on assiste pendant environ 25 ans (1920-1945) à des courses de Brasse mélangeant différentes techniques (Brasse sous-marine, Brasse, et Brasse-Papillon). En 1946, on imposa tout d'abord au nageur l'obligation de conserver le même style de nage pendant toute la course. La « brasse-papillon » trop fatigante sur les courses longues étaient alors parfois abandonnée. Mais pas toujours, car les nageurs arrivaient de mieux en mieux entraîné. Ainsi en 1952, aux jeux olympiques d'Helsinki, les 8 finalistes du 100 mètres Brasse nageaient en « Brasse Papillon ». En 1953, on sépare nettement la Brasse et le Papillon. En brasse, le retour de bras se fait obligatoirement sous la surface de l’eau, les mains ne peuvent dépasser la ligne des hanches. Aux JO de Rome, en 1960, Counsilman, de l’université Indiana aux USA, nagera en papillon avec 2 ondulations par mouvement de bras. En papillon aussi les coulées se prolongent, comme en dos à la fin des années 1980. Le russe, Pankratov, en est le roi avec ses 40m de coulée au départ des épreuves de papillon aux JO d’Atlanta en 1996.