L'épopée de Léon Marchand : La conquête du 400 mètres 4 nages olympique

L'avènement d'un champion au cœur de Paris

Il est allé au bout de son rêve olympique. Ce dimanche, Léon Marchand est devenu champion olympique pour la première fois en remportant le 400m 4 nages, sa course fétiche, avec une marge folle sur la concurrence et un record olympique (4'02"95). Le Toulousain s'est imposé avec un temps canon mais pas suffisant pour battre son propre record du monde. Sa razzia peut désormais commencer. Porté par la foule, Marchand a conquis l'Olympe et tutoyé le record du monde. Seul au monde, le roi Léon a conquis son graal. Léon Marchand a profité de sa première finale dans le bassin enflammé de la Défense Arena pour lancer sa quête d’or, champion olympique du 400 mètres 4 nages dimanche. Double champion du monde de la spécialité et recordman du monde (devant un certain Michael Phelps), le Toulousain, ligne d’eau numéro 4, a survolé la course, signant un nouveau record olympique (4'02''95), et collant près 6 secondes (!) au deuxième, le Japonais Tomoyuki Matsushita, en argent devant l’Américain Carson Foster. Historique.

La maîtrise d'une course parfaite : un départ canon et des coulées ravageuses

Il est chez lui. Appelé devant le plot numéro 4, Léon Marchand s’est avancé la tête droite, devant une foule conquise. La star de la natation française, bonnet bleu vissé sur la tête et sourire en coin, savait que le jour de gloire frappait à la porte. Parti fort en séries, le quintuple champion du monde a reproduit le même schéma de course dimanche soir. Un départ canon, magnifié par une première coulée parfaite, comme il en a l’habitude. Grand favori de cette finale, le Français a pointé au premier virage en tête, avant de produire une coulée interminable, qui a suffi à décourager Daiya Seto, dernier nageur à être encore au contact du prodige tricolore après la partie papillon. En avance sur son propre record du monde (4’02’’50), Marchand s’est permis le luxe de creuser définitivement l’écart en dos, avant même de jongler vers ses nages fortes. Un dernier coup de massue en brasse, et le Français s’est retrouvé absolument seul au monde, les remontées accompagnées des "ola" lancées fiévreusement en rythme par des tribunes telluriques.

Seul sur sa planète : un chrono historique

Il restait encore un semblant de suspense dans une course déjà jouée pour l’or : améliorer ou non son propre record du monde. Assurément, Marchand y pensait lorsqu’il a relancé l’allure à l’orée du dernier 100 mètres, en nage libre. Encore en avance avant le dernier virage, le Français a finalement cédé pour quelques dixièmes dans le final, touchant à 4’02’’95. Un chrono stratosphérique, deuxième marque de tous les temps et nouveau record olympique (explosé de près d’une seconde). Transcendé par l’événement et pas si épuisé de son effort colossal, Léon Marchand s’est extrait du bassin presque sans effort juste après sa victoire, cherchant le contact avec ce public en furie qui n’aura pas arrêté de le pousser. Marchand a dompté ce décor et assommé une concurrence aux abois, dépassée, et reléguée à près de 6 secondes à l’arrivée. Vice-champion du monde en 2023 derrière son compagnon d’entraînement de l’époque, Carson Foster a pris un sérieux éclat, lui qui détenait jusqu’à cette finale la meilleure marque de l’année sur la distance. En bronze derrière la surprise japonaise Tomoyuki Matsushita, Foster a pu mesurer ce qui le séparait d’un joyau de la pureté de Marchand. Un diamant brut poli par Nicolas Castel et un certain Bob Bowman, architecte des razzias en séries de Michael Phelps.

Une ascension fulgurante : du statut de prodige à celui de légende

Le nouveau prodige de la natation française s'est largement imposé ce dimanche soir sur le 400m 4 nages à la piscine olympique de Paris-La Défense : médaille d'or pour le Toulousain des Dauphins du Toec, qui bat le record olympique sur la discipline. Léon Marchand vient d'écrire une nouvelle page de son histoire. Le Toulousain des Dauphins du Toec remporte ce dimanche la médaille d'or aux Jeux olympiques de Paris sur le 400m 4 nages, premier titre olympique de sa carrière. Il bat le record olympique sur la discipline (4'02"95) et devance de près de six secondes le Japonais Matsushita Tomoyuki (4'08"62) et l'Américain Carson Foster (4'08"66). Le prodige de la natation était déjà double champion du monde sur cette discipline et recordman du monde depuis juillet 2023. Le Toulousain avait nagé en 4'10''88 avant de pulvériser le record du monde de Michael Phelps en finale. Dimanche, Léon Marchand a ouvert son compteur de médailles olympiques en scotchant le monde entier, record olympique à la clef. Une médaille qui en appelle d'autres dans la semaine. En France, et même à Toulouse sa ville natale, Léon Marchand est passé en une semaine du statut de "nageur français qui devrait avoir des médailles" à l'athlète tricolore le plus médaillé pendant ces Jeux olympiques, numéro un des audiences TV. Nom : Marchand. Prénom : Léon. Surnom : le glouton ! Le nageur toulousain de 22 ans aura marqué de son empreinte cette édition des Jeux olympiques de Paris 2024 en décrochant quatre titres individuels, ce qu’aucun sportif français n’avait encore jamais accompli.

L'analyse d'une performance multi-titrée

Léon Marchand est le premier sportif français de l’histoire à décrocher quatre titres olympiques individuels aux Jeux d’été. Il rejoint les escrimeurs Christian d’Oriola et Lucien Gaudin mais eux avaient glané deux titres individuels et deux par équipes. Teddy Riner, lui, compte trois titres individuels (2012, 2016 et 2024) et un par équipes (2021). Auteur d’un doublé le 31 juillet sur 200 m papillon et 200 m brasse, Léon Marchand avait glané ses deux titres le même jour, en moins de deux heures. Avant Léon Marchand, seule l’Allemande de l’Est Kornelia Ender avait remporté deux titres individuels le même jour, lors des JO 1976 à Montréal. Chez les hommes, ça n’était pas arrivé depuis plus d’un siècle. Léon Marchand est le 38e champion de l’histoire, toutes nationalités confondues, à décrocher au moins quatre titres olympiques sur une même édition, à distance respectable des recordmen Michael Phelps (8 en 2008) et Mark Spitz (7 en 1972). Il est évidemment le premier Français à le faire. Léon Marchand n’a battu aucun record du monde cette semaine, échouant à seulement six centièmes de la marque détenue sur 200 m 4 nages par Ryan Lochte ce vendredi soir (1′54′'06), mais il a établi sur chacune de ses finales un record olympique. Dans le bassin francilien, Marchand a écrasé sa première course sur 400 m 4 nages avec un chrono signé en 4′02″95, le deuxième meilleur temps de l’histoire derrière son propre record du monde. Sur le 200 m papillon, son final exceptionnel lui a permis de triompher aux dépens du Hongrois Kristóf Milák. De quoi faire tomber un nouveau record olympique en 1′51″21. Aucun nageur n’a tenu la comparaison sur le 200 m brasse, la nage fétiche du Français, qui avait bouclé la course en 2′5′'85. Stakhanoviste des bassins, Léon Marchand a déjà plongé à 11 reprises dans la piscine de la Paris La Défense Arena en six jours.

Lire aussi: Histoire du 200m Nage Libre

L'environnement de la natation olympique

L'une des disciplines les plus regardées lors des Jeux Olympiques d'été : la natation est le sport aquatique de tous les records. Lors des JO de Paris, en 2024, la compétition se déroulera à Paris La Défense Arena, ainsi que les épreuves de para natation des Paralympiques 2024 à partir du 29 août. Au départ, on ne trouvait que la brasse parmi les nages pratiquées : depuis, la discipline compte finalement quatre nages phares, le papillon, le crawl, le dos crawlé et la brasse. Les toutes premières courses olympiques se sont déroulées en environnement naturel avant de prendre place pour la toute première fois dans une piscine à partir de 1908, lors des Jeux olympiques de Londres. Pour la para natation, les compétitions sont divisées en classes de handicaps (S1 à S14) en fonction des limitations physiques, visuelles ou intellectuelles des nageurs. Les athlètes sont évalués par des classifiers pour déterminer leur catégorie avant les compétitions. Les départs et les virages peuvent être adaptés, par exemple, les athlètes aveugles utilisent des "tap-tappers" pour signaler les virages et les arrivées. Lors des Jeux olympiques d'été, la natation se pratique obligatoirement sur un bassin olympique, d'une longueur de 50 mètres. Le palmarès olympique de la natation est dominé par les Etats-Unis, qui détiennent plus de 250 médailles d'or.

La préparation et l'état d'esprit d'un athlète d'exception

Pour sa première finale, Léon Marchand n’a pas fait de cadeau. Il s’impose logiquement sur le 400m 4 nages, dans un temps de 4m02’95. Il a tutoyé son record du monde (4'02''50). En 4'02''95 (nouveau record olympique) il s'est couvert d'or. Au terme d'une course parfaite. Des cris, « Léon, Léon, Léon… », puis une Marseillaise éclairée par la lumière des téléphones portables dans une salle plongée dans le noir. Avant une ola et de retentissants « Allez les Bleus ». Un quart d'heure avant la finale du 400 m 4 nages, la Paris Défense Arena, arène incandescente, chante à tue-tête pour accompagner la tête d'affiche de la natation française. Les spectateurs lui réservent une ovation monstre à la sortie de la chambre d'appel. Il lui reste une poignée de secondes pour ne pas se laisser submerger par le bruit, le flot d'émotions. Impassible, Léon Marchand s'installe tranquillement sur le plot n°4, rassemble ses idées, répète sa routine. Prêt à plonger avec le statut de favori. Cible des regards pour les spectateurs. Porté par la ferveur, Léon Marchand a rapidement trouvé le bon rythme. Papillon, dos, brasse, nage libre, il est passé en tête à tous les points de passage. Symbole d'une course et d'un événement maîtrisés. Ce dimanche matin, Léon Marchand avait annoncé la couleur lors des séries avec le meilleur temps. La prise de température était une indication, Léon Marchand était prêt. Serein, il pouvait basculer avec ambition vers la finale neuf heures plus tard : « Si j'arrive à libérer au maximum mon corps et mon esprit, ce sera top. Je pense que ça va le faire, ça va être sympa… » Le sourire cachait mal l'impatience de mordre dans le rendez-vous. Intouchable, Léon Marchand s'inscrit comme le 7e Français champion olympique de natation (en individuel).

La polyvalence : une arme redoutable

Léon Marchand a poursuivi ses Jeux olympiques de rêve, ce vendredi 2 août, en remportant un quatrième titre olympique en finale du 200 m 4 nages. Le Français, record olympique de la distance au passage, devient le premier Français titré à quatre reprises lors de la même édition des Jeux. Léon Marchand a écrit une nouvelle page de sa légende, ce vendredi 2 août. Jusqu'où peut-il aller ? Pour Léon Marchand, la question revient sans cesse. Pour parler du nombre de records du monde qu'il pourrait battre dans sa carrière, du nombre de titres mondiaux qu'il obtiendra ou du nombre de médailles olympiques qu'il pourra décrocher au total. Présent pour apprendre à Tokyo en 2021, il est aujourd'hui à Paris dans la peau d'un mastodonte de la natation, qui vient déjà de signer son premier chef-d’œuvre de la semaine. Son statut de nouvelle star de la natation, Léon Marchand le doit aussi à sa polyvalence assez exceptionnelle, qui fait de lui le meilleur nageur du monde lorsqu'il faut mélanger les quatre nages. Champion du monde en titre sur le 200 m 4 nages, le Toulousain, vise l'or sur la distance. Dans une discipline longtemps dominée par Michael Phelps et Ryan Lochte, qui comptent pratiquement tous les meilleurs temps de l'histoire, Léon Marchand peut craindre un homme, le seul des engagés à avoir un meilleur temps de référence que lui : le Chinois Shun Wang. Avec 1'54''62 comme meilleur chrono, le Chinois fait mieux que les 1'54''82 du Français. S'il a les capacités pour s'aligner sur le relais 4x200 m nage libre, on ne devrait toutefois pas voir le phénomène tricolore y participer. La finale se déroule en effet sept minutes après sa demi-finale du 200 m brasse, au cours d'une journée qui l'aura donc déjà vu nager quatre fois. Un surmenage pas forcément nécessaire pour espérer briller tout au long de la semaine. Mais on le verra sur le relais 4x100 m quatre nages, où les Bleus peuvent rêver d'un podium. Avec Florent Manaudou en crawl, Yohann Ndoye-Brouard en dos, Maxime Grousset en papillon et Léon Marchand en brasse, l'équipe de France a fière allure et vise la breloque.

#

Lire aussi: L'ascension des nageurs français et mondiaux

Lire aussi: Moments clés demi-finales 50m Nage Libre

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *