Le water-polo, ce sport de balle collectif et aquatique, continue de captiver l'attention, et l'équipe de France se prépare activement pour les échéances internationales. Dans quelques mois, se dérouleront les Championnats d'Europe, des rendez-vous cruciaux pour les collectifs nationaux. L'Équipe de France Féminine se dirigera à Funchal, au Portugal, du 26 janvier au 5 février, tandis que l'Équipe de France Masculine, quant à elle, se déplacera à Belgrade, en Serbie. Ces compétitions sont l'occasion de voir à l'œuvre un nouveau souffle au sein de l'encadrement technique, fruit d'une volonté affirmée de la Fédération Française de Natation (FFN) d'inscrire les équipes dans un projet d'avenir ambitieux.
Un Nouveau Cap pour les Équipes Nationales
Afin de mener ces collectifs au plus haut niveau de performance possible et de les inscrire dans un nouveau projet pour les prochaines années, la Fédération Française de Natation a officialisé des nominations stratégiques. Lorène Derenty a été nommée au poste d'entraîneur national de l'Équipe de France Féminine, tandis que Vjekoslav Kobescak a pris les rênes de l'Équipe de France Masculine. Ces annonces, faites à quelques mois des Championnats d'Europe, marquent une étape importante dans la stratégie de développement du water-polo français.
La nomination de Lorène Derenty représente un retour significatif sur le banc des Bleues, mais cette fois-ci en tant que figure de proue. Elle retrouve l'Équipe de France après l'avoir connue en tant que gardienne de 2013 à 2020. Son parcours riche l'a également vue évoluer en tant qu'entraîneur assistant de 2023 jusqu'en 2024, une période durant laquelle elle a acquis une solide expérience lors de grandes compétitions internationales. Après un passage remarqué comme sélectionneuse fin 2024 lors du tour préliminaire de la World Cup, elle revient à la tête de l'équipe féminine, pleine d'ambitions et forte de cette connaissance approfondie du milieu et des joueuses.
Du côté masculin, Vjekoslav Kobescak incarne également un retour, mais dans un rôle de leader. Après avoir été entraîneur adjoint de Florian Bruzzo de 2021 à 2024, il est à présent aux commandes. Le Croate possède une solide expérience dans le monde du water-polo, avec notamment des titres en Ligue des champions à la tête du JUG Dubrovnik, attestant de sa capacité à mener des équipes au sommet. Sa transition du rôle d'adjoint à celui d'entraîneur national s'inscrit dans une logique de continuité et de progression. Florian Bruzzo, son prédécesseur chez les hommes, a désormais pris la fonction de bras droit du DTN Denis Auguin, un mouvement qui illustre les réorganisations au sein de la direction technique nationale.
Le Water-Polo : Un Sport Ancré dans l'Histoire Olympique et Exigeant
Pour comprendre l'environnement dans lequel évoluent ces entraîneurs et leurs équipes, il est essentiel de rappeler les fondamentaux du water-polo. C'est un sport de balle collectif et aquatique qui oppose deux équipes de sept joueurs ou joueuses. L'objectif est simple : marquer plus de buts que l'adversaire au cours des quatre périodes de huit minutes qui constituent le temps réglementaire. Pour les joueurs de moins de 18 ans, les quarts-temps durent sept minutes. Le jeu est rythmé par des pauses, cinq minutes à la mi-temps et deux minutes entre les autres quarts-temps. Durant ces 32 minutes de jeu effectif, les protagonistes nagent jusqu'à cinq kilomètres, une prouesse physique considérable.
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L'histoire olympique du water-polo est également notable. Déjà envisagé pour les Jeux Olympiques d'Athènes en 1896, le water-polo a finalement fait ses débuts olympiques aux Jeux Olympiques de Paris en 1900. L'épreuve n'a pas été disputée en 1904 à Saint-Louis mais a été présente par la suite à chaque édition des Jeux Olympiques, démontrant sa place durable dans le programme olympique. En 2000 à Sydney, le water-polo féminin a fait sa première apparition officielle aux Jeux Olympiques, un siècle après les débuts de la discipline masculine, marquant une étape cruciale pour l'égalité dans le sport. Les tournois olympiques de water-polo opposent généralement 12 équipes masculines d'une part et 10 équipes féminines d'autre part, reflétant la compétitivité et la portée mondiale de ce sport.
Les dimensions spécifiques du bassin de water-polo sont également régies par des règles strictes. Le terrain de jeu est de 30 mètres sur 20 pour les hommes et de 25 mètres sur 20 pour les femmes. Il est matérialisé par des marques de couleur qui ont des significations tactiques précises. Les marques blanches indiquent la ligne de but et le milieu du champ de jeu. Les marques rouges, quant à elles, délimitent la zone de hors-jeu, dans laquelle un attaquant ne peut pénétrer que si la balle s'y trouve déjà ou si une passe aérienne est déjà effectuée, ajoutant une dimension stratégique complexe au jeu. La durée maximale des attaques est de 30 secondes, exigeant rapidité d'exécution et créativité offensive. De plus, des temps-morts sont à la disposition de chaque équipe, à hauteur de deux par quart-temps, permettant aux entraîneurs d'ajuster leurs stratégies en cours de match. Une règle fondamentale, et souvent méconnue du grand public, est que les joueurs de water-polo ne doivent toucher ni le fond, ni les côtés du bassin, soulignant l'endurance et la technique de flottaison requises.
Les Précurseurs et la Construction des Équipes Nationales : L'Exemple de Yann Clay
Avant ces récentes nominations, la structuration des équipes de France de water-polo a toujours reposé sur l'intégration de talents issus du terrain. L’entraîneur de Douai (Nord) Yann Clay, par exemple, est devenu entraîneur adjoint de l’équipe de France de water-polo, une nomination qui avait été annoncée un 12 novembre. Une grande fierté, selon Yann Clay, qui avait par le passé défendu les couleurs de l’équipe de France en tant que joueur. Il avait reçu cette proposition avec beaucoup de bonheur, considérant qu'il n'était pas possible de refuser. Entraîneur professionnel à Douai depuis trois ans et responsable du pôle espoir, il était conscient que la tâche ne serait pas facile et qu'il faudrait travailler pour avoir des résultats. Il avait exprimé sa confiance en la collaboration avec Nenad Vukanic, qui l'avait appelé, anticipant une bonne entente pour échanger et essayer d’avoir l’équipe de France la plus forte possible, avec leurs principes.
Nenad Vukanic, un "Monsieur du water-polo mondial", avait participé trois fois aux Jeux olympiques, gagnant une médaille de bronze en tant que joueur. En tant que coach assistant, il était vice-champion d’Europe, ce qui, pour Yann Clay, représentait la chance d’être à côté d’une figure aussi emblématique. Il avait qualifié cette opportunité d'incroyable. En plus de ses fonctions avec l'équipe senior, l’entraîneur douaisien avait également eu en charge l’encadrement de l’équipe junior, qu’il avait accompagnée l’été précédent aux Universiades à Taipei, aux côtés du coach de Nice, Sam Nardon. Il avait passé un mois vraiment incroyable, l'équipe ayant réalisé la meilleure performance française de tous les temps aux championnats du monde universitaires. Il avait souligné que Sam Nardon était un entraîneur avec énormément de connaissances techniques, tactiques, et sur l’analyse vidéo, et qu'il avait lui-même appris énormément en un mois.
Le premier objectif de Yann Clay avec les Bleus, à cette époque, était de se qualifier pour le championnat d’Europe à Barcelone l’été suivant. L’ambition était de donner le meilleur de soi-même, d'essayer de construire un groupe compétent, cohérent, et de faire un résultat à Barcelone, avec les neuf premiers se qualifiant pour les championnats du monde. À Douai, Yann Clay avait été secondé par Mathieu Canonne, ancien entraîneur des FNCD, qui le remplaçait très bien au quotidien. Ce témoignage illustre l'engagement et les ambitions des entraîneurs adjoints et leur rôle crucial dans le développement des talents, tant au niveau senior que junior.
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