Voiles et Voiliers : Cartographie et Types de Cartes Marines

Introduction

La cartographie marine est un élément essentiel pour la navigation maritime, permettant aux marins de se repérer, de planifier leurs itinéraires et d'éviter les dangers. Cet article explore les différents types de cartes marines disponibles, leur évolution à travers l'histoire, et l'importance de leur utilisation judicieuse, notamment à l'ère numérique.

L'histoire de la cartographie marine

L’origine de la cartographie remonte à l’antiquité. Babyloniens, Chinois, Égyptiens (Ptolémée), Grecs et Romains, peuples navigateurs et commerçants, ont très tôt cherché à représenter les côtes, afin de faciliter la navigation. La plupart des systèmes de cartographie actuels utilisent la projection de Mercator. Cette projection, tient son nom du mathématicien qui l'inventa au XVIe siècle.

Les différents types de cartes marines

Cartes papier traditionnelles

Les cartes marines traditionnelles en papier restent un outil essentiel pour de nombreux navigateurs. Elles offrent une vue d'ensemble fiable de la zone de navigation et ne dépendent pas de l'électronique. Elles sont particulièrement utiles en cas de panne de courant ou de dysfonctionnement des appareils électroniques.

Les cartes papier contiennent une multitude d'informations essentielles pour la navigation, notamment :

  • Sondes : Indiquent la profondeur de l'eau à différents endroits. Le bleu, indique les faibles profondeurs (0 à 10 m de profondeur). temps ! Un chiffre seul, imprimé en italique indique une sonde toujours recouverte d’eau, même en plus basse des basses mer. 9 indique 9 m d’eau, fonds à -9 m sous le niveau de la mer à la plus basse des basses mer. Un chiffre imprimé en italique et souligné indique la hauteur d’une roche découverte lors de la plus basse des basses mer. Si ce même chiffre est mis entre parenthèses, attention, il désigne un décalage par rapport à l’objet sondé (fréquemment pour ne pas surcharger une carte, certaines sondes sont décalées d’un centimètre pour davantage de lisibilité.
  • Nature des fonds : Indique la composition du fond marin (sable, roche, vase, etc.). A proximité des côtes, des indications lettrées renseignent les caractéristiques des fonds. Ces indications sont aussi anciennes que les premières campagnes de sondage. Deux lettres majuscule séparées d’une barre de fraction indiquent un sol mixte (S/M).
  • Phares et amers : Points de repère visuels pour la navigation côtière.
  • Aides à la navigation : Bouées, balises et autres dispositifs signalant les dangers ou les chenaux.
  • Courants et marées : Informations sur les courants de marée et les hauteurs d'eau.

Cartes électroniques

Avec le développement de la technologie, les cartes marines électroniques (CME) sont devenues de plus en plus populaires. Elles offrent de nombreux avantages par rapport aux cartes papier, tels que :

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  • Affichage dynamique : Les CME peuvent être affichées sur des écrans d'ordinateurs, de tablettes ou de traceurs, avec la possibilité de zoomer et de dézoomer pour une meilleure visualisation.
  • Mise à jour facile : Les CME peuvent être mises à jour régulièrement via Internet, ce qui garantit que les informations sont toujours à jour.
  • Intégration avec d'autres instruments : Les CME peuvent être connectées à des GPS, des radars et d'autres instruments de navigation, ce qui permet une navigation plus précise et plus efficace.

Il existe deux principaux types de cartes électroniques :

  • Cartes raster : Ce sont des images numérisées de cartes papier traditionnelles. Elles sont généralement moins chères que les cartes vectorielles, mais elles ne peuvent pas être zoomées autant sans perdre en résolution.
  • Cartes vectorielles : Elles sont créées à partir de données numériques et peuvent être zoomées et dézoomées sans perte de qualité. Elles offrent également la possibilité d'afficher ou de masquer des informations spécifiques, ce qui peut être utile pour réduire l'encombrement visuel. C’est l’une des meilleures au monde, qu’elle couvre entièrement, eaux intérieures comprises. Cette application hérite du savoir-faire de Transas qui équipe de très nombreux navires de commerce dans le monde.

Applications de cartographie mobile

Avec cette application compatible iOS et Androïd lancée en 2010, Navionics, désormais propriété de Garmin, a contribué à populariser la cartographie électronique avec un prix d’accès divisé par quatre ! Rebaptisée Boating, elle existe en deux versions, smartphone et tablette HD, mais seules les résolutions d’écran changent, les autres fonctionnalités étant les mêmes, en particulier les fonds de cartes Navionics+, avec couche d’imagerie satellitaire (avec connexion 4G), hauteurs d’eau, courants, points d’intérêt, etc. À utiliser avec prudence, l’autoroutage est aussi au programme. Première du genre, l’application Navionics Boating reste à ce jour la référence de la cartographie mobile et elle donne accès à une base de données ultra-complète, couvrant tous les plans d’eau, y compris intérieurs, ce qui, à notre connaissance, reste une exclusivité de l’éditeur. Longtemps dédiée au système Apple, cette application cartographique vient d’être portée sur Androïd, qui équipe neuf smartphones et six tablettes sur dix dans le monde. Dans sa version Apple, InavX est la plus complète en termes de fonctionnalité, données, instruments, AIS et NMEA comprises, mais en association avec une passerelle NMEA-wifi (bidirectionnelle pour pouvoir aussi contrôler le pilote automatique). La compatibilité cartographique est aussi large, puisque les cartes raster d’origine NV Charts ou Fugawi sont lisibles par l’application, de même que les cartes vectorielles Navionics+ (79,99 $ pour zone Europe). Via sa boutique interne, iNavX a le gros avantage de supporter plusieurs types de cartographie, mais les tarifs s’élèvent vite et les zones de couverture peuvent être exotiques, comme les cartes Fugawi, uniquement disponibles pour le Brésil et la Nouvelle-Zélande, ou le redécoupage de l’offre Navionics, qui répartit les côtes françaises sur plusieurs folios. Il est vrai que, suite à un changement d’éditeur, l’application a mis un certain temps à reprendre son développement. Le développeur de ScanNav n’oublie pas les terminaux mobiles avec une adaptation Android de son logiciel phare sur Windows PC. Elle lit les mêmes cartes raster SnMap Seamless avec lesquelles elle est offerte sans surcoût. Elle comprend toutes les fonctions de base nécessaires à la navigation, affi chage des données de vitesse, cap, ETA… compris. Compagnon peut sauvegarder les traces du GPS ou les importer sous forme de fi chier GPX standard. à un terminal mobile plus facile à transporter qu’un ordinateur de bord. des données de navigation courantes. Disponible sur iOS uniquement, TZ App permet d’accéder à la technologie en temps réel Time Zero de Maxsea. Esthétiquement soignée, elle offre un moteur 2 et 3D très fl uide et le système de mapping Photofusion propre à la cartographie mm3d. Élégante et soignée, l’interface sera familière à tous ceux équipés d’un multifonction tactile Navnet Furuno ou du logiciel de navigation Maxsea. Les fonctions sont très complètes et leur accès reste assez intuitif, ce qui n’est pas un mince exploit.

Importance des données SHOM

Curieux de connaître la nature des fonds ? De visualiser les fosses sous-marines, ou les différents types de marées dans le monde ? De connaître les courants qui animent votre plan d’eau favori ? C’est possible, tout est possible, sur le portail de données de notre service hydrographique national. Les marnages en Manche avec un coefficient de 120 (plus hautes mers astronomiques). Sur la gauche, les légendes correspondantes. La couleur rouge la plus foncée indique un marnage compris entre 13,50 mètres et 14 mètres. Cela se passe sur data.shom.fr, le portail internet sur lequel le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) met en ligne ses données de toute nature. Une véritable mine ! La carte raster seule, sans autre couche superposée dessus. Mais ce n’est pas tout, loin de là. Les épaves sur la côte atlantique. On repère assez vite les zones où elles sont plus nombreuses. Sur ce portail internet, il est possible de cliquer sur chacune d’entre elles ! L’épave du supertanker Amoco Cadiz, sur les roches de Portsall. Les principales informations y sont : « A été drossé à la côte le 16/03/1978 à 23h00 ». Autre épave, au large de la baie de Lannion cette fois : celle du chalutier Petit Métier, victime d’une voie d’eau en mai 2000. Encore une autre épave, à quelques milles dans le sud-sud-ouest de la pointe de Pen-Hir : celle du goémonier Reine du Léon. Pour les circonstances du naufrage, on cite ici nos confrères du Marin. Modèle bathymétrique. Le relief sous-marin apparaît ici de manière bien plus lisible que sur une carte marine. | SHOM,2015. MNT BATHYMÉTRIQUE DE FAÇADE ATLANTIQUE (PROJET HOMONIM). Les références altimétriques maritimes, ici pour le port de Trébeurden. Le niveau des plus hautes mers astronomiques est à 10,15 mètres, celui des plus basses mers astronomiques à 0,23 mètres, et le niveau moyen à 5,48 mètres. La nature des fonds en mer d’Iroise. À gauche, les légendes correspondantes. En rouge, la roche. En jaune, les sables. En rose pâle, les sables très fins qui tapissent quasiment tout le fond de la baie de Douarnenez. La nature des fonds, cette fois en baie de Quiberon et un peu plus au large. En bleu, les vases. En rouge, la roche. En jaune, les sables, en jaune pâle, les sables fins. La carte des différents types de marées dans le monde, ici en Asie du Sud-Est (avec la légende sur la gauche). En rouge, ce sont des marées diurnes (une seule pleine mer et une seule basse par jour), un type assez rare. Le type le plus courant est semi-diurne (comme sur nos côtes). En jaune, ce sont des marées « mixtes », tantôt diurnes, tantôt semi-diurnes. Courants de marée en vive eau au large de côte de granit rose (Côtes-d’Armor). À gauche, le sous-menu permettant de sélectionner l’heure par rapport à la pleine mer de Brest. Même image que ci-dessus avec cette fois, à gauche, les différentes « couches » de données sélectionnées, que l’on peut à loisir afficher, masquer ou supprimer. Même image que ci-dessus avec cette fois, à gauche, la légende des données de courant (que l’on affiche en cliquant sur le « i », voir la capture d’écran précédente). Les courants à mi-profondeur dans le passage du Fromveur, entre Ouessant et l’archipel de Molène (pointe du Finistère). Vitesses maximales du courant sur les côtes de Bretagne nord et du Cotentin (avec la légende correspondante dans la colonne de gauche). On distingue bien le raz Blanchard, qui détient le record de vitesse pour l’ensemble des côtes françaises (plus de 10 nœuds en vive eau). Mêmes données que sur l’image précédente (vitesses maximales du courant), mais on a zoomé ici sur Ouessant et le passage du Fromveur. Pour afficher les légendes, en règle générale, il faut cliquer sur la petite roue dentée (« Configurer la couche ») puis sur le « i » de « informations ». Pour chaque couche de données, un curseur permet de régler l'opacité. On peut ainsi visualiser deux couches en même temps, comme ici avec la carte raster et la carte bathymétrique (pointe du Raz et chaussée de Sein). On peut aussi aller fouiller dans l’onglet « Prévisions océanographiques » et y trouver des prévisions de vent, de houle, de température de la mer ou encore de salinité… Là encore il y a de quoi faire !

L'importance de la météorologie

Pratiquer la météo peut d’ailleurs amener à se passionner pour l’un des rares domaines où l’on peut encore associer connaissances scientifiques, sens de l’observation, intuitions et goût de la prise de décision. Rédigé par Jean-Yves Bernot, célèbre dans le monde de la course au large comme navigateur sur les grands multicoques et monocoques, mais aussi pour ses routages, Météo générale et stratégie répond aux questions pratiques que se posent les coureurs et les plaisanciers. Il est conçu en trois parties, ce qui permet de passer facilement des éléments théoriques aux applications pratiques : - Lecture des documents Comment acquérir, lire et interpréter toutes les informations disponibles, y compris celles diffusées sur Internet (cartes de pression en surface, d’altitude ou de champs de vent… et autres documents océanographiques). - Le temps qu’il fait et son évolution De quelle façon repérer les phénomènes météo classiques (dépressions, anticyclones, thalwegs, dorsales), estimer leur évolution (déplacement, creusement, comblement…), et les associer à la météo locale. - Exemples et applications Comment utiliser les ressources exposées dans les chapitres qui précèdent pour faire sa propre prévision, et établir une stratégie de course, ou organiser une croisière.

Le routage

Après avoir été longtemps un domaine réservé des coureurs professionnels et de leurs conseillers en stratégie, le routage est désormais à la portée de tous les plaisanciers. Le développement de l'informatique de bord, la mise au point de logiciels grand public, l'accessibilité accrue des sources météorologiques et océanographiques, ont largement facilité, accéléré et simplifié l'exercice. Chacun peut s'approprier aujourd'hui la technique permettant de planifier sur l'eau une route optimale, que l'objectif soit de rallier l'arrivée dans les meilleurs délais, de choisir le trajet le plus sûr, de naviguer dans les conditions les plus confortables, ou même de choisir son heure de départ. Mais si la maîtrise des outils nécessaires s'avère relativement aisée (et cet ouvrage y contribuera grandement), elle ne saurait suffire : un routage n'est en aucun cas "un horaire de chemin de fer" , une suite de caps à suivre à la lettre et de points de passage à cocher sur la carte, mais une aide à la réflexion et à la décision. Le grand mérite de ce livre est de fournir au lecteur les clés d'une lecture critique des routages proposés par l'ordinateur.

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Logiciels de routage et de navigation

Bonjour,Je viens de lire l’article paru dans Voiles et Voiliers de Juillet sur les logiciels de routage et de navigation. Notre surprise fut totale lors ce que nous avons découvert qu’Avalon Offshore était noté 2 étoiles alors que W4D et Sailgrib étaient notés 4 étoiles. Cette étude a été faite sans tests réels (du moins d’Avalon). On nous à juste demandé de cocher des cases sur les capacités d’Avalon Offshore. La notation a donc été établie sur les fonctionnalités théoriques des logiciels. Ces fonctionnalités ont d’ailleurs été réduites peut-être afin de ne pas “embarrasser” certains logiciels moins puissants avec des questions sur le calcul des polaires, la transmission des fichiers météo et son optimisation nécéssaire pour les transmissions par satellite, le maniement des waypoints, l’accompagnement des débutants, la rapidité de calcul, la pertinence des routes trouvées, l’angle de recherche de la route, les cours fournis gratuitement … Même si on se réfère à cette liste de 37 critères, le résultat est: Avalon: 26 / 37 pour 2 étoiles W4D: 25 / 37 pour 4 étoiles Sailgrib: 26 / 37 pour 4 étoiles Quand on lit l’article, les sociétés mentionnées et les liens bien connus entre ces sociétés, nous font comprendre très vite qu’il ne s’agit pas d’une étude comparative sérieuse sur les logiciels de navigation et de routage météo mais plutôt d’un publi reportage. La bonne nouvelle à retirer de ceci est qu’Avalon Offshore commence à déranger certain logiciels bien établis. Dernières nouvelles: Voiles et Voiliers a admis que la note de “2 étoiles” avait été attribuée à Avalon par erreur et qu’un tableau correctif sera publié dans le numéro d’Aout. Mise à jour de Novembre 2022: Aucune excuse, ni errratum n’a été publiée par le magazine.

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