Le Monde du Silence à l'Écran : Une odyssée cinématographique entre mythes, merveilles et réalités

Quand on a le temps, tout le temps du monde (ou juste simplement pour se faire plaisir), il est bon de visionner des films qui nous parlent de notre passion préférée. Au cinéma, la plongée sous-marine a toujours fasciné l'humanité, offrant un aperçu d'un monde mystérieux et souvent inexploré. Cette passion se traduit par des œuvres captivantes qui mêlent aventure, suspense et beauté naturelle. Des classiques intemporels aux thrillers modernes, les films de plongée sous-marine nous emmènent dans les profondeurs des océans, où la réalité côtoie le rêve et le danger. Ce monde unique, et encore largement méconnu, joue à juste titre un rôle de premier plan dans de nombreuses superproductions hollywoodiennes.

L’évolution de l’imaginaire aquatique

Grand classique des amateurs de films de plongée sous-marine, celui de Jacques-Yves Cousteau est très certainement intéressant à regarder d’un point de vue historique, mais absolument pas du côté des pratiques, notamment vis à vis des espèces marines, qui ont bien changées. Il a cependant le mérite d’avoir fait découvrir la beauté des fonds sous-marins au grand public. Et d’avoir donné envie à nombre d’entre nous de s’immerger.

Il faut être né loin de la communauté francophone pour ne jamais avoir entendu parler du Grand Bleu, le film extraordinaire de Luc Besson. Alors qu’il parle d’apnée et non de plongée, ce film est pourtant régulièrement cité comme un merveilleux film de plongée dans la communauté des plongeurs et donne très clairement envie de découvrir les fonds de la grande bleue. Dans une veine plus contemplative, un documentaire de Jacques Perrin est bourré de très belles images sur les océans. C’est carrément un film-documentaire que j’adore. Pas étonnant quand on sait qu’il parle d’une exploratrice sous-marine véritablement incroyable, le documentaire "Mission Blue" (2014) est centré sur la célèbre océanographe et biologiste marine Sylvia Earle. Ce film met en lumière son travail de préservation des océans et son engagement pour sensibiliser le public à l’importance de la protection des écosystèmes marins.

Entre thrillers sous-marins et huis clos oppressants

En règle générale, je n’aime pas vraiment les films et histoires qui font peur, je leur préfère de loin les belles histoires positives. Pourtant, je ne peux écrire cet article sans mentionner ces films qui font aussi partie de l’ensemble des films appréciés par les plongeurs.

« The Deep » (1977), basé sur le roman de 1976 écrit par Peter Benchley, est une aventure captivante des années 70. Avec à l’affiche Jacqueline Bisset et Nick Nolte, le film raconte l’aventure que va vivre ce couple sympathique en vacances aux Bermudes. Le succès initial du film doit également beaucoup à la scène de plongée de Jacqueline Bisset en t-shirt.

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Dans un registre différent, « Sphère » (1998) n’est pas un film de plongée standard. Ce blockbuster de science-fiction affiche à l’écran Dustin Hoffman, Samuel L. Jackson et Sharon Stone. Il raconte la découverte d’un vaisseau spatial extraterrestre au fond de l’océan Pacifique. C'est un film unique, à mi-chemin entre le film de plongée, le film d’horreur et le film fantastique.

Pour les amateurs de survie, « Open Water » (2003) est sans doute un des plus grands succès du cinéma de plongée des 20 dernières années. C'est une œuvre inspirée d’un fait divers réel. Un couple d’américains va plonger pendant leurs vacances, et à cause d’une erreur de comptage, le bateau qui devait les ramener à terre repart en les laissant en pleine mer, à la dérive. La photographie, minimaliste, rend cette histoire de plongée particulièrement plausible, et a un effet presque physique sur le spectateur.

« Sanctum » (2011) est un film de survie captivant dont l’intrigue se déroule en spéléoplongée. Bien que le scénario soit simple, comme souvent dans les films de survie sous-marines, le spectateur ne peut qu’être pris par le suspense. La photographie est absolument magnifique.

« 47 Metres Down » (2017) met en scène deux sœurs en vacances au Mexique, décidant d’accompagner des amis récemment rencontrés pour plonger avec des requins. Le câble reliant la cage au bateau s’effiloche puis finit par céder ce qui entraîne les deux femmes à 47m de profondeur. « 47 Metres Down » s'avère être un excellent thriller au rythme haletant, réussissant à merveille à renvoyer une atmosphère de huis clos étouffant.

« À bout de souffle » (2023), film de plongée allemand-maltais, est un remake du film norvégien « Breaking Surface » (2020). Ce thriller met en scène l'histoire de deux sœurs qui partent en excursion de plongée sous-marine dans un endroit magnifique et sauvage. Drew est coincée sous l’un des projectiles suite à une chute de rochers. Avec des niveaux d’oxygène dangereusement bas et des températures glaciales, c’est à sa sœur de se battre pour la sauver. Sans effets spéciaux, ce thriller dépeint la situation avec réalisme et minimalisme.

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L’engagement cinématographique et social

L'histoire vraie de Carl Brashear, premier Afro-Américain à avoir intégré la Navy en tant que scaphandrier, nous est racontée dans « Les chemins de la dignité ». Ce film nous montre l'incroyable talent de Cuba Gooding Jr. ainsi que de Robert De Niro. De Niro excelle une fois de plus dans son rôle, celui d'un gradé de la Navy, teigneux et rebelle, qui fera tout pour casser le nouveau. C’est une véritable perle du cinéma Hollywoodien du début des années 2000. L'histoire vraie de ce jeune noir américain qui est confronté à toutes sortes de coups bas par ses pairs est à découvrir ; jusqu’où la volonté d’un homme peut-elle aller, cette histoire est un exemple pour nous.

Regard critique sur les erreurs techniques du septième art

De la recherche d’un trésor englouti à la découverte de villes perdues, le monde sous-marin a toujours captivé les plongeurs et les non pratiquants. Vous trouverez ci-dessous quelques-unes des plus grosses erreurs de plongée sous-marine dans les films que vous avez probablement vus.

Premièrement, le film « Les Dents de la mer » a transformé des générations de spectateurs en galéophobes. Mais ce n’est pas la seule raison de critiquer le film. Lors de l’une des scènes les plus spectaculaires, le chef Brody affronte le requin. Il réussit à tirer sur une bouteille de plongée logée dans la gueule du requin. Une bouteille de plongée correctement entretenue n’explose pas comme une bombe. Si la scène avait été conforme à la science, la bouteille percée aurait été propulsée vers l’arrière par l’air pressurisé.

Deuxièmement, James Bond est un plongeur hors pair, mais dans « Permis de tuer » (1989), il repousse les limites de la crédibilité. Pendant une scène de combat, il utilise un fusil harpon pour s’accrocher à un hydravion à la surface. Comme le savent les plongeurs certifiés, une remontée en toute sécurité est essentielle pour éviter les lésions dues à la surdilatation des poumons et les accidents de décompression.

Troisièmement, dans « Abyss » (1989), un classique de James Cameron, l’équipe doit désarmer une tête explosive à plus de 3,2 kilomètres de profondeur. La réponse est un appareil respiratoire à liquide. En théorie, la respiration à l’aide d’un liquide riche en oxygène au lieu de l’air peut fonctionner, cependant, dans le processus décrit dans le film, il n’y a pas d’échange de gaz.

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Quatrièmement, « La Crypte » suit une équipe d’experts en exploration de grottes. Ils découvrent quelque chose qu’ils n’auraient jamais pu imaginer tout en réalisant un exploit impossible. Il est possible de parler en plongée scaphandre si vous portez l’équipement adéquat, mais dans ce film, les plongeurs utilisent des détendeurs en bouche qui devraient les empêcher de parler, mais la conversation se déroule comme si les détendeurs n’existaient pas.

Cinquièmement, dans « Voyage au centre de la Terre 2 : L’île mystérieuse », Hank et Sean créent des bouteilles pony inspirées de MacGyver en utilisant des tubas attachés à des sacs en plastique flexibles. L’utilisation de bouteilles pony de fabrication artisanale, en particulier de sacs ou de récipients fragiles remplis d’air, ne l’est pas. Il ne servirait à rien lorsque vous approcherez des 30 mètres de profondeur.

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