La restauration d'un canoë, surtout s'il s'agit d'une embarcation en fibre de verre ayant déjà subi des modifications, peut s'avérer une tâche complexe. Le défi principal réside souvent dans l'identification des matériaux et des techniques appropriées, un parcours semé d'embûches où les conseils avisés sont parfois difficiles à obtenir. Une expérience, relatée comme le deuxième article de la série « Restaurer mon canot », a mis en lumière la nécessité de se munir d'informations précises et adaptées au monde nautique. Lors d'une visite dans un magasin spécialisé en sports nautiques, canoë et kayak, une discussion avec un expert en la matière s'est révélée peu fructueuse. L'expert avait suggéré de simplement utiliser l'embarcation « jusqu’à ce qu’il ne flotte plus, puis achetez en un autre », avec la remarque que « vous n’auriez pas dû le peinturer », le canoë ayant été peinturé il y a plus de dix ans. Cette conversation n’allait visiblement nulle part, malgré la reconnaissance que, « je comprends que je n’aurais pas dû le peinturer, mais maintenant que c’est fait, je vais enlever la peinture. Je la remplace avec quoi? Le papier sablé ne laissera pas une coque lisse, alors il faudra bien la remplacer avec quelque chose, cette peinture! » Il est apparu que, si cet expert en canots avait regardé un peu plus loin que le bout de son nez, il aurait probablement trouvé qu’il existe des produits parfaitement adaptés aux bateaux en fibre de verre. Car, « pour moi, un canot en fibre de verre, c’est un bateau en fibre de verre », une notion fondamentale pour la restauration.
La Quête des Produits Spécifiques pour Bateaux en Fibre de Verre
La recherche des matériaux adéquats est une étape cruciale pour toute restauration de canoë. La deuxième boutique visitée après l'expérience frustrante avait exactement ce qu'il fallait. Il est possible de sortir d'un magasin bien heureux d’avoir finalement trouvé ce que l’on cherchait : une petite bouteille de « gel coat » pour les petits trous dans le canot, une couche protectrice en deux parties et une peinture de polyuréthane faite pour être appliquée sur des bateaux. Ces produits spécifiques sont essentiels pour garantir la durabilité et l'esthétique de la restauration. Des marques comme Interlux, dont un produit a été utilisé, sont faites exprès pour l’utilisation marine. Pour la coque et le pont, une peinture polyuréthane bi composant peut être utilisée. Le bateau restant sur l’eau une partie de l’année, il est impératif d’utiliser soit un applicable au pinceau ou pistolet, soit un Gel Coat polyester isophtalique applicable au pinceau ou pistolet. Il est important de noter que des produits tels que le Vernis universel brillant de finition en aérosol, la Peinture blanche brillante de finition en aérosol, la Peinture noire brillante de finition en aérosol, l'Apprêt universel anticorrosion COMUS en aérosol, le Vernis marin mono-composant PLASTIVERNIS 127 (brillant ou satiné), le Vernis marin mono-composant de finition, la Peinture noire mate Haute Température en aérosol, le Primaire d'accrochage pour résines NAVIFLEX, la Colle PU bi-composants pour matériaux souples, et la Colle aérosol RSB-139 pour le pré-positionnement des tissus, sont autant de solutions spécialisées disponibles sur le marché pour diverses applications nautiques, bien que certains comme la Peinture au caoutchouc pour piscines (3 litres) soient moins adaptés aux canoës.
La Préparation Méticuleuse du Support : Une Étape Non Négociable
La réussite d'une nouvelle couche de peinture ou de gel coat dépend avant tout de la qualité de la préparation du support. Une fois les produits adéquats en main, l'après-midi, alors qu'il faisait plus de 30 degrés, probablement près de 40 avec l’humidex, le travail a pu commencer. La première étape a consisté à enlever la majorité de la peinture verte appliquée il y a plus d’une décennie, en utilisant une sableuse orbitale. Une heure plus tard, une grande partie était retirée. Il restait plusieurs taches, mais elles étaient très minces, et il a été décidé de les laisser par peur d’endommager la fibre de verre, une prudence nécessaire pour préserver l'intégrité de l'embarcation.
Le nettoyage de l’embarcation entière à l’acétone, effectué deux fois, est ensuite crucial. Il ne devait rester absolument aucune poussière, car un support propre est essentiel. La préparation du support exige de bien nettoyer et préparer : le ponçage, l'essuyage, le dégraissage et le rinçage à l’eau claire sont des étapes essentielles pour obtenir une surface propre et prête à être peinte. Une fois ce travail terminé, la chaleur accablante a incité à se réfugier à l'intérieur.
Dans les jours qui ont suivi, les réparations au canot ont été appliquées en utilisant la petite bouteille de gel Coat. Il en faudrait deux couches au total pour les petites imperfections. À noter que les trous étaient tout petits et ne perçaient pas la coque. Ensuite, un resablage des réparations, suivi d'un renettoyage à l’acétone, ont préparé la surface pour la peinture. Il est important de souligner que les petits défauts sont plus visibles qu'avant avec le top coat si la surface n'a pas été suffisamment poncée en pensant que cela serait masqué. Une bonne préparation inclut un ponçage régulier avec un abrasif à l'eau monté sur une cale, ce qui permet d'obtenir une surface lisse.
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L'Application des Couches Primaires et Protectrices
Avant d'appliquer la peinture de finition, une ou plusieurs couches intermédiaires sont nécessaires pour assurer l'adhérence et la protection. Tout d’abord, il est essentiel de bien protéger le canot avec un ruban adhésif pour peintre. La première couche appliquée était un inter-protect en deux parties. Il fallait mélanger les deux parties en proportion d’une part pour trois, puis laisser agir 20 minutes avant application. Deux couches ont été données, en utilisant un pinceau pour le découpage et un rouleau pour l’application. Cette peinture, bien que très épaisse, était facile d’application. Après l'application, un sablage et un nettoyage à l’acétone sont encore nécessaires.
L'apprêt est recommandé sur les surfaces non traitées pour garantir une meilleure adhérence de la peinture et améliorer la durabilité du revêtement. Il aide également à unifier la couleur et à masquer les imperfections. L'utilisation d'un primaire d'accrochage pour résines est une option valide. Pour des surfaces à fort risque de corrosion, l'apprêt universel anticorrosion COMUS en aérosol peut être une solution.
La Peinture de Finition : Choix et Techniques d'Application
L'étape suivante est l'application de la peinture de finition, qui confère au canoë son aspect final et sa protection durable. La peinture de polyuréthane est un excellent choix pour les applications marines. Un produit Interlux, fait exprès pour utilisation marine, a été opté pour un fini beige. Cette peinture, bien que très liquide, peut s'avérer difficile d’application. Un pinceau est utilisé pour le découpage, puis un rouleau pour les grandes surfaces. Il est souvent nécessaire d'appliquer plusieurs couches fines, dans ce cas, quatre, pour un résultat optimal. La première couche peut à peine recouvrir le gris protecteur, mais à partir de la deuxième couche, on commence à voir le vrai résultat du travail. Une caractéristique appréciable de ce type de peinture est qu'elle ne requiert pas de sablage après. Même avec une application au rouleau, elle ne donne pas un effet « pelure d’orange », mais sèche belle et lisse.
Il est important de privilégier plusieurs couches fines pour une couverture uniforme et régulière. Lors de l'application, particulièrement avec un rouleau mousse, il est conseillé de croiser les couches pour un meilleur pouvoir couvrant et un rendu homogène, comme l'expérience le montre avec le passage de la seconde couche sur le pont faite avec un rouleau laqueur velours en croisant par carré de 30 cm. Un manque de croisement peut entraîner un manque de pouvoir couvrant.
Concernant le gel coat de finition, si une finition lisse n'est pas strictement nécessaire, il peut être appliqué au rouleau ou au pistolet, et des zones antidérapantes peuvent être créées en saupoudrant des billes de verre. Il faut appliquer environ 600 gr/m² ; cependant, au rouleau, il est difficile d’appliquer cette quantité en une fois avec un bel aspect. L'application d'une couche très fine de top coat peut nécessiter une seconde couche au rouleau pour un rendu homogène. Pour le pont, par exemple, 400g de top coat ont été utilisés, mélangés à 2% de MEC (8ml pour 400g), avec une durée de vie d'environ 30 minutes sans problème. Une attention particulière doit être portée au délai entre les couches de top coat, 24 heures étant souvent suffisant. Pour l'intérieur du cockpit, où la fibre est parfois visible sous la résine, l'utilité d'un top coat au-delà de l'intérêt esthétique est une question récurrente. Certains préconisent de farter le gelcoat pour rehausser sa teinte et éviter qu'il écaille rapidement.
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Des alternatives existent, telles que la peinture polyuréthane pour carrosserie de voiture, qui peut donner un résultat « nickel » sur un kayak en kevlar/carbone, mais elle risque d'alourdir le bateau, ce qui est une considération importante pour les embarcations légères. La peinture pour les sols, appliquée au pinceau, peut également être une option, bien que le gelcoat appliqué au pinceau puisse être « moche » et qu'il serait préférable de le pistoletter en fine couche avec un gelcoat paraffiné pour éviter qu'il ne craquelle. Il est formellement déconseillé d'appliquer de la peinture vinyle ou acrylique sur l'époxy, car l'adhérence sera insuffisante.
Les Conditions Idéales et le Respect des Temps de Séchage
Le succès de l'opération de peinture dépend grandement des conditions environnementales et du respect des temps de séchage. La température idéale pour peindre est d’environ 20°C. En revanche, il n'est pas conseillé de peindre en dessous de 10°C et au-dessus de 30°C. Les conditions rencontrées, où il faisait plus de 30 degrés, probablement près de 40 avec l’humidex, représentent un défi qui doit être pris en compte. Un taux d'humidité de 50% à 22°C est par exemple une condition favorable.
Les temps de séchage sont cruciaux : un produit est hors poussière en 30 minutes, non collant après 2 heures, et le séchage complet intervient en 8 heures. Il est fondamental de bien respecter un temps d'attente suffisant entre chaque couche pour permettre aux solvants de s'évaporer. Le non-respect de ces délais peut compromettre la qualité et la durabilité du revêtement.
Finitions et Protection Long Terme
La dernière étape de la restauration consiste à protéger durablement la surface peinte. Une fois la peinture sèche, le ruban adhésif peut être enlevé. L'application d'une couche de cire marine sur le tout est une excellente pratique. Pour cette tâche, une ponceuse/polisseuse d'un voisin a été empruntée, mais il est tout à fait possible de l’appliquer sans cet outil, en suivant simplement les instructions sur la bouteille : appliquer une couche fine sur tout le canot et la laisser devenir opaque.
L'application du vernis, tout comme la cire, améliore la résistance aux rayures et la durabilité de la peinture, tout en facilitant l'entretien. Il existe différents types de vernis, comme le vernis marin mono-composant PLASTIVERNIS 127, disponible en brillant ou satiné, ou le vernis marin mono-composant de finition.
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