Le surf, plus qu'un simple sport, est devenu un véritable phénomène culturel mondial. Des plages d'Hawaï aux côtes françaises, en passant par l'Australie et l'Afrique du Sud, le surf a conquis des millions d'adeptes à travers le monde. Cette pratique, initialement confidentielle, a connu un essor considérable, transformant les littoraux en foyers d'activité et créant une véritable économie. L'industrie mondiale du surf génère environ 22 milliards de dollars de revenus, incluant le matériel (planches de surf, équipements), les vêtements et les accessoires. Selon une estimation de 2018 du site Surftoday, il y aurait environ 23 millions de surfeurs dans le monde. Les États-Unis, l'Australie, la France, le Royaume-Uni et l'Espagne sont les pays qui comptent le plus de surfeurs par habitant.
Plusieurs facteurs contribuent à la popularité du surf et à l'augmentation du nombre de pratiquants. L'exposition médiatique, à travers les films, les compétitions et les événements liés au surf, contribue à sa visibilité et à son attrait. L'amélioration des matériaux et la disponibilité de planches en mousse plus abordables rendent le surf plus accessible aux débutants. Le surf est souvent associé à un mode de vie sain, proche de la nature et axé sur le bien-être. De manière inattendue, les confinements liés à la pandémie de Covid-19 ont paradoxalement entraîné un regain d'intérêt pour le surf, considéré comme une activité de plein air synonyme de liberté.
Les Origines du Surf en France : Biarritz, Berceau d'une Nouvelle Passion
L'histoire du surf en France est intimement liée à la ville de Biarritz. C’est en 1956 que les premières vagues sont surfées en France, à Biarritz. En 1957, le tournage du film « Le soleil se lève aussi » a attiré l'attention sur les vagues de la Côte Basque. Peter Viertel, le réalisateur, a fait venir une planche de surf, initiant ainsi un groupe d'amis basques à ce nouveau sport. Ces pionniers, surnommés les « Tontons Surfeurs », ont contribué à l'essor du surf en France. Le plus ancien de ces clubs est le Waikiki surf club, créé le 16 septembre 1959 par Carlos Dogny, Peter Viertel, Jacques Rott, Georges Hennebutte, Joël de Rosnay et Michel Barland. Parmi les membres du club, citons notamment André Plumcocq, Robert Bergeruc, Pierre Laharague, Joseph et Jo Moraiz, Paul Pondepeyre, Henri Etchepare et Claude Durcudoy. Le Waikiki est installé dans les établissements des Bains de la Côte des Basques.
Le mouvement de structuration se poursuit avec la création d'autres clubs. Le Surf Club de la Chambre d’Amour est, lui, créé le 27 août 1963. Il est inauguré par le Dr Lacroix, maire d'Anglet, et Deborah Kerr, célèbre actrice américaine des années soixante et épouse de Peter Viertel, lequel a introduit le surf en France six ans plus tôt. Installé dans l'établissement des bains de la cité angloy, il a pour président Joël de Rosnay. Cette même année, deux autres clubs viennent grossir les rangs : l'USB et le Kostakoak de Bidart. Si les championnats de France ont eu lieu à Biarritz depuis 1961, les premiers championnats sous l'égide de la Fédération Française de Surfriding se disputent en 1965 à Anglet. Joël de Rosnay et Marie-Christine Delanne sont sacrés champions de France.
La Fédération Française de Surf : D'une Fédération de Surfriding à une Instance Olympique
Sept ans après l'apparition du surf en France sur les vagues de Biarritz, la Fédération Française de Surfriding (FFS) est créée en mars 1964 à Biarritz. Elle voit le jour sous l’impulsion de Guy Petit, maire de Biarritz à l’époque, ainsi que de Joël de Rosnay, un des premiers surfeurs français, puis d’André Dedieu, responsable du « Waikiki Surf Club » de Biarritz et de l’Union Sportive de Biarritz. L’objectif de la création de la Fédération était de réunir toutes les « tribus » des plages qui se faisaient concurrence. Le 20 août 1964, au lendemain de la diffusion à la télé de l'émission « Les coulisses de l'exploit » consacré au surf, a lieu à la Côte des Basques la réunification de ces clubs par le Maire de Biarritz Guy Petit. Le siège est basé à l'office du tourisme de la ville.
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La déclaration en préfecture de la Fédération n’intervient que le 13 juin 1965, officialisant son existence et son rôle structurant. En 1966, la Fédération Française de Surfriding obtient l'agrément ministériel, devenant une des rares fédérations sportives françaises à ne pas avoir son siège à Paris, mais à l’Hôtel de Ville de la station balnéaire basque. La même année, le premier comité régional, le Comité régional d’Aquitaine, voit le jour, deux ans après la création de la FFS. En 1972, la F.F.S. obtient son habilitation, marquant une reconnaissance accrue de son rôle.
Les années 1970 ont vu le développement de la Fédération Française de Surfriding. Médiatisés dans les magazines et films de surf américains, les spots français, dont celui de la Barre, attiraient de plus en plus d'étrangers. On organisait alors des compétitions internationales auxquelles participaient les grands noms de l'époque : les Australiens Bob Keenan, Mickael Hickey, Nat Young, Wayne Carroll, Peter Troy, les Hawaïens Jan Lee, Gerry Lopez, Jeff Hackman. Ces rencontres ont permis une progression rapide des pionniers français. Après les Australiens et les Américains, ce sont les Tahitiens qui vont apporter un nouvel élan au surf français. Ceux-ci dominent implacablement les compétitions nationales, avec des figures comme Henri Lucas, Patrick Juventin et Arsène Harehoe, qui remporte notamment 5 titres nationaux entre 1976 et 1989. En 1976, Tahiti accueille même les championnats de France à 20.000 km du siège de la FFS. Le comité tahitien les organisera une seconde fois, en 1987, avant de quitter le giron fédéral avec la création de la Fédération tahitienne de surf. Au cours de la quinzaine d'années de relations étroites, les Polynésiens ont apporté une vague de fraîcheur au surf national, caractérisée par un engagement total, une insolente décontraction en compétition et une maîtrise parfaite des tubes.
Le surf métropolitain va toutefois superbement réagir. Entrainés par le Biarrot Thierry Sansoube, trois surfeurs vont dominer le surf français pendant de nombreuses années : Thierry Fernandez, Jean-Louis Poupinel et Thierry Domenech. Ceux-ci vont également porter haut les couleurs de la France lors des championnats d'Europe mais aussi du monde dans les années 80.
L'Émergence du Skateboard et la Professionnalisation
En 1977, Jean-Baptiste Caulonque succède à Jacques Fagalde à la tête de la Fédération. Avec le boom du skateboard, la F.F.S. est habilitée à réglementer la discipline. La Fédération change de sigle et devient en 1977 la Fédération Française de Surf et Skate (FFSS). Le rôle de la FFSS prend de l'ampleur. En 1980, la France obtient l’organisation des Championnats du Monde amateurs à Hossegor et Biarritz. Elle en sera de nouveau le pays hôte en 1992 (Lacanau) et 2008 (Seignosse). Ces événements internationaux consolident la place de la France sur la scène mondiale du surf. Jean-Pierre Vilaverde est élu président de la Fédération en 1980. La FFSS déménage et s'installe en 1984 à Hossegor, dans un bâtiment de la mairie, marquant un nouveau tournant géographique et institutionnel après l'intermède Seignosse.
Après Tahiti, le surf français va s'enrichir d'une autre terre de surf. La Ligue réunionnaise de surf voit le jour en 1984 par la volonté d'un homme : Maxence de la Grange qui parvient, comme Guy Petit en 1964, à fédérer les deux clubs rivaux des Roches Noires et de Boucan Canot. Sur ce caillou de l'océan Indien, léché par les swells massifs de l'Antarctique, le surf est apparu au début des années 70. Influencés par les pionniers australiens, installés sur l'île Maurice voisine, mais aussi par les Sud-Africains, les Réunionnais se mettent à organiser des compétitions à grande échelle, et une génération de compétiteurs aux dents longues débarque en métropole. Eric Coutelier est vice-champion de France derrière Vetea David en 1984, Anne-Gaëlle Hoarau va dominer le surf féminin français pendant plus de dix ans, Stéphane Sisco est le n.1 européen du bodyboard pendant cinq ans. Pour progresser et aller chercher le titre en surf, les Réunionnais comprennent que le passage obligé est la formation. Avec Christophe Mulquin et Patrick Florès à leur tête, les sélections réunionnaises dominent les championnats de France dans les années 90.
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La professionnalisation du surf est une étape clé. Le premier diplôme, le Brevet Fédéral voit le jour en 1973. En 1984, un arrêté ministériel créé le Brevet d’État de surf. Le surf se professionnalise notamment grâce à la création du brevet d’État de surf en 1987. La première session se déroule en septembre, et six récipiendaires obtiennent le premier BE surf. L’enseignement du surf peut être rémunéré. Chose inimaginable 20 ans auparavant, des jeunes surfeurs peuvent vivre du partage de leur passion.
Les années 80 sont également marquées par l'apparition du surf à l'école. Véritable obstacle pour vivre une vraie vie de surfeur, le fait que les jeunes désertent l’école pour aller surfer a poussé la Fédération à intégrer le surf dans l'école. Finement joué, car du coup les surfeurs y sont restés. En 1987, la création du Sport-Etude officialise le premier acte et par la suite, l’accompagnement scolaire du haut niveau sera couronné par la labélisation du Pôle France en 1996. Quatre Pôles Espoirs complètent le dispositif en région. Ces démarches de la Fédération visent à accompagner le double projet, sportif et scolaire.
Reconnaissance Officielle et Haut Niveau
La Fédération est officiellement reconnue par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en 1989. C'est la première Fédération nationale de surf au monde à être reconnue par son propre Comité National Olympique. Un an plus tard, en 1990, la Commission Nationale du Sport de Haut Niveau reconnaît le surf comme discipline de Haut Niveau. Le surf bénéficie dès lors des dispositions prévues pour les sportifs de Haut Niveau : suivi social, aides individualisées, suivi médical, structures d'accession au Haut Niveau, etc. Toujours en 1990, on assiste à la création d’un poste et nomination d’un Directeur Technique National, agent du Ministère des sports, placé auprès de la FFSS pour en assurer le développement. Francis Distinguin est le premier DTN du surf français, fonction qu'il occupera jusqu'en 2008.
En 1990, Jacques Hèle, originaire de Lacanau, est élu président de l'International Surfing Association (ISA). Il permettra notamment à la France d’accueillir les championnats du monde en 1992 à Lacanau. En 1993, Alain Farthouat succède à Jean Saint-Jean à la tête de la Fédération. En 1995, la Commission Nationale de Sport de Haut niveau valide la filière Haut niveau surf et le label qualité « École Française de Surf » est créé. En 1996, les appellations antérieures « Sports études, Centre Permanent d'Entraînement et de Formation » sont remplacées par « Pôle France », et le Pôle France de Biarritz est labélisé. Par ailleurs les Pôles Espoirs à la Réunion et en Guadeloupe, puis de Bretagne, obtiendront bientôt leur labélisation.
Les années quatre-vingt dix sont marquées par la montée en puissance des équipes de France. Nicolas Capdeville remporte le premier de ses deux titres mondiaux à Lacanau lors des Mondiaux ISA que la France organise en 1992. À la fin des années 90, un phénomène émerge : Jérémy Florès. Né à La Réunion, formé par son père sur les vagues australiennes, il intègre les équipes de France très tôt et deviendra à 17 ans le plus jeune surfeur à remporter le circuit WQS pour intégrer le WCT dès 2007. Les années 2000 marquent aussi l'avènement du surf féminin en France.
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Diversification des Activités et Accès pour Tous
À la fin des années 80, un phénomène que personne n’a prédit se produit : la mode du surf sort soudain de son cercle restreint d’initiés et déferle, d’abord sur les plages, puis dans les villes. Les marques de textile, anglo-saxonnes ou françaises, connaissent un essor fulgurant et une croissance à deux chiffres. Le business de la glisse est né, il surfe avec succès sur une image surf bâtie de fun, de liberté, de jeunesse et d’écologie. Une activité économique se développe, créatrice d’emplois pour les jeunes surfeurs passionnés. Pour entretenir le rêve, les marques investissent dans des compétitions qui se multiplient, et soutiennent activement les champions français.
La Fédération Française de Surf (FFSurf) est l’instance nationale responsable de l’organisation, du développement et de la promotion du surf en France. Fondée en 1964, elle est reconnue par le Ministère des Sports et affiliée à la World Surf League (WSL) et à l’International Surfing Association (ISA). La FFSurf regroupe plusieurs disciplines liées aux sports de glisse, telles que le surf, le bodyboard, le longboard, le stand-up paddle (SUP), et le kite-surf. Elle soutient plus de 100 000 licenciés et plusieurs centaines de clubs sur tout le territoire français, notamment sur les littoraux de l’Atlantique, de la Méditerranée et des îles. La fédération organise des compétitions nationales comme les Championnats de France de Surf, la Coupe de France de Surf, et des événements internationaux comme le World Surfing Games ou des étapes du Championnat du Monde de Surf. Elle soutient les équipes de France lors des compétitions mondiales, dont les Championnats du Monde et les Jeux Olympiques, où le surf a été intégré en 2020. La FFSurf œuvre également pour la formation des entraîneurs, des arbitres, et des dirigeants, tout en soutenant le développement du surf en milieu scolaire et auprès des jeunes.
En 1997, l'association « Surf Insertion » est créée dans le but d’assurer l’accessibilité, l’insertion professionnelle, l’éducation et la formation des jeunes et des quartiers sensibles, ainsi que dans les zones rurales d’Aquitaine, et sur tout le territoire français, à travers la pratique des sports de glisse. Plus tard, en 2013, l’Association Handi Surf, créée un mois plus tôt, reçoit de la Fédération Française de Surf l’agrément « Association Nationale » en janvier, promouvant l'accessibilité du surf aux personnes en situation de handicap. La fédération défend des valeurs de respect de l’environnement, de solidarité, de partage et de liberté. Elle œuvre pour la préservation des spots de surf et des espaces naturels, tout en soutenant le développement durable dans la pratique du surf.
L'Ère Olympique et les Chiffres Clés Récents
Le 3 août 2016, la 129e session du CIO réunie à Rio de Janeiro décide de l’inclusion de 5 nouveaux sports, dont le surf, pour les JO de Tokyo-2020. Le surf rejoint enfin la grande famille de l’Olympisme, après 22 ans de combat pour faire reconnaître le surf et le faire intégrer le programme olympique, l’International Surfing Association obtenant l’accord du CIO. En 2017, la Fédération Française de Surf organise les 30es championnats du monde des nations à Biarritz. L'évènement qui regroupe 47 pays se tient à la Grande Plage du 20 au 28 mai. C'est une totale réussite avec un plébiscite du public, des institutions et de Paris-2024, dont la compétition soutient la candidature à l'organisation des JO. Cerise sur le gâteau : l'équipe de France remporte le titre mondial des nations.
Les célébrations des 50 ans de la Fédération en 2014 ont été l'occasion de dresser un bilan chiffré. Le mercredi 20 août 2014, la Fédération Française de Surf fête ses 50 ans à la Côte des Basques, là où tout a commencé voici cinq décennies. Du 18 au 26 octobre 2014, la Fédération organise ses championnats de France à Hossegor pour célébrer ses 50 ans. Quelque 450 compétiteurs de la France entière et de l'outremer y participent. Durant dix jours, les conditions sont exceptionnelles pour délivrer les 25 titres des 7 disciplines. En 2014, la Fédération Française de Surf regroupait 15 061 licenciés, dont un tiers de féminines, répartis dans 164 clubs de l'Hexagone et à l'outre-mer. Elle a par ailleurs délivré 55 000 licences loisirs en 2014. En 2015, le nombre de licenciés atteint 77 000, montrant une forte croissance. En 2020, la Fédération Française de Surf comptait 90 000 licenciés, un chiffre qui a augmenté de 50% au début de 2021. On estime à près d'un million le nombre de pratiquants en France.
Les évolutions récentes au sein de la direction de la Fédération Française de Surf témoignent de sa dynamique. En 2018, Jean-Luc Arassus, alors président de la FFSurf, est élu au bureau directeur de l'International Surfing Association lors de l'assemblée générale élective de la fédération internationale le dimanche 16 septembre à Tahara, au Japon. Il s'agit du 3e Français à intégrer le board de l'ISA après Jacques Hèle et Francis Distinguin. En 2020, à l'issue de l'Assemblée Générale élective, Jacques Lajuncomme est élu président de la Fédération Française de Surf pour quatre ans. Il sera réélu en 2024 pour quatre nouvelles années, en tant que tête de liste de "Réussir Ensemble" qui s'adjuge 99,55% des voix lors de l'AG élective. En 2025, Cédric Leroy, spécialiste du sport de haut niveau, est nommé Directeur Technique National de la Fédération Française de Surf, après avoir occupé plusieurs postes clés à la Fédération Française de Voile.
Répartition Géographique et Dé-régionalisation du Surf en France
Si la pratique du surf en France s’est concentrée en Aquitaine entre la fin des années 1950 et celle des années 1990, les deux dernières décennies attestent progressivement de la visibilité d’autres régions françaises tant sur le plan de la pratique que de ce qui l’entoure (événementiel, entreprises spécialisées). L’histoire du surf en France témoigne de la place singulière de la région Aquitaine. C’est sur ce littoral que s’est institutionnalisé primitivement le surf en France et où se déroule la majorité des manifestations d’envergure nationale et internationale. La Fédération compte alors quatre clubs situés dans les Pyrénées-Atlantiques, dont trois à Biarritz, et deux dans les Landes (à Hossegor). Elle se délocalise vers Hossegor en 1981, à la faveur d’intérêts politiques municipaux : une partie du local des maîtres-nageurs de la plage centrale d’Hossegor est libérée au profit de la FFS, avant que l’ensemble des locaux lui soient proposés au milieu des années 1980.
En 1977 pour la première fois, les Championnats de France de surf sont organisés hors des départements des Landes ou des Pyrénées-Atlantiques, mais toujours sur le littoral aquitain, à Lacanau. Puis, lors de la décennie suivante, la Fédération entame une politique d’expansion hors de la région Aquitaine. Les Championnats de France en 1986, puis d’Europe en 1987, sont ainsi organisés aux Sables-d’Olonne en Vendée. L’organisation quasi-exclusivement en Aquitaine des championnats nationaux et internationaux des années 1960 au milieu des années 1980 contribue à marquer géographiquement la modalité compétitive du surf. Cependant, la décennie 2000 atteste d’une diversification. Pendant deux décennies et demie, l’espace du surf fédéral français est en réalité une affaire régionale. L’origine géographique des présidents successifs de la FFS, tous aquitains, a permis de maintenir cette prédominance territoriale. Le surf fédéral et le poids de son histoire, les compétitions professionnelles, les associations, mais également les entreprises multinationales du « surfwear » ou encore les artisans-shapers ont longtemps contribué à identifier le littoral aquitain au surf.
Les données statistiques fédérales du surf mettaient en évidence de nettes disparités selon les régions jusque dans les années 2000, la tendance est depuis au rééquilibrage. En 2000, les comités départementaux représentant l’Aquitaine comptaient, en effet, pour près de 73 % des effectifs globaux contre 52 % en 2015. Par ailleurs, en 2022, la région Nouvelle-Aquitaine ne compte plus que 35 % des associations sportives affiliées à la FFS, soit 70 sur 199. Au-delà des données quantitatives, d’autres mécanismes attestent la dé-régionalisation du surf en France, à tout le moins son ouverture à l’ensemble des territoires. Les événements liés à la supposée « culture » du surf se multiplient hors des frontières aquitaines, tels les festivals de film de surf et les expositions (Paris, Brest, Guidel, etc.), mais aussi les compétitions (Championnats de France aux Sables-d’Olonne en 2021). Le recrutement au début des années 2010 d’un cadre technique national (« Structuration/Développement de la façade atlantique [hors Aquitaine] et Méditerranée »), la localisation des entreprises (écoles commerciales, artisans-shapers, etc.), l’ouverture d’un second pôle espoir de la FFS situé en Bretagne en 2001 contribuent à déterritorialiser cette activité sportive historiquement adossée à une région.