L'émergence d'une icône du nautisme
Spécialisée dans le composite, la société Plasmor a créé son premier kayak en 1981. Basée depuis à Vannes, sur la zone d'activités Saint-Léonard, la société fondée par Dominique Bourçois est aujourd'hui le spécialiste du kayak de mer. L’histoire de cette entreprise est singulière : « Notre première création, c'était un spoiler pour Renault 8 Gordini ! ». Le virage vers le nautisme est né d’une rencontre fortuite : « C'est un kayakiste de Dinan, qui cherchait à construire un kayak pour naviguer en mer, qui nous a donné l'idée. Avant 1981, il n'y en avait pas. Notre Catchiky a été le premier en France. Nous avons ensuite développé toute une gamme… ».
En 35 ans, ce sont ainsi plus de 13 000 kayaks qui ont été vendus par la société morbihannaise. Dominique Bourçois, à gauche, et sa dizaine de salariés, produisent quelque 250 kayaks et une quarantaine de bateaux tous les ans. Cette production artisanale est le cœur battant de l'entreprise : les kayaks sont entièrement fabriqués dans les ateliers de Plasmor, à Vannes. Pour tenir face à la concurrence, qui fait fabriquer à plus bas coût à l'étranger, Dominique Bourçois a choisi la vente directe, pour économiser sur les intermédiaires. Un choix qui touche ses clients, dont beaucoup profitent de leur visite pour découvrir l'atelier où sont transformées les différentes fibres et résines en coques de kayak. Du composite très solide qui a permis à Plasmor de se lancer dans les bateaux transportables, en 2001, avec sa gamme Skellig, dont 650 exemplaires ont rejoint la flotte de la marque.
Le Catchiky : caractéristiques marines et architecture
Le Catchiky est le kayak de mer français par excellence. Il a équipé beaucoup d’expéditions françaises en kayak de mer. Ses qualités marines sont remarquables : c’est un bateau qui a une bonne tenue par mer de travers. La dérive permet de bien équilibrer le kayak et l’on peut faire route des heures durant sous cette allure. Aux allures portantes, dérive baissée, le bateau est rapide et a une bonne tenue de route. Par mer trois quart arrière, il ne pose aucun problème si la dérive est relevée correctement pour compenser la tendance à abattre. Dérive relevée, le Catchiky remonte bien au vent. Il passe bien dans le clapot sans tosser ni enfourner.
Équipé de trappes ovales VCP, le Catchiky a une grande capacité de chargement. Cette capacité de chargement permet des expéditions en autonomie : 6 semaines pour l’expédition au Pôle Nord magnétique pour 6 kayakistes, 30 jours pour l’expédition au Cap Horn pour 6 kayakistes. Le Catchiky est un kayak particulièrement rigide et résistant. La solidité du pont permet de faire des récupérations sans dommage pour le bateau récupéré et le bateau qui récupère. Le bateau se vide bien car la cloison arrière est au ras de l’hiloire. Bateau rapide qui a une bonne glisse, il permet de bien gérer son effort. Le rapport effort à fournir/vitesse moyenne est excellent.
Analyse technique et retours d'expérience
Le Catchiky est un kayak en fibre, monoplace (longueur 535 cm, largeur 54 cm, poids 26 kg). Il séduit par l’élégance de ses lignes et le fini de sa fabrication. C’est un bateau très agréable à pagayer. Toutefois, le choix de l’hiloire est crucial : livré par défaut avec un petit hiloire, il est moins agréable que les plus grands car on ne peut pas plier les jambes lors de longues navigations. De plus, il n’est pas aisé d’entrer dans le Catchiky. L’avantage du petit hiloire est d’être plus étanche, le joint de jupe est moins grand et la surface de cette dernière étant plus petite, elle a moins tendance à faire des poches où l’eau des déferlantes va s’accumuler. De plus, un petit hiloire permet d’avoir plus de place sur le pont pour disposer du matériel. Il est conseillé de le prendre avec l’option hiloire en trou de serrure, plus spacieux.
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Le Catchiky est plutôt destiné aux gabarits petits à moyen. Le Catchiky est livré avec une dérive manœuvrable avec les deux mains : pas agréable en mer formée car on ne peut plus se stabiliser avec la pagaie pendant la manœuvre. La dérive n’est pas auto-rétractable. Le Catchiky ainsi que le Kialivak gagneraient à utiliser le même genre de dérive rétractable que celles utilisées par Polyform. Le Catchiky se charge bien, mais moins qu’un Bélouga 1. Il reste un kayak fin, pas très stable surtout non chargé. Il est en revanche très facile à esquimauter. Le Catchiky demande un peu de maîtrise du kayak de mer. C’est plutôt un kayak d’expédition car il a un bon comportement une fois chargé.
Évolutions de gamme et variantes
Il existe des nuances importantes selon les années et les versions du modèle. La première version était très polyvalente, comme le Kitiwec, et donc il était possible de l'utiliser à la journée. La 2e version, dite « Cap Horn », a beaucoup plus de volume, trop disent certains. Dans cette version Cap Horn, le pont est surélevé. Donc un pagayeur peut se retrouver avec l'hiloire sous les aisselles. Chez Plasmor, ils doivent avoir conservé les moules du 1er.
Certains utilisateurs notent des évolutions mineures sur le plan de pont, avec ou sans dérive, ce qui a été le cas pour le Kialivak et le Kitiwec, et sans doute pour le Catchiky. Le Kitiwec est souvent cité comme plus polyvalent, ayant moins de volume, mais il supportera d'être moins chargé. Le Kialivak, quant à lui, est perçu comme un kayak de randonnée : long, lourd et moins joueur, il est fait pour tirer des bornes.
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