Le kitesurf, sport en vogue depuis plusieurs années, a été créé par les frères Bruno et Dominique Legaignoux qui ont déposé un premier brevet en 1984. Pour rappel, le kite est un sport nautique consistant à glisser sur une planche tout en étant tracté par un cerf-volant, le kite (ou aile en français). Contrairement aux idées reçues, ce sport est ultra-accessible et n’est pas le plus exigeant des sports de glisse. Moins difficile que le windsurf, le kite n’exige pas d’être une brute pour ressentir tout le plaisir de la navigation. Un minimum de condition physique reste toutefois indispensable pour évoluer en toute sécurité. En effet, le kite fait travailler les cuisses, les fessiers, le dos, les abdos, les bras, les mollets, les orteils, bref quasiment tout le corps. Il est donc essentiel d'être bien préparé, en travaillant le cardio, en faisant des étirements, du gainage et une activité sportive régulière comme la natation, la course à pied ou le vélo.
Concernant l’âge de pratique, s’il n’existe pas d’âge limite, il est souvent difficile de commencer avant 12 ans, afin de pouvoir maîtriser son aile. Cependant, certains petits champions existent, comme KaiKai, la fille de Greg Drexler, le patron de Boardriding Maui, qui a tiré ses premiers bords à 8 ans. À l’inverse, il est fréquent de croiser des fringants jeunes hommes de 70 ans sur les spots, preuve que la passion n'a pas d'âge.
L'Apprentissage Fondamental et la Sécurité en Kitesurf
L'apprentissage du kitesurf est optimal et souvent indispensable pour une bonne évolution et une progression rapide lorsque l'on prend des cours. Il convient d’acquérir les bases théoriques par rapport à la sécurité, à savoir éviter les situations à risque et pratiquer en présence d’une personne capable de vous assister au décollage de votre aile et de prévenir les secours en cas d’accident. Il est évident que si le kitesurfeur sort avec un vent trop fort, il se mettra en danger s’il ne sait pas contrôler suffisamment son aile. Pour apprendre le kitesurf dans les meilleures conditions et progresser rapidement, rien ne vaut l’apprentissage dans une école. Prendre des cours avec un professionnel qualifié, qui vous permettra de maîtriser les techniques de sécurité en kitesurf et éviter de se blesser, est un indispensable à ne pas négliger.
Chaque cas est unique et il serait inopportun de généraliser, car tout dépend des capacités d’apprentissage et des facultés d’adaptation et d’assimilation de chaque personne. Un apprenti kitesurfeur ou une kitesurfeuse en herbe ayant déjà pratiqué des sports de glisse, comme le wakeboard, le skate, le surf ou la voile, auront forcément plus de facilités qu’un pratiquant lambda à comprendre le fonctionnement de l’aile et du vent. En principe, il convient de suivre environ 18 heures de formation, à raison de 4 à 5 jours de cours, pour apprendre à naviguer en kitesurf et atteindre une certaine autonomie.
Le Matériel Essentiel et la Maîtrise de la Fenêtre de Vent
Une des premières notions à maîtriser est la fameuse fenêtre de vent. Quand l’aile est au zénith (au-dessus de vous), la puissance est minimale. Il conviendra de décaler son aile sur les côtés de la fenêtre de vol pour ressentir une puissance suffisante et prendre un maximum de plaisir. Pour une pratique sécurisée et efficace, il est fortement conseillé de scruter avec attention les prévisions météo avant chaque sortie, afin d'adapter votre matériel en conséquence.
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Le matériel du kitesurfeur est principalement composé de trois éléments : la planche (la plus vendue étant la Twin Tip, une planche multidirectionnelle permettant d’évoluer dans toutes les directions), la barre et ses lignes, et le cerf-volant. Chaque composant se décline en différentes tailles et matières, que le rider choisira en fonction de ses aptitudes, de ses caractéristiques physiques et des conditions météo. En termes de sécurité, il est crucial de bien connaître son matériel et de ne pas surestimer ses capacités. Sortir par 30 nœuds de vent, par exemple, demande une sacrée expérience et une grosse maîtrise de son kite. Il convient par ailleurs de bien respecter les zones et les règles de navigation, de savoir anticiper et de maîtriser les règles de priorité.
Côté matériel, les ailes actuelles sont dotées de systèmes permettant un « depower », c’est-à-dire une perte totale de puissance afin de pouvoir gérer son aile en cas de grosses rafales. Il est également possible, en dernier recours, de larguer son aile. Pour les débuts, le trainer kite est une petite aile de traction, permettant d’apprendre les bases en école avant de partir à l’eau, notamment la fenêtre de vol. Sa surface est de moins de 5m², sans boudin gonflable, ce qui le rend moins sensible aux impacts. Une fois le trainer kite géré, restera à apprendre à manier l’aile de kite proprement dite. Pour voler, vous devez en fait tirer et pousser la barre, en la faisant pivoter autour de son point central, à la manière d’un guidon de vélo.
Les Premiers Bords et le Waterstart : L'Expérience de la Glisse Initiale
Après s'être familiarisé avec la notion de « fenêtre de vol » et les règles de sécurité, avoir appris à redécoller son aile tombée dans l’eau, puis s'être exercé à la « nage tractée », vient le temps du waterstart ! Assis dans l’eau, l’objectif est de développer une puissance de traction de l’aile suffisante pour commencer à glisser avec la planche. Une fois la board chaussée, positionné dos au vent, l’aile au zénith, placez le kite dans la demi-fenêtre opposée au sens de déplacement choisi. Corps et jambes bien fléchis, tirez sur la barre avec votre main. En la matière, tout est histoire de PER-SE-VER-ANCE !
Tirer des bords, que l’on peut simplifier par « aller d’un point A à un point B en mer et revenir », n’est pas ouvert au premier venu. Pour ce faire, là encore, un stage de kitesurf apparaît indispensable pour acquérir les bons réflexes, tout en se dotant du bon matos et en vérifiant les bonnes conditions météo. Si vous n’y arrivez pas du premier coup, pas de panique : c’est en forgeant qu’on devient forgeron !
Tu as enfin réussi à tirer ton premier bord et à ressentir cette sensation de liberté tant attendue. L’objectif est maintenant de remonter le vent et de gagner en autonomie. Bien sûr, la progression n’est pas terminée, mais dans cette étape, vous allez enfin connaître le frisson de la glisse sur l’eau que vous attendiez. Désormais, à chaque leçon ou sortie, tu seras en mesure de tirer quelques bords et de prendre plus de plaisir. Cependant, un conseil très important est de faire des bords courts au début. Le premier jour où tu as appris à faire du vélo, tu n’as pas tout de suite roulé un kilomètre pour trouver ton équilibre. Au contraire, tu roulais 1 mètre, ou plus, avec tes parents prêts à te rattraper si tu tombais. Il en va de même pour le kite. Fais des petits bords et reviens au point de départ. Si tu as réussi, effectue quelques mètres supplémentaires. Sinon, enlève-toi la planche, retourne au point de départ en marchant et recommence. Il ne sert à rien d’aller loin si tu pars totalement au grand largue (downwind), seulement à satisfaire ton ego. La priorité est l’apprentissage. Et si tu optes pour des bords longs, tu te priveras du temps consacré à réaliser les bons mouvements, au profit de l’amusement. Si tu perds du temps à faire des kilomètres sans intérêt, tu gaspilles ton énergie et ta concentration. Il est préférable de privilégier les bords courts et de se concentrer sur la zone qui te semble la meilleure. Les premiers bords visent à te familiariser avec la navigation. Cherche les sensations en faisant des bords courts sans te soucier de la direction. Ce n’est qu’ensuite que tu devras te focaliser sur les techniques qui te permettront d’améliorer ton équilibre et ta position sur la planche. Entre les premiers bords et la remontée au vent, tout est question de pratique.
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L'Autonomie et la Remontée au Vent : Clés d'une Progression Continue
Apprendre à remonter au vent est LE challenge pour les riders qui commencent à tirer leurs premiers bords en kite. L'objectif est de ne plus avoir à marcher en bord de plage et de pouvoir glisser continuellement, en remontant au vent. Il convient alors de trouver un équilibre entre direction et vitesse, en utilisant des points de repère (un bateau ou une bouée par exemple). Selon le site Kitesurfschool.be, « le kite doit être placé à la moitié de la hauteur de la fenêtre de vent (45 °), tout en utilisant la planche pour gérer la puissance. Pour remonter au vent, vous devez maintenir la vitesse et garder suffisamment de puissance pour garder un cap. Vous accélérerez et ralentirez consécutivement en fonction de la vitesse du vent. » Attention à ne pas piloter le kite trop haut, ou de déplacer l’aile de manière trop agressive ou trop rapide. Mais comment se comporter en navigation et à quoi faut-il faire attention pour améliorer sa position et éventuellement commencer à remonter au vent ?
Positionnement Optimal de la Planche
Pour tirer un premier bord, au début, il faudra laisser la planche glisser, sans qu’elle ne soit trop en opposition avec la direction choisie. La planche doit être à plat. Cela te permettra de commencer à naviguer et de prendre une vitesse convenable, direction le grand largue. Évite de te diriger trop tôt vers le vent (upwind), car tu perdrais toute ta vitesse et tu ne pourrais plus glisser. Ce n’est que dans un second temps, dès que la planche commence à glisser, que la pression sur la jambe arrière permettra de donner de l’opposition à la voile, de créer une bonne tension dans les lignes, et d’orienter la planche plus sur une allure de travers. La planche devra reposer davantage sur la carre arrière (côté talon) pour créer la résistance nécessaire. Plus la planche crée de la résistance, plus tu ralentis ta vitesse. Le but est de trouver un bon compromis pour bénéficier d’une vitesse contrôlée qui t’apporte un meilleur équilibre. Évidemment, pour reprendre de la vitesse, il faut remettre la planche à plat, en relâchant la pression exercée par les talons.
Posture du Corps et Répartition du Poids
Le poids du corps doit se situer au centre de la planche, et il ne s'agit pas seulement de la pression générée par la jambe arrière ou avant, mais du centre de gravité global. Si ton poids est déséquilibré sur ta jambe arrière, la pointe de la planche ne touchera pas l’eau et tu n’auras pas le contrôle, perdant ainsi un peu de vitesse. Si ton poids est trop avancé, tu risques d’enfourner la planche dans l’eau et de tomber. Pour bien centrer ton poids, essaie d’ouvrir tes épaules et de ramener ton bassin vers l’avant. En plus d’être au centre, le poids de ton corps doit être en opposition par rapport à la voile, avec tes épaules parallèles aux lignes. Pour créer cette opposition, il faut accepter de faire reposer ton poids dans le harnais et de ressentir la traction du kite sur celle-ci. Le but est d’avoir une rétroversion du bassin, sinon tu ne pourras pas exercer la bonne pression pour mettre la planche en opposition. En revanche, en ce qui concerne la pression du talon, l’objectif est de créer une petite asymétrie au niveau des jambes : la jambe arrière est pliée et la pression du talon plus intense par rapport à la jambe avant. La jambe avant doit être semi-fléchie (ou tendue), avec moins de pression sur le talon pour éviter de déraper. Cette jambe avant semi-fléchie agit comme un ressort, limitant ton manque d’équilibre, notamment si la mer est agitée.
L'Importance du Regard
Comme on dit dans tout sport d’équilibre, regarde toujours dans la direction où tu veux aller. Cependant, il est important d'y apporter une nuance au début. Si tu regardes uniquement dans la direction dans laquelle tu souhaites avancer, tu risques de perdre de vue ton kite. Il est donc impératif de n'adopter cette technique que si ton contrôle du kite est impeccable ; sinon, privilégie un regard sur ton kite. N’oubliez pas que si tu rates le pilotage, la remontée au vent est impossible.
Pilotage de l'Aile : Un Facteur Déterminant
Le pilotage de l'aile est essentiel. Si tu génères trop de puissance avec ton kite, tu ne réussiras pas à créer de l’opposition et tu prendras trop de vitesse, risquant une chute violente. Dans tous les cas, il te sera impossible de remonter au vent. Si tu n’as pas assez de puissance, tu vas couler et la remontée au vent est peu probable. L’objectif est donc de faire un waterstart, puis de stabiliser la voile. Le conseil est de la stabiliser à une hauteur non inférieure à 45° (environ 10h30 ou 1h30), pour un meilleur confort de navigation, pour réduire la pression que nous devons générer avec nos jambes pour contrer la traction de la voile, et surtout pour avoir une plus grande sécurité en cas d’arrêt d’urgence. N’oublie pas que si tu manques de vitesse, d’une part le kite devra se remettre en mouvement pour générer de la traction, et d’autre part tu devras remettre la planche à plat pour qu’elle glisse plus facilement, sinon tu risques de couler. Le point important est de toujours relancer le kite vers le haut avant de le faire redescendre et de le stabiliser. Inversement, si la vitesse est trop élevée, il faudra garder le kite aussi stable que possible tout en l’amenant au zénith et mettre tout le poids en arrière et pousser sur les talons (encore une fois de manière asymétrique) pour résister à la traction. Le kite ne doit presque jamais aller dans la direction (fenêtre) opposée au sens de la glisse. Uniquement dans les vents légers (7-10 nœuds), les mouvements doivent être bien plus amples si l’on veut pouvoir avancer avec un twin tip. Il est évidemment impossible de faire du près dans ces conditions, mais cela reste intéressant pour améliorer l’équilibre et la coordination entre la planche et la voile. Savoir naviguer, c’est maîtriser son équilibre et sa vitesse. Avec les premiers bords, il faut développer les premières sensations, ce qui te permettra de te concentrer sur les points décrits ci-dessus, pour enfin atteindre l’autonomie et commencer à remonter au vent. N’oubliez pas une chose importante, que nous avons apprise des sports de voile, ce que nous appelons le bon compromis entre la « vitesse utile » et le « gain au vent » (cap-vitesse), qui dans notre cas se résume à trouver la vitesse de croisière optimale pour naviguer sans bouger la voile. Rappelles-toi que de nombreux facteurs peuvent aussi influencer la remontée au vent : matériel, météo, conditions de mer, technique du rider, etc.
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La Latéralité dans les Sports de Glisse : Regular, Goofy et Switch
La latéralité dans les sports de glisse fait référence à la préférence de placer un pied plutôt que l'autre en position avant. Lorsque l'on doit se tenir debout sur un objet léger qui glisse sur le sol ou sur l'eau, la nécessité de maintenir l'équilibre impose de garder le corps perpendiculaire à la direction d'avancement, avec un pied devant l'autre. En débutant dans les sports de glisse comme le skateboard et le surf, les riders choisissent généralement leur position préférée, et c'est celle qu'ils utiliseront la plupart du temps. Cette position est appelée "Regular" si le pied gauche est en avant, et "Goofy" si le pied droit est en avant. Dans la terminologie américaine, la position "Regular" implique le pied gauche en avant, car la plupart des gens sont ainsi, tandis que "Goofy" signifie le pied droit en avant. Cette distinction est particulièrement pertinente pour la navigation en vagues, où les "vagues gauches" sont souvent plus favorables aux riders "Goofy" pour une navigation en frontside, et inversement pour les "droites" pour les "Regular".
Pour augmenter la difficulté, la variété et l'esthétique des figures, les riders peuvent adopter une « position contraire » ou "switch stance", qui consiste à intervertir la position des pieds, plaçant en avant celui qui est habituellement à l'arrière. Dans des sports où le switch est une pratique courante, comme le skateboard, les skaters recherchent avant tout une fluidité et une naturalité dans les figures, que ce soit en position goofy ou regular. Cependant, en kitesurf et en windsurf, il est souvent requis que le rider soit capable de se maintenir en position contraire dès le niveau initial. Cela est dû au fait que la position optimale dépend de la direction du vent et de la planche, plutôt que des préférences personnelles du sportif. Certains riders, comme le soulignait un passionné, peuvent naviguer dans les deux sens mais rencontrer des difficultés, par exemple, à sauter avec leur pied droit en avant. Un autre témoignage précisait : « Je suis goofy et je peux faire beaucoup de choses dans cette direction, et à peine quoi que ce soit en régular. » Inversement, certains riders régular ont du mal à réaliser des sauts du côté goofy. On constate donc une forte prévalence de la "bonne" ou "mauvaise" jambe, surtout avec une planche directionnelle, par rapport à une twin tip. Un rider peut être "regular footed" lorsqu'il utilise une planche directionnelle en surf, par exemple. Pour clarifier, la navigation en "switch" consiste à naviguer dans la position opposée à sa préférence naturelle. Par exemple, un rider "Goofy" naviguant avec le pied gauche en avant serait en "switch", que ce soit en frontside ou en backside, et c'est ce que certains appellent leur "côté non-chocolat" ou non-dominant.
Il est intéressant de noter que pour certains riders, comme les "Goofy", l'approche du surf de vagues peut varier. Ils pourront choisir de naviguer avec le pied droit en avant (leur position dominante) quelle que soit la direction du vent, ce qui peut signifier alterner entre frontside et backside selon la houle. D'autres s'efforceront d'apprendre à naviguer en frontside avec le pied non dominant, ou d'améliorer leur technique de backside sur le côté dominant. Maîtriser les deux côtés, au moins dans les bases, reste un objectif valable pour une expérience de glisse complète, même si une parfaite égalité de performance n'est pas toujours l'objectif principal. Un rider rapportait : « Pour moi, autant la navigation des deux deux côtés est venue immédiatement, autant la navigation en switch a été vraiment compliquée, il a vraiment fallut que je me force, que je fasse des exercices en flottant et si aujourd'hui j'y arrive à peu prêt d'un côté, de l'autre c'est encore juste l'horreur. Au point que d'un côté je fais switch to jibe/tack et de l'autre je fais jibe/tack to switch. Le jibe to switch passe plus ou moins du mauvais côté mais pas les autres. » Cet exemple illustre la complexité d'acquérir une polyvalence complète, même après des années de pratique, la différence pouvant rester perceptible.
Un autre kitesurfeur, venant du kite, constate qu'il ne sait pas jiber en goofy alors qu'il est régular, montrant que certaines manœuvres sont particulièrement sensibles à la latéralité. Un apprenti kitesurfeur, issu du skateboard et du wakeboard, s'inquiétait du vent majoritairement venant du Sud en été, l'obligeant à s'initier à la planche avec son pied non préféré à l'arrière, donc en switch. Il se demandait si être goofy apportait un avantage ou un inconvénient dans l'apprentissage du kitesurf.
Développer la Polyvalence : Gérer le Switch et le Stance Non-Dominant
Face à cette question de latéralité, de nombreux pratiquants se demandent comment "rendre cette unilatéralité indépendante de l'eau" et quels exercices d'équilibre ou de coordination pourraient aider. Une première approche consiste à observer et comprendre précisément ce que l'on fait et comment on se tient sur son côté "chocolat" (côté préféré). Une fois cette compréhension acquise, il est plus facile de reproduire les mouvements de l'autre côté. Ensuite, il s'agit de pratiquer, pratiquer, pratiquer, même sur son côté moins facile.
L'expérience dans d'autres sports de glisse peut être un atout majeur. Par exemple, quelqu'un ayant longtemps pratiqué le snowboard et capable de faire des tricks en switch ou de descendre les pistes dans cette position, trouvera que cette habitude de ne pas privilégier un côté en particulier lui est d'une grande aide en kitesurf. Le longboard, avec ses sensations de carving similaires, peut également contribuer à développer cette polyvalence. Le skateboard est un excellent entraînement pour améliorer son côté goofy lorsqu'on est regular.
Pour l'entraînement hors de l'eau, les balanceboards sont souvent cités. L'Indo Board, par exemple, apporte beaucoup de sensations d'équilibre. Cependant, il existe des outils plus spécifiques comme le Goofboard. Il est décrit comme un balanceboard normal, sauf que le rouleau est placé dans le sens de la longueur sous la planche, offrant une sensation plus proche du surf de vagues, et permettant de s'exercer à "marcher sur la planche" ou changer de pieds. Même si l'équilibre peut sembler très exigeant, surtout si le board n'a pas de stoppers, ces outils sont considérés comme bien plus efficaces que les balanceboards classiques pour travailler la polyvalence. Le longboard, en particulier les modèles avec des roues plus grandes et des axes spéciaux pour la maniabilité, est également recommandé pour son apport en équilibre et coordination.
La navigation en vagues, pour un rider goofy par exemple, implique une adaptation constante. Si le vent vient de la gauche (vu de la plage) et que les vagues se brisent plus ou moins parallèlement à la plage, le rider sera en frontside. Si le vent vient de la droite avec des vagues similaires, il sera en backside. En navigation normale ou pour remonter au vent, le choix de la position (regular ou goofy) peut devenir indifférent avec l'expérience. L'objectif n'est pas toujours d'atteindre une performance égale des deux côtés, mais plutôt de maîtriser les bases de chaque direction pour une glisse plus riche. L'apprentissage du switch, particulièrement laborieux au début pour les surfeurs, s'atténue avec le temps, même si les sensations et le niveau de confort peuvent rester différents d'un côté à l'autre, notamment dans des manœuvres spécifiques comme les jibes ou les tacks. La pratique et la volonté d'expérimenter en se forçant à naviguer dans la position non dominante, voire à faire des exercices en flottant, sont les clés pour surmonter ces défis.
Choisir son Premier Matériel de Kitesurf
Le choix de son premier matériel de kite est une étape importante et même cruciale. Si vous êtes débutant, n’hésitez pas à demander à l’école dans laquelle vous avez réalisé votre stage si elle vend du matériel d’occasion. Le matériel neuf n’étant en effet pas donné, il est souvent préférable de s’orienter, pour se lancer, vers du matériel datant des années précédentes, qui reste suffisamment performant pour un pratiquant débutant. L’aile de kite se choisit en fonction de son poids et de la force du vent. Il est impératif d'utiliser de préférence un système de largage récent et un leash d’aile, garantissant la sécurité. Un avantage du kitesurf est que le matériel est facile à transporter et à ranger (l’aile se plie dans un sac à dos), et deux ailes et deux planches suffiront amplement au néophyte pour se faire plaisir.