Guide complet pour démonter une hélice de voilier sur un arbre d'hélice

La plupart des constructeurs de catamarans et de monocoques proposent des hélices fixes à deux ou trois pales. Robustes et basiques, ces modèles ont l’avantage d’offrir une bonne propulsion au moteur - en marche avant comme en marche arrière - et surtout de ne pas coûter cher… Ce n'est pas pour rien que les loueurs plébiscitent ce type d’hélice. Mais sous voile, ce n'est pas forcément une bonne affaire… On estime à un bon nœud la perte de vitesse en comparaison avec une unité équipée d’hélices repliables ou orientables. Changer les hélices de son multicoque ou de son monocoque n’est pas aussi compliqué que cela en a l’air - il faut juste un peu de préparation, en particulier pour la sortie d’eau. Il convient tout de même, avant de se lancer, de choisir la bonne hélice.

Les modèles les plus basiques sont les becs de canard. On les utilise en compétition. Elles sont peu onéreuses (moins de 1 000 euros pièce suivant la taille du bateau) et offrent une traînée quasi nulle grâce à leurs pales articulées, mais affichent de piètres performances au moteur, particulièrement en marche arrière. Les modèles avec les pales qui se mettent en drapeau sont bien plus efficaces, tout particulièrement celles dont le pas est réglable. Quel que soit le modèle choisi, le démontage de l'ancienne hélice reste une étape incontournable.

Pourquoi démonter l'hélice de son voilier ?

Votre direction peut sembler instable, ce qui indique que votre hélice est endommagée. Si cela se produit, inspectez l'hélice pour vous assurer qu'elle n'est ni endommagée ni cabossée. Un autre facteur pouvant vous inciter à changer votre hélice est l'enroulement de votre ligne de pêche autour de l'hélice. Une collision avec du bois, des rochers ou du sable est souvent à l'origine du remplacement de l'hélice. Vous devrez peut-être également changer votre hélice si vous constatez une baisse de votre consommation de carburant : l'hélice est peut-être endommagée.

Pour aller plus vite, vous pouvez démonter l'hélice de votre bateau. Pour une nouvelle hélice plus performante, il vous faudra remplacer l'ancienne. Les hélices sont fabriquées de différentes manières pour s'adapter à différentes vitesses et exigences. Il est conseillé de démonter l'hélice au moins une ou deux fois par an et de graisser l'arbre, les rondelles et les entretoises pour éviter le grippage.

La préparation et l'importance de la mise au sec

Pour être à l'aise, prévoyez une mise au sec suffisamment longue, surtout s’il est nécessaire de démonter vos anciennes hélices pour connaître certaines cotes. Une mise au sec est l’occasion de changer les anodes - elles ne durent jamais plus d’une saison.

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La plupart des hélices sont maintenues sur le cône de l’arbre grâce à une clavette rectangulaire ; le serrage est assuré par un écrou sur le filetage de l’arbre. Avant de commencer tout travail, la sécurité doit toujours être une priorité. Il est toujours conseillé de couper le contact du bateau avant de commencer à travailler sur l'hélice. Par précaution supplémentaire, vous pouvez mettre le moteur au point mort. Pour une installation de l'hélice en toute sécurité, il is important de ne pas sauter cette étape, car on ne sait jamais ce qui peut arriver si l'hélice est encore branchée à une source d'alimentation.

Les étapes fondamentales du démontage

Le démontage d'une hélice de bateau in-board peut sembler une tâche complexe, mais en suivant ces étapes, vous pourrez le faire en toute confiance. En veillant à la sécurité, au bon alignement et à l'attention portée aux détails, vous contribuerez à maintenir les performances de votre bateau et à prolonger la durée de vie de votre hélice.

Étape 1 : Localiser l'hélice

Localisez l'hélice à l'arrière du bateau. L'hélice est située à l'arrière du bateau, appelé poupe. Si le voilier est équipé d'un coupe-orin, bonjour déposes le coupe orin afin de libérer l'accès aux écrous.

Étape 2 : Retirer la goupille fendue

Retirez délicatement la goupille fendue à l'aide d'une pince à bec effilé et mettez-la de côté. Cette étape doit être effectuée avec précaution et précision, car la goupille fendue est fragile et peut facilement s'abîmer.

Étape 3 : Desserrer et retirer l'écrou d'hélice

À l'aide d'une clé ou d'une douille appropriée, desserrez et retirez avec précaution l'écrou de l'hélice. Retirez la goupille fendue et desserrez les deux écrous avec un morceau de bois pour empêcher l'hélice de tourner. Une idée parfois débattue : au lieu de décider, il faut desserrer l'écrou. En effet, il convient de ne pas retirer complètement l'écrou immédiatement si l'hélice résiste. Retirez l'écrou mi-hauteur et remplacez-le par l'écrou pleine hauteur sur l'extrémité de l'arbre, filetage engagé. Le démontage d'une hélice nécessite une certaine force ; maintenir l'écrou en place protégera l'hélice des chutes et des blessures en cas de desserrage.

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Étape 4 : Tenter l'extraction manuelle

Saisissez l'hélice par la base des deux pales avec les deux mains. Tirez en ligne droite. Assurez-vous de la tenir fermement pour éviter qu'elle ne vous glisse des mains et vous blesse. Faites attention à la clavette de l'arbre, car elle glisse fréquemment à ce stade. Faites glisser doucement l'hélice hors de l'arbre d'hélice. Après avoir retiré l'écrou, faites glisser l'hélice de l'arbre d'hélice en l'agitant doucement. Il y a de fortes chances que cette stratégie facile ne fonctionne pas immédiatement et que vous deviez appliquer différentes techniques pour démonter l'hélice du bateau. Une hélice, en revanche, peut parfois s'accrocher à son arbre avec la ténacité d'une bernache à un pieu.

Techniques de déblocage pour les hélices grippées

Extraire l’hélice ne s’effectue pas à coup de masse sur les pales même en utilisant des martyrs en bois ! Des marteaux harmoniques, des extracteurs de vis et d'autres outils peuvent être utilisés pour démonter une hélice.

L'extracteur d'hélice ou arrache-moyeu

Il faut le plus souvent utiliser un arrache-moyeu, lequel prend appui sur l’extrémité de l’arbre. L'extracteur d'hélice est l'outil le plus répandu dans les ateliers de réparation, mais il existe de nombreuses variantes. Tous utilisent le plan incliné, un mécanisme simple qui exerce une force constante et régulée entre l'avant du moyeu de l'hélice et l'extrémité de l'arbre d'hélice - ici sous la forme de filetages. Comme l'hélice se détachera si le gros écrou n'est pas vissé à l'extrémité de l'arbre, il est conseillé de le visser pour retenir l'ensemble au moment du déblocage.

Visser le heurtoir de l'hélice

Pour obtenir un dégagement suffisant, vous devrez peut-être incliner légèrement le gouvernail. Retirez l'écrou et vissez l'extracteur harmonique, aussi appelé heurtoir d'hélice, sur l'arbre. Serrez le heurtoir à la main, puis frappez-le quatre ou cinq fois avec un marteau. Frappez également l'hélice à deux reprises. L'hélice devrait se détacher du cône de l'arbre sous l'effet des vibrations. Saisissez l'hélice, puis retirez le heurtoir et l'hélice.

L'application de chaleur

Pour dévisser une hélice coincée, il faut appliquer une clé à fumée, aussi appelée chalumeau, sur le moyeu. Chauffez le tourteau ou le moyeu avec un pistolet à air chaud (pas de flamme directe dans les espaces confinés pour éviter de mettre le feu et dans tous les cas ayez un extincteur à côté de vous, et bien sur des gants en cuir !). Il faut chauffer à haute température pour que la dilatation soit suffisante pour casser la rouille ou le grippage entre l'arbre et le moyeu. Vous mettez l'ensemble sous pression avec l'arrache-moyeu, chauffez et tapez un coup sec, normalement ça devrait sortir tout seul.

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L'inspection de l'arbre d'hélice et du presse-étoupe

Une fois l'hélice retirée, examinez attentivement l'arbre de l'hélice pour détecter tout signe de dommage, d'usure ou de corrosion. Nettoyez les débris ou la corrosion que vous trouvez à l'aide d'une brosse et d'une solution antirouille si nécessaire.

Dans certains cas, la dépose de l'arbre ou du tourteau est nécessaire pour des travaux de rénovation plus importants. C'est l'occasion d'inspecter l'arbre au niveau du presse-étoupe. Par exemple, sur un arbre usé, le diamètre peut passer de 25.3 mm (c'est un arbre de 25, mais concrètement il fait 25.3 mm) à 24.8 ou 24.9 mm au niveau des frottements dans le presse-étoupe.

Pour les presse-étoupes classiques, il faut bien comprendre que ceux-ci devraient "fuir" en permanence. En effet c'est l'eau qui "lubrifie" et refroidit la tresse du presse-étoupe. Malheureusement, tout le monde à la vue de cette micro fuite en principe maîtrisée, se précipite pour serrer le presse-étoupe afin qu'il ne fuie plus, ce qui finit par marquer l'arbre.

Si vous envisagez de changer le presse-étoupe par un joint tournant type RMTA ou Volvo :

  • Ces joints sont super, mais il faut un arbre parfaitement rond et poli à l'endroit où se positionnent les joints spi.
  • Pour la pose du joint, il faut voir si celui-ci ne tombe pas sur la partie abîmée de l'arbre ou bien voir s'il est possible de le décaler de quelques millimètres afin de trouver un endroit sain. Ceci évitant de remplacer l'arbre abîmé par le presse-étoupe trop serré.
  • Ces joints sont livrés avec une protection pour le montage, ce n'est pas pour rien : ils sont fragiles mais costauds si bien montés.
  • Si le bateau est dans un port d'échouage, il convient de placer un petit tuyau qui remonte pour évacuer l'air et éviter les bulles d'air dans le joint après chaque marée basse.

Cas pratique : Démontage d'un tourteau récalcitrant sur l'arbre

Lors de rénovations plus lourdes, il arrive que l'on butte sur le tourteau d'accouplement à l'intérieur du bateau. Voici un retour d'expérience sur un montage classique Beneteau sur un arbre de 25 mm.

Il y a un gros écrou (Nylstop) qui fixe le tourteau sur l'arbre. Une fois celui-ci retiré (bloquer l'arbre avec une pince étau + chiffon + cale de bois), ce qui ne pose pas trop de problème, vient le "décollage" du tourteau de l'arbre. La méthode "force et rage" en tapant comme un sourd avec un marteau est à proscrire : aucun résultat, en plus d'être dangereux pour l'arbre, pour le tourteau, et pour les doigts.

La solution consiste à fabriquer un extracteur maison avec une plaque épaisse d'acier (ou un profilé en U) avec 2 trous de 10 mm correspondant à deux des trous diamétralement opposés de la fixation circulaire à l'inverseur (espacés de 8 cm). Au milieu de ces deux trous, un troisième trou reçoit un boulon avec un écrou poussant une douille de clé à cliquet (par exemple une douille de 17 mm). On place l'outil et la douille devant l'arbre, on fixe l'outil au tourteau avec deux vis, et on serre l'écrou central ou les boulons d'extrémité. En serrant, la douille appuie sur l'extrémité de l'arbre et le pousse hors du tourteau.

Parfois, la raison de la difficulté est la présence d'une goupille mécanindus invisible qui traverse l'arbre et un seul côté du tourteau. Dans ce cas, il faut légèrement écarter les fentes du tourteau au moyen de rondelles rentrées en force pour libérer l'emprise avant d'actionner l'extracteur.

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