La scène du windsurf mondial est en effervescence, et au cœur de cette dynamique se trouve une jeune prodige belge qui redéfinit les attentes et repousse les limites. Sol Degrieck, âgée d'à peine 15 ans et née avec le vent dans les cheveux, s'est rapidement imposée comme une force incontournable, une révélation junior de cette saison 2022, affichant une maturité et un talent qui épatent les plus aguerris du circuit. Ses performances récentes témoignent d'une ascension fulgurante, captivant l'attention des juges, du public et de ses concurrents.
Un Parcours Météorique : Des Victoires Éblouissantes et une Présence Imposante
Les performances de Sol Degrieck ont marqué les esprits sur plusieurs fronts, soulignant sa polyvalence et sa détermination inébranlable. Lors des demi-finales de la discipline des vagues à Gran Canaria, Sol a obtenu le meilleur score de la journée - oui, le meilleur score - et a fait trembler ses concurrents. Le jury fut impressionné, et le public n'en revenait pas, témoignant de l'impact immédiat de sa présence sur l'eau. Ceux qui connaissent Sol savent que ce n'est pas un hasard. Avec trois titres de championne du monde junior à son actif, elle démontre une constance et une excellence remarquables dès son jeune âge.
L'une des plus grandes victoires de sa jeune carrière est survenue lors de la Citroën Windsurf World Cup à Sylt, en Allemagne, où elle a remporté sa première victoire dans la discipline des vagues sur le circuit mondial à seulement 15 ans. Ce triomphe fut d'autant plus spectaculaire qu'elle était sur le point d'être éliminée en demi-finale. Cette victoire la consacre comme la plus jeune vainqueur d'une épreuve de Coupe du monde en vagues. Interrogée sur ce moment mémorable par Windsurfjournal.com, Sol Degrieck a partagé son émotion : "Au début, je n'arrivais pas à y croire, c'était un sentiment incroyable."
Son parcours à Sylt fut une véritable épopée. La qualification pour la finale s'est jouée dans les dernières secondes de sa demi-finale, une situation tendue qui a mis en lumière sa combativité. "Ce fut une journée difficile et une manche difficile," a-t-elle expliqué. "J'ai vraiment dû me battre en demi-finale, j'ai mis trop de temps à sauter, et les manches ne duraient que 12 minutes." Face à ces défis, elle a dû faire preuve de réactivité et d'ingéniosité. Après avoir longuement nagé pour récupérer son équipement et couru sur la plage, elle s'était préparée avec un deuxième équipement en amont de la zone de compétition. Cependant, l'équipement de rechange était une grande planche et un 4.8, donc c'était vraiment du matériel trop puissant pour elle. Pourtant, elle n'a pas flanché. Sol a rappelé une expérience passée : "L'année dernière, ma dernière vague était trop tardive, après le buzzer." Forte de cette leçon, "cette année, j'ai donc tendance à virer de bord plus tôt, comme à Tenerife. Je connaissais le timing, et il ne me restait que 15 secondes avant de sortir. Dès qu'il y a eu une vague, j'ai viré de bord pour la prendre. Ce fut un gros choc sur une vague difficile ! Après le choc, la vague a explosé dans mon dos, je sens encore l'impact sur mon épaule gauche. Mais j'ai réussi à tenir bon et à rester debout. J'ai obtenu 5 points, et j'ai réussi." Cette démonstration de résilience et de stratégie a payé.
Mais la fête n'était pas encore terminée à Gran Canaria. Lors de la légendaire super session, au cours de laquelle les meilleurs du monde se lancent à corps perdu dans un jam freestyle, Sol s'est retrouvé face à face avec nulle autre que Daida Moreno, une icône de la discipline. Cette confrontation avec des légendes du sport montre la place qu'elle est en train de se forger. Au-delà des vagues, Sol a brillé dans les séries junior. La série U18, par exemple, a été une démonstration de force où Sol a gagné chaque manche en croisant les doigts et en souriant, soulignant sa maîtrise et sa décontraction. Auteure d’un beau coup d’éclat à Pozo en juillet dernier en battant Lina Erpenstien à la régulière, elle s’est également fait remarquer la semaine dernière au Danemark lors de la Cold Hawaii PWA Youth Windsurf World Cup, où elle a pris la 3ème place chez les moins de 20 ans.
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Un Style Audacieux, Propre et Mature : L'Esprit de la Planchiste
Sol Degrieck ne se contente pas de gagner ; elle le fait avec un style à la fois audacieux, propre et mature. Elle est en train de réécrire le manuel de la planche à voile féminine. Son approche intrépide des vagues est l'une de ses caractéristiques les plus remarquables. Elle a commenté cette philosophie sans peur lors d'une interview : "Si vous ne l'expérimentez pas, vous n'avez vraiment rien à craindre. Si vous ne savez pas quelles sont les conséquences, alors cela n'a pas vraiment d'importance." Cette mentalité lui permet de tenter des manœuvres complexes et d'aborder des conditions difficiles avec une confiance inébranlable.
Son évolution technique est impressionnante. "J'ai commencé à apprendre le push loop et le back loop il y a un certain temps," a-t-elle confié. "Avant et après l'événement du Chili, nous sommes également venus à Pozo, pas trop près d'un autre événement… donc j'ai pu apprendre sans beaucoup de pression. J'essayais juste de tenter quelques doubles, à chaque session quand les conditions le permettaient." Elle a ajouté : "Maintenant, deux semaines avant de venir ici à Pozo, j'ai commencé à atterrir les back loops et les push loops." Quand on lui demande si elle peut faire des doubles boucles, elle répond avec franchise : "Un double ? Pas encore. Je peux atterrir le push loop et les back loops. Les push loops quand il y a plus de vent et que je suis plus surpuissante et les back loops avec moins de vent, quand je suis moins surpuissante." Elle est également connue pour tenter des double forwards à Pozo, repoussant constamment ses limites.
Le waveriding est une de ses passions principales. "C'est le windsurf que j'aime le plus, on peut faire toutes sortes de sauts, même des doubles, le waveriding est tellement amusant. C'est comme si on jouait avec les vagues et le vent," a-t-elle décrit. Elle aime apprendre de nouvelles choses et surfer sur de plus grosses vagues, ce qui est un moteur constant pour son développement. Son regard est toujours tourné vers l'avenir, avec le désir de "faire beaucoup de windsurf, j'aime apprendre de nouvelles choses et surfer sur de plus grosses vagues."
Sa capacité à dompter les conditions difficiles est une force majeure. Les conditions à Sylt ont été très difficiles toute la journée, avec beaucoup de pluie et un shore break difficile, mais cela ne l'a pas déstabilisée. "Oui, la journée a été longue, avec un skippers meeting tôt le matin. J'ai réussi à rester au sec et détendu pendant la journée. J'ai préparé mon équipement entre deux averses, afin de ne pas souffrir du froid." Elle a affirmé son amour pour ces défis : "J'adore les conditions difficiles, j'adore naviguer sur la mer du Nord. Le mois dernier, j'ai participé à quelques sessions après l'école à Wissant, ce qui m'a permis de m'habituer aux vagues déferlantes de la mer du Nord. Mais les vagues déferlantes de Sylt sont tout de même uniques."
Sol semble particulièrement à l'aise sur les grosses sections en finale. "Cette année, à l'entraînement, nous nous sommes beaucoup concentrés sur le bottom turn, afin de maintenir la vitesse de la planche," a-t-elle expliqué. "La vitesse m'aide dans les conditions difficiles, c'est là que je prends le contrôle des vagues. L'entraînement a porté ses fruits, je me sentais en contrôle. J'essaie toujours de prendre les plus grosses vagues." Sa stratégie est également affûtée : "Nous avons observé les vagues lors des séries précédentes, ce qui nous a permis de voir où les plus grosses déferlaient. J'ai commencé un peu lentement, mais dès la dernière vague en demi-finale, j'ai vraiment pris mes marques."
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Un Héritage Familial et une Éducation Sportive Précoce
Sol Degrieck est la fille de Sigrid Rondelez, qui a représenté la Belgique par 3 fois en windsurf lors des Jeux Olympiques de 2000, 2004 et 2012. Cet héritage familial a sans aucun doute joué un rôle crucial dans son immersion précoce dans le monde du windsurf. "J'étais dans l'eau salée depuis que je suis bébé," a-t-elle déclaré, soulignant une connexion naturelle et profonde avec l'océan. Elle a commencé le windsurf vers l'âge de 7 ans, d'abord sur un lac pendant environ deux ou trois ans, avant de se tourner vers l'océan. Le confinement a même été une opportunité pour elle : "Nous avons aussi eu beaucoup de temps parce que nous étions confinés. J'ai surtout appris avant, mais la première fois en mer, c'était pendant le confinement… comme après le grand confinement. Nous avions beaucoup de temps pour aller sur l'eau parce que je n'avais pas besoin d'aller à l'école, donc j'étais sur l'eau presque tous les jours."
Sa passion pour le windsurf est palpable et contagieuse. Elle tire son inspiration de ceux qui l'entourent. "Naviguer avec des champions m'inspire à aller plus haut et plus vite," a-t-elle affirmé. Elle admire des figures comme Daida et Sarah-Quita, et essaie de reproduire leurs mouvements. "C'est vraiment incroyable d'être en finale avec elles. C'était aussi ma première finale à Pozo, ce qui était vraiment incroyable."
La Formation Continue et l'Adaptation aux Exigences du Haut Niveau
La progression de Sol est le fruit d'un entraînement rigoureux et d'une capacité d'adaptation exceptionnelle. Ses sessions d'entraînement sont souvent axées sur des objectifs spécifiques, comme en témoigne le travail intense sur les bottom turns. Elle est également décrite comme une athlète qui apprend principalement en pratiquant. Quand on lui demande comment elle apprend, elle répond : "Surtout, je navigue et j'essaie moi-même. Après tant de tentatives, je reviens au rivage, et ma mère observe un peu tout le monde pendant que je navigue." Cette approche pratique, combinée à l'observation avisée de sa mère, lui permet d'affiner ses techniques et de s'améliorer constamment.
Son environnement de navigation habituel contribue également à sa résilience. "Je viens de la mer du Nord, donc j'ai une base assez large en matière de navigation, en termes de conditions," a-t-elle expliqué. "J'aime autant les vents onshore que side shore ou offshore. Les courants et les shore breaks ne me dérangent pas. J'aime autant défier les grosses vagues que m'amuser sur les petites. J'aime les vents forts, mais aussi les conditions marginales, et le froid et la pluie ne me dérangent pas." Cette familiarité avec des conditions variées et souvent exigeantes lui confère un avantage certain sur le circuit mondial, lui permettant de s'adapter rapidement à n'importe quel spot.
En ce qui concerne spécifiquement le waveriding, elle estime que sa force réside dans ses bottom turns sur lesquels elle a beaucoup travaillé. Son objectif est de "transférer la vitesse vers le top turn." De plus, en raison de sa taille, elle aime la puissance de sa voile, et elle navigue généralement avec une voile un peu plus grande que les autres filles, une particularité qui lui permet d'exploiter pleinement la force du vent.
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Un observateur a décrit son approche de manière éloquente : "Ma chose préférée chez Sol, c'est quelque chose que l'on voit rarement chez les filles et qui n'existait pas vraiment à ma génération… Elle navigue comme un des jeunes garçons, vous savez, elle n'écoute pas le fait que c'est dangereux. Elle essaie juste tout, va pour tout et finalement elle apprendra tout !" Cette mentalité de "tout essayer" est un moteur puissant de son développement technique et de sa réputation de planchiste intrépide.
L'Équipement au Service de la Performance
Le choix de l'équipement est crucial en windsurf, et Sol Degrieck a des préférences claires adaptées à son style et aux conditions variées qu'elle affronte. "Pour les jours vraiment venteux ; comme super surpuissante, je suis sur le Severne Pyro 56L," a-t-elle précisé. "Autrement, je suis principalement sur le 62L." Ces choix de volume de planche sont stratégiques pour maximiser le contrôle et la performance en fonction de la force du vent. Un volume plus faible (56L) est idéal pour les vents très forts où la portance naturelle du vent sur la voile est déjà très importante, tandis qu'un volume légèrement supérieur (62L) offre une polyvalence pour des conditions de vent plus modérées.
Lors des moments critiques, comme à Sylt, la gestion de l'équipement devient un élément clé de la stratégie. Après avoir perdu son équipement principal en demi-finale, elle a dû se rabattre sur un matériel de rechange composé d'une grande planche et d'une voile de 4.8. Bien qu'elle ait admis que c'était "vraiment du matériel trop puissant pour moi," elle a réussi à l'utiliser à son avantage, démontrant sa capacité à s'adapter et à performer même avec un équipement sous-optimal. Cette flexibilité et cette connaissance intime de son matériel contribuent à son succès dans les conditions les plus exigeantes.
Une Génération Inspirante et l'Esprit de Compétition Féminin
Sol Degrieck ne navigue pas seule ; elle fait partie d'une nouvelle génération de rideuses très talentueuse. "Oui, j'ai beaucoup de chance d'avoir grandi avec autant de filles douées qui se motivent mutuellement," a-t-elle souligné. "Notamment Alexia, Maria et Lisa, qui ont quelques années de plus que moi, mais aussi Lizzy, Trine, Annajulia et bien d'autres encore. L'esprit entre les filles est vraiment bon. Naviguer avec ses amies, c'est le top !" Cette camaraderie et cette émulation saine sont des facteurs importants dans le développement de ces jeunes athlètes. "Toutes les filles sont très motivées et adorent rider à fond." Cette dynamique de groupe nourrit une culture de l'excellence et de l'encouragement mutuel, propice à l'épanouissement sportif.
Un commentaire soulignait sa ressemblance physique et stylistique avec d'autres talents : "J'ai pris une photo avec elle dos à dos avec Sara Quita l'autre jour avant l'événement et nous riions parce qu'elles ont les mêmes cheveux et exactement la même taille et la même carrure, donc elle est définitivement faite pour le succès !" Ces observations montrent qu'elle possède les attributs physiques et mentaux qui prédisposent à une carrière brillante.
L'Équilibre entre Compétition et Vie Scolaire
À seulement 15 ans, Sol Degrieck jongle avec les exigences du sport de haut niveau et celles de son éducation. "En ce moment, je viens de terminer ma 4ème année scolaire en Belgique," a-t-elle indiqué. Elle a encore "deux ans" d'études devant elle. Cet équilibre est un défi pour de nombreux jeunes athlètes, mais Sol semble le gérer avec pragmatisme. Son rêve de devenir un jour championne du monde est clair, mais elle maintient une perspective réaliste sur son parcours. Lorsqu'on lui demande ce qu'elle fait en dehors du windsurf, elle répond simplement : "Non, je lis des livres." Cela révèle une jeune femme avec des intérêts variés et une approche équilibrée de la vie.
Une Philosophie de Compétition Axée sur le Présent
Malgré ses succès fulgurants et son potentiel évident pour des titres mondiaux, Sol Degrieck maintient une approche humble et focalisée sur le moment présent. "Pour moi, c'était une surprise totale. Je prends les vagues et les manches les unes après les autres. Je ne pense pas vraiment aux résultats," a-t-elle confié après sa victoire à Sylt. Cette mentalité lui permet de rester concentrée sur la performance immédiate sans être submergée par la pression des attentes.
Cependant, la victoire à Sylt a renforcé sa détermination. Quand on lui demande si elle est de nouveau en lice pour le titre mondial grâce à cette victoire, elle répète : "Je ne pense pas aux résultats. Je prends les vagues une par une et les manches une par une." Mais elle ajoute avec une nouvelle assurance : "Cela dit, bien sûr, je vais tout faire pour obtenir le meilleur résultat possible. Sylt était ma première victoire dans la compétition principale, et maintenant j'ai pris le coup…" Cette déclaration révèle une ambition grandissante, combinée à une stratégie de concentration progressive, qui pourrait bien la mener vers les sommets du windsurf mondial.