Le cinéma français a récemment braqué ses projecteurs sur le monde du surf avec la sortie du film "La Source", une œuvre qui, au-delà de l'esthétique des vagues, explore des thèmes profonds d'ascension sociale et de quête personnelle. Le public du cinéma Le Select de Saint-Jean-de-Luz et du CGR de Tarnos a eu l’occasion ce lundi 1er juillet d’assister à l’avant-première du film "La Source" en présence de son réalisateur, Rodolphe Lauga, et des comédiens principaux Christophe Lambert, Alice David et Samir Benhima, alias Sneazzy. Rencontrée quelques minutes avant ces séances, au Grand Hôtel de Saint-Jean-de-Luz, l’équipe a partagé les coulisses et les motivations de ce projet cinématographique qui promet de marquer les esprits par sa sincérité et son message universel.
"La Source" : Une Genèse Inspirée par la Soif de Surf
Le film "La Source" puise son essence dans une histoire vraie, celle de Karim Braire, un jeune homme qui, parti de rien, a transformé son destin. Rodolphe Lauga, touche à tout de l’image, y évoquait un film fiction inspiré par la soif de surf de Karim Braire, un jeune d’une cité d’Orléans qui sait à peine nager et qui d’un coup se met au défi d’aller surfer les vagues d’un spot mythique nommé La Source, à Tahiti. L'idée de ce projet a germé après une rencontre significative. Les deux hommes, Rodolphe Lauga et Karim Braire, se sont rencontrés dans un café en 2012. Ce fut un point de départ décisif pour le réalisateur. Rodolphe Lauga a été contacté par une femme travaillant dans une maison de production en 2012. Il se rappelle : "Son signataire, Karim Braire, raconte, en trente lignes, comment en cinq ans, le jeune mec désoeuvré d’une cité d’Orléans qu’il était, est parvenu à devenir surfeur et vit aujourd’hui de sa passion."
Ce récit a profondément touché Rodolphe Lauga, qui a vu dans l'histoire de Karim une résonance personnelle. Il explique : "Pour la première fois, après avoir rencontré Karim qui a inspiré cette histoire, je me suis totalement reconnu dans son parcours." Cette reconnaissance a été un moteur essentiel pour la création du film. Il précise : "Nous n’avons pas la même vie, nous ne venons pas de la même classe sociale et pourtant son parcours ressemble au mien. Je me suis dit cette histoire, tout du moins ce parcours, est universelle. « Réaliser sa propre vie », s’arracher à sa condition au travers d’une passion, d’un rêve fou !" Le scénariste et réalisateur témoigne de l'attrait de cette thématique : "Au-delà du surf, que je pratique depuis longtemps, ce qui m’a intéressé c’est ces idées d’ascension sociale au travers du sport, d'émancipation par rapport à la famille et ce rêve fou que personne ne comprend." Cette approche a permis de construire une narration riche, où le surf n'est pas seulement un sport, mais un puissant vecteur de transformation personnelle et sociale. La Source est le premier film que Rodolphe Lauga a écrit et réalisé en solo, marquant une étape importante dans sa carrière après de nombreuses collaborations en tant que cadreur puis scénariste. Il a voulu tenter l'aventure, porté par cette histoire inspirante.
Christophe Lambert : L'Engagement d'un Acteur pour un Message Authentique
Parmi les figures emblématiques de ce projet, Christophe Lambert tient une place particulière, incarnant le personnage de Tony La Mouche. Dans le film, Christophe Lambert incarne lui le personnage de Tony La Mouche, père de substitution du jeune Samir, un personnage qui se distingue par son parcours singulier, étant redevenu champion du monde de culturisme pour la cinquième fois à l’âge de 67 ans. Rodolphe Lauga salue le choix de cet acteur pour ce rôle, soulignant qu' "il avait ce côté décalé, extrêmement touchant."
L'engagement de Christophe Lambert envers "La Source" n'est pas anodin ; il est profondément lié au message véhiculé par le film. L'acteur confie que "ce rôle, c'est vraiment un choix. Et cette promotion, je la fais parce que c'est une équipe que j'aime et parce que c'est un film qui est sincère." Christophe Lambert y a d’autant plus plongé que le message du film l’a touché. Pour lui, le cœur du film réside dans une injonction fondamentale à la persévérance et à l'audace. "Le message, c'est quand vous avez un rêve, essayer d'aller au bout. Essayer c'est le mot-clé," relève-t-il. Il va plus loin dans sa réflexion sur ce que le film tente de transmettre : "Le message c'est Vous pouvez vous planter, mais vous n'avez pas le droit de ne pas essayer. Et ça c'est vrai pour toutes les générations." Cette philosophie de vie, où l'échec est une possibilité mais l'inaction une faute, résonne avec la quête du personnage principal, Samir, et offre une portée universelle à l'histoire. L'acteur, reconnu pour sa capacité à incarner des rôles intenses et mémorables, apporte à Tony La Mouche une profondeur et une humanité qui enrichissent la trame narrative. De l'avis des spectateurs, certains ont trouvé l'histoire assez intéressante, sur, comment avoir l'ambition d'être, sauveteur, surfer "surtout quand on sait pas nager", bien sûr contre l'avis familial. Des retours initiaux ont également souligné la qualité de sa performance, avec un spectateur notant une "super prestation de christophe lambert qu on voit pas assez".
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Sneazzy dans la Peau d'un Surfeur : Une Transformation Éprouvante et Sincère
Le casting du rôle principal, Samir, a été une étape clé dans la réalisation du film. Rodolphe Lauga ne voulait pas d’acteur connu et ne souhaitait pas non plus passer par une étape de casting traditionnelle pour incarner Samir. Il se rappelle : "Un jour, il me revient que la première fois où j’ai entendu parler de l’histoire de Karim, donc, avant même de le rencontrer, je travaillais sur un clip pour 1995, un petit groupe de rap de la Porte d’Orléans." Ce groupe était composé de mecs qui, depuis, ont tous fait des carrières en solo. C'est ainsi que le choix s'est porté sur Samir Benhima, alias Sneazzy, membre du groupe 1995, choisi pour incarner le personnage de Karim Braire. Rodolphe Lauga prolonge : "J’ai pensé à Samir parce qu'il jouait pour le groupe 1995, pour lequel j'avais fait quelques clips à l'époque où j'étais cadreur."
Pour Sneazzy, cette expérience fut une première au cinéma et un véritable défi personnel. Il exprime sa satisfaction d'avoir été choisi : "Très content qu'on soit venu me chercher pour un rôle qui n'est absolument pas dans le cliché du rappeur." L’artiste, qui fait ici ses premiers pas au cinéma, a dû apprendre le surf à vitesse grand V, une performance d’autant plus louable que Rodolphe Lauga reconnaît l’avoir poussé dans les vagues "jusqu’à l’épuisement." Sneazzy confirme l'intensité de cette expérience : "Ça a été très riche en émotions." Le rappeur, parisien et citadin dans l'âme, était loin du monde aquatique. Il le confie : "Quand Rodolphe m’a appelé pour me proposer de faire l’acteur dans son film, je suis tombé des nues : je n’avais jamais joué de ma vie." Il poursuit en décrivant son rapport à son environnement habituel : "Même si depuis longtemps, pas mal de copains me disaient que j’avais le profil pour tenter ma chance au cinéma, moi, depuis mon adolescence, j’étais dans le rap, à fond et exclusivement. Je suis un vrai parisien, un urbain irrécupérable. J’aime sentir le bitume sous mes pieds et respirer l’air vicié des villes. L’eau, l’air pur et l’océan n’ont jamais été mon truc, et, bien évidemment, le surf, encore moins."
La préparation pour le rôle a été rapide et exigeante. Pour préparer le tournage, Sneazzy est parti s’initier avec Rodolphe deux jours dans le Sud Ouest. En tout, il n’a dû prendre que "trois heures de cours." Le début du tournage fut un mélange d'appréhension et de chance. "Le premier jour, on a commencé par des scènes de surf. Je les ai abordées avec le culot et l’inconscience des gens qui vont passer des épreuves sans y être préparés. J’ai eu de la chance : je n’avais pas de réplique, le vent était paisible et les vagues, abordables. J’ai pu tourner dans un esprit « clip » et tout s’est bien passé." Cependant, les défis se sont rapidement intensifiés. "Les choses se sont corsées dans les jours qui ont suivi, lorsque j’ai dû jouer et que la mer s’est levée. J’ai vraiment eu peur quand il a fallu affronter des grosses vagues. A Saint-Girons, elles peuvent être gigantesques." Les conditions hivernales ont ajouté à la difficulté : "Les séquences tournées là-bas en hiver ont été assez pénibles : j’ai bu des tasses et j’ai cru mourir de froid." Il admet la puissance incontrôlable de l'océan : "Même si certains vous affirment le contraire, on ne peut pas maîtriser l’océan. Quand il s’énerve, on n’a plus qu’à bien se tenir et à croire en sa chance !"
Le tournage à Tahiti a représenté le summum de l'épreuve. "Le pire pour moi ont été les scènes tournées à Tahiti où la mer est non seulement très agitée, mais infestée de requins. Un jour, une vague m’a envoyé valdinguer au fond, sur du corail. Ce tournage a été l’expérience la plus exténuante et la plus effrayante que j’aie jamais vécue." Malgré ces difficultés extrêmes, Sneazzy retient le positif de cette aventure. "Je ne regrette rien. D’habitude, je fais un peu de foot et de gym, mais là, j’ai dépassé mes limites." Il a même vécu des moments de pure beauté au milieu de l'effort : "A Tahiti, on a tourné en présence de baleines qui nageaient à moins de 5 mètres. C’était impressionnant mais d’une beauté exceptionnelle." Il ne manque pas de souligner l'ironie de la situation : "Quand je pense que, dans la vie, le simple contact avec poisson me met mal à l’aise !" L'interprète de Samir a réussi à s'imposer, démontrant qu' "il s’en tire avec les honneurs et parvient à être tout à fait crédible dans la peau de ce garçon qui va au bout de ses rêves, quitte à manger pas mal de vaches enragées." Il confie également que ce parcours de Samir ressemble au sien "dans les grandes lignes, soit partir de rien, avoir un rêve et y aller un fond malgré le fait que certains autour de toi n'y croient pas. C'est un peu ce qui m'est arrivé dans le rap."
Alice David : Quand la Passion du Surf Rencontre le Septième Art
L'actrice Alice David, également présente lors de l'avant-première, a apporté sa propre perspective sur le projet et son engagement dans "La Source". Sa participation au film n'est pas le fruit du hasard, mais la convergence de ses intérêts personnels et professionnels. "C’est, en 2016, je crois, que j’entends parler pour la première fois du projet de La Source. Je suis en plein tournage, mais mon sang ne fait qu'un tour : fait rarissime en France, ce film, met en scène des surfeurs." L'enthousiasme d'Alice David s'explique par sa récente découverte et son amour pour ce sport : "Or, justement, je viens de découvrir ce sport, et il me plaît tellement que j’y consacre désormais toutes mes vacances."
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Cette passion pour le surf a motivé une démarche proactive de sa part. "J’appelle tout de suite mon agent pour voir s’il n’y a pas un rôle féminin pour lequel je pourrais auditionner." Sa détermination a porté ses fruits, car "presque un an plus tard, ma planche sous le bras, je m’envole pour un séjour en Indonésie. A peine débarquée, je reçois un coup de fil de Rodolphe Lauga qui m’apprend que, finalement, dans son film, un rôle est à prendre." La rencontre avec le réalisateur a confirmé cette bonne entente. "Je ne connais pas Rodolphe, mais j’aime la façon claire et franche, dont il aborde les choses. On était sur la même longueur d’onde. Je lui dis que je suis partante." Son enthousiasme pour le film se traduit également par la manière dont elle le décrit : "C’est un vrai « feel good movie » comme on dit aujourd’hui." Alice David a également salué la performance de son partenaire à l'écran, Sneazzy, soulignant son courage face aux épreuves du tournage en déclarant : "C’était très courageux." Elle s'était d'ailleurs proposée spontanément pour allier ses deux passions du surf et du cinéma.
Samir, un Personnage en Quête d'Horizon : Le Cœur de l'Histoire
Au-delà des performances des acteurs et de la vision du réalisateur, le film "La Source" dépeint le parcours poignant de Samir, un jeune homme confronté à un destin tout tracé qui bascule vers un rêve inattendu. Samir vit dans une cité populaire, en banlieue d’une grande ville de province. Entre l’ennui et les petits coups foireux pour tuer le temps avec les potes, son père le forme à la plomberie. La vie de Samir est alors rythmée par les attentes familiales et la routine du quartier. Cependant, un événement tragique va bouleverser cet équilibre précaire. Quand celui-ci décède brutalement, Samir n’a plus d’autre choix que de reprendre l’entreprise familiale pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses deux sœurs. Cette responsabilité écrasante semble sceller son avenir.
Le destin va pourtant en décider autrement. Un moment anodin à la médiathèque de son quartier va devenir une révélation. À la médiathèque municipale, un matin où il accompagne sa plus jeune sœur, il a une révélation : la photo d’un surfeur issu de quartiers qui ressemblent au sien bouleverse sa vision, et élargit son horizon en un éclair. Ce simple cliché sur une couverture de magazine, représentant un surfeur, lui ouvre un monde de possibilités insoupçonnées. Son avenir est là, sous ses yeux. Cette image devient le catalyseur d'un rêve fou, celui de devenir surfeur, malgré l'absence totale d'expérience et l'avis familial. L'histoire de Samir, inspirée de celle de Karim Braire, explore cette force intérieure qui pousse à s'affranchir de sa condition et à poursuivre un idéal, même quand tout semble s'y opposer. Le film illustre ainsi la quête d'identité et l'émancipation par le sport, défiant les préjugés et les barrières sociales.
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