Le monde du rugby a été témoin d'une innovation marquante et profondément symbolique lors des récentes confrontations des All Blacks, notamment à l'occasion de la Coupe du monde de rugby 2023. Les All Blacks, avant le coup d'envoi de leurs matchs cruciaux, ont exécuté leur traditionnel haka, mais avec une nouveauté qui n'a pas manqué de capter l'attention. Cette innovation, une pagaie portée par Aaron Smith, a introduit un élément inédit et puissant dans ce rituel ancestral, soulignant l'importance constante de l'effet de surprise que les Néo-Zélandais aiment à préparer. Avant d'affronter le XV de France ce vendredi soir, en ouverture de la Coupe du monde de rugby 2023, les All Blacks ont exécuté leur traditionnel haka, intégrant pour la première fois devant un large public une pagaie en bois sculpté, objet auparavant inhabituel dans cette performance emblématique.
Le "Hoe" Polynésien : Un Objet Cérémoniel, Symbole de Pouvoir et de Direction
Cet objet, dont l'introduction a marqué les esprits, est bien plus qu'un simple accessoire. Il s'agit là d'un objet traditionnel et cérémoniel, d'une portée significative dans la culture australe. Selon les explications fournies par le site du musée de Tahiti, cet objet est appelé « hoe » en polynésien. Sa fonction principale le désigne comme une « pagaie de danse », utilisée spécifiquement lors de cérémonies culturelles où son usage est strictement réservé au chef. Cette dimension cérémonielle et son association exclusive avec une figure d'autorité confèrent au « hoe » une stature particulière, bien au-delà de son apparence.
La pagaie en tant que telle est intrinsèquement un symbole de pouvoir. Elle renvoie symboliquement et directement à celui qui est responsable de diriger une pirogue. Par extension, cette symbolique s'élargit pour représenter celui qui guide un groupe, incarnant le leadership, la direction et la force collective. Cette interprétation prend tout son sens dans le contexte des All Blacks, une équipe où la cohésion et le leadership sont primordiaux. L'image du chef menant sa pirogue à travers les eaux tumultueuses évoque la détermination, la sagesse et la capacité à naviguer les défis, des qualités essentielles sur un terrain de rugby.
L'introduction de la pagaie par Aaron Smith, en particulier, a été un moment clé de la Coupe du monde de rugby 2023. Le vendredi 8 septembre 2023, avant le match d'ouverture très attendu entre la France et la Nouvelle-Zélande, Aaron Smith, le demi de mêlée et capitaine néo-zélandais, a été le premier à brandir cette pagaie en bois sculpté lors du haka. Cette initiative a créé une résonance particulière, d'autant plus que les Néo-Zélandais ont choisi d'exécuter le Kapa O Pango, une version du haka réputée plus dure et qu'ils aiment à réaliser face aux Bleus, devenus leurs meilleurs ennemis en Coupe du monde.
L'innovation ne s'est pas arrêtée là. Lors du haka réalisé avant Nouvelle-Zélande - Namibie pour leur second match dans cette Coupe du monde, ce vendredi 15 septembre, à quelques minutes du coup d'envoi de la rencontre au Stadium de Toulouse, les All Blacks ont de nouveau exhibé une pagaie pour mener la danse. Comme pour le match d'ouverture contre la France, les Néo-Zélandais ont innové, et Aaron Smith a utilisé cet objet en bois pour diriger le haka. Cet élément n'était pas qu'un simple artifice ; il représentait un lien profond avec l'histoire et les origines du peuple maori. En effet, lors de la Coupe du monde 2023, Aaron Smith tenait un « Hoe », une pagaie traditionnelle, qui est une référence directe aux habitants originels, ceux qui sont arrivés en Nouvelle-Zélande à la rame, traversant les vastes océans pour fonder une nouvelle terre.
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La présence de la pagaie a continué de marquer les moments importants de la compétition. Aaron Smith, le capitaine des All Blacks, a de nouveau été vu avec la pagaie avant de diriger le haka contre l'Argentine, en demi-finale de la Coupe du monde. Ce geste est devenu un rituel profondément ancré dans la campagne des Néo-Zélandais. Pour la sixième fois de la Coupe du monde et pour la dernière fois de sa carrière internationale, Aaron Smith s’est avancé, pagaie en main, sur la pelouse du Stade de France, un peu avant 21 heures ce samedi soir, lors de la finale. Le demi de mêlée des All Blacks a dirigé son ultime haka en mondovision, un moment d'une intensité rare, le plus important de tous, dans une finale de rêve face aux champions du monde sud-africains devant 80 000 personnes à Saint-Denis. La pagaie a ainsi accompagné Aaron Smith à travers les moments les plus décisifs de sa carrière et de la Coupe du monde, soulignant son rôle de leader et la connexion de l'équipe à ses racines culturelles.
Au-delà du "Hoe" : Le "Maripi", Un Autre Trésor Culturel au Cœur du Haka
L'utilisation d'objets traditionnels lors du haka n'est pas une pratique entièrement nouvelle pour les All Blacks, bien que l'intégration de la pagaie par Aaron Smith ait été particulièrement médiatisée et significative. Les All Blacks avaient déjà utilisé des objets traditionnels lors du Haka par le passé, démontrant une volonté constante de célébrer et de partager leur héritage culturel. En ce sens, l'innovation de la pagaie s'inscrit dans une tradition plus large d'enrichissement du haka.
Un autre exemple notable d'intégration d'un objet cérémoniel est celui du « Maripi », un outil ou une arme traditionnelle maorie, utilisé par le talonneur Codie Taylor. Comme il y a une semaine, Codie Taylor a mené le Haka ce samedi, avant le deuxième test entre la Nouvelle-Zélande et la France, à Wellington, en utilisant un Maripi. Cette occurrence faisait suite à un événement similaire la semaine passée, lors du premier test remporté par les All Blacks à Dunedin. Codie Taylor avait alors déjà mené le Haka ce samedi, pour le deuxième match face aux Bleus à Wellington. Si les Néo-Zélandais ont cette fois effectué le Ka Mate - une version distincte du Kapa O Pango -, le talonneur a de nouveau utilisé un Maripi, un outil ou une arme traditionnelle morie (maorie).
La provenance et la symbolique de ce Maripi sont également d'une grande richesse. Selon un communiqué de presse officiel émanant de la Fédération néo-zélandaise de rugby, ce Maripi a été méticuleusement sculpté par Kwana Waititi, un artiste talentueux de la tribu Te Whānau-Apanui, spécifiquement pour les All Blacks. La matière première choisie pour sa confection est le Black Maire, réputé pour être le bois natif le plus dur de Nouvelle-Zélande, conférant à l'objet une résistance et une noblesse exceptionnelles.
Le motif de la sculpture qui orne le Maripi suit la forme du manaia. Le manaia est une figure emblématique dans l'art maori, un être mythique qui joue un rôle crucial en faisant le lien entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Cette représentation symbolise la connexion entre le passé, le présent et le futur, ainsi que la protection spirituelle. Le manaia est souvent représenté avec une tête d'oiseau, un corps humain et une queue de poisson, suggérant la capacité à voyager entre les trois mondes : le ciel, la terre et la mer. L'intégration d'un tel motif sur un objet utilisé lors du haka renforce la dimension spirituelle et ancestrale du rituel, invitant les esprits des anciens à soutenir les joueurs.
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Ce trésor culturel, ou « taonga » dans la langue maorie, porte également un nom distinctif : Kiwa. Le terme « taonga » désigne non seulement un objet précieux, mais aussi tout ce qui est considéré comme un héritage culturel précieux, porteur d'histoire, de mana (prestige, autorité spirituelle) et d'identité pour le peuple maori. Nommer cet objet Kiwa lui confère une identité propre, une âme qui participe à l'énergie collective du haka. L'utilisation du Maripi par Codie Taylor, tout comme celle de la pagaie par Aaron Smith, démontre l'engagement profond des All Blacks à incarner et à honorer la culture maorie, en la présentant au monde entier à travers le prisme puissant et émotionnel du rugby. Ces objets ne sont pas de simples fétiches ; ils sont des extensions de l'identité des joueurs et de la nation qu'ils représentent.
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