Le Palmarès Glorieux des Champions du Monde de Bodyboard Français depuis 2000

Le bodyboard, discipline nautique dynamique et spectaculaire, a vu la France s'imposer comme une nation incontournable sur la scène mondiale, particulièrement depuis le début du troisième millénaire. Les athlètes français ont su démontrer un talent exceptionnel et une détermination sans faille, décrochant des titres mondiaux qui forgent l'histoire de ce sport.

Le Bodyboard : Une Discipline Unique et Son Émergence en France

La première particularité de cette discipline est de se pratiquer allongé sur la planche, à la différence du surf classique. Il peut également se pratiquer debout ou avec un genou sur la planche et l'autre pied à plat, une technique connue sous le nom de "dropknee". Cette dernière possède d'ailleurs son classement spécifique sur le IBA World Tour. En dehors des positions, l'autre spécificité majeure du bodyboard tient à la nature de la planche elle-même, plus petite qu'une planche de surf traditionnelle mais aussi beaucoup plus souple. Enfin, chaque bodyboarder dispose de palmes pour faciliter le départ sur la vague, un atout essentiel pour la rapidité et la manœuvre.

Sport récent mais déjà très reconnu dans certains pays comme l'Australie, le bodyboard a été popularisé dans les années 1990 par l'Hawaïen Mike Stewart, qui, du haut de ses neuf titres de champion du monde, peut être considéré comme le Kelly Slater du bodyboard. Mais l'histoire du bodyboard en France, et plus largement des sports de glisse, s'ancre bien avant cette période, marquant une progression constante et un développement de l'expertise.

Depuis son introduction aux Championnats de France en 1982 à Seignosse, le bodyboard a façonné ses propres légendes au sein de l'Hexagone. Chez les hommes, le palmarès national est dominé par des noms emblématiques. Nicolas Capdeville, une référence internationale, est un quintuple champion de France, ayant remporté les titres en 1993, 1994, 1996, 1997 et 2001. Son parcours a contribué de manière significative à donner une visibilité mondiale au bodyboard français. Avant lui, Stéphane Sisco avait marqué les années 80 avec trois titres consécutifs de champion de France (1986-1988), ouvrant ainsi une ère de popularité nouvelle pour la discipline. Dans les années 90, Christophe Perry a enchaîné lui aussi trois sacres nationaux (1990-1992), consolidant l'empreinte française. Plus récemment, Martin Mouradian a imité ces séries en s’imposant trois fois d’affilée (2016-2018), tandis que Yann Salaün s’est illustré sur la durée avec trois couronnes non consécutives (2015, 2019, 2023). Un jeune talent, Ethan Capdeville, a également décroché trois titres nationaux non consécutifs, illustrant la continuité et le renouvellement des générations.

Chez les femmes, c’est Eloïse Bourroux qui détient un record impressionnant avec cinq titres nationaux (1993-2002). Son règne illustre la montée en puissance du bodyboard féminin dans les années 90. Dans les années 2010, Anne-Cécile Lacoste a elle aussi marqué son époque avec cinq sacres nationaux, dont trois consécutifs (2011-2013), démontrant une constance et un niveau de performance exceptionnels.

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Sur la scène européenne, les succès français ont également été notables. Stéphane Sisco est devenu le premier champion d'Europe de bodyboard en 1987. Plus tard, en 1997, Eloïse Bourroux a remporté le seul titre individuel français en bodyboard dames lors des championnats d'Europe en Irlande. Ces jalons nationaux et continentaux ont posé les fondations des exploits internationaux à venir.

L'Ascension des Champions Français du Bodyboard depuis 2000

Le début des années 2000 marque un tournant pour les équipes de France de sports de glisse. L'équipe de France se "professionnalise". Le staff technique s'étoffe, la préparation se veut plus rigoureuse, et les objectifs sont revus à la hausse sur les Mondiaux. Longtemps cinquième ou sixième nation, la France visait alors les podiums, et c'est dans ce contexte de structuration et d'ambition que les bodyboarders français ont commencé à briller intensément.

Un des moments les plus marquants de cette période est survenu lorsque Nicolas Capdeville est devenu le premier Français champion du monde de bodyboard ISA en 1992, bien avant le seuil de l'an 2000, mais son influence et son titre en tant que quintuple champion de France, dont le dernier en 2001, rappellent son statut de pionnier et de figure emblématique de la discipline française, ouvrant la voie à la génération suivante.

Vingt ans après ce titre historique de Capdeville, un nouveau champion allait émerger. Un Français est devenu champion du monde de bodyboard, un mercredi, aux îles Canaries, sur l'un des spots les plus célèbres du monde, Fronton. Agé de 21 ans seulement, Pierre-Louis Costes a décroché le titre suprême de la discipline en remportant l'IBA World Tour (International Bodyboarding Association) à l'issue d'une dernière manche disputée. Le jeune Tricolore a assuré son triomphe en atteignant les demi-finales d'une épreuve finalement remportée par l'Australien Jason Finlay. Ce sacre est survenu en 2011, une année mémorable pour le bodyboard français.

Pierre-Louis Costes, "PLC" pour les intimes, a fait la différence en résistant à une vague de trois mètres de haut. "Ce fut la vague de ma vie", a confié le bodyboarder français. "Je n'oublierai jamais cette vague. Je n'oublierai jamais Fronton. J'adore cet endroit." Le succès de Pierre-Louis Costes, qui a fait ses premiers pas dans le bodyboard sur les spots de Casablanca, au Maroc, symbolise la vitalité de ce sport en France. Quelques jours avant son titre de champion du monde, "PLC" avait en effet remporté, sous les couleurs de la France et sur le même spot de Fronton, la médaille d'or des ISA World Games en équipe et en individuel.

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Cette victoire en 2011 n'était pas un coup de chance, mais le signe d'une domination française grandissante. Pierre-Louis Costes a d'ailleurs été, au moins en 2015, l'actuel numéro deux mondial, prouvant la pérennité de son excellence. Les backflips impressionnants qu'il réalise en compétition témoignent de sa technique et de son engagement.

Avant le titre de Pierre-Louis Costes en 2011, un autre talent français s'était déjà illustré au sommet du bodyboard mondial. Amaury Lavernhe, surnommé "Moz", était lui-même champion du monde IBA l'année précédente, ce qui situerait son premier titre en 2010. Ce double champion du monde réunionnais et le landais Pierre-Louis Costes exercent depuis quelques années un quasi monopole sur le Tour mondial, un phénomène peut-être plus célèbre au pays des kangourous que de la baguette.

En 2015, Amaury Lavernhe, alors numéro un mondial, était en train de survoler la compétition avec une première victoire au Brésil et une excellente entame de la seconde étape au Chili. Sur des vagues de plus de trois mètres, "Moz" a obtenu les meilleurs scores tout au long de la compétition avec notamment deux vagues notées dix par les juges, récompensant son engagement exceptionnel dans l'eau. Il était alors opposé à Jared Houston, numéro 4 mondial, un jeune Sud-Africain au style explosif, souple et particulièrement aérien. L'équipe de France a terminé l'année 2015 en beauté aux championnats du monde ISA de bodyboard à Iquique, au Chili. Amaury Lavernhe s'est imposé en drop knee et a pris la deuxième place en Open. Jérémy Arnoux a quant à lui terminé quatrième en Open. Chez les dames, Anne-Cécile Lacoste a décroché une médaille de bronze. Alex Castillo a pris la 5e place chez les juniors, tandis que Kim Véteau s'est classée 7e chez les juniors filles. Maxime Castillo a terminé 25e en Open, complétant une solide performance d'équipe.

L'année 2015 a également vu Anne-Cécile Lacoste clôturer la saison avec deux titres mondiaux au Chili, s'adjugeant l'or individuel et contribuant à la victoire au relais. Ces performances confirment que la France ne compte pas qu'un seul talent, mais une profondeur d'athlètes capables de se hisser au plus haut niveau.

Une Domination Française Élargie : Surf, Longboard, SUP et Para Surf

Au-delà du bodyboard, l'excellence française s'est manifestée dans de nombreuses autres disciplines des sports de glisse aquatiques, attestant de l'efficacité de "l'école à la Française". Les années 2000 et suivantes ont été particulièrement fructueuses pour l'ensemble des équipes de France.

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En 2006, Pauline Ado est devenue la première Française championne du monde en remportant les Mondiaux juniors ISA au Brésil. L'avènement du surf français sur la scène mondiale s'est confirmé en 2009 lorsque Jérémy Florès (en surf) et Antoine Delpero (en longboard) ont remporté les Mondiaux ISA au Costa Rica, démontrant la polyvalence et la force des athlètes tricolores.

Le Stand Up Paddle (SUP), qui est entré dans le giron de l'ISA, a également permis aux Français de s'illustrer. Ainsi, Antoine Delpero est devenu le premier champion du monde de SUP Surf en remportant les Mondiaux ISA au Pérou en 2012. Le futur du surf français semblait radieux avec une équipe de France archi-dominatrice durant l'Eurosurf juniors de Lacanau en 2012, où elle a remporté 7 des 8 titres mis en jeu. Et surtout, la France a obtenu un titre de vice-championne du monde juniors au nez et à la barbe des Australiens en avril, en Équateur. En septembre, les juniors ont confirmé que la France était toujours la nation numéro 1 du Vieux Continent en remportant le titre par équipes lors de l'Eurosurf espoirs aux Açores. Pour la deuxième année consécutive, l'équipe de France a été vice-championne du monde juniors au classement des nations.

Aux Mondiaux juniors de Californie, la Française Tessa Thyssen est devenue la quatrième tricolore à remporter un titre mondial I.S.A., renforçant l'idée que l'école française produisait des résultats cohérents et non plus épisodiques. En fin d'année 2015, Tessa Thyssen est de nouveau devenue championne du monde de surf junior en Californie, où les Bleuets ont remporté le titre mondial du relais et ont terminé à la deuxième place au classement des nations. Sur la scène européenne, la France a continué de confirmer sa suprématie sur le Vieux Continent.

L'année 2015 a également marqué la première édition des championnats du monde de surf adaptés, auxquels a évidemment participé la première équipe de France Handi Surf. Le début de l'année 2016 a été marqué par l'organisation des premiers championnats d'Europe de Stand Up Paddle en France, à Lacanau en juin. L'équipe nationale s'est imposée haut la main avec un doublé pour Titouan Puyo et Olivia Piana en race (longue distance et technical race) et le titre d'Antoine Delpero. En août de la même année, les Bleus sont revenus sur les ISA World Surfing Games après 5 ans d'absence (leur dernière participation étant au Panama en 2011). Ils ont terminé au pied du podium, doublés par les Américains sur le fil. Fin septembre, l’équipe de France a remporté le titre mondial par équipes lors des championnats du monde juniors, aux Açores. Une première historique pour le surf français, déjà titré en longboard et en bodyboard, mais jamais en shortboard. Huit ans après la mise en place d’une nouvelle équipe technique à la tête des équipes nationales, et après deux places successives de vice-championne du monde en 2014 et 2015, la France était enfin sur le toit du monde. Titouan Debierre s’est imposé en U16.

En mai 2017, l'équipe de France s'est adjugée le premier titre mondial des nations de shortboard de son histoire lors des ISA World Surfing Games disputés à Biarritz. Pauline Ado a été couronnée championne du monde individuelle. Johanne Defay et Joan Duru sont devenus vice-champions du monde. Jérémy Florès a pris la 7e place, tandis que Dimitri Ouvré et Vincent Duvignac ont terminé 9es. La France a également remporté le relais avec les quatre messieurs et Justine Dupont.

La même année, l'équipe de France a remporté le premier titre de champion d'Europe de Para Surf de l'histoire en s'imposant fin mai à Viana do Castelo, au Portugal. Katell Roppert (AS5), Laura Dominguez (AS2) et Eric Dargent (AS2) ont été sacrés champions continentaux dans leur catégorie. Gwendal Halna Du Fretay (ASVI), Maxime Cabanne (AS2) et Pierre Pochat (AS4) sont devenus vice-champions d'Europe, et Philippe Naud (AS1) et Cédrick Montagney (AS5) ont remporté des médailles de bronze.

L'équipe de France a aussi remporté le titre de championne du monde de longboard des nations sur le spot de la Côte des Basques, à Biarritz. Les Français ont réalisé une compétition exceptionnelle ponctuée par la médaille d'or d'Alice Lemoigne, et celles d'argent de Justine Dupont et Antoine Delpero, et de bronze d'Edouard Delpero, auxquelles il faut ajouter la victoire sur l'épreuve du relais. Le Péruvien Piccolo Clemente a remporté le titre messieurs.

L'équipe de France est devenue championne du monde de Stand Up Paddle le 1er décembre 2019 à El Sunzal, au Salvador. Il s'agit du tout premier titre de la France en 8 participations depuis la création des championnats du monde de l'ISA. Les Bleus se sont imposés au classement général des nations devant l'Espagne et les États-Unis.

Un formidable exploit de l'équipe de France a eu lieu le 6 juin 2021 au Salvador, en remportant le titre mondial des nations. Joan Duru, 32 ans, finaliste malheureux à Biarritz en 2017, a cette fois-ci remporté le titre individuel. Jérémy Florès, 33 ans, champion du monde en 2009, est monté sur le podium. Pauline Ado, 30 ans, qui avait obtenu sa qualification pour les Jeux Olympiques, a pris la 6e place de ces Mondiaux. Cette année-là, quatre Français, Jérémy Florès, Michel Bourez, Johanne Defay et Pauline Ado, ont participé aux premiers Jeux Olympiques de l'histoire du surf à Tokyo, et plus précisément à Chiba, où Michel Bourez s'est hissé jusqu'en quarts de finale.

L'équipe de France est également devenue championne du monde de para surf le 11 novembre 2022 à Huntington Beach (Californie). Elle s'est imposée pour la première fois au classement général devant les États-Unis, champions sortants, et le Brésil. Laurie Phipps a remporté la première médaille d'or individuelle de l'histoire du para surf français. Valentine Moskoteoc, Thomas DaSilva et Eric Dargent sont devenus vice-champions du monde.

L'avenir du surf français s'est encore écrit en lettres d'or avec la conquête des deux premières médailles olympiques : Kauli Vaast en or et Johanne Defay en bronze. Ces exploits, réalisés à Teahupo'o, site des Jeux de Paris 2024, ont vu l'équipe de France réaliser une performance XXL, couronnant des décennies de travail acharné et de dévouement.

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