Champions Olympiques de Natation: Une Histoire Aquatique

Depuis son inclusion aux premiers Jeux Olympiques modernes en 1896 à Athènes, la natation a évolué de manière spectaculaire, devenant l'un des sports les plus appréciés du grand public. Cet article retrace l'histoire de la natation olympique, ses évolutions, ses moments marquants et la contribution des athlètes nordistes à cette discipline. Discipline phare des Jeux olympiques, la natation a toujours offert son lot de stars et de sportifs de légendes.

Les Débuts de la Natation Olympique

Athènes 1896

La natation fait partie des Jeux Olympiques depuis leur renaissance moderne en 1896 à Athènes. Lors de cette première édition, les épreuves de natation se déroulaient en pleine mer, dans la baie de Zéa au Pirée. Les nageurs étaient emmenés au large en bateau et devaient regagner la côte le plus vite possible, dans des conditions souvent difficiles. Alfred Hajos, un Hongrois, a remporté la médaille d'or du 1200 mètres nage libre, affirmant que "le désir de survivre était plus fort que celui de gagner". À cette époque, les épreuves comprenaient également un 100 mètres réservé aux marins grecs, avec des bouées faites de citrouilles évidées. A Athènes, le premier champion olympique sera le Hongrois Alfred Hajos qui s’impose sur une course de 1200m dans une mer glacée.

Paris 1900

Aux Jeux Olympiques de Paris en 1900, les compétitions de natation se sont déroulées dans la Seine. Une épreuve insolite de nage sous l'eau sur 200 mètres faisait partie du programme. Le premier champion olympique français, Charles Devendeville, a réalisé la meilleure performance dans l’épreuve du 60m sous l’eau. Dans le relais 5 x 200m, les Tritons lillois remportent la médaille d’argent avec Joseph Bertrand, Victor Cadet, Maurice et Victor Hochepied et Jules Verbeke et les Pupilles de Neptune de Lille s’adjugent la médaille de bronze avec : Philippe Houben, Jean Leuillieux, Désiré Merchez, René Tartara et Louis Martin.

Londres 1908

Les Jeux de Londres en 1908 marquent un tournant avec l'introduction de la piscine pour les épreuves de natation. Une piscine aux dimensions surréalistes (100mx17m) qu’en 1908, à Londres, sur le stade de White City où se déroulent également l’athlétisme. Une piscine de 100 mètres de long a été construite sur la pelouse du White City Stadium, apportant une régulation technique plus stricte à la discipline. Dès cette date, il y aura une régularisation en matière d’épreuves, de style et de réglementation.

Stockholm 1912

Les Jeux de Stockholm en 1912 ont vu l'apparition des femmes dans les compétitions de natation, marquant un pas important vers l'égalité des sexes dans ce sport. Les femmes feront leur apparition en 1912, à Stockholm et l’Australienne Fanny Durack sera la première championne olympique.

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L’évolution de la Natation Olympique

Depuis ces débuts quelque peu rustiques, la natation olympique a connu de nombreuses évolutions. Les premières épreuves en bassin apparaissent en 1908 lors des Jeux olympiques de Londres. La Fédération internationale de natation (FINA), aujourd’hui renommée World Aquatics, est fondée à l’initiative des pays participant à cette olympiade. L’organisme est à l’origine de la fixation des règles de ce sport. Contrairement à d’autres disciplines olympiques, la natation s’est féminisée rapidement, puisque des épreuves sportives spécifiques sont organisées dès les Jeux olympiques de 1912 à Stockholm. La FINA et le Comité international olympique (CIO) ont fait évoluer le sport jusqu’à la dernière olympiade de Tokyo en 2021. C’est la FINA qui a imposé les épreuves chronométrées puis défini les dimensions du bassin pour les Jeux olympiques de Paris de 1924 : longueur, profondeur et largeur des couloirs…L’action conjointe de la FINA et du CIO a aussi concerné les styles de nage. Si la technique de la brasse a été la première utilisée à Athènes en 1896 et le dos en 1900, le crawl est apparu dans les années 20 et le papillon en 1956 pour les Jeux de Melbourne. Ces quatre nages sont les seules à être pratiquées en compétition aujourd’hui.Depuis les Jeux de Tokyo en 2021, les programmes masculin et féminin sont identiques. Le dos, le papillon et la brasse ne comptent que deux épreuves : le 100 mètres et le 200 mètres. Il en va de même pour le quatre nages avec le 200 mètres et le 400 mètres.

Les bassins olympiques modernes mesurent 50 mètres de long, avec une largeur minimale de 21 mètres et une profondeur uniforme d'au moins 1,80 mètre. Les piscines sont divisées en huit couloirs, chacun mesurant 2,5 mètres de large, et sont équipées de dispositifs anti-vagues pour améliorer les performances des nageurs. Les températures de l'eau sont maintenues à 25°C pour des conditions optimales.

Les Épreuves et Catégories

Aujourd'hui, la natation olympique comporte 37 épreuves, réparties entre hommes et femmes, couvrant une variété de styles et de distances :

  • Nage libre : 50m, 100m, 200m, 400m, 800m, 1500m.
  • Dos : 100m, 200m.
  • Brasse : 100m, 200m.
  • Papillon : 100m, 200m.
  • Quatre nages : 200m, 400m.
  • Relais : 4x100m nage libre, 4x200m nage libre, 4x100m quatre nages.
  • Relais 4 x 100 mètres mixte hommes/femmes quatre nages (depuis Tokyo 2021).

Moments Marquants et Légendes

La natation olympique a vu émerger de nombreux champions et moments inoubliables.

Michael Phelps

Michael Phelps (USA) est souvent cité comme l'athlète le plus titré de l'histoire olympique avec 23 médailles d'or sur un total de 28 médailles. Dominateur sans partage durant plus de 16 ans, Phelps remporte au total 28 médailles olympiques, dont 23 titres. Un double record quasi impossible à aller chercher. Michael Phelps décroche 8 médailles d'or dans le tournoi, battant au passage 7 records du monde en 8 finales disputées. En plus de ses médailles d'or olympiques, Michael Phelps ajoutera 27 titres de champion du monde entre 2000 et 2016. Au total, l'Américain établira 36 records du monde, faisant de lui l'un des sportifs les plus dominants de sa discipline. Il est le nageur le plus médaillé de la discipline, puisqu’il a récolté en quatre olympiades entre 2004 et 2016, 23 médailles d’or, 3 d’argent et 2 de bronze dans les épreuves où il a concouru en nage libre, papillon et quatre nages.

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Michael Phelps n'a jamais marché sur l'eau. Pas plus qu'il n'a multiplié les pains ou rendu la vue à qui que ce soit. Durant sa vie (aquatique), Michael Phelps a néanmoins accompli une poignée de prouesses qui lui auraient valu d'être considéré comme un demi-Dieu en d'autres temps. Au XXIe siècle, l'Américain a simplement été contemplé à sa juste valeur : celle du plus grand olympien de tous les temps. Voire du plus illustre des athlètes de l'histoire. A défaut des pains, l'Américain a méthodiquement procédé à la multiplication des médailles dans des proportions assez inconcevables pour le commun des mortels. Mais le plus prodigieux de ses accomplissements, le nageur de Baltimore l'a réussi un jour d'août 2008, de l'autre côté de la planète. Ce matin-là, Michael Phelps a transformé une course perdue en étourdissante victoire. En moment d'éternité, même. Il eut été battu que cela n'aurait en rien terni son œuvre dont la portée, déjà, dépassait de très loin les cent mètres qu'il venait de boucler. Cela l'aurait simplement "condamné" à devenir - au mieux - l'égal d'un autre, Mark Spitz en l'occurrence. Ce qui, vous en conviendrez, aurait eu le goût amer de l'injustice alors que Michael Phelps n'a jamais eu d'égal.

Milorad Cavic fut l'un de ceux qui se sont crânement attaqués à la bête. Le Serbe n'a pas été le plus grand, ni le plus talentueux, des adversaires que Phelps a croisés durant son immense carrière. Mais il tiendra, à jamais, une place à part. Pour toujours, il restera celui qui a failli priver Phelps de sa fantastique quête : à savoir, décrocher huit titres olympiques dans le Cube d'eau de Pékin. Le destin des deux hommes a basculé pour un minuscule centième de seconde. Le 16 août 2008, Cavic fut le plus rapide. Il aurait fallu qu'il soit le plus fort. Michael Phelps a réussi à transformer de l'argent en or en ce laps de temps qu'il a étiré jusqu'à l'immortalité. Un battement d'ailes de papillon et il était devenu l'égal de l'unique Mark Spitz, sacré champion olympique à sept reprises, à Munich en 1972. Phelps terminerait le travail le lendemain, avec ses copains du relais 4x100 4 nages. Une édition des Jeux. Huit médailles d'or. Un record unique. Michael Phelps l'avait fait.

Les rencontres les plus fortuites sont parfois les plus belles. Michael Phelps a fait connaissance avec les bassins parce que sa maman était soucieuse de la sécurité de son rejeton. "La seule raison pour laquelle je me suis retrouvé dans l'eau, c'est que ma mère voulait que j'apprenne à nager. Mes sœurs et moi sommes alors tombés amoureux de ce sport. On a donc décidé de nager", a-t-il révélé un jour. Michael a deux grandes sœurs, Whitney et Hilary. Et il se trouve que Whitney est plutôt douée. Whitney dispute les Championnats du monde à Rome. Neuvième mondiale sur 200 mètres papillon dans la cité éternelle, elle fait partie des espoirs US et a en ligne de mire les Jeux d'Atlanta. Son dos ainsi que des problèmes d'alimentation l'en priveront et écourteront sa carrière naissante.

Quand Whitney renonce à son rêve et aux bassins, Michael est encore un gamin. Il a déjà commencé à montrer ses qualités et travaille sous la coupe de Bob Bowman, qui sera son entraîneur de toujours et un second père. Le premier, Fred, ayant quitté le domicile conjugal quand Michael avait 9 ans. Bob sera une épaule solide pour le jeune homme. A Bob, on ne la lui fait pas. Quand il réclame dix longueurs à ses nageurs, c'est dix. Pas neuf. Le jeune Michael se rendra rapidement compte que son entraîneur n'est pas là pour plaisanter mais pour façonner le champion qu'il devine derrière le pré-adolescent qui déambule au North Aquatic Baltimore Club. "Quand il me demandait d'arriver à 5h et que j'arrivais à 5h01, il m'attendait devant la porte et me demandait 'pourquoi es-tu en retard ?', raconte Phelps dans son autobiographie Beneath the surface. Aussi, si j'éclaboussais un camarade quand il avait le dos tourné, il me faisait comprendre qu'il m'avait vu. Il avait des yeux dans le dos. Bob m'effrayait".

Michael a beau avoir peur de Bob, il a du mal à rester dans le rang. C'est plus fort que lui, mais pas complètement de son ressort. A son entrée au collège, on lui diagnostique un trouble de déficit de l'attention. Le jeune homme est hyperactif et traité à la Ritaline, qu'il prend la semaine pour se canaliser. Le samedi, pas la peine. Le sport absorbe le trop plein d’énergie. Baseball, football, lacrosse et évidemment natation, Michael Phelps touche à tout. Mais l’eau possède une vertu supplémentaire : elle le rassénère. "Les nageurs aiment dire qu'ils peuvent sentir l'eau. Très tôt, j'ai ressenti cela. Je n'avais pas à me battre avec l'eau. Je me sentais bien dedans. Pour la première fois, je me sentais 'en contrôle'."

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Quand il sort de la piscine, le gamin redevient humain. Avec ses failles, ses doutes et ses imperfections. Ceux-là mêmes qui jalonneront sa carrière et sa vie de jeune adulte. A l'école, ce n'est pas vraiment ça et Michael n'est pas forcément bien dans sa peau : ses grandes oreilles sont un sujet de moqueries et de bagarres récurrentes avec ses congénères collégiens. S'il n'est pas complètement à l'aise avec son corps, celui-ci est parfaitement taillé pour ce qu'il va devenir : un nageur unique. Il ne le sait pas encore, mais Phelps possède des qualités intrinsèques exceptionnelles, à tous les sens du terme. Adulte, Michael Phelps mesurera 1,93m et sera bâti telle une arbalète aux dimensions idoines. Déjà, le natif de Baltimore possède un torse surdimensionné eu égard à sa taille. Il équivaut à celui d'un homme de 2,03m alors que ses jambes, elles, sont bien plus courtes que la moyenne. Ce rapport haut du corps - bas du corps lui offre une résistance moindre dans l'eau. Son envergure d'un peu plus de deux mètres ne le desservira pas - notamment le 16 août 2008 face à Milorad Cavic -, pas plus que ses mains gigantesques. Ajoutez au tableau un petit 47 de pointure associé à une flexibilité exagérée de ses articulations, ainsi qu'à une propension à produire moins d'acide lactique que le commun des nageurs et vous avez l'archétype parfait de l'homme-poisson.

En natation, nature et talent n'ont jamais suffi à faire un champion. Parce que la répétition et le travail sont des ingrédients largement aussi importants que le reste. Et si le futur champion a parfois du mal avec cet aspect d'un sport exigeant comme nul autre, Bob Bowman va se charger de convertir l'homme en machine. Le jour où il fera part des ambitions qu'il nourrit pour Michael à la mère du futur champion, elle lui répondra par un laconique : "Bob, il n'a que 12 ans". Ce à quoi, le coach rétorquera le plus simplement du monde : "Je sais Debbie. Mais en 2008 par exemple, il en aura 23…"

Si Bowman sait qu'un champion sommeille en Phelps, il n'a peut-être pas imaginé que Michael irait si vite. Au propre, comme au figuré. Parce que Michael Phelps ne va pas attendre 2008 et ses 23 ans pour mettre le monde à ses pieds. Bowman travaille le court et le long terme, avec des objectifs différenciés. Il demande à Michael de les coucher sur des papiers. Sur l'un d'entre eux, Michael Phelps écrit qu'il souhaite, un jour, nager aux Jeux. Il a onze ans. Bowman est persuadé que c'est possible. À condition de tout donner. Durant sa carrière, Phelps ira jusqu’à s'entraîner dix fois par semaine, sept jours sur sept. Des heures dans la piscine, le reste du temps en dehors à travailler, aussi. On n'a rien sans rien. Son premier coup d'éclat, Michael Phelps le réussit à Orlando en 1999. L'Américain s'en souvient comme si c'était hier. "C'était ma première apparition au niveau national. J'avais 13 ans et je n'ai gagné aucune épreuve, mais j'ai terminé dans le top 3 à quatre reprises. Surtout, j'ai nagé le 200 mètres papillon en 2'04", ce qui correspondait à dix secondes de mieux que mon temps d'entraînement six semaines auparavant. J'étais un petit peu déçu de nager aussi bien et de ne remporter aucun titre". Bob Bowman, lui, est plutôt content et félicite son poulain. Pourquoi donc ? Il n'a jamais vu un des gars gagner en juniors et transformer l'essai à l'échelon supérieur. Bien vu. Un an plus tard, Michael Phelps sera aux Jeux Olympiques. A Sydney, celui qui a poussé de dix bons centimètres en un an devient le plus jeune nageur américain depuis Ralph Flanagan en 1932 à tutoyer l'excellence. Il repartira d'Australie sans breloque. Ce sera la dernière fois de sa vie.

On pourrait, ici, vous dresser la liste des médailles et titres internationaux remportés par Michael Phelps à partir de 2001 et son premier succès glané lors des Mondiaux de Fukuoka. On vous dira juste qu'il remporta au Japon le 200 mètres papillon en 1'54''58, améliorant par la même occasion un record du monde dont il était le détenteur depuis mars. Phelps avait alors 15 ans et 9 mois. Jamais un recordman du monde n'avait été aussi précoce.

La suite, jusqu'en 2016 et la révérence finale du Baltimorien, ce seront 33 médailles mondiales, dont 26 titres. Et, surtout, 28 médailles olympiques, dont 23 en or. Dans l'histoire des Jeux, c'est évidemment unique. La gymnaste soviétique Larissa Latynina et ses 18 podiums paraissent loin. Leonidas de Rhodes, sacré 12 fois champion olympique en épreuves individuelles entre 164 et 152 avant JC, a aussi été surpassé par les 13 couronnes solo de Michael Phelps. Si Phelps était une nation, il serait 58e au classement historique des médailles glanées aux Jeux d'été. A égalité avec la Colombie, la Slovaquie ou l'Inde. Le nageur pèse aussi 2,2% des titres olympiques remportés par les Etats-Unis depuis 1896. Quatre fois de suite, il a terminé athlète le plus décoré des Jeux. D'Athènes à Rio, les campagnes de Phelps seront des razzias. "Je me souviens m'être assis avec mon agent alors que j'avais 15 ou 16 ans et lui dire que j'avais très envie de réussir quelque chose d'unique en sport, confiait-il il y a quelque temps à Tony Robbins, dans son podcast. Je lui disais : 'Je ne veux pas être le deuxième Mark Spitz. Je veux devenir le premier Michael Phelps'." C'est dit. Reste à y parvenir.

Première chance à Athènes, 2004. Résultat des courses ? Six titres et deux bronze, sur 200 mètres nage libre et en relais 4x100. Personne n'est parfait, encore moins à 19 ans. Même si ce résultat d'ensemble est le deuxième meilleur de l'histoire de la natation aux Jeux, derrière Spitz et sa moustache, le compte n'y est pas. Rendez-vous à Pékin. Speedo, équipementier de l'intéressé, ajoute un peu de piment à la quête et de beurre dans les épinards de Phelps en lui promettant une prime d'un million de dollars. S'il égale Spitz. Ou le bat. Michael Phelps, qui a notamment remporté en Grèce le 100 mètres papillon pour 4 petit centièmes, n'a qu'une envie : faire mieux à Pékin. Rien d'étonnant. Sept médailles, ce serait, selon ses mots, "comme être le deuxième homme sur la lune". A huit, "le premier homme sur mars". Phelps a choisi sa planète. Aucun n'a marché dessus. Quand l'Américain, 23 ans, débarque en Chine, il est auréolé de sept titres mondiaux, décrochés l'été précédent du côté de Melbourne. Sept victoires agrémentées de six records du monde. Il courra les mêmes épreuves à Pékin, avec le 4x100 4 nages en guise de dessert. Le calque est réussi. Reste à le copier aux Jeux.

A des horaires inhabituellement matinaux puisque NBC, diffuseur des JO aux Etats-Unis, souhaitait que les finales de natation soient diffusées en prime time au pays (ndlr : la chaîne de TV en avait demandé l'autorisation au CIO… ainsi qu’à Michael Phelps), le protégé de Bob Bowman débute sa quête par un carton sur le 400 mètres 4 nages. Avec un premier record du monde à la clé. Après le carton, le frisson avec les copains du 4x100. A huit centièmes de seconde et à un improbable come-back de Jason Lezak près, Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Frédérick Bousquet et Alain Bernard auraient fichu en l'air les rêves de gigantisme du futur plus grand nageur de l'histoire. A 50 mètres de l'arrivée, Lezak pointe à 82 centièmes des Français. 46"06 plus tard (!), il est champion olympique. Dépossédé de l'or et de son record du monde du 100 mètres par Eamon Sullivan lors du premier relais australien (47''24), Bernard est en larmes. Il les séchera vite. Michael Phelps, lui, a eu chaud aux fesses. La suite sera longtemps plus tranquille.

200 mètres nage libre. Or. Record du monde. L'Américain devient par là même le 5e athlète de l'ère moderne avec 9 breloques en or autour du cou. Paavo Nurmi, Larissa Latynina, Carl Lewis et Mark Spitz sont les quatre autres.

200 mètres papillon. Or. Record du monde. Malgré des soucis de lunettes durant la course. Relais 4x200 mètres. Or. Record du monde. 200 mètres 4 nages. Or. Record du monde. Si vous avez bien suivi et surtout compté, Michael Phelps en est à 6 médailles d'or, pour autant de records du monde. Reste deux marches à gravir. La prochaine sera la plus raide.

Ce 16 août 2008, Michael Phelps a déjà 3100 mètres et 15 courses dans les pattes. Et l'infatigable protégé de Bob Bowman commence à accuser le coup. Personne ne le sait. Lui, si. "Je suis fini, je n'ai plus d'énergie", se dit-il après sa demie remportée en 50"97. Son chrono est le deuxième des finalistes puisque dans l'autre demie, un certain Milorad Cavic a fait mieux, pour cinq petits centièmes. La veille, le Serbe avait nagé encore plus vite et s'était même offert le luxe de battre le record olympique de la distance (50''76). Cavic est bien moins entamé que Phelps. Lui a traversé l'Europe et l'Asie pour disputer deux épreuves. Le 100 mètres nage libre et donc le 100 pap'. Conscient de son niveau et de ses possibilités, il laisse tomber le 100 mètres nage libre avant les demi-finales. Il le sait : s'il doit décrocher une médaille olympique, ce sera sur le papillon. Une médaille, ou un titre, d'ailleurs… Cavic n'a pas attendu de poser le pied en Chine pour annoncer la couleur. "Je sais que le monde rêve de voir Michael Phelps décrocher huit médailles d'or, mais je n'ai pas envie de le laisser faire. J'espère tuer le dragon, explique-t-il pour Swim Network deux mois avant le rendez-vous.

Mark Spitz

Mark Spitz (USA) a remporté sept médailles d'or aux Jeux de Munich en 1972. Considéré comme l'un des plus grands nageurs au monde, Mark Spitz a uniquement marqué l'histoire de sa discipline à travers les Jeux olympiques. Cela n'a pas empêché Mark Spitz de gagner 7 médailles d'or lors d'une seule olympiade (Munich 1972). Un record brisé uniquement par Michael Phelps quelques décennies plus tard. Au total, l'Américain repoussera 14 records du monde en papillon, et 10 en crawl. “J'ai été le premier sur la Lune, Phelps a été le premier sur Mars” a témoigné Spitz, conscient d'avoir été dépassé par son jeune compatriote 30 ans plus tard. Mark Spitz, 2e derrière Michael Phelps dans l'histoire de la natation ?

Katie Ledecky

Katie Ledecky (USA) est dominante dans les épreuves de longue distance depuis les Jeux de Londres en 2012.

Autres Légendes

D'autres nageurs ont également marqué l'histoire de la natation olympique.

  • Alfréd Hajós (Hongrie) : Premier champion olympique de natation en 1896. Le 11 avril 1896, le jour du premier 100 mètres olympique, la température de l'eau est de treize degrés et la légende raconte qu'Alfréd Hajós s'enduit le corps d'une épaisse couche de graisse pour supporter le froid. Vingt-huit ans plus tard, aux Jeux de Paris, en 1924, il remporte une autre médaille, en argent cette fois, puisqu'il se classe deuxième de l'épreuve d'architecture.
  • Fanny Durack (Australie) : Première femme championne olympique de natation en 1912. Ardente défenseuse du droit des femmes, elle est considérée comme une pionnière du sport féminin, très décriée à l'époque. Née en 1889 à Sydney, Fanny Durack était à l'origine une spécialiste de la brasse. Entre 1912 et 1918, elle établira 12 records du monde.
  • Duke Kahanamoku (USA) : Double champion olympique du 100 mètres et inventeur du surf moderne.
  • Johnny Weissmuller (USA) : Champion olympique et célèbre interprète de Tarzan au cinéma.
  • Dawn Fraser (Australie) : Triple championne olympique du 100 mètres.
  • Alain Bernard (France) : Premier et seul champion olympique français du 100 mètres nage libre.
  • Ian Thorpe (Australie) : L'athlète australien ayant remporté le plus de titres olympiques (5).
  • Aleksandr Popov (Russie) : Considéré comme la "fusée russe" et détenteur de nombreux titres européens et olympiques.
  • Vladimir Salnikov (Union Soviétique) : Premier nageur à passer sous la barre des 15 minutes au 1500m nage libre.
  • Adam Peaty (Grande-Bretagne) : Spécialiste de la brasse et recordman du monde sur 50m et 100m brasse.
  • Grant Hackett (Australie) : Spécialiste des épreuves de longue distance et multiple champion du monde.
  • Ryan Lochte (USA) : Seul nageur capable de challenger Michael Phelps durant son prime et multiple médaillé olympique.
  • Léon Marchand (France) : Jeune nageur prometteur, spécialiste du 4 nages et multiple champion olympique.
  • Jenny Thompson (USA) : domine le tableau avec12 médailles dont 8 en or, 3 en argent et 1 en bronze remportées entre les Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et ceux d’Athènes en 2004.

Les Nordistes aux Jeux Olympiques

Les Nordistes ont également marqué l'histoire de la natation olympique.

  • Charles Devendeville : Lesquinois, licencié aux Tritons lillois, premier champion olympique de la natation française en 1900, dans l’épreuve du 60m sous l’eau.
  • Joseph Bertrand, Victor Cadet, Maurice et Victor Hochepied, Jules Verbeke : Médaillés d'argent aux Jeux de 1900 avec les Tritons lillois dans le relais 5 x 200m.
  • Philippe Houben, Jean Leuillieux, Désiré Merchez, René Tartara, Louis Martin : Médaillés de bronze aux Jeux de 1900 avec les Pupilles de Neptune de Lille dans le relais 5 x 200m.
  • Ernestine Lebrun et Daniel Lehu : Nageurs tourquennois présents aux Jeux d'Anvers en 1920.
  • Albert Vandeplancke, Claire Horrent, Marguerite Ledoux, Georgina Roty et Anne Dupire : Nageurs des Enfants de Neptune de Tourcoing participant aux Jeux de 1928.
  • Yvonne Godard : Douaisienne, cinquième de la finale du 400m aux Jeux de Los Angeles en 1932.
  • Henri Padou Jr : Licencié des Enfants de Neptune de Tourcoing, médaillé de bronze avec le relais 4 x 100m aux Jeux de 1948.

La Natation aux Jeux Olympiques de Paris 2024

Les compétitions de natation des prochains Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024 se tiendront à La Défense Arena. La natation est une discipline historique des Jeux olympiques qui est apparue à la première olympiade d’Athènes en 1896. Elle sera présente aux Jeux olympiques de Paris 2024 avec pas moins de 37 épreuves.

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