L’odyssée du Bamboche : Comprendre l’univers des catamarans en bois-époxy d’occasion

Le marché du multicoque d’occasion est souvent dominé par les productions industrielles en série, calibrées pour la grande distribution. Pourtant, il existe des perles rares, des navires à l’âme marquée par le caractère de leurs créateurs. Parmi eux, une unité se distingue par son approche artisanale et son historique atypique : le Bamboche. Rustique certes, cette construction amateur mais tellement originale. Un catamaran d’occasion en bois/époxy dont le propriétaire est Corentin Douguet, ça ne court pas les océans… Alors bienvenue à bord de Bamboche !

Genèse et philosophie d’une construction singulière

L’histoire de Bamboche, c’est celle d’un catamaran pas comme les autres. Celle d’une construction amateur sortie de terre au pied du massif de la Montagne noire entre Narbonne et Carcassonne. Bamboche est le fruit d’un travail acharné de quatre années sous une bâche agricole. Inspiré à l’époque par le dessin du Bourbon, un catamaran sur plan Harlé et d’une précédente réalisation déjà en CP/époxy, le cahier des charges du maître d’oeuvre, intronisé à la fois architecte et responsable chantier, était limpide : concevoir un bateau simple à entretenir comme à naviguer, léger, tout en cherchant à faire résistant - le squelette pourvu de couples très rapprochés parle de lui-même - et surtout marin.

Cette approche architecturale, mêlant la rigueur du contreplaqué-époxy à une conception pensée pour l’aventure, offre une alternative crédible aux matériaux composites modernes. L’utilisation du bois-époxy, lorsqu’elle est maîtrisée comme ici, permet une rigidité structurelle exceptionnelle tout en conservant un déplacement contenu. Avec son déplacement léger - moins de 7 tonnes le jour de notre essai -, nous tenons la comparaison au près avec les monocoques de sortie ce jour-là.

Une conception axée sur la navigation et la vie à bord

Sur un catamaran de voyage, l’ergonomie est primordiale. Le cockpit baignoire est sécurisant. Les manoeuvres du piano reviennent sur le rouf à tribord. C’est un vérin mécanique repris sur le stick tribord qui fait office de pilote automatique. Autre avantage d’une superstructure minimaliste, la possibilité d’abaisser la bôme pour donner encore plus de puissance au plan de voilure.

La vie intérieure a été pensée pour maximiser les volumes sans alourdir le navire. Dans le carré, peu de hauteur sous barrots (1,90 m) mais beaucoup de lumière et surtout, une vue imprenable à 360° sur la mer grâce aux dix hublots (certains sont bien faïencés) qui percent le rouf. Les deux banquettes du carré mesurent respectivement 1,70 par 0,47 m et 1,55 m par 0,47 m. La sortie du carré vers le cockpit se fait par une petite porte arrondie.

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Le coin cuisine propose un grand plan de travail de 0,94 m de long par 0,50 m de large. Elles font face à un coin cambuse organisé dans la largeur de la nacelle, le long de la cloison qui donne sur le cockpit. Le carré est à l’image de ce catamaran atypique : rustique mais chaleureux ! En retrait de celle-ci, l’espace est dédié au tableau électrique et autres appareils électroniques (VHF, prise USB, poste audio et monitoring batterie).

L’agencement des cabines et des rangements témoigne d’une réflexion pragmatique sur l’habitabilité. Les couchettes doubles à l’arrière font 1,40 m de large aux épaules par 1,90 m de long. La couchette « enfant » dans la coursive tribord ne manque pas de charme. Dans la coque bâbord, on trouve un grand bureau et un accès au réseau électrique. Les possibilités de rangement ne manquent pas, que ce soit au pied de chaque descente où se trouve une penderie et dans les cabines qui proposent des vide-poches XXL, des coffres et des équipets. Sur Bamboche, on utilise encore la bonne vieille poulaine.

Analyse technique et expertise structurelle

L’achat d’un navire en bois-époxy d’occasion nécessite une attention particulière. Corentin Douguet, dans l’optique de la vente de Bamboche, a fait appel fin 2023 à un expert lorientais en la personne de Franck Le Gal (société Cap Expert). Aucun sinistre n’a été déclaré par le propriétaire ou connu de l’acquéreur lors de l’expertise. Aucune anomalie structurelle n’a été mise en évidence au « tapping » manuel.

L’oeil de l’Expert note que la carène est lisse et l’antifouling appliqué lors du carénage du printemps 2024. Pas de trace de choc sur les oeuvres vives. Passe-coques en bon état. L’ensemble des vannes et passe-coques est en état satisfaisant sauf celle du circuit d’eau douce dans le flotteur bâbord qui est cassée. L’oeil de l’Expert confirme que l’accès au réservoir d’eau douce est facile.

Concernant la motorisation, le choix initial était réfléchi : à l’origine, c’était un seul hors-bord fixé sur une chaise qui faisait office de risée mécanique mais dans la crainte de manquer de puissance, un second moteur est ajouté. Décalée à l’arrière de chacune des coques dans un compartiment situé sous les marches, cette paire de 15 ch devait, en plus, faciliter les manoeuvres de port. Le moteur est entretenu régulièrement par un professionnel.

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Pour ce qui est des systèmes embarqués, l’oeil de l’Expert souligne que les panneaux solaires et l’éolienne sont en état de marche. Idem pour le réseau électrique. Cependant, les cosses et câbles batteries sont à changer. L’oeil de l’Expert remarque également que les coffres au pied de mât sont secs, garantissant une bonne conservation des structures.

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