La série espagnole La casa de papel occupe une place singulière dans le paysage audiovisuel contemporain. Née d'une production nationale initialement destinée à la chaîne espagnole Antena 3, elle a connu un destin mondial hors du commun grâce à son acquisition par la plateforme Netflix. Ce basculement a transformé une œuvre locale en un phénomène culturel global, associé mondialement aux masques de Salvador Dalí et à la chanson Bella ciao, hymne partisan célébrant la résistance italienne contre Mussolini durant la Seconde Guerre mondiale.
Genèse et structuration narrative
À l'origine, le projet repose sur une idée centrale : un homme mystérieux, surnommé le Professeur, planifie le braquage le plus audacieux jamais réalisé. Le Professeur devait initialement recruter des personnes atteintes d'une maladie en stade terminal. Par ailleurs, les personnages devaient porter des noms de planètes, mais au début du tournage, le créateur Álex Pina portait un T-shirt avec la mention « Tokyo ». Jesús Colmenar, l'un des producteurs, a alors eu l'idée de donner des noms de villes aux personnages. Une référence est glissée dans le tout premier épisode, quand Rio propose à Denver de s'appeler Mars et Uranus respectivement, ce que Denver désapprouve.
La structure de la série, telle que diffusée sur Netflix, diffère du format original. Pour correspondre aux formats internationaux, les épisodes ont été redécoupés. En effet, les 9 épisodes de 70 minutes de la première partie ont été répartis en 13 épisodes de 40-50 minutes. Ce redécoupage a entraîné une confusion, les spectateurs de Netflix se plaignant que seulement 13 épisodes soient diffusés sur les 15 originaux. Aujourd'hui encore, la plupart des bases de données confondent encore la deuxième et la troisième partie.
Le passage à l'international et l'influence de Netflix
Dans le reste du monde, la diffusion de la première saison - en deux parties - débute le 20 décembre 2017 sur Netflix et connaît un très grand succès mondial. Netflix a cependant racheté les deux premières saisons pour les ajouter à sa liste de productions internationales. Sans publicité, Netflix a permis à cette série de se faire connaître à l'international et ainsi d'augmenter sa visibilité et sa popularité. Netflix a pu prolonger le contrat de la série de deux autres saisons grâce à ce gain de popularité.
Le documentaire La casa de papel : le phénomène indique que la première saison n'a pas été très bien reçue en Espagne, où l'audimat a drastiquement baissé. Toutefois, l'impact mondial a été immédiat. Pour le lancement de la troisième partie, une campagne de communication importante est réalisée, surtout à Paris. On retrouve notamment le masque de Jenazouh, représentant Salvador Dalí, dans plusieurs unes et dernières pages de la presse française avec le message « La resistencia compte sur vous ».
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Analyse des personnages et choix de casting
Le choix des acteurs a été un processus complexe. Álvaro Morte, alias le professeur, a dû passer 5 auditions avant d'être sélectionné pour la série. Le créateur Álex Pina a révélé que l'interprète le plus difficile à trouver était celui du Professeur. Concernant Tokyo, le personnage avait été pensé pour une femme d’une quarantaine d’années. Cependant, lors du casting, l’audition d’Úrsula Corberó a impressionné le jury. Tokyo, sa coupe de cheveux et son style vestimentaire sont directement inspirés du personnage de Mathilda, créé par Luc Besson pour le film Léon.
Outre les noms de ville qui leur servent de pseudonymes, plusieurs braqueurs possèdent d'autres fausses identités. Helsinki et Oslo sont connus des services de police comme Yashin Dasáyev et Dimitri Mostovói, alors que leurs vrais noms sont Mirko et Radko Dragić. Par ailleurs, bien que Denver dise s'appeler Ricardo, il est identifié comme Daniel Ramos.
Les défis de la production et la réalité du terrain
La Fabrique nationale de la monnaie a refusé de renseigner l'équipe de scénaristes sur son fonctionnement. Pour comprendre les rouages de l'institution, ils ont donc dû mener l'enquête de leur côté. Le tournage a également présenté des défis physiques. Úrsula Corberó explique que la scène la plus difficile à jouer est celle où la bande fuit la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre sur le bateau : « Nous tournions alors en haute mer en Thaïlande avec des vêtements d’hiver à 45 degrés et beaucoup d’entre nous vomissaient à cause des hautes vagues ».
La réception critique entre enthousiasme et lassitude
La série est souvent décrite comme une œuvre polarisante. Pour certains, c'est un chef-d'œuvre, une série au montage rythmé sans aucun temps mort. D'autres, cependant, pointent du doigt le syndrome de la série reprise par Netflix : une incapacité à savoir où elle voulait vraiment se diriger ou simplement à savoir dire « stop ». Alors que la série avait parfaitement réussi son contrat avec ses deux premières parties très conclusives, elle a été victime de son succès et de l'hubris de son créateur.
Il en résulte une narration répétitive, se reposant sur une structure en boucle « problème → j’avais prévu ce problème, j’ai donc fait ça → nouveau problème ».# La Casa de Papel : Phénomène Mondial Entre Adulation et Sentiment de "Surfait"
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L'arrivée de "La Casa de Papel" sur la scène internationale a marqué un tournant indéniable dans l'industrie des séries télévisées. Initialement, la diffusion de la première saison - en deux parties - débute le 20 décembre 2017 sur Netflix et connaît un très grand succès mondial. Pourtant, l'histoire de cette série espagnole est bien plus nuancée, révélant une trajectoire où l'acclamation globale s'est parfois heurtée à des critiques grandissantes, soulevant la question de savoir si le phénomène n'est pas devenu, au fil du temps, "surfait".
L'Ascension Fulgurante : Du Succès National à la Hype Internationale
Le parcours de "La Casa de Papel" est emblématique de la puissance de la diffusion en streaming. En Espagne, la première saison n'a pas été très bien reçue, où l'audimat a drastiquement baissé. Cependant, Netflix a racheté les deux premières saisons pour les ajouter à sa liste de productions internationales. Sans publicité, Netflix a permis à cette série de se faire connaître à l'international et ainsi d'augmenter sa visibilité et sa popularité. Ce coup de maître de la plateforme a eu des répercussions majeures : Netflix a pu prolonger le contrat de la série de deux autres saisons grâce à ce gain de popularité. Le succès, que beaucoup qualifient de phénomène, n'est plus à prouver. La série est devenue internationale et a brisé les barrières. La casa de papel est désormais associée mondialement aux masques de Dalí et à la chanson Bella ciao.
Pour s'adapter aux standards internationaux et maximiser son attrait, les épisodes ont été redécoupés. En effet, les 9 épisodes de 70 minutes de la première partie ont été répartis en 13 épisodes de 40-50 minutes. Ce redécoupage a entraîné une confusion, les spectateurs de Netflix se plaignant que seulement 13 épisodes soient diffusés sur les 15 originaux. Aujourd'hui encore, la plupart des bases de données (dont PLEX et Emby) confondent encore la deuxième et la troisième partie.
L'engouement a été tel qu'une campagne de communication importante a été réalisée pour le lancement de la troisième partie, surtout à Paris. On retrouve notamment le masque de Jenazouh, représentant Salvador Dalí, dans plusieurs unes et dernières pages de la presse française avec le message « La resistencia compte sur vous ». Un documentaire sur la série, intitulé "La casa de papel : le phénomène", a même été diffusé par Netflix, soulignant l'ampleur de ce succès inattendu. La série a réussi à cartonner grâce au bouche à oreille des utilisateurs Netflix, chose plutôt rare quand on voit l'ampleur qu'elle a prise par la suite. Racheté à la télévision espagnole Antena 3 par le big boss du streaming légal, le show a profité d’un lent mais indéniable bouche-à-oreille jusqu’à devenir une des séries majeures de cette fin 2017 - première moitié de 2018.
L'Anatomie du Braquage : Genèse et Évolution des Intrigue
Au cœur de "La Casa de Papel" se trouve un concept audacieux : un homme mystérieux, surnommé le Professeur, planifie le braquage le plus audacieux jamais réalisé. Ce génie du crime manipule la police pour mettre son plan à exécution, entouré de huit voleurs qui font une prise d'otages dans la Maison royale de la Monnaie d'Espagne.
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La construction narrative s'est développée au fil des saisons. Lors de la deuxième saison (composée des parties 3, 4 et 5), le Professeur reprend un projet imaginé par son demi-frère, Berlin, avant le premier braquage. Le but est d'infiltrer la Banque d'Espagne afin de dérober 90 tonnes d'or et de sauver un des leurs, Rio, emprisonné et torturé illégalement par la police espagnole, qui garde le secret sur ses actes. La série est découpée en deux saisons sur Netflix, comprenant elles-mêmes plusieurs parties. La première saison est divisée en deux parties comportant, au total, vingt-deux épisodes de 50 minutes, et sa mise en ligne sur la plateforme s'est étalée entre le 20 décembre 2017 et le 6 avril 2018. Netflix annonce une cinquième et ultime partie pour 2021, composée de dix nouveaux épisodes. Le volume un de la cinquième partie sort le 3 septembre 2021, disponible sur la plateforme Netflix comme les parties précédentes.
L'élaboration de cet univers a nécessité une recherche méticuleuse. La Fabrique nationale de la monnaie a refusé de renseigner l'équipe de scénaristes sur son fonctionnement. Pour comprendre les rouages de l'institution, ils ont donc dû mener l'enquête de leur côté.
Les éléments emblématiques de la série ont aussi leur histoire. Les masques utilisés pour le cambriolage montrent le visage du célèbre peintre Salvador Dalí, figure importante du courant surréaliste. Les pseudonymes des braqueurs, inspirés de noms de villes, sont également devenus iconiques. À l'origine, les personnages devaient porter des noms de planètes, mais au début du tournage, Álex Pina, le créateur, portait un T-shirt avec la mention « Tokyo ». Jesús Colmenar, l'un des producteurs, a alors eu l'idée de donner des noms de villes aux personnages. Une référence est glissée dans le tout premier épisode, quand Rio propose à Denver de s'appeler Mars et Uranus respectivement, ce que Denver désapprouve, n'aimant pas la rime possible avec Uranus. Outre les noms de ville qui leur servent de pseudonymes, plusieurs braqueurs possèdent d'autres fausses identités. Helsinki et Oslo sont connus des services de police comme Yashin Dasáyev et Dimitri Mostovói, alors que leurs vrais noms sont Mirko et Radko Dragić. Par ailleurs, bien que Denver dise s'appeler Ricardo, il est identifié comme Daniel Ramos.
Le processus de casting lui-même a été exigeant. Le créateur Álex Pina a révélé que l’interprète le plus difficile à trouver était celui du Professeur. Álvaro Morte, alias le professeur, a dû passer 5 auditions avant d'être sélectionné pour la série. "Álvaro Morte a passé cinq auditions, puis plusieurs essais avec les réalisateurs et les autres acteurs", précise-t-il. L'intégration de la chanson "Bella Ciao", un hymne partisan célébrant la résistance italienne contre Mussolini durant la Seconde Guerre mondiale, a ajouté une dimension symbolique forte, ce chant ayant ensuite été repris dans le monde entier comme symbole antifasciste.
Personnages Clés et Leur Impact : Le Cas Tokyo
Parmi la galerie de personnages hauts en couleur, Tokyo se distingue comme une figure centrale, devenant, selon une statistique visiblement officielle, le personnage le plus populaire de la série phénomène "La Casa de Papel". Incarnée par Úrsula Corberó, Tokyo est dépeinte comme une femme courageuse, déterminée, émotive et torturée. Elle est le véritable lien entre le spectateur et les personnages, étant au cœur de la narration depuis la toute première scène.
Le personnage de Tokyo a connu une évolution remarquable, tant dans son écriture que dans son interprétation. À l'origine, le personnage de Tokyo avait été pensé pour une femme d'une quarantaine d'années. Cependant, lors du casting, l’audition d’Úrsula Corberó a fait forte impression et a ébloui le jury, à tel point que les scénaristes ont repensé le personnage en fonction de la personnalité de l’actrice. Úrsula Corberó confie, qu’à l’époque, elle était persuadée de ne jamais obtenir le rôle. Désormais, elle incarne l’un des personnages phares d’une série dont le succès n’est plus à prouver. Son influence dépasse l'écran, avec son style vestimentaire reconnaissable : du choker XL au carré court, le tout assorti d’une frange en passant par un caractère impulsif et bien trempé. Ce look est directement inspiré du personnage de Mathilda, créé par Luc Besson pour le film Léon, et incarné par Nathalie Portman. Deux jeunes filles, sans histoire, devenues des personnages incontournables et emblématiques. Une anecdote intéressante est que Nathalie Portman et Úrsula Corberó ont toutes les deux obtenues leur premier rôle à l’âge de treize ans.
La vie de Tokyo, recrutée par le Professeur, est marquée par un bouleversement lorsque sa mère s’apprêtait à la livrer à la justice. L'interprétation d'Úrsula Corberó a été saluée, même si certaines scènes ont représenté un défi majeur. Pour Úrsula Corberó alias Tokyo, la scène la plus difficile à jouer est celle où la bande fuit la Fabrique nationale de la monnaie et du timbre ou Hôtel royal de la monnaie de Madrid sur le bateau. « Nous tournions alors en haute mer en Thaïlande avec des vêtements d’hiver à 45 degrés et beaucoup d’entre nous vomissaient à cause des hautes vagues. Miguel a eu un coup de chaleur. Et quand nous avons atterri, je ne me sentais pas très bien », explique Tokyo.
En dehors des plateaux, Úrsula Corberó a également révélé une autre facette de sa personnalité : dans une vie antérieure, elle a été blogueuse mode. La mode est son « autre passion après le cinéma ». Dans un entretien accordé à Madame Figaro, elle confiait : « J’ai un temps tenu un blog à ce sujet. » L'actrice ajoute : « La mode est un formidable terrain de jeu pour s’exprimer. Le vêtement possède un réel pouvoir à mes yeux : il nous aide à être nous-mêmes, parfois même à nous sentir plus fortes. » Une passion restée intacte.
Le personnage du Professeur, interprété par Álvaro Morte, dispose d’une autonomie que les autres n’ont pas, et fonctionne avec une certaine indépendance. Cela permet un étoffement de sa personnalité, plutôt rudimentaire au départ, mais finalement très attachante tant ses intentions sont bonnes de bout en bout. La prise de risque est inexistante, mais cela fonctionne, notamment grâce à son interprète, et on ne peut pas en affirmer autant du reste.
Le Piège du Succès : Quand la Série Devient "Surfaite"
Malgré son succès retentissant, "La Casa de Papel" n'a pas échappé aux critiques, et le sentiment que la série est devenue "surfaite" est fréquemment exprimé par de nombreux détracteurs. La critique, tiraillée entre le « déjà vu » et le « surfait » des détracteurs et le « haletant » et « incroyable » des fanatiques, a du mal à se positionner.
Un des principaux reproches formulés est que la série a été victime de son succès et de l’hubris de son créateur et du N rouge. Dans son dernier épisode, "La Casa de Papel" s’ouvre quasiment sur cette phrase : « Vous croyez que la partie est finie, alors qu’elle ne fait que commencer ». Et c’était bel et bien le syndrome de la série reprise par Netflix à la fin de sa saison 1 (ou partie 2, c’est selon) : cette incapacité à savoir où elle voulait vraiment se diriger ou simplement à savoir dire « stop ». Alors que la série avait parfaitement réussi son contrat avec ses deux premières parties très conclusives, elle a été prolongée artificiellement, la faisant durer un peu trop longtemps. C’est le gros problème des séries qui devaient s’arrêter après une saison mais qui continuent vu qu'elles cartonnent.
En a résulté, dans un premier temps, une série décidée à se renouveler tout en suivant le même schéma scénaristique (un nouveau braquage, de nouveaux otages, un nouveau bras de fer avec la police…) que ses débuts. Puis, dans un deuxième temps, La Casa de papel a montré son vrai visage, celui où elle a finalement été incapable de sortir de ses gonds pour mieux se transcender. La saison 4 est même qualifiée d'assez mauvaise par certains, bien qu'elle soit venue égayer le premier confinement.
L'ultime volume en est le plus parfait exemple avec son histoire totalement accessoire. C’est bien simple, en cinq épisodes, la série n’apporte strictement rien à ses personnages, multipliant une nouvelle fois les sous-intrigues débilisantes, les bisous furtifs ou interdits, les flashbacks ennuyeux et les faux moments de poésie (notamment avec le personnage de Tokyo et son fantôme censé émouvoir le pauvre Rio, décidément mal écrit jusqu’au bout) pour tenter de les développer, sans jamais y parvenir. D’où cette sensation de grand n’importe quoi où la grande ennemie du Professeur depuis deux parties devient soudainement la grande alliée du groupe et où les cris d »un bébé sont confondus avec les miaulements d’un chat par des troupes d’élite de l’armée espagnole. C’est finalement devenu ça La Casa de papel, une série avec laquelle la suspension d’incrédulité n’est plus suffisante tant elle demande surtout un acte de foi de la part des spectateurs, prête à tout leur faire croire sans vergogne et sans rechercher la moindre cohérence, et espérant les tenir rien que par son aura.
Les incohérences et invraisemblances sont souvent pointées du doigt. Par exemple, dans un élan probablement lyrique, le personnage de Palerme, en difficulté avec l’acheminement des billes d’or dans les tuyauteries souterraines, décide de cajoler, caresser et adresser des mots doux à la pompe les projetant pour que le plan fonctionne. Et aussi fou que ça puisse paraître, le scénario décide que cet amour pour une machine sera suffisant. Car oui, clairement, la série n’en a plus rien à foutre de surfer sur un amas de conneries grotesques et malaisantes. Preuve s’il en est de la manière dont Netflix aura traité les fans de la série avec dédain, les prenant volontairement pour des imbéciles avec cette partie 5 (voire plus).
Les choix scénaristiques sont également critiqués pour leur opportunisme. Pourquoi décider de tuer Tokyo dans le volume 1 ? Pour créer une émotion factice, au milieu de cette absence d’enjeux et de ce statu quo scénaristique. Pourquoi rendre plus attachant le personnage de sociopathe de Berlin dans ce volume 2 avec la trahison de son fils et de son épouse ? Indiscutablement pour préparer son futur spin-off. Pourquoi avoir volé la banque d’Espagne ? Pour mettre en PLS l’élite, car au fond, La Casa de Papel est une grande série sociale et révolutionnaire portée par des personnages altermondialistes (non).
Le caractère "too much" et la surenchère d'action sont aussi des griefs récurrents. Sans surprise, on n'est pas sur de la subtilité scénaristique ni sur une œuvre cinématographique incroyable. Non, "La Casa de Papel" reste un pur show de divertissement totalement dans le too much mais l'assume. On a de plus en plus de mal à s'attacher aux personnages qui deviennent de plus en plus détestables (mention spéciale à Tokyo). La série enchaine les scènes d'actions inutiles, où ils ne font que tirer, crier et pleurer. Il est noté que c'est le genre de production que les gens regardent pour la critiquer après, mais ils n'arrivent quand même pas à décrocher.
L'écriture des personnages est également critiquée. Presque tous plus brailleurs les uns que les autres (sauf Moscou et Rio), les différents protagonistes parlent beaucoup, mais n’agissent finalement que bien peu. Surtout, pour constituer la crème de la crème des braquages, on les trouve un peu bras cassés à mesure que l’heure tourne, ou en tout cas souffrant d’un déficit conséquent d’intelligence. Le traitement des protagonistes féminins relève encore une fois du problème sérieux lorsqu’il s’agit d’en faire des personnages forts. "La Casa de Papel" se prend pour ce qu’elle n’est pas, et développe toute une imagerie classe et clinquante pour alimenter le charisme de personnages trop mal écrits pour offrir une constance dans ce domaine. Le showrunner n’arrive pas à éveiller plus que de l’exaspération blasée, et certainement pas de la surprise, à part nous étouffer par la bêtise et la prétention d’intelligence de son histoire.
La série souffre du syndrome Death Note, celui de se reposer sur une structure en boucle « problème → j’avais prévu ce problème, j’ai donc fait ça → nouveau problème → j’avais prévu que ça arriverait, j’ai donc fait ça exprès aussi → encore un nouveau problème → pile ce que j’avais envisagé comme ennui, si c’est pas beau ». La série passe son temps à faire : surligner sa nervosité, surligner son intelligence, surligner sa classe. Elle n’incarne pas ces traits de caractère, elle les reproduit à la surface. Finalement, ce sentiment d’avoir vu une série qui aura tout donné pour être une bonne série, mais n’aura jamais réussi à l’être, prédomine. Le sentiment de voir une série qui aura obtenu tout ce qu’elle voulait (son succès phénoménal), mais qui n’aura jamais eu ce qui lui manquait : une bonne histoire, de vrais personnages et une authenticité.