Bricoler et Optimiser les Dames de Nage pour une Barque : Choix, Conception et Astuces

L'art de naviguer à la rame, qu'il s'agisse de pêche, de loisirs ou de déplacements silencieux, repose sur l'efficacité et la fiabilité de l'équipement. Au cœur de ce dispositif se trouve la dame de nage, un élément souvent sous-estimé mais crucial pour la manœuvre d'une embarcation. La dame de nage est, par définition, un objet servant à fixer une rame sur une embarcation à rames. Elle constitue le pivot mécanique qui transmet la puissance du rameur à l'eau, et son choix ou sa fabrication artisanale, souvent désignée par le terme "bricolage", peut grandement influencer l'expérience de navigation.

Historiquement et culturellement, le terme "dames de nage" a même transcendé le seul vocabulaire maritime pour inspirer des œuvres artistiques et littéraires, illustrant ainsi son ancrage profond. Ce terme propre au vocabulaire maritime a été popularisé en 2007 par la publication du roman de Bernard Giraudeau, Les Dames de nage. Quelques années auparavant, en 1995, une exposition consacrée à l'artiste-peintre Monique Frydman au Musée des beaux-arts de Caen s'intitulait déjà Monique Frydman : les dames de nage, 1992-1995. De plus, "Dames de nage" est également le titre d'un recueil de nouvelles de Jan Rozmuski paru en 2004, démontrant la richesse sémantique de cette appellation.

Les dames de nage sont généralement fixées sur le plat-bord des barques et se présentent souvent en forme de U, fermée à l'extrémité supérieure par une barrette mobile. Cependant, la simplicité apparente de cet objet cache une multitude de variations et de considérations pratiques qui en font un sujet de choix personnel et financier, voire un véritable défi pour le bricoleur averti. Que l'on opte pour une dame de nage ronde, carrée ou excentrée, ou que l'on se tourne vers des solutions plus traditionnelles comme un tolet avec bout ou une plaque inspirée des curraghs, chaque option a ses avantages et ses inconvénients, et la position de nage elle-même est cruciale pour l'efficacité et le confort du rameur.

La Diversité des Dames de Nage et Leurs Implications Techniques

Le choix de la forme et du type de dame de nage est fondamental et dépend de l'usage prévu pour la barque, ainsi que des préférences du rameur. La question "Dame de nage ronde, carrée, excentrée ?" résume bien cette diversité.

Les manches ronds avec des dames de nages rondes offrent des avantages notables en termes de liberté de mouvement. Ce type de configuration donne plus de latitude dans les gestes, permettant à l'aviron de bouger dans tous les sens, ce qui peut être appréciable pour un rameur souhaitant une grande agilité. Cependant, cette liberté a son revers : un inconvénient majeur est que les avirons sont moins mobiles quand il ne s'agit pas de ramer, car ils ne se "replient" pas le long du bateau, ce qui peut poser problème lors d'un accostage ou face à un obstacle imprévu. Cette moindre capacité à se ranger peut également encombrer l'intérieur de l'embarcation.

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Par contraste, l'expérience de JIBI, un constructeur de GOAT Island SKIFF-GIS nommé TAKKA, est particulièrement éclairante sur les différentes formules d'avirons. JIBI a utilisé plusieurs formules d'avirons et partage un point de vue affiné par la pratique. Il note que les systèmes sur un siège coulissant avec pelles profilées sont plutôt réservés aux sportifs sur plan d'eau calme. Pour une barque plus polyvalente, d'autres solutions s'imposent.

Les tolets représentent une option simple et souvent facile à construire. Toutefois, l'appui de l'aviron peut être relativement "incertain" sur le tolet, avec une estrope parfois glissante. Cette difficulté est contournée sur le modèle "curraghs" où les avirons sont enfilés sur une plaquette qui assure également l'angle d'attaque. Il est intéressant de noter l'observation de JIBI : "Je n'ai jamais réussi à nager avec 2 tolets… l'aviron tosse sur les tolets…", ce qui souligne les défis pratiques de certaines configurations apparemment simples. Malgré ces quelques inconvénients, les tolets sont appréciés pour leur polyvalence, servant aussi à godiller. Ils peuvent cependant se révéler cassants dans un état de mer difficile.

Une alternative souvent considérée comme plus agréable et plus sûre est l'aviron à œil. Ces systèmes sont peu amovibles mais agréables si bien réglés. L'angle d'attaque est constant, grâce à une plaque d'appui astucieusement angulée qui fait le travail, et la retenue de l'aviron est bonne. Un avantage considérable de ces dames de nage est qu'on peut les lâcher sans préavis, ce qui offre une sécurité appréciable en cas de besoin de libérer rapidement les mains. De plus, pour ceux qui privilégient le rangement et la tranquillité d'esprit, la tenue des avirons dans les dames de nage, puis leur liaison solide des pelles sur le plat-bord, est bien commode et tranquillise les papys, comme le souligne l'expérience. Cette configuration permet notamment de ne pas encombrer l'intérieur du bateau.

Matériaux et Durabilité : L'Importance d'un Choix Averti

Au-delà de la forme, le choix des matériaux est essentiel pour garantir la durabilité et la sécurité des dames de nage. Les meilleures références d'accastillage sont conçues par les leaders du nautisme comme Osculati, Imnasa, Lalizas et VDM-Reya, proposant des équipements en inox, laiton poli ou nylon haute résistance qui garantissent une excellente durabilité face aux éléments.

Pour une dame de nage de barque, le laiton poli et le bronze représentent le choix traditionnel par excellence, appréciés pour leur esthétique et leur résistance à la corrosion. L'acier inox 316 (A4) est quant à lui le standard moderne de l'accastillage lourd, reconnu pour sa robustesse et sa résistance supérieure à la corrosion en milieu marin.

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Il est important de noter que de nombreux plaisanciers ou pêcheurs commettent l'erreur de s'équiper avec une dame de nage de grande distribution de sport non spécialisée. Ce type de matériel, souvent moins cher, peut s'avérer moins résistant aux contraintes spécifiques de la navigation et aux éléments marins, compromettant ainsi la sécurité et la longévité de l'équipement. Pour le constructeur amateur ou le bricoleur, l'option de fabriquer soi-même ses dames de nage permet de contrôler pleinement la qualité des matériaux et la robustesse de la conception. L'utilisateur "to" exprime bien cette volonté en déclarant : "Sur mon bateau je compte utiliser le moins possible d'accastillage acheté, la solution du tolet me correspondrait mieux."

La sécurité à bord passe également par l'organisation du plan de pont. Il faut considérer l'ensemble de l'aménagement. JIBI rappelle qu'un "rappel assis sur le plat-bord/liston est impossible s'il est déjà occupé par quelques objets potentiellement contondants", soulignant l'importance d'une bonne gestion de l'espace, y compris pour le rangement des avirons. Certains, comme Gwengolo, préfèrent ne pas fixer les pelles sur le plat-bord, privilégiant d'autres solutions de rangement ou de sécurisation.

L'Art du Bricolage : Fabriquer ses Propres Dames de Nage et Aménagements

Pour le passionné qui souhaite concevoir et fabriquer ses propres éléments, le bricolage des dames de nage et des aménagements de la barque est une démarche enrichissante. L'expérience de JIBI montre que la position de nage est cruciale et implique un réglage précis de plusieurs paramètres : un cale-pied est indispensable, la hauteur du banc par rapport au liston doit être optimale, et la bonne distance de portage de l'aviron (souvent définie par la dame de nage et le banc) doit permettre au coude d'être collé à l'arrière du banc, l'avant-bras et la main tendue avec la première phalange, les autres étant repliées. Un mauvais réglage peut entraîner une tendance à glisser vers l'intérieur, une difficulté à contrôler l'angle d'attaque, et provoquer de la souffrance pour les débutants.

L'impression 3D offre de nouvelles perspectives pour la fabrication de prototypes et de pièces sur mesure. Un utilisateur a ainsi partagé son expérience avec la création de supports de dames de nage : "Trouver un morceau de bois parfait pour les supports des dames de nage ? Mission impossible. Rien ne me plaisait. Elle avait raison. Le premier prototype imprimé avait un défaut majeur : il était moche. Pas question de m'arrêter là. Pour les curieux et les makers, j’ai déposé tous les fichiers de construction dans ce dépôt GitHub." Cette approche moderne permet de surmonter les contraintes de matériaux et de design, et d'itérer sur des prototypes jusqu'à obtenir la pièce désirée.

La construction d'une barque va bien au-delà de la seule fabrication des dames de nage. Elle implique d'autres étapes cruciales, comme le renforcement de la structure. "Étape suivante : poser de la fibre de verre et de la résine polyester pour renforcer l’intérieur de la barque." Cette opération, bien que technique, fait partie intégrante du processus de bricolage. Le ponçage de la fibre de verre peut s'avérer délicat, car les fibres qui dépassent ont tendance à créer une poussière irritante pour la peau. Pour y remédier, des solutions ingénieuses existent, comme l'utilisation d'un adaptateur imprimé en 3D reliant l'aspirateur à la ponceuse, un accessoire bien pratique qui facilite grandement le travail et améliore la sécurité.

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Les bancs de la barque, eux aussi, nécessitent un traitement spécial pour garantir leur solidité. Avec une faible épaisseur, une simple couche de résine ne suffirait pas à assurer leur robustesse, surtout si l'on prend en compte la largeur du postérieur du rameur. Un essai de résiner le premier banc recto-verso en une seule fois a parfois conduit à une "grosse erreur !", avec un résultat loin d’être parfait, nécessitant un rattrapage à la ponceuse et une certaine indulgence en regardant sous le banc. L'application de la dernière couche de résine sur les bordées est également un moment clé, qui se pose mieux lorsque le support est à peu près horizontal. Pour cela, la barque est mise sur un côté puis sur l'autre, tel un rituel pour assurer une application uniforme et un résultat optimal. Lorsque le projet barque en mode "barque" est quasi fini, l'excitation grandit pour les essais sur le lac, en attendant peut-être l'automne ou l'hiver prochain pour la dérive et le mât.

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