Cristoforo Colombo : L'Héritage Maritime entre Paquebot et Vaisseau Amiral

Le nom de Cristoforo Colombo, figure emblématique de l'exploration maritime, résonne à travers les âges, désignant non seulement le célèbre navigateur génois mais aussi des navires qui ont marqué leur époque. L'histoire maritime associe ce nom à deux types de vaisseaux très différents : un imposant paquebot du XXe siècle, symbole de la renaissance italienne, et le légendaire navire de découverte du XVe siècle, la Santa Maria, qui fut le vaisseau amiral de Christophe Colomb lors de sa première traversée de l'Atlantique. Cet article explore ces deux facettes de l'héritage naval lié à Cristoforo Colombo, en détaillant leurs origines, leurs caractéristiques, leurs voyages marquants et leurs destins.

Le Paquebot "Cristoforo Colombo" : Un Symbole de la Reconstruction Italienne

Le paquebot Cristoforo Colombo trouve ses origines dans la situation délicate de l'Italian Line à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La guerre avait été dévastatrice pour la compagnie, ayant entraîné la destruction de deux de ses plus récents et plus grands navires, le SS Rex et le SS Conte di Savoia. Dans ce contexte de reconstruction, le Cristoforo Colombo a été construit à Gênes au chantier naval Ansaldo, représentant un effort significatif pour restaurer la flotte marchande italienne et son prestige sur les routes transatlantiques.

Genèse et Caractéristiques Initiales

Alors que l' Andrea Doria avait déjà été construit, le Cristoforo Colombo a été achevé un peu plus tard. Il a été lancé en 1953 et était prêt pour un voyage inaugural en 1954. Lorsqu'il a été lancé, le Cristoforo Colombo était de fait plus grand que l' Andrea Doria, témoignant de l'ambition de l'Italian Line. Ces navires étaient conçus pour offrir un service de luxe et une capacité de transport importante entre l'Europe et l'Amérique du Nord, incarnant l'élégance et l'ingénierie navale de l'après-guerre.

Un Voyage Historique : Le Transport de la Pietà

Parmi les événements notables de la carrière du Cristoforo Colombo, un épisode particulier a marqué l'histoire culturelle et maritime. Au printemps 1964, le Cristoforo Colombo fut choisi pour transporter la Pietà du Vatican à l'Exposition universelle de New York de 1964. Ce transport d'une œuvre d'art inestimable nécessita des précautions extraordinaires. La Pietà a été placée dans une caisse remplie de mousse plastique, laquelle a été descendue sur une base en caoutchouc dans la piscine de première classe, un emplacement jugé le plus sûr et le moins susceptible de lui causer des dommages.

Pendant le chargement proprement dit, le Cristoforo Colombo avait été mis en cale sèche, une mesure indispensable pour s'assurer qu'il ne se déplace pas et ne compromette pas la caisse et son précieux contenu. Pour garantir une sécurité maximale et une évacuation rapide en cas d'urgence, seuls des crochets à pression facilement amovibles retenaient la caisse. Cette ingénieuse conception permettait qu'elle puisse être larguée facilement en cas d'accident. De plus, une précaution majeure avait été envisagée : si le Cristoforo Colombo coulait pendant le voyage, la caisse était conçue pour pouvoir flotter, assurant ainsi une dernière ligne de défense pour l'œuvre d'art. Cet événement a non seulement démontré les capacités du navire, mais a également souligné son importance en tant que transporteur de valeurs au-delà de sa fonction principale de paquebot de ligne.

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Présence Culturelle et Évolution du Service

Au-delà de ses prouesses techniques et de ses missions spéciales, le Cristoforo Colombo a également laissé une empreinte dans la culture populaire. Il figure en bonne place dans le film Rome Adventure de 1962 des frères Warner, mettant en vedette Suzanne Pleshette, Troy Donahue et Rossano Brazzi, ce qui témoigne de son statut iconique à l'époque. Plus tard, les titres d'ouverture du film The Burglars de 1971 montrent le Cristoforo Colombo à quai à Athènes, en Grèce, ancrant davantage son image dans l'imaginaire collectif.

En 1973, le Cristoforo Colombo a abandonné le service de New York, marquant un changement significatif dans sa carrière. Il a été redirigé vers le service Gênes-Barcelone-Lisbonne-Rio-Montevideo-Buenos Aires pour remplacer le MS Giulio Cesare qui avait subi de graves problèmes mécaniques. Cependant, ce nouveau rôle sur la route sud-américaine s'accompagnait de défis. Bien que le service sud-américain acceptait un navire de maintenance de qualité inférieure, le Cristoforo Colombo y est resté, en partie criblé de cafards, jusqu'en 1977. Cette période a été marquée par des conditions de service moins optimales, éloignées du luxe initial.

La Fin d'une Ère

La carrière du Cristoforo Colombo a pris fin au début des années 1980. En 1981, le navire est vendu à des ferrailleurs américains. Cependant, son voyage final n'a pas été direct. À son arrivée à Kaohsiung, le Cristoforo Colombo a été remorqué à Hong Kong dans l'espoir de reprendre du service, une tentative de dernière minute pour lui éviter la casse. Cet espoir fut de courte durée. Le Cristoforo Colombo a finalement été remorqué à Kaohsiung à l'automne 1982 et mis au rebut. Les raisons de cette décision étaient multiples : son exploitation était coûteuse, car il avait été conçu pour fonctionner avec une subvention italienne, et il était en mauvais état après son séjour au Venezuela, avec les problèmes mécaniques et de maintenance qui s'étaient accumulés. Ainsi s'est achevée l'histoire d'un navire qui fut un symbole de l'ingéniosité et de la persévérance de l'industrie navale italienne d'après-guerre.

La "Santa Maria" : Le Vaisseau Amiral de Christophe Colomb

Bien avant le paquebot du XXe siècle, un autre navire portant un nom évocateur a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire : la Santa Maria. C'était le vaisseau amiral de la flotte de Christophe Colomb, accompagné de deux autres navires, la Niña et la Pinta, lors de son premier voyage en direction de l'océan Atlantique en 1492. Ce navire, souvent appelé de diverses manières dans les documents historiques, est au cœur de l'odyssée qui a conduit à la découverte des Amériques.

Un Navire Emblématique : La Première Expédition

Le propriétaire du navire Santa Maria était Juan de la Cosa, un homme d'origine basque, qui opérait dans la mer du sud de l'Espagne. Il est intéressant de noter que le nom précis du navire principal de l'expédition de Colomb n'est pas certain. Dans le journal de bord de Christophe Colomb, la Santa Maria n'est pas indiquée avec ce nom, mais plutôt comme La Capitana ou Le Nao. Le vaisseau amiral est également appelé Le Galicien, ce qui suggère qu'il aurait pu être construit en Galice, le qualifiant ainsi de voilier galicien. Seul Antonio de Herrera y Tordesillas a utilisé le nom de Santa Maria, peut-être parce que Christophe Colomb le lui a donné, mais ce ne sont que des suppositions. Il est probable que le nom Santa Maria était en fait celui du vaisseau amiral de la deuxième expédition vers l'Atlantique, à laquelle participaient également les deux autres caravelles, la Niña et la Pinta, et ce navire appartenait également à Juan de la Cosa. Cette incertitude sur la dénomination exacte témoigne de la complexité de la documentation historique de l'époque.

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Description et Caractéristiques d'une "Caraca"

Il faut préciser que la Santa Maria était beaucoup plus grande que la Niña et la Pinta, qui étaient des caravelles. Elle appartenait au type de bateaux de l'époque connu sous le nom de "nau" ou "caraca". La Santa Maria n'était pas une caravelle comme les deux autres bateaux qui composaient la flotte de la première expédition dans l'océan Atlantique, mais c'était un caraca, plus précisément un trois-mâts à voiles carrées. Ce navire, qui appartenait à Juan de la Cosa, a été construit à Santander. Le navire Santa Maria était le navire amiral et est sans aucun doute le navire sur lequel les chercheurs, les passionnés et les experts ont le plus porté leur attention.

C'était le plus grand des trois navires qui composaient la flotte de 1492. C'était un "nau" d'environ vingt-sept mètres de long ou plus, et il avait un déplacement qui dépassait les 100 tonnes. Il était composé de trois mâts et d'un pont, et était équipé de voiles carrées, telle fut la description faite par Juan Escalante de Mendoza en 1575. Comme tout navire de l'époque, il était sans volant et son mouvement était géré grâce à deux cordes actionnant la barre. C'était sans aucun doute le plus lent des navires de Christophe Colomb. Pour sa défense, il était équipé de canons sur le pont inférieur et de canons pivotants placés sur la poupe et le château de proue.

Bien qu'il soit souvent cité comme une caravelle, à l'instar des deux autres navires qui faisaient partie de l'expédition, la Santa Maria était le plus grand navire, le vaisseau amiral, et c'était bien un "nau", très semblable à une caraque. La Santa Maria avait une capacité d'environ 51,3 tonnes (selon les mesures de l'époque, ce qui équivaudrait à environ 51,3 tonnes aujourd'hui). C'était un navire très robuste, construit par des maîtres très habiles, qui l'avaient réalisé sans utiliser de dessins ou de plans, s'appuyant sur leur savoir-faire traditionnel.

La Vie à Bord et les Symboles

Le système de voilure de la Santa Maria était complexe et efficace pour l'époque. Il y avait cinq voiles et toutes étaient en coton. Certaines étaient fixées au grand mât, qui mesurait environ 27 mètres de haut. Les voiles arboraient une croix rouge de Castille, tandis qu'une petite voile était fixée sur la partie supérieure du grand mât. Dans le mât vers la proue, également appelé mât de misaine, une autre voile était installée. Dans le mât d'artimon flottait une voile latine, représentée par un triangle, caractéristique des navires méditerranéens. Enfin, dans le mât horizontal positionné à l'extrême étrave, également appelé beaupré, était positionnée la civada, une petite voile carrée, permettant une meilleure manœuvrabilité.

Les aménagements à bord étaient fonctionnels et adaptés à la longue expédition. Sur le pont arrière se trouvait la cabine de l'amiral, meublée de manière très simple. Les autres membres de l'équipage pouvaient dormir sous le pont principal, dans des conditions plus rudimentaires. Une cuisine spartiate mais utile a également été installée dans cette zone pour subvenir aux besoins de l'équipage pendant l'expédition. La Santa Maria, étant un très grand navire pour son époque, était également équipée de bombardes et de canons à des fins défensives, soulignant l'importance de la sécurité lors des voyages lointains dans des eaux inconnues.

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Les symboles de la monarchie espagnole flottaient fièrement sur le navire. Dans les mâts, était érigée la bannière de Castille et León, de couleur rouge et blanche, avec des lions et des châteaux représentés, symboles des royaumes unis d'Espagne. Tandis que l'enseigne de la flotte, constitué d'un fond blanc avec une croix verte, le tout orné des deux initiales des souverains d'Espagne, à savoir un F et un J (pour Fernando et Isabelle), témoignait de la patronage royal de l'expédition. Pour des occasions spéciales, sur le côté gauche, était exposé l'étendard royal de couleur rouge avec les figures de la Vierge Marie et du Christ, soulignant la dimension religieuse et officielle de l'entreprise.

Le Naufrage et la Quête de l'Épave

Le destin de la Santa Maria fut tragique. Christophe Colomb est arrivé le 12 octobre 1492 sur la côte de l'île de San Salvador, qui fait partie de l'archipel des Bahamas. Plus tard, lors de l'exploration des îles du golfe du Mexique, la Santa Maria s'est échouée dans la nuit du 25 décembre 1492. Cet incident regrettable fut causé par un timonier inexpérimenté. En conséquence, Christophe Colomb et son équipage de trente-neuf personnes ont dû abandonner le navire. Certaines parties du navire ont été utilisées par les locaux pour construire un fort, La Navidad, mais le reste de la Santa Maria s'est enfoncé dans la barrière de corail et n'a jamais refait surface, son épave restant perdue pendant des siècles.

La Découverte Présumée de Barry Clifford (2014)

Cependant, en mai 2014, une annonce retentissante a captivé le monde : la Santa Maria de Christophe Colomb, qui a coulé au large du nord d'Haïti, aurait été retrouvée au fond de l'océan. Le plongeur américain Barry Clifford a déclaré cette découverte. Des contrôles d'experts devraient confirmer cette allégation, et si cela devait se produire, ce serait sans doute l'une des découvertes les plus importantes de l'histoire. Cette suite à la découverte du plongeur Barry Clifford est donc un événement historique. Il est considéré parmi les explorateurs sous-marins les plus importants au monde.

D'après ce qui a été dit, il y a toutes les conditions pour affirmer que la découverte en mai 2014 est la Santa Maria de Christophe Colomb, car tant la topographie marine que les preuves archéologiques confirment ce qui a été appris. Le plongeur américain Barry Clifford a déclaré qu'il se rendrait de nouveau en Haïti afin d'élaborer un plan de travail pour mener au mieux les recherches. Les restes de la Santa Maria sont restés coincés dans le récif corallien sur la côte nord d'Haïti, à environ trois à cinq mètres au-dessus du niveau de la mer, une découverte pour le moins sensationnelle.

Barry Clifford et ses collaborateurs analysaient depuis longtemps ce domaine en détail, mesurant les fonds marins avant de vérifier au mieux les données. Pour ce faire, des instruments puissants comme des magnétomètres marins, mais aussi des appareils sonars et radars ont été utilisés, et enfin diverses explorations avec des plongeurs. Barry Clifford lui-même a étudié l'expédition de Colomb et le matériel cartographique de cette époque pour tenter de localiser le point exact où le navire Santa Maria a coulé. Grâce à des études minutieuses et des années de recherche, le plongeur américain a réussi à réduire constamment la zone jusqu'à retrouver l'épave, redonnant ainsi au monde un morceau d'histoire qui a marqué à jamais les vies humaines. Malheureusement, la nouvelle de mai 2014 attend toujours d'être confirmée, mais il y a tout lieu d'affirmer que l'épave retrouvée appartient à la première expédition de la Santa Maria de Christophe Colomb. Le plongeur américain Barry Clifford a déclaré à un journal britannique que "tous les éléments géographiques et archéologiques suggèrent fortement qu'il s'agit du célèbre vaisseau amiral de Colomb, la Santa Maria".

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