Le monde de la plaisance est vaste et souvent déroutant pour le néophyte. Entre les termes techniques, les marques devenues noms communs et les différentes pratiques, il est facile de s’y perdre. Cet article propose de démystifier l'univers du catamaran, de ses origines à sa construction, en passant par les fondamentaux de la navigation.
Présentation, Lexique et Histoire du Catamaran
Bateau à voiles ou à moteur comportant deux coques accouplées, utilisé pour la navigation de plaisance, telle est la définition d'un catamaran. Le terme désigne une catégorie de bateau à voiles. Le catamaran ou le trimaran sont à la voile ce que le monospace, la berline ou la citadine sont à l’automobile.
Parfois, des noms de marques s’imposent dans le langage courant. Lorsque l’on parle de « hobie cat », on parle en fait d’une marque. Il s’agit d’un des nombreux cas où un nom propre devient peu à peu un nom commun et usuel. On retrouve par exemple le nom frigidaire qui a remplacé le terme de réfrigérateur ou K-way qui a remplacé le traditionnel « coupe-vent ». Quant au « hobie cat 16 », il s’agit d’un modèle phare de la marque, aussi réputé que courant dans le milieu de la voile depuis 1960, ayant été popularisé notamment par le Club Med. Il est utilisé autant pour la régate que pour l’apprentissage ou le loisir.
L’histoire des catamarans est ancienne. On sait qu’ils sont apparus en Polynésie, où ils servaient de moyen pour relier Tahiti, Hawaï, et bien d’autres îles de l’archipel. Le mot catamaran vient de « kattuamaran » en tamoul (« katta » : lien et « maram » : bois). L’aventurier britannique William Dampier fut le premier occidental à décrire un catamaran alors qu’il naviguait dans le golfe du Bengale en 1697.
Au XIXe siècle, l’architecte américain Nathanael Herreshoff, « The Wizard of Bristol », a conçu en 1876 l’« Amaryllis », avec une fine coque symétrique en forme de V. Toutefois, le véritable essor du catamaran de plage moderne est souvent associé à Hobart « Hobie » Alter, un surfeur californien. En 1968, il lance le Hobie 14, suivi du Hobie 16 en 1970. Ces bateaux légers, aux coques asymétriques, ont connu un succès mondial immense, avec plus de 135 000 exemplaires du Hobie 16 écoulés.
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Principes de Navigation et Allures
Les voiles fonctionnent « pour prendre le vent », uniquement lorsque le bateau est directement au portant. Le reste du temps, une voile est vraiment comme l’aile d’un avion en position verticale, et se comporte à peu près de la même façon. Lorsqu’elle est bien ajustée, son « guide », c’est-à-dire la face sa direction vers le vent, crée plus de pression du côté au vent et moins de pression du côté des persiennes. La voile se déplace vers une zone de pression plus basse et entraîne le bateau. Sa courbe ou « cavité » est incorporée à la voile par le fabricant en coupant et cousant soigneusement les petits segments qui la constituent. La portance exercée par la voile n’est pas seulement pour pousser le bateau vers l’avant ; elle tire également le voilier de côté.
Il existe trois allures principales :
- Le pré : le bateau navigue proche de l’axe du vent (45°).
- Le vent de travers : le bateau reçoit le vent sur le côté.
En croisière, le catamaran offre des avantages majeurs : plus d’autonomie en eau et en carburant, plus d’énergie, plus de confort et un meilleur accès à l’annexe. C’est un bateau qui navigue à plat, ce qui supprime le gîte, rendant la vie à bord plus agréable. Toutefois, les mouvements d’un cata peuvent être surprenants. Il faut garder « une main pour le bateau » et porter son gilet. Au port, le cata se manœuvre comme un engin à chenilles grâce à ses deux moteurs indépendants, permettant de pivoter sur place, bien que les safrans soient inutiles lors de ces manœuvres.
La Construction Amateur et le "One-Off"
Construire son propre bateau est un rêve pour beaucoup. Grâce aux techniques modernes de CAO (Conception Assistée par Ordinateur) et de découpe numérique, la construction à l’unité (le "one off") est devenue accessible.
La méthode du kit découpé
Des cabinets comme BOW architecte proposent des kits de dériveurs en contreplaqué stratifié à assembler à la main. Les pièces arrivent découpées, avec des systèmes de tenons-mortaises pour un assemblage précis. Le constructeur doit prévoir une surface au sol d'environ 15 mètres carrés, utiliser des techniques de cousu-collé et des résines époxy.
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L'approche des architectes professionnels
Des architectes comme Patrick Balta ou des entreprises comme Schionning Design ont révolutionné le processus. Patrick Balta explique que la CAO 3D permet aujourd'hui de finaliser un navire dans tous ses détails, des cloisons aux varangues, avec un devis de poids et un centre de gravité précis. Le constructeur reçoit un colis nomenclaturé de panneaux découpés.
Schionning Design, de son côté, utilise des panneaux sandwich type Duflex (balsa/peaux en verre), qui offrent une grande raideur avec peu de structure interne. Cette méthode permet un gain de temps de 30 % sur la plate-forme par rapport aux méthodes traditionnelles comme le strip planking. Cela permet à des particuliers de fabriquer des multicoques solides, légers et performants pour un coût nettement inférieur à celui d'une unité de série.
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