La brasse est souvent la première nage apprise par les nageurs, reconnue comme la plus lente mais aussi la plus accessible aux débutants. Bien que considérée comme simple, sa maîtrise requiert un apprentissage rigoureux des mouvements et une synchronisation précise. Cet article explore une nouvelle technique de brasse, en mettant l'accent sur l'amélioration de la propulsion et la création de vitesse.
Bases de la brasse
La brasse se distingue par des mouvements symétriques des deux côtés du corps. Parmi les quatre nages officielles, elle est celle où le mouvement des bras est le moins efficace. Pour nager la brasse, il faut commencer avec les mains jointes devant la poitrine, bras pliés. Dépliez progressivement les bras en les allongeant loin devant vous. Une fois les bras tendus, retournez vos mains pour qu'elles soient dos à dos et écartez-les en poussant l'eau.
Logique de la brasse
Pour comprendre comment améliorer la propulsion en brasse, il est essentiel de saisir la logique derrière cette nage. La tête joue un rôle crucial en faisant replonger le corps sous la surface après l’éjection par les bras.
Améliorer sa propulsion
L'amélioration de la propulsion en brasse est liée à la capacité à prendre appui sur l’eau, définie par Raymond Catteau comme le "corps propulseur". L’avant-bras se fléchit sur le bras en avant de la ligne des épaules dans une position dite « coude haut ». La problématique réside dans la longueur réduite du trajet moteur, qui ne doit pas dépasser les hanches. Les solutions consistent à écarter les mains et les avant-bras vers l’extérieur dans un premier temps.
Écartement et appui
L’écartement des mains et des avant-bras doit être fonction des capacités physiques du nageur. Plus l’écartement est grand, plus l’appui est propulsif, mais plus il est difficile de tirer musculairement. Le deuxième temps est de déplacer fortement l’eau vers l’arrière.
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La structuration de l’espace d’action est primordiale. Il est indispensable de bien dissocier l’avant de l’arrière, le haut du bas et la droite de la gauche. Au début, mettez vos paumes vers l’extérieur pour écarter doucement vos bras, avant-bras et mains selon vos capacités.
Profondeur de l'appui
Selon la puissance musculaire, il est possible d’engager plus ou moins les appuis en profondeur. Plus les surfaces propulsives sont enfoncées, plus la distance parcourue est grande, mais plus l’eau est difficile à projeter vers l’arrière. Les nageurs les plus forts gardent souvent les bras tendus.
Créer de la propulsion
Pour créer le plus de propulsion, il faut respecter les critères précédents pour prendre appui sur l’eau. Les exercices visent à donner des repères sensitivo-sensoriels, c’est-à-dire des repères sur l’environnement, sur le toucher ou encore sur une tension musculaire.
Exercices pratiques
- Exercice avec élastique : Accrochez un élastique sur une échelle du bassin, mettez vos mains dans les plaquettes en vous penchant en avant. Effectuez cet exercice une dizaine de fois avant de réaliser le mouvement complet, où vos mains vont toucher votre buste. Faites-le lentement au début.
- Mouvement des jambes au sol : Allongez-vous sur le dos au sol et placez l’intérieur des pieds et du bas des jambes sur un mur.
- Mouvement des jambes dans l’eau : Sur le dos dans l’eau, effectuez des mouvements de jambes de brasse sans utiliser vos bras. Amenez l’extérieur de vos pieds en direction de vos mains. Si possible, touchez vos mains avec l’extérieur de vos pieds.
Objectiver la progression
Pour objectiver votre progression, comptez vos coups de bras (et ciseaux !) par longueur. Si leur nombre diminue au fil des séances, vous êtes sur la bonne voie.
Nage complète et nouveaux repères
Après chaque exercice, nagez en nage complète brasse pour créer vos nouveaux repères, plus efficaces et plus propulsifs. Essayez de faire le moins de mouvements possible pour observer les résultats. Il est important de commencer par le début pour construire votre technique : d’abord, se placer en replongeant avec la tête avec des retours de bras rapides.
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Mobilité et puissance
La brasse exige beaucoup de mobilité (souplesse active) sur le bas du corps : hanches, genoux et chevilles. À niveau de performance égale, c’est la nage qui demande la plus grande puissance musculaire, car après le placement des pieds consécutif à la flexion de jambes, vous vous retrouvez à l’arrêt. Il faut donc une certaine puissance pour se relancer sur les jambes. Pour utiliser votre puissance musculaire de manière optimale, améliorez votre technique.
Conseils supplémentaires
- Positionnement : Concentrez-vous sur l’alignement du corps et sa position. Placez-vous au plus près de la surface de l’eau pour avoir un bon équilibre.
- Mouvements des bras : Le mouvement des bras se décompose en 4 étapes : appui, traction, compression, glissée.
- Mouvements des jambes : Le mouvement des jambes, ou ciseau de brasse, s’effectue en 3 temps : plier, écarter, serrer.
- Respiration : Inspirez un maximum d’air au moment de la traction des bras et expirez lentement au moment de la poussée avec les jambes.
- Hydrodynamisme : Gardez votre corps bien allongé dans l’eau de la tête aux pieds. Regardez vers le bas en maintenant votre tête légèrement inclinée (menton vers la poitrine). Rentrez le ventre et gardez le dos le plus droit possible.
- Gainage : Tendez vos bras vers l’avant et gardez votre buste et vos jambes bien droits. Contractez la zone abdominale et placez votre tête dans l’alignement de la colonne.
Histoire et évolution de la brasse
La brasse est une nage occidentale dont l'origine remonte à l'Antiquité. Elle émane d'une visée utilitaire, inspirée avant tout par l'instinct de conservation.
- XIXe siècle : La brasse était la seule technique réellement pratiquée. En 1875, le capitaine anglais Matthew Webb traverse le chenal de la Manche en nageant la brasse en 21 heures et 45 minutes.
- Brasse Anglaise : Se nage sur le côté avec les bras alternés. Le retour reste malgré tout sous-marin.
- Brasse Allemande : Abandon de la brasse anglaise à quatre temps en faveur de la brasse allemande à trois temps, beaucoup plus efficace.
- Années 1930 : La française Cartonnet ramène les mains hors de l’eau, dans le but de limiter les résistances.
- JO de Rome : L’américaine Jastremski utilise une technique coudes hauts, genoux serrés. On passe d’un coup de pied qui ne propulse guerre qu’avec la plante de pied, à un véritable ciseau avec les jambes en « W ».
- Munich 1972 : Les nageurs de l’ex-URSS introduisent un style ondulé en brasse.
- 1986 : L’immersion totale de la tête est autorisée en brasse.
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