Beaucoup pensent que l’utilisation de l’appareil respiratoire isolant à circuit ouvert (ARICO), plus communément abrégé en appareil respiratoire isolant (ARI), est réservée aux sapeurs-pompiers. Cet équipement de protection individuelle équipe aussi certains services incendie privés, des laboratoires ou encore des personnes travaillant en espace confiné. Il est donc nécessaire de faire le tour de cet appareil, de son utilisation, mais aussi de la formation qui l’accompagne. Nous n’étudierons pas ici l’appareil respiratoire isolant à circuit fermé, dont l’utilisation, un peu plus complexe, est réservée à des domaines plus restreints.
L’utilité de l’ARI en milieu confiné
À la différence d’un masque à cartouche qui filtre l’air ambiant, l’ARI dispose de sa propre réserve d’air. L’utilisateur ne respire donc pas l’air extérieur, mais bien celui contenu dans la bouteille. Cela est primordial lorsque le taux d’oxygène dans l’air n’est pas suffisant, soit inférieur à 20,9 %. Sans oxygène, l’être humain ne peut survivre.
Il est important de rappeler que l’air que nous respirons est composé de 20,9 % d’oxygène, 78 % d’azote et 1 % de gaz rares. Les bouteilles d’ARI ne sont pas composées d’oxygène pur, mais d’air comprimé, le même air que vous respirez. C’est d’ailleurs pour cela que les bouteilles sont peintes en noir, qui représente l’azote, et en blanc, qui représente l’oxygène. Si une bouteille est totalement blanche, comme celles des véhicules de secours, alors elles ne contiennent que de l’oxygène et sont destinées au milieu médical. L’ARI isole donc le porteur et supprime le risque d’anoxie tout en empêchant les particules toxiques d’entrer dans les voies respiratoires.
Contraintes physiques et limites du matériel
Bien que ce soit un équipement efficace, il dispose d’inconvénients notables. Le premier est la contenance de l’air dans la bouteille, qui cadre le temps d’utilisation. Généralement, une personne entraînée peut tenir environ 20 minutes dans des conditions dégradées (fumée, chaleur, stress, exercices physiques). Le deuxième inconvénient est que l’appareil est assez lourd et encombrant, pesant entre 12 et 16 kilogrammes suivant les marques et les matériaux utilisés. Outre la fatigue engendrée, il modifie le comportement du porteur en réduisant l’amplitude de ses gestes ainsi que son équilibre.
Il existe une différence notable entre la plongée sous-marine et l’ARI. Si la plongée offre une autonomie de 30 minutes à 2 heures selon la profondeur, l’ARI se distingue par sa configuration. En plongée, la robinetterie est en haut, derrière la tête, alors que celle de l’ARI est placée en bas. Cette position pour l’ARI permet au manomètre de ne pas s’accrocher, de ne pas taper contre des objets durs et de ne pas se détériorer lors des progressions en milieux confinés.
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Structure et composants d’un ARI
L’appareil est composé de plusieurs éléments essentiels. Tout d’abord, un dosseret sur lequel les autres composants sont fixés, notamment les sangles, le détendeur, les flexibles et la bouteille. Vient ensuite la soupape à la demande (SAD) qui se fixe sur le masque et enfin le masque lui-même, composé d’un optique, d’une jupe, d’un système d’attache et d’un demi-masque interne.
La bouteille est faite d’aluminium pour les plus lourdes, et de matériaux composites pour les plus légères. D’autres éléments peuvent s’ajouter au dosseret ou aux sangles, comme une balise « homme mort » - un détecteur de mouvement du porteur qui alerte les personnes alentour d’un problème -, une liaison personnelle utile à la progression lorsque les fumées rendent l’environnement aveugle, ou encore un microphone directement installé dans le masque afin de faciliter les communications.
Le mécanisme de détente de l’air
L’air contenu dans la bouteille est compressé à 200 ou 300 bars, ce qu’on appelle la haute pression. L’air ambiant que l’être humain respire est d’environ 1 bar. Il est donc nécessaire de diminuer la pression avant de le distribuer au porteur. C’est le travail du détendeur et de la soupape à la demande. Dans un premier temps, le détendeur, sur lequel est fixée la bouteille, réduit la pression à 7 bars, aussi appelée la moyenne pression.
Cette pression étant toujours trop élevée pour permettre à l’utilisateur de respirer confortablement, il est important de la réduire encore. C’est la soupape à la demande (SAD), fixée sur le masque, qui permet de réduire la pression à environ 1,5 bars. Cette valeur, légèrement supérieure à la pression atmosphérique, crée une surpression indispensable : elle permet d’éviter aux fumées, aux poussières ou aux particules toxiques de pénétrer dans le masque. L’appareil dispose également d’un sifflet qui avertit le porteur que l’air restant est insuffisant (généralement à environ 50 bars), laissant le temps à l’utilisateur de se soustraire aux conditions dégradées.
Formation et préparation opérationnelle
Avant de pouvoir utiliser un appareil respiratoire isolant, il est indispensable d’être formé, non seulement à son utilisation, mais aussi aux missions pour lesquelles il est déployé. Cette formation est soumise à une validation médicale préalable : le porteur doit être apte à respirer dans l’appareil et à se mouvoir avec celui-ci en toute sécurité.
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La formation pratique commence par un parcours d’aisance permettant d’habituer le porteur aux changements physiologiques et à la résistance respiratoire de l’appareil. Pour les services incendie, la méthodologie ARI repose sur des exercices réalisés à l’aveugle pour simuler la présence de fumées. Une fois le parcours effectué, les porteurs doivent dessiner le schéma du lieu qu’ils ont investigué. La recherche de victime est également abordée : l’utilisateur doit retrouver un mannequin dans un temps imparti, bien souvent avant que sa bouteille ne soit vide. On distingue ainsi la formation à l’utilisation de l’appareil en milieu calme de la formation axée sur l’intervention réelle.
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