Le monde de la plaisance est riche en découvertes, qu'elles soient humaines, culturelles ou nautiques. Cet article vous propose de plonger au cœur d'une de ces aventures, avec Monastir, en Tunisie, comme point d'ancrage, avant de s'étendre sur les réalités de la vie en mer et des escales méditerranéennes. C'est l'occasion d'ajouter un nouveau chapitre, riche en enseignements et en émotions, à un album de voyage qui traverse la Méditerranée pour une évasion entre terre et mer.
Monastir, Porte d'Entrée Tunisienne : L'Arrivée et les Premières Impressions
Le voyage débute à Paris Orly, d'où un groupe d'amis, composé du Kptain, du Cook, de la Ducette, ainsi que de leur famille - le chéri, les deux grands enfants et une blogueuse culinaire -, s'envole vers la Tunisie. L'objectif : rejoindre Monastir pour une aventure de dix jours en bateau, une proposition qui ne se refuse pas. À leur arrivée, le voilier les attend tranquillement sur ses cales, non pas dans une marina traditionnelle, mais au chantier du port de pêche, offrant d'emblée une ambiance particulière et authentique.
L'immersion dans la vie locale est immédiate. Sur le chantier, des scènes inhabituelles retiennent l'attention : des morceaux de viande et des saucisses sèchent au soleil, pendus aux fenêtres et balcons des habitations, témoignant des traditions culinaires locales. Une visite impromptue permet de découvrir l'arrière-boutique d'une boulangerie et d'assister à une démonstration fascinante de la fabrication du pain tunisien. Le marché local, quant à lui, impressionne par la diversité de ses poissons, mais surtout par l'abondance de poulpes, fraîchement pêchés. Malgré l'ambiance des vacances, la présence d'une blogueuse culinaire et d'un cuisinier à bord garantit que les plaisirs de la table ne sont jamais oubliés, même avec les moyens du bord. La cuisine à bord, même sommaire, devient un art.
Cette entrée en matière à Monastir est également marquée par un événement inattendu : un tremblement de terre. Avec une magnitude de 4,7, la secousse est significative et dure près d'une minute, un laps de temps qui paraît bien long dans de telles circonstances. Être secoué ainsi, d'autant plus en étant dans la coque du bateau, procure une sensation très étrange, ancrant ce séjour tunisien dans une dimension inoubliable et parfois surprenante.
Au-delà des préparatifs nautiques et des sensations fortes, les vacances sont aussi l'occasion de découvrir la région. Une excursion mène le groupe à Mahdia, une petite ville charmante située à seulement une heure de train au sud de Monastir, offrant un aperçu de l'arrière-pays tunisien et de ses richesses culturelles. C'est après trois jours d'attente et de découvertes que le moment tant attendu arrive enfin : le bateau est mis à l'eau grâce à l'intervention d'une gigantesque grue, marquant le véritable début de l'aventure maritime.
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La Marina de Monastir : Un Foyer pour Voiliers aux Multiples Facettes
La Marina de Monastir est un sujet qui suscite de nombreux commentaires et expériences variées de la part des plaisanciers. De nombreux navigateurs y ont séjourné, parfois pour de longues durées, et leurs témoignages dessinent un tableau détaillé de ses atouts et de ses défis.
Points Forts : Accueil et Accessibilité
La marina est fréquemment décrite comme étant de qualité, offrant des prix très attractifs. Elle est particulièrement appréciée pour sa localisation, étant bien protégée et située dans un joli cadre, ce qui contribue à la sérénité du séjour. Le personnel y est généralement très accueillant et aidant, créant une atmosphère de gentillesse et d'absence de "racket ni backchich", ce qui est un point souligné avec satisfaction par les usagers.
Plusieurs plaisanciers ont fait le choix d'y laisser leur voilier pour un hiver entier. L'un d'eux témoigne y avoir laissé son voilier, "Neos", pour une saison hivernale, bénéficiant d'un prix annuel attractif sans aucun regret. Les services techniques y sont jugés performants, avec la mention spécifique d'un certain Faycal pour son efficacité. La possibilité de réaliser des opérations de carénage, soit à l’entrée de la marina, soit directement au port de pêche, est un atout pratique. Concernant les tarifs, un voilier de 11,50 m pouvait bénéficier d'un prix annuel de 1200 euros pour un an, incluant trois mois à bord, tandis que les escales courtes étaient facturées 56 DNS par jour, avec eau, électricité et TVA incluses, des prix souvent qualifiés d'imbattables pour un voilier de 12m, par exemple à 1480 euros pour l'année.
La proximité de la ville et de son marché est un atout formidable, facilitant l'approvisionnement et la découverte de la vie locale. L'aéroport, situé à seulement 6 km, rend la marina très accessible pour les équipages ou les visites. L'amarrage est perçu comme restant très raisonnable en termes de coût. Les sanitaires, quand ils sont fonctionnels, sont décrits comme toujours impeccables et très agréables, et l'accueil, chaleureux et courtois, est assuré par un personnel aux petits soins des plaisanciers et d'une extrême gentillesse. Les commodités autour de la marina sont nombreuses, et la première plage est à seulement 100 mètres, un avantage indéniable pour la détente. La capitale, Tunis, est accessible en 2h30, offrant des perspectives d'exploration supplémentaires. Certains plaisanciers, initialement partis pour rester 3 jours, ont prolongé leur séjour à 3 mois, séduits par les avantages. Le port de pêche, en particulier, est reconnu pour son bon niveau de prestations et ses prix imbattables pour le carénage. On y trouve des ouvriers disponibles et compétents dont le travail est satisfaisant.
Points de Vigilance : Services et Infrastructures
Cependant, tout n'est pas parfait dans cette marina, et certains aspects nécessitent une vigilance accrue de la part des plaisanciers. L'infrastructure sanitaire est un point récurrent de mécontentement : il n'y a que quatre douches mixtes, situées "à côté du local poubelle qui déborde". De plus, ces installations sont parfois dans un état plus que douteux, avec de nombreux robinets ne fonctionnant pas. On déplore également la disparition de deux des trois blocs sanitaires existants, et même les blocs encore présents peuvent laisser à désirer en termes de propreté et de fonctionnalité, même si d'autres témoignages les décrivent comme impeccables, ce qui peut suggérer une variation dans le temps ou d'un bloc à l'autre.
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Concernant les équipements des pontons, l'absence de prises d'antenne TV et de prises téléphoniques est souvent notée, ces commodités ayant existé par le passé mais "il y a bien longtemps". La plupart des emplacements manquent de pendilles, et il est parfois nécessaire de faire appel à un plongeur du port pour mettre en place les amarres, ce service étant suivi d'un "cadeau" attendu. La connexion Internet est également un défi : il faut soit se rendre dans les cafés, soit acheter une clé 3G, car il n'y a pas de prises Wi-Fi sur les pontons.
Les aspects financiers et administratifs peuvent aussi être source de tracasseries. Il est conseillé d'être méfiant sur les places attribuées et de toujours demander un devis de départ. Certains ont rapporté avoir payé pour une longueur de bateau supérieure à la réalité (par exemple, 11m x 65% + eau + électricité + taxes pour 1250€ pour 4 mois d'hiver pour un voilier de 12.80m), ce qui implique une vigilance extrême et une méfiance envers certaines pratiques, car "il ne faut faire confiance à personne" et "la réalité est plus grave encore" selon certains retours. Les services rendus peuvent parfois différer de ceux promis.
Des problèmes plus techniques sont également à prendre en compte : l'entrée de la marina n'est pas facile par vent de sud-est de 20/25 nœuds ou plus. Il faut aussi se méfier des coups de vent du sud en général. Certains témoignages font état de "tracasseries sournoises" et de pannes répétées. La présence d'un "ship" près de la capitainerie est fortement déconseillée, les qualificatifs "maffieux et abject" étant même utilisés, avec la recommandation de ne jamais verser d'argent d'avance sur commande. Ces points de vigilance, bien que parfois contrastés avec des expériences positives, sont essentiels pour tout plaisancier envisageant une escale prolongée à Monastir.
Navigations et Escales : Une Odyssée Méditerranéenne et l'Esprit de la Voile
Au-delà des spécificités de la Marina de Monastir, la vie en voilier est une succession d'aventures, de défis et de découvertes, comme en témoignent les récits de traversées et d'escales en Méditerranée.
Des Vents Imprévisibles et des Défis Techniques
La navigation à la voile est intrinsèquement liée aux caprices de la météo. Les récits de traversées sont souvent ponctués de vents changeants et de conditions parfois exigeantes. Une traversée de 198 miles, par exemple, peut s'avérer éprouvante avec 22 heures de moteur et seulement 15h30 à la voile, surtout lorsque le vent, qui n'aurait pas dû dépasser 15 nœuds, monte à 23 nœuds, et que la mer n'est "pas commode du tout, surtout lorsque l'on est arrivé sur les hauts fonds". Ces moments rappellent l'importance de l'adaptation et de la résilience en mer. D'autres jours, le vent est "de travers 15nds" permettant de "marcher bien", mais peut rapidement virer "de face" avec un ris dans la grand-voile. Les orages avec grêle, le vent soufflant à "30 nœuds au port" ou même des situations où le vent est si fort qu'il déporte le bateau "presque sur les cailloux au bord du quai", se répétant deux fois dans la même après-midi, sont le quotidien des navigateurs. La prudence est de mise, notamment lors de l'entrée dans certains ports où la houle ne baisse presque pas, même dans la baie, ou lorsque le pilote automatique fait défaut par "pluie des cordes", nécessitant l'assistance d'un marin du port, parfois surpris de voir un équipage en solitaire.
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Les problèmes techniques font partie intégrante de la vie à bord. Une nuit, une "odeur de brûlé, d'acide" peut alerter l'équipage, révélant une batterie "toute chaude" qu'il faut débrancher en urgence, espérant que "tout fonctionne" après coup. Les petites réparations sont fréquentes, comme le "remontage du vérin de barre avec sa bague qui était partie", qui occupe une partie de la matinée avant de pouvoir reprendre la mer. Les recherches de pièces de rechange, comme une batterie Bosch de 180Ah aux mêmes dimensions, peuvent transformer la traversée d'une ville à pied en une véritable quête, avec la bonne surprise de trouver le produit désiré et même de se le faire livrer à la marina.
Découverte des Côtes et des Cultures
Les escales sont autant d'opportunités de découvertes culturelles et géographiques. Après Monastir, les voyages se poursuivent, explorant un large éventail de lieux et d'expériences en Méditerranée. Les navigateurs sont amenés à découvrir des villages de pêcheurs pittoresques comme Cefalu en Sicile, ou des merveilles naturelles telles que Vulcano, l'une des îles Éoliennes, où l'ascension du volcan offre un panorama extraordinaire, avec les fumerolles de soufre et la vue lointaine du sommet enneigé de l'Etna. La "Vallée des Monstres" sur Vulcanello, avec ses formes étonnantes sculptées par la lave, marque les esprits.
Les mouillages peuvent être superbes, comme à Puerto di Ponente, mais aussi complexes, comme à Panarea où il faut "jeter l'ancre et reculer jusqu'à une sorte d'estacade" pour s'attacher à une balustrade et un anneau rouillés, nécessitant même de gonfler l'annexe pour descendre à terre. Le passage à côté du Stromboli offre un spectacle impressionnant d'explosions permanentes et de chutes de blocs dans la mer, qui laisse le bateau "recouvert de cendres noires".
L'Italie continentale propose des escales variées, de Cetraro, où des pontons nouvellement installés ne sont pas encore réceptionnés, obligeant les marins à s'amarrer "sur ancre, cul à quai", à Maratea, où un médecin est appelé à bord pour diagnostiquer des douleurs intenses, révélant un zona après un premier diagnostic erroné. Acciaroli offre un môle réaménagé, gratuit pour l'instant, où l'on croise d'autres voiliers, comme des Suédois déjà rencontrés.
Capri se distingue par ses prix de port exorbitants (110 euros en mai), mais offre une position privilégiée pour observer le trafic intense de ferries. Ischia, avec son Castello, propose un beau mouillage pour le premier bain de la saison (24,5°), mais peut réserver des surprises comme une bouée qui se coince dans le safran. Après une visite des ruines d'Herculanum près de Naples, le voyage continue vers Ponza, dont la vue sur la ville est superbe et l'île exceptionnelle.
En remontant vers le nord, Ostia, près de Rome, offre une marina récente et étendue, propice aux visites culturelles de la capitale italienne. Les tarifs y sont "très raisonnables" (30 € par nuit en mai), mais un départ matinal peut empêcher de récupérer la caution. Riva di Traiano et Civitavecchia sont d'autres étapes, souvent marquées par la météo, tandis que l'île de Giglio, malgré des baies "interdit au mouillage", parvient à accueillir les navigateurs, parfois avec des difficultés de communication.
Le cheminement se poursuit vers la Corse, avec des escales à Porto Vecchio, où la location de voiture permet d'explorer les cascades de Piscia di Gallu et les aiguilles de Bavella, et l'anse de Rondinara pour un mouillage paisible. Bonifacio, toujours une escale agréable, permet la découverte de la vieille ville et des randonnées vers le sémaphore. Girolata, un havre de paix, offre trois jours de beau temps et la possibilité de visiter le village en annexe. Enfin, la traversée vers le continent français mène à Porquerolles, où l'on se retrouve parfois "bloqués par le vent" mais où l'alternance d'apéros et de promenades à terre crée des souvenirs durables. La dernière étape, de 85 miles, vers le Cap d'Agde, peut réserver des surprises comme la "purée de pois" dans les eaux du Rhône et la rencontre inopinée avec des cargos et des bateaux de pêche. En résumé, une superbe croisière, avec les Îles Éoliennes comme temps fort, et un rythme permettant de bien profiter des escales.
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