L'aventure en catamaran : Guide complet pour une croisière inoubliable

Partir en mer est une aspiration profonde pour beaucoup. Dans le monde occidental, nous aspirons à avoir le choix, et la liberté de choisir est considérée comme liée à la fortune et à la réussite. Combien d’entre nous écoutent attentivement les consignes de sécurité dans les avions ? Je pense que moins de la moitié. Et pourtant, imaginez qu’il n’y ait pas de consignes de sécurité avant le décollage. Ce mois-ci, cap sur une belle histoire de famille, d’amour et de grand large. On vous embarque avec Antoine, Magali et leurs quatre enfants - Arthur, Alice, Martin et Mathilde - qui ont largué les amarres à bord de leur Outremer 45, Loela, pour une aventure pas comme les autres : de la Méditerranée jusqu’à New York, en passant par l’Atlantique et les Caraïbes !

Préparer son projet de navigation

Lorsqu’on s’apprête à partir en voyage à la voile, il est primordial de se renseigner sur les saisons et les phénomènes météorologiques dans la zone de navigation convoitée. Faire le tour du monde à la voile est un projet qui fait rêver : on découvre le monde au rythme du vent et des escales, explorant chaque jour de nouvelles destinations en navigation. En automne 2023, j’ai lancé une série de webinaires dédiés aux femmes sur la préparation à la transatlantique. La première séance, intitulée « Aborder la préparation transatlantique », m’a fait réaliser que définir clairement son but était essentiel.

Le choix du plan de voilure pour son catamaran peut s’avérer complexe. Beaucoup de navigateurs n’ont jamais manipulé autre chose que des voiles blanches (grand-voile + foc/génois). D’autres proviennent de l’univers des monocoques ou ont passé leur enfance à naviguer sur des dériveurs. Il est important de comprendre que le bateau parfait n'existe pas. L'espace vital se fait souvent au détriment des qualités de navigation, et un bateau conçu pour les tropiques n'est souvent que partiellement idéal pour les hautes latitudes, et vice versa. Un faible tirant d'eau et un grand cockpit, c'est bien au mouillage, mais pas forcément par 40 nœuds de vent et quatre mètres de vagues en pleine mer.

Comprendre la physique du voilier

Il est essentiel de noter qu'un voilier qui se déplace dans des conditions normales subit à la fois le vent atmosphérique (le vent réel) et le vent de sa vitesse (le vent vitesse). Lorsque le vent réel augmente (par exemple en cas d'une risée), le vent apparent augmente en proportion et s'éloigne de l'axe du bateau. La force aérodynamique résulte d'une multitude de petites forces qui s'appliquent en chaque point de la voile. On décompose traditionnellement la force aérodynamique en deux forces : la portance et la traînée.

Pour minimiser la traînée du bateau dans l'eau, il faut l'équilibrer. Lorsqu'un bateau navigue, il crée un réseau de vagues. Au passage, elles emportent avec elles une certaine quantité d'énergie prélevée à la carène, augmentant ainsi la résistance à la progression. On peut calculer la vitesse limite de carène grâce à la formule : V limite (m/s) = 1,25√L, où L est égale à la longueur de flottaison du voilier. Par petit temps, à petite vitesse, on cherchera donc à gîter un maximum afin de limiter la surface mouillée.

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Immersion dans les Caraïbes : Les Grenadines

Avouez que rien que d’entendre « iles Grenadines », votre imaginaire est déjà en train de fantasmer : plages paradisiaques, cocotiers et crustacés. Vous sentez le soleil sur votre peau ? Les iles de Saint Vincent et les Grenadines ont ce pouvoir incroyable de faire rêver le monde entier même si la majorité d’entre nous ne saurait même pas dire où c’est. Explorer les iles Grenadines à la voile est la manière parfaite de les découvrir car beaucoup ne sont accessibles qu’ainsi. Ces 32 iles idylliques situées en Mer des Caraïbes dans les Petites Antilles sont à l’abris du tourisme de masse. Seules 9 sont d’ailleurs habitées.

Les Grenadines (et notamment les Tobago Cays) ne sont accessibles qu’en petit bateau (voile, pas paquebot), les croisières en catamaran sont donc l’idéal pour les découvrir. La meilleure période pour s'y rendre est la saison dite sèche, de décembre à mai, bien que ce soit possible toute l’année.

La logistique d'une croisière réussie

Pour voyager en toute sérénité, on vous recommande de souscrire une assurance voyage pour la durée de votre séjour, comme ACS (Globe Partner) ou Chapka. Concernant les communications, attention : pas d’internet à bord du catamaran. Durant la croisière, on traverse plusieurs iles indépendantes, ce qui rend compliqué l’achat d’une carte sim unique. Les boitiers de location type Iziwifi sont une option, mais souvent limités en débit.

Côté budget, le prix varie fortement en fonction du type de bateau, du nombre de personnes et du confort. Un aspect important est la « caisse de bord » (environ 155€ par personne), payée en cash au skipper, qui sert à payer les taxes pour les parcs nationaux, les frais de mouillage et le ravitaillement. Une astuce pratique : prenez une valise non rigide pour pouvoir l’aplatir une fois vidée dans votre cabine.

La vie à bord : Entre déconnexion et adaptation

Partir en croisière à la cabine signifie que vous voyagerez avec des inconnus. C’est un élément stressant, mais cela se passe généralement très bien. Il faut savoir être sociable et s’adapter aux autres. Le confort est un point clé : sur un catamaran, la vie se déroule en grande partie à l'extérieur. Pour combattre le mal de mer, une règle d'or : bien manger et s'hydrater. Contrairement aux idées reçues, il vaut mieux avoir l'estomac plein plutôt que vide. Évitez les espaces confinés et restez au maximum sur le pont.

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L'expérience guadeloupéenne : Un autre joyau des Antilles

Au sortir de la saison estivale, la Guadeloupe parvient à surpasser vos attentes. Au départ de la marina Bas du Fort, embarquez pour un itinéraire inoubliable. L'archipel des Saintes, la « grande Galette » de Marie-Galante, et la côte sous le vent de la Basse-Terre offrent des mouillages spectaculaires. En navigant entre les Trois-Rivières, Goyave et Petit-Bourg, vous aurez peut-être la chance d'observer des cétacés. Dauphins, baleines à bosse et cachalots, il y a plus d’une vingtaine d’espèces recensées dans ces eaux.

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